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 Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]

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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Ven 25 Sep - 18:06

Elle n'en pouvait plus de rester enfermée dans la cabane, elle avait besoin d'autre chose que de seulement manger, dormir et allaiter. Profitant de l'absence de Jordken, elle s'était décidé à sortir de la petite maisonnette pour aller poser quelques collets. La chasse lui manquait mais sans arc, elle était limitée, à moins que Jhaampe ne possède quelques oiseaux de chasse.

La neige épaisse avait étendu son manteau depuis longtemps et la jeune femme avait presque hâte de pouvoir poser le pied dessus. Habillée à la mode Montagnarde, elle avait passé une tunique épaisse et avait placé Espoir contre son coeur à l'aide d'une longue bande de tissu qu'elle avait nouée intelligemment afin que le nourrisson ne glisse pas.
L'avantage de cette méthode, lui permettait de garder les mains libres tout en laissant son enfant au chaud. En acheva ses préparatifs en enfilant un manteau épais, qu'elle laissa ouvert sur sa gorge afin de laisser respirer l'enfant. Elle plaça un bonnet sur les cheveux sombres d'Espoir et enroula une écharpe autour de son propre cou. Ses cheveux étaient porté lâche, de toute façon ils étaient trop courts pour être correctement attachés.
Ainsi accoutrée, elle sortit et ses bottes fourrées laissèrent les traces de ses pas tandis qu'elle s'aventurait vers ce qui faisait office du palais de l'Oblat. S'ils possédaient un soigneur animalier, ce dernier ne serait pas loin, les animaux apportant leur lot de chaleur aux hommes.

Le paysage semblait lui sourire et malgré le froid qui lui piquait les joues, leur donnant immédiatement un aspect rosé, la jeune femme respira à pleins poumons. Béarn lui manquait cruellement et elle se força à ne pas y songer, pour ne pas inquiéter son fils qui s'agita légèrement à la vague d'émotion de sa mère. De loin, elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait, en apercevant quelques chevaux trapus, typiques de la région.
Elle poussa le pan et entra dans la tente. Aussitôt, la chaleur et l'odeur mélangée des animaux lui arriva au visage.

- Il y a quelqu'un ?, demanda-t-elle dans un Chiurda plus qu'approximatif.
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 26 Sep - 20:30

Malgré lui, sa fausse identité était désormais connue de tous à Jhaampe, et Kex était loin d’être mauvais en ce qui concernait les soins des bêtes –et même des hommes-. Du coup, dès qu’un animal à la santé chancelante était découvert, les habitants des montagnes avaient tendance à se tourner vers lui pour résoudre ces maux. En conséquence, le jeune homme était régulièrement dérangé et peinait à trouver du temps pour s’adonner à son véritable rôle d’assassin. Il aurait préféré lire les écrits historiques, les recueils de plantes ou de magie pour mieux servir le royaume qui l’avait accueilli. Mais ses compétences de soigneur étaient, il s’en rendait compte jour après jour, bien plus nécessaires que celles de tueur. Cela était dû en grande partie au fait que les Montagnes ne s’étaient jamais vues comme une force militaire et tous les Oblats se satisfaisaient de la paix qui régnait sur le royaume enneigé. Fallait-il s’en plaindre ? Certainement pas, mais Kex regrettait de ne pouvoir faire ses preuves et d’être forcé d’endosser l’habit de soigneur.

Ce matin-là, on était venu le voir, car l’une des juments au nom qui lui était imprononçable boitait après avoir trébuché. Le Baugien s’était alors rendu auprès d’elle pour analyser la plaie pendant que son propriétaire partait s’occuper de son troupeau de chèvres. Il resta ainsi seul, comme il l’appréciait, un long moment à nettoyer la plaie puis à préparer une pâte à base de plantes avant de lui appliquer précautionneusement en la rassurant avec une voix douce et apaisante qu’il n’adoptait qu’en ces rares occasions. Curieusement, cela avait le même effet sur lui d’ainsi s’occuper des animaux, de ressentir le bien-être qu’il leur procurait en s’occupant d’eux, son esprit n’était plus préoccupé par rien d’autre que des choses simples et basiques : manger, boire, dormir, courir.

Mais ce calme fut perturbé par une voix féminine qui hélait la présence de quelqu’un. Ayant pratiquement terminé son office, Kex apparut derrière la jument et posa son regard sur une jeune femme aux boucles dorées qui tenait blotti contre elle un petit chérubin. La jeune et jolie mère qu’il savait être Alisel, réfugiée des Quatre-Duchés à l'histoire complexe, était là, les joues rosies par le froid qui s’imposait avec l’hiver. Elle n’était pas là pour lui, sinon elle aurait dicté son nom. Aussi voulait-elle autre chose. Pour le coup, l’assassin hésita à lui faciliter la tâche en parlant la langue des Quatre-Duchés avant de se raviser. Il parlerait aussi le Chiurda, avec un peu plus de réussite qu’elle tout de même, mais sans se départir de cette efficacité qui était la sienne. Il allait au plus simple, sans manières.

« Oui. Vous cherchez quelque chose ? »
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 26 Sep - 21:53

Derrière la jument de race Montagnard apparut un homme parmi les ombres de la tente. Acuité le dévisagea autant que lui la dévisageait, sans animosité pour autant, peut-être juste par simple curiosité, comme deux inconnu se regardent en faisant état de leurs différences.
Il n'avait pas le faciès typiquement Chiurda, à en juger de ce qu'elle avait pu voir jusqu'à présent. Ses cheveux aux teintes très sombres s'assortissaient harmonieusement à sa barbe et à son visage légèrement fermé. Il était bel homme, même s'il ne paraissait pas facile au premier abord et la jeune fille que restait Acuité malgré ses pérégrinations, en fut légèrement intimidée.

Elle se racla la gorge et baissa quelques secondes le regard, pour se donner meilleure consistance, avant de dégager une mèche qui chatouillait son visage et de poser à nouveau son regard sur lui.

- Bonjour, bredouilla-t-elle toujours dans le langage des Montagnes. Auriez-vous un...un...
Par Eda, elle ignorait la façon de dire faucon, milan, ou tout autre rapace dans cette langue.

Elle aurait pu laisser tomber, rebrousser chemin peut-être et revenir demain, mais, l'opportunité d'échapper à la vigilance de Jordken ne se reproduirait peut-etre pas et...elle désirait vraiment chasser, bouger, bref, faire quelque chose pour elle-même.

Gênée, elle se mit à mimer un oiseau volant, avant de crisper les doigts pour former des serres prêtes à fondre sur une proie. Espoir s'agita en geignant légèrement, mais immédiatement, elle cessa ses gestes pour l'apaiser d'un "shhh" énoncé d'une voix douce et tendre. L'enfant se tut après l'avoir fixé de ses grands yeux, aussi noir que les siens.

- Un rapace ? finit-elle par prononcer en langage commun dans un énorme soupir, indiquant clairement sa lassitude à avoir tant de mal à se faire comprendre. Dressé pour chasser.

Devant l'absurdité de la scène, elle se mit à sourire avec humilité.

- Par pitié, dites-moi que vous comprenez....
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 26 Sep - 22:13

L’analyse mutuelle passée, la jeune femme reprit contenance pour enfin faire part de la raison de sa venue. Elle marmonna brièvement avant de se rendre compte qu’elle ne savait pas comment demander ce qu’elle voulait. Kex la dévisagea d’un regard inquisiteur et tenta d’imaginer ce qu’elle avait pu bien vouloir trouver dans les écuries des montagnes. Le jeune homme pensa à une jument ou bien une pommade, une infusion ou quelque chose pour soigner son petit qui restait silencieusement endormi et qui ne souffrait probablement d’aucun mal si ce n’était peut-être celui d’avoir une mère inquiète ; comment le soigneur pouvait-il le savoir ?

Son visage prit davantage une teinte rosée, non plus à cause du froid, mais parce que l’étrangère tentait de mimer, les gestes approximatifs à cause de l’enfant lové contre sa poitrine, un oiseau. Si le spectacle lui arracha un léger sourire, le chérubin n’appréciait pas tout à fait le manège et indiqua à sa mère ce qu’il en pensait. Instinctivement, elle s’interrompit et calma l’enfant comme il avait l’habitude de le faire avec un animal blessé et tourmenté. Une voix douce et chaude l’apaisa. Finalement, Alistel demanda directement dans le langage des Quatre-Duchés, avec un désespoir qui trouva écho dans le lointain passé de l’assassin. Elle semblait désœuvrée à l’idée que l’on ne puisse comprendre sa demande. Le regard posé sur elle, Kex hésita. La façon dont elle l’avait jaugé en le découvrant était significative : elle avait compris qu’il n’était pas originaire d’ici, et tenter de la duper davantage ne pouvait que le desservir. Aussi acquiesça-t-il de la tête avant de répondre en langage commun.

- Oui, je comprends, et nous en avons quelques-uns. Mais n’espérez pas chasser avec un nourrisson dans les bras, fit-il en pointant l’enfant du doigt. Par contre, je dois d’abord terminer de m’occuper de la jument.

Et sans ajouter un mot de plus, le bourru Baugien disparut à nouveau derrière la bête pour terminer d’appliquer l’onguent sur la blessure et d’essuyer le surplus avec un peu de paille, émettant un curieux son de sa gorge qui ressemblait à un doux chant à destination de l’animal.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 26 Sep - 22:29

Lorsque les mots franchirent la bouche du soigneur et qu'elle réalisa qu'ils étaient en langage commun, Acuité fut pris un soulagement immense, qui résonna longtemps à travers son sourire élargit. Par Eda ! Il comprenait ses paroles, tout comme Merriska, l'homme n'était pas originaire d'ici mais des Duchés.
Elle ne lui posa pas plus de questions à ce sujet, les rumeurs s'étaient forcément étendues sur Jhaampe, il devait connaître les origines de la jeune femme, aussi, s'il n'avait rien dit, Acuité en conclu simplement qu'il ne souhaitait pas qu'elle le sache, dans un premier temps. Elle ne pouvait le lui reprocher, chacun possédait ses secrets et elle n'était certainement pas en reste à ce sujet.

Elle émit sans se rendre compte un léger rire, discret cependant, simple son échappé d'entre ses lèvres, doux et incontrôlé, seulement dicté par l'espoir de ne pas être si seule dans ce pays inconnu mais qui lui rappelait cruellement le sien.
La neige, le froid, le vent qui vous fouettait le visage en une rafale étourdissante, Béarn possédait tout cela et Acuité en y grandissant, avait appris à l'apprivoiser.

La jeune femme se renfrogna légèrement lorsqu'il la réprimanda presque de souhaiter chasser avec son enfant. Elle n'avait pas le choix, Espoir viendrait avec elle quoiqu'on puisse lui dire.
Voyant que l'homme s'affairait à nouveau, pour accomplir sa besogne, elle s'approcha, pénétrant ainsi dans la tente. Les effluves animales inondèrent à nouveau ses narines, lui rappelant dans la douleur, les odeurs des écuries et surtout de la fauconnerie où elle avait pour habitude de laisser Rousseplume. Son petit faucon crécerelle lui manquait plus que tout et elle chassa sa tristesse d'un mouvement de la tête, avant de se concentrer sur la jument.

- Je peux chasser avec lui, se défendit-elle, enfin, si l'oiseau est bon.

Nulle offense dans ses paroles, mais pour avoir dressé elle-même deux oiseaux, elle savait que parfois les compétences de l'un pouvaient surpasser celles de l'autre. Chaque oiseau était différent, tout comme chaque homme l'était.
Elle s'installa sur une botte de foin non loin, retira le bonnet du nourrisson et caressa amoureusement les cheveux fins et bruns qu'il arborait sur le crâne. Ses yeux ne quittaient pas l'homme, cherchant à travers ses gestes, de quel genre il était fait.

- Que lui est-il arrivé ? Demanda-t-elle au soigneur, en montrant l'animal du menton.
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 26 Sep - 23:02

Affairé sur l’une des pattes de la Jument, il n’avait vu ni entendu le soulagement ressenti par la jeune femme. Kex s’appliquait sur la plaie désormais nettoyée et l’onguent appliqué, il hésitait à la bander d’un tissu qu’elle s’évertuerait à arracher dès lors qu’il aurait terminé. Même s’il lui intimait de ne pas y toucher, il savait que les chevaux trapus des montagnes avaient tendance à être très têtus. Le jeune homme entendit toutefois la mère et son enfant approcher alors qu’elle s’estimait capable de chasser, chargée d’un enfant, à condition que le rapace soit assez bon.

Hm, fit-il à part lui. Oui, les oiseaux qu’ils avaient étaient de redoutables chasseurs, mais l’assassin était plus circonspect à propos de l’intérêt d’emmener le chérubin avec elle. Il songeait même qu’elle en deviendrait une proie plus intéressante pour les prédateurs dissimulés dans les forêts et les reliefs des Montagnes. Ou bien, ironisa-t-il, elle s’en servirait comme appât ! Amusé par son idée, Kex réprima un rire lorsqu’il l’entendit s’assoir dans le foin et couver son enfant alors qu’il continuait de prodiguer les soins à l’animal.

- Son propriétaire l’a fait passer par un chemin trop accidenté et elle a trébuché sur une pierre, répondit-il lorsque Alisel s’enquit de ce qui lui était arrivé.

Kex termina son office avec des gestes lents et assurés, effaçant le surplus d’onguent avec sa manche, le tissu lui apportant une précision plus grande que la paille qui recouvrait le sol. Il se redressa et vint murmurer à l’oreille de la jument qu’il reviendrait demain pour vérifier et qu’il valait mieux pour elle d’y faire attention, une mise en garde qu’il savait inutile étant donné l’entêtement de l’animal. Lorsqu’il se tourna vers elle, Kex resta un instant pensif devant le spectacle qu’elle lui offrait, cet amour pour son fils qui transparaissait dans chacun de ses gestes. Cette jeune femme le chérissait d’une manière qui lui rappelait sa propre mère, avec une sincérité et une douceur non feintes. Elle était venue chercher refuge à Jhaampe, il espérait qu’elle trouverait éternellement malgré ses propres doutes à ce sujet. Kex força alors un léger sourire et passa à ses côtés pour venir se laver les mains dans un seau d’eau laissé à cet effet. Puis il se tourna vers Alisel.

- Je vous prêterais un de nos rapaces, mais vous n’emmènerez pas votre enfant au-devant du danger, fit-il sur un ton trop sec à son goût. Il se pinça les lèvres avant de reprendre, le froid peut vous surprendre, autant qu’un animal qui trouverait chez vous et votre enfant un repas à son goût.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 27 Sep - 10:07

C'étai agréable de regarder une personne travailler consciencieusement de ses mains. Toute l'éducation de la jeune femme avait tourné de manière à ne jamais avoir à se salir les mains, mais Acuité aimait le travail bien fait, cette sensation d'avoir accompli quelque chose de concret et de visible. Pourtant, son père avait fait le nécessaire pour que la Duchesse n'ait pas à se salir les mains, même lorsqu'elle avait appris à monter à cheval. Une sorte d'écuyer la montait directement sur la Bête et l'en faisait descendre à la fin de l'exercice.
Aussi, l'arrivée de Rousseplume dans sa vie avait marqué un tournant. Elle prenait plaisir à s'occuper elle-même de l'oiseau, avec douceur. Novice en fauconnerie, elle s'était alors renseigné auprès de maître d'écurie de Béarn pour ne rien laisser au hasard.
Visiblement douée avec les rapaces, il avait laissé la petite duchesse venir lui prêter main forte chaque fois qu'elle le souhaitait, c'était leur secret. De la même manière, elle s'était mise à l'arc, depuis petite. En secret, elle avait appris avec l'armurier à fabriquer ses propres flèches, et tout ceci lui avait bien servit lorsqu'elle avait rejoint l'armée. Avec ses connaissances, elle était passé pour une archère talentueuse et nul n'avait vu en elle la Duchesse.

Le regard perdu sur l'homme, mais l'esprit perdu dans ses pensées, elle tressaillit, revenant alors à la réalité lorsqu'il passa à côté d'elle et qu'il se lava les mains.
Les paroles qu'il prononça lui firent pincer les lèvres et en toute autre occasion, elle l'aurait rabroué pour lui avoir donné un ordre. Mais elle n'était pas Acuité Loinvoyant ici, elle était Alisel, simple archère ayant obtenu asile dans les Montagnes par son statut de femme enceinte.
Ses traits se détendirent, l'homme ne souhaitait très certainement que son bien. Il est vrai qu'elle ne payait pas de mine. De taille assez petite, et d'autant plus menue suite à sa grossesse, un prédateur quelconque aurait tôt fait de la tuer.

- Je ne crains pas le froid, répondit-il simplement sans pour autant préciser qu'elle avait grandit dans la neige. Elle mordilla sa lèvre inférieure avant de le regarder à nouveau. Je n'irais pas loin, juste poser quelques collets pour les lapins et voir si je peux ramener quelques oiseaux avec votre rapace. En outre, la fauconnerie demande souvent des terrains plats et dégagés, alors que les prédateurs préfèrent le couvert des bois, vous ne croyez pas ?

Dans tous les cas, il lui semblait impossible de se séparer d'Espoir. A qui pourrait-elle le laisser ? Et le voulait-elle seulement...Non, s'ils devaient périr, alors ce serait ensemble mais quelque part, la jeune femme n'avait nulle peur.
Si El et Eda l'avait protégé des Chalcédiens, ils ne la laisseraient pas mourir face à un simple animal.
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 27 Sep - 18:59

Le regard posé sur elle après avoir gauchement tenté de la dissuader d’emmener l’enfant avec elle, Kex perçut que la jeune femme n’appréciait que peu le conseil et qu’elle s’efforçait de mettre davantage de formes que lui avant de répondre. En effet, elle ne craignait pas le froid, mais qu’en était-il de son enfant, pensa l’assassin. Même chaudement vêtu, le froid pouvait la surprendre bien plus facilement qu’elle ne pouvait s’en douter. Le vent, dans les reliefs, était capable de se lever rapidement, le lit blanc se transformant alors en épais voile capable de désorienter les plus aguerris des pisteurs. Mais son avis importait certainement peu à la jeune mère et il s’en fichait en réalité si elle préférait braver la nature.

Peut-être se rendait-elle compte d’être trop aventureuse et Alisel essaya de rassurer sur ses intentions. Cela lui semblait davantage être une raison de se dégourdir les jambes après avoir materné peut-être trop sagement son chérubin. Le jeune homme pinça les lèvres, après tout, cela ne le regardait pas et il n’était pas un homme à imposer ses idées à d’autres. Aussi, s’il ne respectait pas tout à fait son choix, il se gardait bien de le lui signifier. Elle avait raison en partie concernant les préférences des prédateurs, mais une femme seule avec un enfant, lâchés dans la nature, avait quelque chose de dérangeant. Et Alisel ne semblait pas le moins du monde disposée à se séparer du bébé.

- C’est en partie vrai, mais laissez-vous accompagner par un Chyurda au moins. Ils connaissent les bons coins pour votre chasse.

Au moins aurait-il l’esprit tranquille en essayant de la convaincre de manière dissimulée de ne pas s’y aventurer seule. Kex invita la jeune femme à le suivre jusqu’à une tente plus éloignée des autres bêtes, où les piaillements ne pouvaient dissimuler ce qu’elle dissimulait. Il écarta les longs tissus colorés pour la laisser passer et découvrir les quelques oiseaux qui vivaient là. Un seul rapace patientait tranquillement en jouant avec des graines. Le jeune homme se tourna vers Alisel et désigna l’enfant du regard.

- Certains enfants ne supportent pas l’air chargé de la poussière dégagée par les plumes des oiseaux. Évitons-lui cela trop longtemps, d’accord ?
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 27 Sep - 23:27

Peu importe ce qu'elle pourrait bien lui dire, il lui apparut évident que le soigneur ne démordrait pas de ses valeurs. Elle connaissait la bienveillance des Chiurdas et avait pu la goûter auprès de Jordken. L'homme ours prenait soin d'elle depuis qu'il l'avait trouvé, elle lui devait la vie. Tout comme Espoir et Acuité voulait faire en sorte que son enfant aussi, une fois grandit s'en souvienne. Elle lui en serait éternellement reconnaissante. Aussi, lorsque l'homme insista encore, lui demandant cette fois-ci de se faire accompagner. Dans les Duchés, n'importe qu'elle jeune fille aurait rougit d'autant de sollicitude, mais Acuité n'était plus la jeune fille écervelée en quête d'aventure passionnée et aux fantasmes inavouables. Elle était jeune, certes, mais mère et elle venait de passer plusieurs mois à survivre à une guerre, à survivre à la torture et à la captivité. Son dos portait encore les marques des coups de fouets, dessinant un véritable arbre sur sa peau pâle.
L'espace d'un instant, elle se souvint de la morsure du cuir dans ses chairs, de ses propres hurlements, de l'odeur de sa transpiration mêlée au sang....un frisson lui parcourut l'échine et elle revint à l'homme qui l'invitait à le suivre voir les oiseaux très certainement. Elle déglutit en silence, tachant de se débarrasser des cauchemars qui continuaient à la hanter de jour comme de nuit.
Cette Guerre l'avait changé.

Elle ne répondit pas, tentant à la place de se donner une consistance suffisante pour masquer ses fantômes du passé. Lorsqu'ils passèrent les nouveaux pans de toiles colorés, elle reconnut le bruit familier des oiseaux et l'odeur si particulière qui régnait là. Un léger sourire éclaira ses traits qu'elle cacha lorsqu'il reprit la parole pour s'assurer que tout irait bien pour Espoir, même si au fond d'elle, elle souhaitait sourire plus.

- Vous vous y connaissez tant que ça en enfant ? demanda-t-elle sur un ton presque moqueur.

Mais pour lui montrer sa bonne volonté, elle déplaça le côté de son manteau, de façon à ce que Espoir soit camouflé et hors d'atteinte de l'air ambiant.

- Vous avez un faucon pèlerin ! s'exclama-t-elle avec enthousiasme en s'approchant lentement de l'animal pour ne pas l'effrayer.

Elle le contempla longuement, émue devant la beauté du volatile qui lui rappelait la grâce de son faucon.

- Rousseplume est un faucon crécerelle. Plus petit certes, mais, c'est un bon oiseau très habile à la chasse et possédant l'envie de bien faire, dit-elle tout bas visiblement très fière de son petit ami qui lui manquait terriblement.

Elle se tut à nouveau et reporta finalement son regard sur le soigneur.

- Ecoutez...je...je ne me vois pas demander à un habitant de Jhaampe de m'accompagner, je ne saurais même pas comment le demander, ma pratique du Chiurda est trop faible. Alors...peut-être que, si vous avez un peu de temps...pas longtemps...non laissez tomber.

Comment avait-elle pu songer qu'il pourrait l'accompagner. Il devait avoir une multitude de choses à faire bien plus intéressante qu'accompagner une femme et son nouveau né se dégourdir les jambes.
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mer 30 Sep - 14:53

La jeune femme sembla ruminer silencieusement un long moment sa demande de prendre davantage de précautions à propos de son enfant. Kex se montrait avenant, simplement parce que sa position d’assassin lui imposait d’être à l’écoute, et il n’y avait rien de mieux qu’un peu de gentillesse pour délié les langues. Mais au fond de lui, il reconnaissait la bienveillance et l’amour de sa mère transparaître dans les mots et les gestes d’Alisel. Le comportement du jeune homme n’était finalement pas tout à fait motivé par ses prérogatives mais peut être par un sentiment plus profond. Cependant, il restait égal à lui-même et lorsqu’elle se gaussa de sa sollicitude, il haussa simplement les épaules, indifférent à sa remarque. Il répondit simplement :

- Les adultes s’en plaignent par moment. Et les enfants ont une santé plus fragile. Je préfère vous prévenir que de vous voir accourir complètement affolée parce que sa respiration est difficile..


L’entrain non dissimulé qu’elle manifesta en apercevant l’oiseau attira l’attention du jeune homme sur ce dernier. Kex n’était pas très doué avec les animaux de ce genre, il préférait le calme et la docilité des mammifères là où il se trouvait toujours un peu gauche auprès des rapaces et des ovipares volants. Ceux-là semblaient sentir son appréhension et savaient le lui rendre lorsqu’il fallait leur prodiguer quelques soins. La savoir ainsi à l’aise et impatiente de s’occuper du faucon lui enlevait une épine du pied. Alisel serait bien capable de se débrouiller seul avec lui sans qu’il soit contraint de le préparer pour la chasse qu’elle souhaitait mener. Kex écouta d’ailleurs la description de son faucon crécerelle sans y faire davantage attention et il s’affairait déjà à lui trouver un gant en cuir pour manœuvre l’animal. Il le dégota finalement dans un coin et retourna à ses côtés pour vérifier la taille de celui-ci.

A cet instant, elle lui demanda gauchement de se joindre à elle avant de se raviser. Il était au moins autant gênée à l’idée de bafouiller devant un Chyurda que de l’importuner lui avec cette proposition. Kex la jaugea du regard un instant. Existait-il meilleure façon de se rapprocher d’elle pour découvrir son histoire ? Elle le lui servait sur un plateau d’argent et il n’avait plus qu’à s’en saisir. Aussi hocha-t-il la tête pour répondre par l’affirmative.

- J’en profiterais pour récupérer quelques plantes qui ne poussent qu’en hiver, des perce-neiges, ce genre de choses. Si vous le souhaitez.

Au moins serait-elle davantage en sécurité avec l’assassin à ses côtés.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Jeu 1 Oct - 23:47

Machinalement, elle tordit un bout de son écharpe entre ses doigts fins. Comment osait-elle l'importuner de la sorte...Un homme qui semblait si investi par son métier. Elle détourna le regard n'osant plus croiser le sien par peur de ce qu'elle pourrait y lire. De la pitié peut-être ? Non, elle ne voulait plus voir cette expression dans les yeux de quiconque, cela lui rappelait trop Brun tandis qu'il regardait la gamine éperdument amoureuse de lui et qu'il ne pouvait pas remédier à cela.
Elle ferma les yeux une fraction de seconde et releva le menton avec un peu plus de dignité tandis que le soigneur revenait avec un gant de fauconnier.

Elle était sur le point de le saisir lorsqu'il reprit la parole, lui indiquant qu'il l'accompagnerait. La main d'Acuité se suspendit dans le vide, surprise et un léger sourire se dessina sur ses lèvres.
Elle ne put le dissimuler, même si elle se contraignit à effacer cette délicatesse de sa bouche.
L'air de rien, elle finit par prendre le gant et par l'enfiler. Le cuir épais portait cette odeur caractéristique de la fauconnerie et elle leva légèrement le bras pour l'observer, ravie.

- Regarde, dit-elle doucement à son nourrisson qui sortait la tête de son buste. Si tu aimes les oiseaux, alors peut-être que je t'initierais. Mais il faudra être sage et très doux.

Elle agitait la main, telle une marionnette et le chérubin sourit à son tour, fasciné comme l'était les bébés devant un objet en mouvement.
Acuité reporta son attention sur le soigneur et lui offrit un nouveau sourire, plus timide mais pourtant sincère.

- Merci, souffla-t-elle avec reconnaissance. Je ne connais même pas votre nom.

D'un geste connaisseur, elle attrapa la besace dans laquelle était fourrée quelques morceaux de viandes et saisit les tiges qui pendaient des pattes du faucon. Ce dernier se hissa sur sa main gantée et elle attrapa les tiges entre son pouce et son index. Elle retira le capuchon de la tête de l'animal, n'ayant jamais aimé leur bander les yeux et lui offrit un bout de viande qu'il dévora avec avidité faisant rire la jeune blonde.

- Petit gourmand, murmura-t-elle en caressant l'oiseaux d'un geste doux avant de se racler la gorge, bien consciente de se donner en spectacle comme une enfant. Une enfant seule au monde avec la responsabilité de autre vie entre ses mains.
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Ven 2 Oct - 11:55

L’innocence de la jeune femme avec son enfant, présentant le rapace à ce dernier, aurait pu avoir quelque chose de touchant si l’on y était sensible. Son comportement était attendrissant mais Kex demeurait impassible devant la scène. Il n’aimait pas les oiseaux, et les enfants, bien que celui-ci fût silencieux, n’étaient pas non plus de ceux qu’il appréciait côtoyer. En réalité, l’assassin était un solitaire contraint de sociabiliser avec les autres à cause de ses prérogatives. Mais il trouvait peu de plaisir. Il craignait trop les faux-semblants et les mensonges des gens, la faute à une enfance moins heureuse qu’il l’aurait voulu. Cela lui avait forgé un caractère distant qu’il lui fallait se faire violence pour le combattre lors de situations telles que celle qu’il vivait avec Alisel et son enfant. Elle n’avait rien de repoussant –loin de là- mais le jeune homme était bien trop habité par le ressentiment pour profiter de sa bonne humeur et de sa gentillesse naturelle. Il restait sur ses gardes, dissimulé derrière le masque du soigneur pour faire son funeste travail. Il lui imposait de mentir sur son identité, mensonge qui empêchait de poser des bases saines pour une relation.

L’assassin garda le regard posé sur la jeune femme et il s’efforça de répondre à son sourire avec la même timidité.

- Je suis Kex, fit-il simplement en hochant la tête en signe de salut avant la voyant jouer avec l’animal.

Il la laissa ainsi un instant, le temps de récupérer un habit plus chaud pour leur petite excursion. Il ne prenait pas la peine de se vêtir plus chaudement lorsqu’il allait s’occuper des bêtes, leur chaleur naturelle suffisait à réchauffer la tenture où elles se reposaient et il ne craignait pas d’attraper froid le court moment où il se déplaçait d’un endroit à un autre. Kex revint auprès de la jeune femme et l’invita à se mettre en route. L’épais lit blanc immaculé donnait l’impression de se déplacer vers un lieu jamais visité alors que leurs traces de pas dans la neige trahissaient d’où ils venaient. Il resta silencieux alors que le temps clair et sec présageait d’une journée agréable malgré la relative fraîcheur. Leur petit chemin déboucha sur une large plaine vallonnée entre les reliefs des montagnes, propice à chasser de petits rongeurs et à se dégourdir les jambes. Là, Alisel pourrait libérer son faucon et s’adonner à une activité qu’elle appréciait.

- Ici, vous devriez vous y plaire.

Le jeune homme l’observa alors s’affairer avec l’animal, le sentiment étrange de la voir ainsi se mouvoir avec l’enfant collé contre sa poitrine. Kex peinait à la voir se déplacer, gênée dans ses mouvements. Il grimaça en la regardant et se râcla la gorge en désignant l’enfant d’un signe de la tête.

- Je, lâcha-t-il hésitant, donnez le moi. Il vous gêne et c’est dangereux pour lui. Le terrain est malgré tout accidenté, et si vous trébuchez…
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Ven 2 Oct - 13:10

Kex. C'était un nom à la sonorité étrange, pour elle, comme tous prénoms montagnard. Devait-elle faire baptiser Espoir dans la tradition du pays qui l'avait vu naître ? Quel nom pourrait-elle lui donner alors ?
Elle porta sur son enfant un regard neuf et l'analysa quelques instants, profitant de l'absence du soigneur. Son fils possédait clairement des traits des Duchés, et s'il avait ses yeux, sa bouche et la forme globale de son visage rappelait Brun sans conteste. Sans parler de ses cheveux bruns qui comme tous ceux des bébés, bouclaient allègrement sur les pointes.
Leurs regards se croisèrent, aussi sérieux et sombre l'un que l'autre.Ses regrets et ses envies l'avaient quitté depuis la naissance du garçon. Si une part d'elle avait voulu que Brun soit informé, qu'il vienne la chercher comme dans les histoires romantiques, l'autre, plus réaliste avait écrasé sans aucun scrupule ces rêves d'adolescente.
Elle avait fuit, elle était parti pour leur sécurité à tous les trois et aujourd'hui, elle se rendait compte pour la première fois depuis son arrivée dans les montagnes que son voyage serait sans retour.
Elle passerait sa vie, ici dans les Montagnes et Espoir aussi, alors oui, il lui faudrait un nom pour le pays de l'hiver. Les Duchés étaient son passé et la Montagne le présent. Elle ne devait plus songer à ce qu'aurait pu être sa vie, mais s'attacher à la recréer ici.
Kex revint, couvert d'un manteau et elle lui emboîta le pas, un sourire poli sur les lèvres.

Rapidement, ils arrivèrent face à une large plaine vallonnée entre les montagnes. Le soleil se réfléchissait sur la neige immaculée en une rivière de petits cristaux scintillants. C'était à la fois charmant et tellement naturel, qu'Acuité resta un instant à contempler le paysage avant de continuer à avancer.
Après la remarque de Kex, elle lança son bras et le faucon prit son envol dans un long cri strident qui résonna quelques instants dans la vallée. Elle le laissa survoler la plaine, prendre ses marques avant de réellement commencer le travail. Espoir leva le nez, cherchant à voir l'oiseau, forme mouvante à travers le ciel azuré.

Le soigneur restait un peu en retrait, comme s'il la laissait également prendre ses marques, avant de finalement reprendre la parole d'une voix hésitante. Elle le regarda un moment, ne sachant pas si dans un premier temps il était véritablement sérieux.

- Allons Kex, répondit-elle en s'approchant de lui pour lui lancer une petite tape sur l'épaule. Je sais que je peux paraître fluette à première vue mais j'ai de la ressource, je suis une archère. Ce n'est pas l'enfant qui me gêne mais la hauteur de la neige. Je dois avouer que même dans mon pays natal, elle n'avait pas autant d'épaisseur. Dans quelques minutes je m'y serais habituée rassurez-vous.

Elle inclina légèrement la tête et son sourire s'élargit :

- En outre, vous passez déjà vos journées à vous occuper des autres, alors ce n'est pas pour jouer les nourrisses une fois que vous êtes dehors. Allons cueillir vos fleur et poser quelques collets, laissons le faucon se dégourdir les ailes, sa chasse n'en sera que meilleure.


Elle était déstabilisée par l'attitude de l'homme, était-ce simplement la timidité qui le maintenant en retrait ? Dans ce cas pourquoi lui proposer de prendre Espoir ?
Peu au courant des relations homme/femme, il lui apparaissait comme une énigme. ET même si elle avait voulu lui laisser son fils, cela aurait été techniquement impossible. Vu a manière dont elle l'avait harnaché, elle aurait du se dévêtir pour sortir l'enfant de son giron et il était hors de question qu'elle se mette à moitié nue. Déjà parce qu'il faisait un froid à geler les canards mais aussi car vu les cicatrices qu'elle possédait désormais dans le dos, l'homme qui la reverrait nue n'était pas encore né.
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 4 Oct - 19:44

L’assassin était circonspect face à la situation de la jeune femme après qu’il lui eut proposé son aide. Ils s’étaient rencontrés à peine un peu plus tôt et elle se permettait déjà des signes de familiarités. Ses manières n’étaient définitivement pas des Montagnes et Kex songeait qu’elle devrait peut-être prendre davantage de précautions si elle ne voulait pas éveiller les soupçons d’étrangers de passage à Jhaampe. Du moins, c’est ce que lui ferait. Déjà qu’elle parlait difficilement le chyurda, songea-t-il. Car Alisel était une réfugié à l’histoire trouble et si quelqu’un se mettait en quête de la retrouver pour lui faire subir un quelconque sort, il lui fallait être plus prudente. Mais lui révélait ses pensées risquait de le mettre en porte à faux lui-même. Fallait-il la conseiller sur les précautions à prendre ou veiller sur elle de loin ? L’assassin hésitait sur la conduite à tenir et prit la résolution de demander conseil au frère de l’Oblat, bien plus à même de savoir que faire de la jeune femme.

D’ailleurs, sans y prendre garde, Alisel venait de révéler une information importante sur elle : l’épaisseur de la neige en hiver permettait aisément d’éliminer certaines régions des Quatre-Duchés. Evidemment, lui n’apprenait rien, car elle avait avoué venir de Cerf mais, encore une fois, ce n’était pas des mots à prendre à la légère. Pour l’heure, elle ne craignait rien, mais elle avait aussi bien pu être les prémices de temps plus troubles pour les Montagnes. Mais pour l’heure, son innocence et sa candeur devant l’opportunité qui lui était offerte étaient communicatives et Kex décida de mettre de côté ses interrogations et ses remarques pour les rapporter à qui de droit un peu plus tard. Ainsi lui rendait-il son sourire lorsqu’elle rejeta sa proposition avec les formes. Cette femme aurait été parfaite dans les jeux politiques, pensa-t-il innocemment sans y prêter davantage d’attention.

- Déformation professionnelle, sans doute ! lâcha-t-il avec un entrain qu’il forçait volontairement pour accentuer cet air mal à l’aise qu’il s’imposait dans son rôle de soigneur.

Ils se baladèrent ainsi dans l’immense étendue enneigée, s’arrêtant çà et là pour cueillir quelques plantes qui survivaient au froid piquant de l’hiver. Kex tentait de faire la conversation, se faisant réellement violence pour sociabiliser alors que cela allait à l’encontre de sa nature solitaire. Mais il s’agissait également d’une occasion en or pour entraîner ses compétences d’assassin dans l’obtention d’informations. Etant au fait de son histoire de soldate de Cerf, il saurait rapidement s’il parvenait à ses fins ou si elle le menait en bateau.

- Vous aimez chasser alors ? Qu’est-ce que vous aimez tant dans cette activité ?
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mer 7 Oct - 9:52

Il sembla à Acuité que le soigneur se détendait légèrement. En tout cas, il mettait bien plus d'enthousiasme à présent que lorsqu'elle avait débarqué sous sa tente. Elle savait les Montagnard gentils et serviables, mais jusqu'à maintenant, tous ceux qu'elle avait pu rencontrer se tenaient sur une franche réserve. Cela ne la dérangeait pas plus que ça, mais la solitude commençait à lui peser, même si Jordken se montrait présent, elle avait besoin de créer des liens et des relations.
Kex semblait taciturne et réservé, mais peut-être était-ce seulement parce qu'il ne la connaissait pas ? Son sourire se faisait plus chaleureux depuis qu'ils avaient commencé à se promener dans la vallée. Et la discussion émergea naturellement au milieu des fleurs et des collets.
Régulièrement, elle lui demandait à quoi servait telle ou telle espèces, n'étant pas très douée avec les simples.
De son côté, elle lui expliquait pourquoi elle plaçait le collet à tel ou tel endroit.
Ce n'était qu'un échange de connaissances et de méthodes, mais c'est ce qui se rapprochait le plus d'un échange amical depuis longtemps. Shyrin et Brume lui manquaient...même Taebryn lui manquait.

Espoir dormait depuis longtemps, bercé par les mouvements d'Acuité et par sa chaleur corporelle. Et le faucon tournoyait toujours non loin d'eux. De temps en temps, la jeune femme l'observait du coin de l'oeil tout comme elle observait le soigneur. Plus âgé qu'elle, c'était un homme fait et elle se demanda comment il pouvait être dans l'intimité. Tandis qu'elle ramassait une plante dont il lui avait indiqué se servir pour divers cataplasme, il lui posa une question pour le moins surprenante. C'était bien la première fois qu'on s'intéressait à ce qu'elle pouvait bien aimer.
Toute sa vie n'avait été que contraintes, car une Duchesse devait coudre, savoir danser, faire une révérence, tenir des comptes et savoir paraître en public, dans les grandes lignes. Mais personne ne lui avait jamais posé la question de savoir si elle appréciait ces activités. Et Eda lui pardonne, elle en avait horreur.
Mais elle ne pouvait révéler ses ressentis au soigneur, à moins de le mettre dans la confidence.

- Je n'aime pas n'importe quelle chasse
, commença-t-elle, choisissant volontairement ses mots. J'aime la relation de confiance qui se crée entre le chasseur et l'oiseau. Et quelque part je suis fascinée par leur capacité de vol. C'est à la fois gracieux et...regardez !

Au même moment, le faucon décrivit une courbe et piailla une fois de façon brève alors qu'un oiseau voletait en contrebas. La proie accéléra mais le faucon fut plus rapide et le frappa de plein fouet avant de l'accompagner sur le sol.
Sans se soucier de ce qu'en dirait le soigneur, Acuité se mis en chemin d'un pas rapide, du moins autant que faire se peut vers l'oiseau piaillant au sol bien plus loin.
Arrivée à portée après ce qui lui parut une éternité, encombrée de son fils et surtout des deux pieds de neige qui recouvraient le sol, elle récupéra la proie et félicita le faucon avec une lanière de viande, issue de sa sacoche avant de l'aider à remonter sur son bras. Espoir se réveilla et bougonna doucement, les yeux grand ouverts sur le volatile tout aussi fasciné qu'Acuité enfant.
Elle lança l'oiseau dans les airs à nouveau, gratta un peu le sol jusqu'à trouver une pierre assez conséquente qu'elle envoya de toutes ses forces dans un bosquet non loin. Une nuée d'autres oiseaux s'envolèrent et le faucon se remit en chasse.

Se tournant vers Kex un sourire radieux sur les lèvres elle lança :

- Vous voyez ? Cet oiseau est bon, comment l'avez-vous appelé ?
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Ven 9 Oct - 12:21

Les deux étrangers partageaient leurs connaissances avec une certaine bonne humeur, légèrement feintée pour l’un, sincère pour l’autre. Kex appréciait malgré tout d’avoir quitté Jhaampe pour quelques heures et l’opportunité de profiter de la nature. Elle était reposante, apaisante, et vraie, à l’inverse des gens qu’ils croisaient. Même si les habitants des Montagnes étaient sincères pour l’immense majorité, il était contraint d’échanger avec certains d’entre eux qui se dissimulaient vers de faux semblants ou à l’ambition démesurée pour un peuple tel que celui de Jhaampe. Ils n’étaient pas nombreux, mais suffisamment pour peser légèrement au point que le jeune homme ressente cette excursion comme une véritable bouffée d’air frais. Il ne lui était pas possible par contre de se l’avouer directement. Kex avait été torturé par les sentiments trop tranchés durant son enfance, et l’indifférence prédominait chez lui. Il se dissimulait derrière elle comme un mur érigé pour se protéger du monde extérieur, un mur si épais que même lui ne se rendait plus compte de ses réels sentiments. Tout n’était plus qu’un masque qu’il arborait en fonction des circonstances, tantôt celui bienveillant d’un soigneur, tantôt celui meurtrier d’un assassin. C’en était arrivé à un tel point qu’une personne extérieure, et qui ne le connaissait quasiment pas, s’en rendait avantage compte que lui.

Alisel répondit finalement à sa question. Ce n’était pas la chasse en elle-même qu’elle appréciait tant, mais bien la relation entre les deux entités : le chasseur et le faucon, comme elle le soulignait. Il aurait été curieux qu’une jeune femme au visage si innocent –quoique marqué par une histoire compliquée- soit avide de sang et de mort. Lorsque l’oiseau cria et qu’elle me le désigna, Kex le suivit du regard pour le voir fondre sur sa proie. Elle le rejoignit pour récupérer le gibier et récompenser l’animal avec l’entrain d’une enfant. Puis elle le laissa s’envoler à nouveau avant de précipiter davantage de proies entre ses griffes. Son visage, éclairé par un large sourire, était remarquablement mis en beauté par le froid et la neige.

- Oui, répondit-il simplement, c’est le meilleur que nous ayons. Il s’appelle Ragar et son maître ne tarit pas d’éloges à son égard. Il n’a pas l’air de mentir, renchérit-il en observant le faucon dessiner de larges cercles au-dessus de ses proies avant de se précipiter sur elles, une à une, forçant Alisel à courir pour les ramasser et récompenser l’oiseau.

Pour sa part, Kex avait récupéré tous les simples qu’il s’était mis en quête de trouver et fouinait machinalement la neige désormais pour dégoter quelques espèces rares, sans réel espoir d’en dénicher. Rapidement, l’assassin se proposa à porter quelques-unes des proies pour permettre à la jeune chasseuse de continuer à se mouvoir sans difficulté malgré la charge de son enfant. Il attacha les pattes des petits oiseaux avec une lanière de cuir et les jeta par-dessus son épaule, continuant d’observer la femme blonde du coin de l’œil.

- Je me demande comment vous allez manger tout ça, lança-t-il en faisant référence à ses formes fines et élancées.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Lun 19 Oct - 9:17

Si seulement elle avait eu un arc...L'idée germa dans son esprit de s'en fabriquer un. Elle en était capable. Il ne serait certes pas aussi beau que le présent de Brun mais...elle se força à ne pas penser à lui.
Et comme Kex lui prenait des prises des mains, elle le regarda un moment à la dérobée. Devait-elle s'ouvrir aux autres ou bien continuer à chérir son amour pour un homme qu'elle ne reverrait jamais ?
Elle l'ignorait dans l'immédiat mais savait que les jours et les mois qui suivraient lui donneraient réponse à ses interrogations.
Pour ne pas montrer son trouble, elle sourit à nouveau au soigneur.

-Ragar, répéta-t-elle pour elle même en coulant un regard vers l'oiseau qui tournoyait toujours au dessus d'eux.

Elle fut surprise cependant, que l'oiseau appartienne à quelqu'un et que cette même personne le laisse à la charge du soigneur.
Acuité ne quittait pas le faucon des yeux, songeuse et c'est seulement lorsqu'elle reporta son attention sur Kex qu'elle remarqua qu'il la regardait. Elle aurait dû détourner les yeux mais la remarque qu'il lui fit immédiatement dessina un nouveau sourire sur les lèvres. Elle se força même à un petit rire, en songeant qu'il n'y avait encore pas si longtemps, sa maigreur avait dépassé des records.
Les mauvais traitements, le manque de nourriture, et le fouet des Chalcédiens avaient eu raison de son corps autrefois mince mais musclé.

- J'ai bon appétit, se défendit-elle en riant. Et je suis redevable envers la personne qui m'héberge. Il sera certainement content que je lui rapporte à manger.

Elle s'arrêta en songeant que non, Jordken ne serait certainement pas ravi, il lui reprocherait d'être sortie avec Espoir, de s'être mise en danger avec son enfant. L'ours protecteur sortirait de sa caverne en hurlant.
Elle éclata d'un rire franc avant de reprendre :

- Non en réalité, il sera surement furieux que je sois partie chasser avec Espoir. Alors si vous souhaitez garder quelques prises pour votre repas de famille ce soir, ne vous privez pas.

Elle assumerait sa petite fugue improvisée voilà tout. Le bébé s'agita doucement et se mit à crier sa faim. Acuité l'apaisa d'une voix douce et se détourna du soigneur quelques minutes, le temps de décaler un pan de l'écharpe et un morceau de son propre vêtement pour que l'enfant accède à son sein. Une fois en place, elle rajusta l'écharpe et le couvrit à nouveau. Satisfaite de son petit bricolage, elle se tourna vers le soigneur à nouveau, une demande d'excuse dans les yeux.

- Pourrais-je abuser encore un peu de votre présence ? Demanda-t-elle à nouveau.J'ai besoin d'un arc.

Et par là, elle sous-entendait le matériel pour fabriquer un arc. Une belle branche de noisetier serait l'idéal, mais elle ignorait s'il en poussait par ici. Le froid commençait à se faire sentir et la jeune femme ne sentait plus le bout de son nez qui devait donc être bien rouge. Mais sa ténacité lui imposait de ne pas laisser tomber. Ses doigts aussi commençaient à se figer et à être douloureux, elle les planqua dans ses poches et observa les volutes de fumée d'échappant de sa bouche à chaque expiration.
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mar 20 Oct - 22:39

Si l’oiseau n’avait jamais appartenu à quelqu’un d’autre qu’au peuple des Montagnes, l’étrangère l’aurait adoptée aussitôt, fascinée qu’elle semblait par l’animal. Ragar avait été dressé, lui et ses congénères, par le maître fauconnier de Jhaampe. L’homme pouvait se targuer d’avoir un élevage d’une rare qualité. Et il n’avait pas travaillé pour lui, car au royaume des Montagnes, les individualités n’existaient pas. Seul le peuple de Jhammpe prévalait et ces faucons, de même que le bétail et toutes les propriétés des Montagnes n’appartenaient à personne et à tout le monde à la fois. Il s’agissait là d’une coutume qui demeurait par-delà les générations et qui se cristallisait dans la présence de l’Oblat, qui ne gouvernait pas un peuple comme le roi des Quatre-Duchés mais se mettait au service de son peuple. C’était ce qui lui avait permis, à lui, d’être recueilli parmi ce peuple généreux, et qui était certainement ce qui avait poussé la jeune femme à en faire de même des années plus tard. Et voilà qu’ils se retrouvaient à chasser tous les deux, sans savoir qu’ils partageaient un passé commun : celui de l’avoir fui.

Sa remarque, innocente, arracha un sourire enjôleur à Alisel, qui renchérit en arguant disposer d’un appétit d’ogre. Son entrain s’interrompit net lorsqu’elle se rendit compte du ton trop bourru de son hôte. Jordken, comme l’assassin le savait, abritait l’étrangère et s’était pris d’un instant surprotecteur à son égard. Il n’y avait rien d’étonnant car l’époux de l’Oblat ressentait de l’affection pour tout être vivant dans ce monde. Et il fallait dire qu’Alisel et son enfant n’avait vraiment rien de repoussants. Le jeune homme laissa de côté ses pensées agréables lorsqu’elle mentionna un mot qu’il n’avait plus entendu depuis longtemps. Famille. Ce n’était pas ce qu’il avait quitté en fuyant la demeure qui l’avait vu grandir. Non, elle avait disparu en même temps que sa mère et depuis lors, jamais plus rien n’avait semblé de près ou de loin lui rappeler ce tendre cocon qu’était le creux des bras de celle qui lui avait donné naissance. Rien excepté cette vision qui s’offrait à lui lorqu’Alisel se détourna de son regard pour placer son enfant contre elle afin de le nourrir. Innocent visage que le sien lorsqu’elle pivota face à lui, lovant son enfant contre elle pour le protéger du froid, du monde extérieur, comme un rempart qui, malgré sa jeunesse, semblait prête à tout pour le prémunir de la sauvagerie du monde extérieur. Etait-cela qu’avait ressenti sa mère lorsqu’elle lui avait donné naissance ? Une certaine mélancolie gagna l’assassin qui s’efforça de ne rien laisser paraître, sauvé par la requête de la jeune chasseuse.

En une fraction de seconde, son esprit lui indiqua qu’il était en mesure de trouver le bois adéquat et qu’il disposait de la corde dans sa besace, que les plumes des oiseaux déjà capturés et que le taillage de pierre permettrait de faire des flèches. Mais surtout que dévoiler ce genre de capacités remettraient en cause ses capacités de simple soigneur. Et il devait rester le soigneur inoffensif aux yeux de tous. Il la regarda en riant et déclara faussement modeste :

« La magie ne fait pas partie de mes nombreux talents ! »

Devant son air dubitatif face à sa moquerie, l’assassin comprit qu’il s’était fourvoyé et se lança en quête du bout de bois nécessaire à la fabrication d’un arc. Kex se contenta simplement de bois de chêne, déjà car il y en avait un certain nombre autour d’eux, et surtout que le premier sur lequel il jeta son dévolu était facile à escalader. Déposant son sac dans le lit de neige qui couvrait ses racines, le jeune homme en entreprit l’ascension, non sans feinter quelques hésitations et un petit trébuchement qui, sans le vouloir, fut rattrapé in extremis au prix d’un bras écorché par le tronc et quelques branches de l’arbre. Pour le coup, l’expression de surprise puis de soulagement ne fut pas feintée. Il parvint finalement jusqu’à la branche qu’il fit tomber d’un coup de pied. La descente fut moins laborieuse et, arrivé au sol, il la récupéra puis fouilla dans sa besace pour en sortir une corde qu’il tendit à la jeune femme, serviable qu’il était. Peut-être un peu trop.

« Hum, voilà pour vous. Mais hum… c’était pas une idée si lumineuse. Surtout qu’il y en a à Jhaampe, des arcs.. »
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mer 21 Oct - 9:18

A son tour, Acuité esquissa un sourire au paroles du Soigneur. Elle avait l'impression qu'il s'était fort détendu depuis qu'ils se promenaient. L'homme froid et austère qui l'avait accueillit sous la tente avait disparu pour laisser place à une personne agréable et serviable.
Elle fronça légèrement les sourcils cependant, son sourire en suspens. Parlait-il des talents de soigneur ? A moins...par Eda, faisait-il allusion à la magie de l'Art ? Avait-elle était découverte ? Elle n'osa plus parler et fut soulagée de le voir grimper à l'arbre comme pour lui donner un moment seule avec elle-même.
S'était-elle trahie d'une quelconque façon ? Avait-on découvert sa véritable identité ?
Elle leva un regard vers le soigneur qui avait déjà atteint une bonne hauteur. Il semblait hésiter par moment et il trébucha.

La jeune femme porta ses mains à sa bouche persuadée qu'il allait dégringoler mais fort heureusement il se rattrapa à une branche.
Elle émit un léger soupir de soulagement car elle s'en serait voulu s'il était tombé par sa faute.
D'un coup de pied, il rompit une branche en hauteur et Acuité s'éloigna par réflexe de l'arbre, même s'il semblait évident que le bois ne lui tomberait pas sur la tête. Kex redescendit, et lui ramena la branche accompagnée de corde tirée de sa besace.
Elle était de bonne facture, fine comme il convenait pour la fabrication d'un arc. Comment un soigneur pouvait posséder ce genre de matériel ?

- Merci, dit-elle tout bas face à ses mots qui sonnèrent comme une remontrance à ses oreilles.

Son regard se posa sur le sol un peu plus loin, n'osant plus le regarder. Il avait faillit se blesser dans sa chute et c'était entièrement sa faute. Dans son champs de vision, elle aperçut la manche déchirée sur l'avant bras de Kex et les taches rouges qui l'accompagnaient.

- Vous êtes blessé ! lâcha-t-elle aussi surprise que désolée en croisant son regard à nouveau.

Et sans attendre un quelconque accord, elle saisit sa main entre les siennes avant de l'inciter lui montrer la plaie en inclinant son poignet.
Là elle écarta délicatement le tissu et observa la plaie sous différents angle, les sourcils froncés.
Qu'était-elle entrain de faire...n'était-il pas soigneur ? Et elle n'y connaissait rien en blessure, c'était ridicule et complètement stupide et tandis que son regard sombre balayait les traînées de sang elle ajouta :

- Je préfère le fabriquer moi-même...je suis désolée. Votre plaie ne semble pas très profonde mais il vaudrait mieux désinfecter enfin....je suppose que je ne vous apprends rien...

Sa voix était morne. Depuis son arrivée ici elle avait le sentiment de n'être qu'un poids pour ces habitants qui prenaient soin d'elle alors qu'elle leur mentait. C'était dur pour elle, elle aurait souhaité être plus débrouillarde, plus efficace et moins empotée. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux, mais elle les ravala fièrement. Elle ne pouvait pas se laisser aller, pas devant un inconnu et encore moins devant son fils.
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Kex Enhor
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mer 21 Oct - 21:58

Il lui avait récupéré un morceau de bois et donné un bout de ficelle pour son arc, l’assassin s’était attendu à davantage de gratitude qu’un regard rivé sur l’immense étendue blanche. Le timide merci qui s’était faufilé entre ses lèvres tenait plus de la culpabilité que de la réelle reconnaissance. Aussi, une certaine amertume à l’idée d’avoir essayé de l’aider murmura à ses oreilles. S’il fallait s’efforcer de rendre service aux gens pour sociabiliser, la récompense était bien maigre. Un sourire, sans commentaire, aurait largement fait l’affaire, mais, bizarrement, l’entendre prononcer ce remerciement sans davantage lui prêter attention –pour une raison qui lui échappait-  avec quelque chose de cruel.

Ses noires réflexions s’évanouirent à l’instant où elle lui prit la main pour inspecter la plaie de son bras. Le contact le surprit et il souhaitait de prime abord récupérer sa main, gêné par le contact d’une inconnue. Elle ne put s’en rendre compte, mais Kex fronçait les sourcils en écho au visage de la jeune femme, mais pas tourmenté par la contrariété d’être en partie la cause de sa blessure mais parce qu’il sentait un curieux malaise gronder en lui. Ce doux geste lui rappela brusquement que de tel contact, il n’en avait plus connu depuis de nombreuses années. Qu’il était étrange que cette inconnue venant d’un royaume qu’il avait fuit ravive de si lourds souvenirs. Celui d’une protection maternelle inquiète de voir son enfant à peine égratigné. Celui d’un câlin affectueux d’une mère pour son fils. Il avait fui ces souvenirs pour les laisser derrière lui et ne jamais ressentir une douleur similaire. Qu’Alisel lui rappelle tant sa propre mère était un véritable poignard.

Malgré la douceur de son geste et la gentillesse dans sa voix, Kex retira sa main un peu trop précipitamment. Il se détourna de son regard, troublé du curieux pouvoir qu’elle pouvait exercer sur lui. En lui tournant le dos, il ne put apercevoir les yeux brillants de larmes de la belle étrangère. Le jeune homme émit un léger grognement et avança vers son sac dans lequel il fouilla pour trouver une outre d’eau et de l’onguent réalisé à base de plantes. Agenouillé dans la neige, il termina de déchirer le tissu de sa manche pour l’imbiber d’eau claire et s’efforça de nettoyer la plaie puis de l’essuyer avant de s’appliquer la pommade pardessus. La sensation de brûlure s’apaisa aussitôt et il lâche un étrange soupire, peut-être davantage par satisfaction de s’être libéré de son emprise que par le soulagement du soin de sa petite écorchure. Le froid l’empêchait de piocher encore dans le tissu de ses vêtements sans risquer de trop se dévêtir et de laisser son corps en proie aux morsures du froid. L’onguent et la plait sècherait à la fraîcheur de l’air libre.

Ainsi, après s’être occupé de lui-même et avoir pris la résolution de ne plus la laisser ainsi l’ébranler, Kex se releva et remis sa besace sur l’épaule avant de se tourner vers la jeune mère. Elle lui semblait un peu perdue, le sentiment coupable se lisant sur son visage rosi par le froid. L’assassin s’efforça de prendre une expression avenante et la rassura.

« C’est bon, je ne vais pas en mourir ! Pas tout de suite, en tout cas ! »

Il s’approcha alors plus près d’elle et observa le morceau de bois et le fil dans ses mains. Puis il lui jeta un regard, dubitatif. « Et donc, la ficelle et le bois, ça se transforme en arc tout seul ? » lança-t-il faussement sérieux et en mettant ses talents d’acteurs à son service pour reprendre ce masque calme et imperméable à son attitude à elle. Il avait une vague idée de la manière de faire, ne s’étant par contre jamais exercé à la fabrication de cette arme et il suivrait avec intérêt sa manière de faire.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Jeu 22 Oct - 10:08

Le soigneur retira vivement sa main d'entre les siennes et elle resta un moment, en suspens, sans oser bouger plus. Le regard posé sur lui, la bouche légèrement entrouverte par la surprise de sa réaction. Comme si elle avait pu le brûler en le touchant.
Peut-être était-elle trop familière, mais c'était si compliqué de créer un lien naturel. Elle n'en n'avait pas l'habitude. Toute sa jeune vie avait été ponctuée de révérence et de traits d'esprit dans le but de plaire et de faire forte impression, de mensonges pour paraître au mieux, elle n'avait jamais pu être elle-même, sauf dans l'intimité qu'elle n'avait de toute façon que peu connu.
Son père l'avait bien éduqué, contenant autant que possible son esprit serviable et passionné, pour en faire la parfaite petit duchesse docile et intelligente que tous rêveraient d'épouser.

Elle avait contrecarré ses plans dès son arrivée en Cerf, en se rapprochant de Vainqueur et surtout, en tombant amoureuse de Brun.
L'attaque des brigands sur sa propre personne avait eu raison des derniers faux-semblants. Elle avait tué son premier homme, elle avait trouvé en elle, le courage suffisant pour changer, pour devenir celle qu'elle aurait dû être et c'est dans cet optique qu'elle s'était engagé comme archère.
Protéger son peuple sur le terrain et non pas dans une chambre attendant un mariage arrangé pour le bon plaisir de son père et de sa lignée.

Immobile, plongée dans ses introspections, son regard restait rivé sur l'homme qui se soignait avec soin et sans aucune hésitation. Elle le voyait sans réellement le voir, trop préoccupée par elle-même.
Elle avait fuit les faux semblants des Duchés et en inventait de nouveaux ici. Sur le moment, un fort sentiment de dégoût envers elle-même s'imbiba sur ses traits. Fort heureusement, le mouvement du Soigneur la tira de son introspection.
Le vent lui fouettait le visage et rosissait ses joues mais elle demeura là, à le regarder s'avancer. Son expression avait changé, s'il lui avait paru agacé précédemment, il paraissait plus avenant dans l'immédiat et elle hésita à se détendre un peu.

Les mots qu'il prononça alors la firent sourire doucement alors qu'elle baissait la tête, toujours un peu coupable. Non il n'en mourrait pas c'était certain.
A sa question, elle releva les yeux vers lui et son sourire s'étira un peu plus.

- Non, dit-elle en secouant la tête. Il faut du travail, du savoir-faire et du temps. Mais nous ne pouvons le faire ici. Le bois est vert, il me faudra donc lui retirer son écorce et le tremper dans de l'eau chaude avant de le faire sécher. Demain, je pourrais commencer à le raboter correctement. Vous pourriez..me rejoindre demain si vous souhaitez voir la suite, osa-t-elle peu convaincue par l'assurance de ses propres paroles.

Elle songea que Jordken n'y verrait pas d'inconvénient, il devait de toute façon déjà connaitre le soigneur et ne se formaliserait pas s'ils fabriquaient un arc non?
Cela le rassurerait peut-être même de savoir que la jeune femme ne sortait pas seule...

- Il est peut-être temps de rentrer, reprit-elle en relevant son regard vers le faucon qui volait à présent bien moins haut. Ragar commence à fatiguer.

Inquiète, elle ne quitta plus l'oiseau des yeux, sortit un leurre de viande de sa besace et leva le bras pour l'inciter à les rejoindre.
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Jeu 22 Oct - 17:01

Il avait feinté son manque de connaissance à propos de la fabrication d’un arc et le visage de la jeune femme lui sembla s’illuminer lorsque ses yeux noirs croisèrent les siens. Son apparente ignorance l’avait détendue et une certaine passion perça à travers ses propos. Elle connaissait la manière de travailler le bois pour en faire un arc, et elle se plaisait à lui expliquer brièvement chaque étape du processus. Kex songea alors qu’il ne lui faudrait pas manquer un seul instant de sa fabrication car, un jour certainement, il pourrait en avoir besoin. Et il s’agissait aussi d’une occasion de partager quelque chose avec quelqu’un. Quelque chose qui n’était pas un enseignement meurtrier ou une discussion sur ce qu’il convenait de faire vis-à-vis de telle situation. Cela lui permettrait de s’évader de son rôle d’outils pour être un peu plus lui-même, bien qu’il ne sache pas réellement être quelqu’un d’autre que ce soigneur distant doublé d’un assassin inexpérimenté. Alisel restait une femme qu’il trouvait, si ce n’était dangereuse pour sa vie, capable de lui remémorer les pires souvenirs de sa vie. Pour beaucoup, se rappeler l’amour d’un être cher suffisait à leur réchauffer le cœur, pour l’assassin, il s’agissait d’ouvrir une plaie qui n’avait pas complètement cicatrisé. Cependant, quelque chose qu’il ne put expliquer le poussa à répondre avec un entrain qui n’était pas feint pour une fois.

Oui !
se surprit-il à lâcher un peu trop précipitamment à son goût avant de se reprendre, je veux bien voir ça, si ça ne vous dérange pas trop. Les quelques personnes qui s’étaient habituées à sa présence s’étonneraient surement de voir le solitaire soigneur échanger plus de deux mots avec quelqu’un d’autre que les bêtes dont il s’occupait habituellement. Cela n’avait d’ailleurs pas du leur échapper que Kex avait daigné accompagner une jeune femme ce jour-là, et qu’il se retrouve en sa compagnie le lendemain à nouveau pourrait en faire jaser plus d’un certainement. Mais ce n’était pas le genre de rumeur qu’il lui était ordonné d’écouter, et si Alisel représentait une occasion de tester sa façon de sociabiliser, le jeune homme se sentait emporter par un certain élan à vouloir la suivre, peu importait les dangers qu’elle représentait en réalité. Kex se promettait simplement de dresser d’épaisses murailles et de ne pas se laisser corrompre l’esprit par de lourds souvenirs ravivés par sa douceur et sa gentillesse. Sa position lui semblait le condamner à feinter les relations avec les gens et de ne jamais pouvoir être franc et sincère avec ceux qu’il rencontrait. C’était bien trop risqué, à cause de ce qu’il était, à cause de ce qu’il savait. Commençait-il à regretter de s’être mis au service des Montagnes ?

Le battement d’ailes de l’oiseau le tira de nouvelles réflexions. Cette femme lui imposait davantage d’introspection que jamais personne auparavant. L’instinct avait guidé ses actes jusqu’à Jhaampe, et il avait machinalement suivit les directives qui lui avaient été donnés. Mais la jeune femme aux boucles blondes, et tout ce qu’elle représentait, imposait à l’assassin bon nombre de pensées et de questionnements, au point qu’il se demande s’il n’était pas trop dangereux de la côtoyer ainsi. Il se surprit à accepter presque à contre-cœur l’idée de devoir rentrer. Il s’empara alors des proies abattues par l’oiseau en acquiesçant de la tête et les jeta par-dessus son épaule.

Oui, rentrons, de toute façon, j’ai trouvé ce qu’il me manquait également. Puis l’assassin reprit le chemin de Jhaampe, la neige craquant sous ses pas. Il a été bon n’est-ce pas ? Vous avez bien fait de vouloir l’emmener chasser, s’essaya-t-il de la complimenter gauchement.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Jeu 22 Oct - 19:13

Si elle fut surprise par l'enthousiasme dont le soigneur fit preuve, elle n'en montra rien d'autre qu'une expression à la bouche et aux yeux légèrement arrondis.
Il avait été si taciturne jusqu'à présent et si distant qu'elle fut réellement étonnée de sa réponse et contre toute attente, cela lui réchauffa un peu le coeur et lui arracha un timide sourire.
Par Eda qu'il était difficile et compliqué de créer des liens dans un pays inconnu. Encore plus avec un homme sans éprouver la moindre arrière pensée.
Comment faisait les autres ? Comment faisait-elle lorsqu'elle discutait avec les paysans de son domaine ? Elle arrivait à être naturelle dans ces circonstances, mais Kex l'intimidait.
Elle coula un regard en coin pour l'observer à la dérobée, cherchant vainement pourquoi il était capable de provoquer pareil émois chez elle.
Lui rappelait-il Brun ? Leurs physiques n'avaient pourtant rien de comparable. Brun était taillé pour la guerre, Kex pour les travaux manuels difficiles. Il était plus massif, ses épaules étaient plus larges que celles du Maître d'armes.
Elle se décida alors d'arrêter de le dévisager, jugeant cela inconvenant, même s'il ne s'en rendait pas compte.

L'oiseau se rapprocha, jusqu'à se poser sur son poing avant de dévorer la viande qu'elle lui tendait. Il avait grande faim et la jeune femme regretta presque de ne pas lui avoir laissé dévorer l'une de ses proies. Il l'avait plus que mérité.
Ses yeux s'écarquillèrent à nouveau lorsqu'il prononça les mots suivant. "Rentrons". Cette invitation  la ramena des mois en arrière. la dernière fois que l'on avait prononcé ces mots pour elle...Brun cherchait à lui faire entendre raison pour la ramener en Cerf. Rentrons à la maison lui avait-il dit, comme une promesse d'un avenir à deux.
Elle savait désormais que cet avenir n'était plus envisageable. Elle ne le reverrait jamais.
Devait-elle pour autant se priver du bonheur d'un éventuel nouvel amour ? Devait-elle rester mère célibataire et se consacrer à son fils ou bien s'ouvrir aux autres et chercher à être heureuse également en tant que femme ?

Elle l'ignorait et se décida à chasser ses idées stupides et dénuées d’intérêt dans l'immédiat, préférant emboîter le pas au soigneur. Se remettre en mouvement réchauffa ses doigts et le bout de ses pieds. Kex attira son attention sur les performances de l'oiseau et elle hocha la tête à ses paroles. Il avait raison, l'oiseau avait été bon.
Machinalement elle répondit :

- Je pourrais recommencer si son Maître est d'accord. Ou prendre un autre oiseau si vous n'avez pas le temps de les sortir tous.

Elle se mordit la lèvre en détournant le visage, se rendant compte qu'en plus de l'avoir invité chez Jordken le lendemain, elle se proposait pour venir lui rendre visite à son travail jusqu'à l'aider sur certaines besognes.
Mais ça lui faisait du bien de se trouver une utilité, elle se sentait moins gauche et surtout, elle ne voulait pas qu'on la traite d'empotée ou de fainéante.
Elle estimait être dans les Montagnes depuis suffisamment longtemps maintenant pour pouvoir sortir de son trou et se mêler au peuple. Ils avaient bien accueilli Merriska et Kex, alors pourquoi pas elle ?
Elle aussi méritait sa liberté, elle aussi méritait de vivre sa vie, et pas celle d'une autre, l'autre qu'elle ne serait plus jamais.
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Jeu 22 Oct - 22:37

Le chemin du retour jusqu'à Jhaampe lui sembla incroyablement plus court que celui qui les avait mené jusqu'à cette plaine enneigée qui leur avait permis de relâcher l'oiseau et à Alisel de s'adonner à la chasse qu'elle désirait tant. Malgré la charge qu'il traînait -les proies capturées par Ragar-, Kex avait l'impression d'avancer bien plus rapidement dans l'épais lit de neige qui recouvrait les reliefs des Montagnes. La jeune femme semblait gagnée par un certain entrain à l'idée de pouvoir à nouveau s'aventurer à la chasse avec le faucon. Ou de s'occuper d'un autre. Que quelqu'un d'autre que lui prenne soin de ces bêtes à plumage lui allait parfaitement. Il n'avait jamais été trop à l'aise avec elles et il prendrait avec joie l'invitation qui lui avait été faite. Mais au lieu de lui annoncer avec trop d'emportement que l'idée lui plaisait, il préféra lui rappeler le principe du royaume des Montagnes.

Vous n'avez pas à demander l'autorisation de qui que ce soit. Vous faites partie du peuple de Jhaampe car l'Oblat et sa fille en ont décidé ainsi. Ragar et ses congénères vous appartiennent aussi. Si l'envie vous prend de partir chasser avec l'un d'eux, vous en avez parfaitement le droit, à la condition de partager vos prises.

C'était bien cela la vérité des Montagnes. L'individualisme n'était pas censé exister, peu importait les origines de chacun, tous servaient le peuple qui s'amassait en grande partie autour de Jhaampe l'hiver venu. Ils arrivèrent d'ailleurs tous deux en vue du gigantesque arbre qui représentait le palais et l'assassin prit la direction de la tenture derrière les écuries, là où ils avaient emporter Ragar. En chemin, Kex ne manqua pas de distribuer du gibier, en réservant quelques uns pour Alisel et ses hôtes. Arrivés jusqu'à la tenture où les autres oiseaux piaillaient, il lui laissa le soin de se délester du faucon qu'elle avait tenu sur son avant-bras sur le chemin du retour. L'assassin, qui reprit son rôle de soigneur, donna la nourriture aux oiseaux et vida les récipients d'eau et les rinça avant de les remplir à nouveau. Kex avait l'habitude d'être seul et de prendre soin des bêtes dans la même solitude. Aussi, avoir quelqu'un qui l'observait le rendait légèrement mal à l'aise. Il préféra alors s'interrompre et jeta un regard en biais vers la jeune femme, sans savoir ce qu'elle attendait.

Ha oui, fit-il en s'approchant des dernières proies. Il ne garda qu'un petit oiseau avant de tendre les autres à la jeune femme, voilà vos prises pour un bon repas avec l'Oblat et son mari, déclara-t-il sans prendre garde qu'il venait d'avouer qu'il savait où elle avait pris ses quartiers. Gauchement, il balbutia une fausse raison d'expliquer qu'il était en possession de cette information plutôt que de révéler qu'il était l'assassin des Montagnes et que, par extension, il savait forcément ce genre de choses. On vous a vu sortir à plusieurs reprises de leurs quartiers, les gens en ont conclu que vous y viviez, marmonna-t-il, gêné qu'elle s'imagine qu'il ressente un quelconque intérêt envers elle. L'assassin rougit-il un peu plus ou bien s'agissait-il encore de sa peau agressée par le vent froid qui sifflait au dehors ? Il s'éclaircit alors la gorge, sans savoir trop quoi dire ou faire d'autres. Enfin bref..
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MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 24 Oct - 16:17

Il lui fit la leçon concernant les Montagnes. Ce peuple mettait tout en commun et ne songeait pas au bien individuel. Ici, de part la rigueur de la vie, on s'associait et l'on s'entraidait pour survivre et améliorer son confort. C'était logique et censé. Mais cette façon de penser était bien loin de celle des Duchés ou chacun faisait son possible pour être mieux que les autres. Etre le plus riche, le plus instruit, le plus beau, penser à son petit domaine, à le faire prospérer...elle ne connaissait que cette éducation et se promit de faire grandir son fils dans une atmosphère altruiste et pérenne.

Elle se sentit légèrement gêné après son discours qui appuyait bien sur le fait qu'elle n'était pas d'ici et qu'elle avait encore beaucoup à apprendre mais, elle ferait son possible pour y arriver. Devait-elle d’ailleurs donner un nom Montagnard à Espoir ? Mais elle les ignorait tous alors...comment choisir ?
Merriska aussi avait changé de nom en vivant ici alors...peut-être que elle aussi...elle devrait s'adapter à ce nouvel environnement à cette nouvelle vie qui, si elle y faisait attention, finirait par combler l'ancienne.
Et Kex...? Elle coula un regard de biais sur lui. Etait-ce son vrai prénom ou l'avait-il changé en arrivant ici ?
Kex...ça ne sonnait pas vraiment comme venant des Duchés.
L'arrivée à Jhaampe la tira de ses réflexions et ils reprirent naturellement le chemin de la fauconnerie.
L'oiseau commençait à peser sur son bras, de même que Espoir. Aussi, elle dû se rendre à l'évidence du soulagement de déposer l'oiseau sur son perchoir, non sans le féliciter pour sa bonne chasse.
Elle se posta ensuite légèrement en retrait et observa le soigneur faire son travail ne sachant pas vraiment si elle devait l'attendre ou le laisser tranquille. Son fils s'était rendormi depuis un moment, le nez sur son sein, bercé par les mouvements de marche de sa mère.
Enfin Kex s'avança vers elle et lui tendit le reste des prises, ne prenant qu'un seul oiseau pour lui.
Elle en conclu qu'il vivait seul. Cette découverte la laissa légèrement triste. Vivre seul au sein d'un village qui mettait tout en commun ne devait pas être chose aisé. Puis elle fronça les sourcils à ses mots. Elle se doutait bien que les Chiurdas devaient parler entre eux de la nouvelle fraîchement arrivée et ne compris pas pourquoi il cherchait à se justifier. Enfin, en partant du principe qu'il cherchait à le faire.

- En réalité j'ai mangé avec l'Oblat et son époux hier dans leurs quartiers, mais...je séjourne dans la maison d'été de Jordken, dans la foret. Il passe voir régulièrement si je ne manque de rien. Ainsi, Espoir et moi avons notre petite intimité.

Et voilà, elle venait également d'avouer qu'elle était aussi seule que lui, sauf quand Jordken la gratifiait de sa présence. Elle balaya une dernière fois la pièce avant de soupirer doucement.

- Bien, je vais vous laisser à votre besogne. Merci encore Kex. Passez quand vous voulez dès demain, je serais à la cabane et vous attendrais pour continuer le travail de l'arc.
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