AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Ven 1 Jan - 21:16

Le regard écarquillé qu’il reçut en retour du sien lui fit comprendre que le jeune homme l’avait surprise. Elle bafouilla comme un enfant pris la main dans le sac de confiseries avant de s’excuser de l’avoir dévisagé. Alisel se précipita alors sur sa tasse et se brûla la langue dans sa hâte. Le soigneur grimaça pour elle mais reporta son attention sur le feu qui crépitait dans l’âtre.
Avant qu’elle ne les serve, il fouillait dans son esprit pour découvrir un instant similaire, quelque chose qui ressemblerait à cette étrange attraction qu’elle exerçait sur lui. Rien ne lui était venu. Rien. Et il ne pouvait pas décemment avouer à cette femme, aussi belle soit-elle, qu’il se sentait nigaud à ses côtés et fasciné par ses yeux brillants qui semblaient en avoir vu bien plus qu’un homme est censé en voir durant toute sa vie. Et, incapable d’aligner deux mots sur ses propres sentiments, il se serait enlisé dans des explications farfelues sans être capable de trouver la juste phrase pour représenter le tumulte qui l’habitait.

- C’est magnifique, n’est-ce pas ? détourna-t-il la conversation en désignant le feu d’un signe de la tête. Ces chaudes couleurs, comme la neige qui tombe, arrivent toujours à m’hypnotiser. On les fixe une fois, et le regard ne peut plus se détacher de ce ballet enflammé qu’elles dansent. C’est curieux comme quelque chose d’aussi bon vous sauve et vous tue à la fois. Ces flammes nous protègent du froid, mais si l’on y met les doigts, elles nous les brûlent à jamais, apposant sur vous une marque indélébile.

- C’est fascinant.


Ses paroles moururent dans un soupir avant qu’il ne porte la tasse à ses lèvres, soufflant légèrement sur le liquide brûlant pour le refroidir légèrement. Il en but timidement une gorgée, puis un peu plus, décidant que la température du thé lui convenait. Kex la reprit alors entre ses mains avant de reporter son regard sur la jeune femme à ses côtés.

- Je ne suis pas obligé de penser à quoi que ce soit lorsque je regarde quelque chose, dit-il sans la quitter des yeux. Je peux tout aussi bien le contempler silencieusement si sa beauté me satisfait.

Il avait terminé sa phrase dans un timide sourire avant de reporter toute son attention, gêné d’avoir porté un regard plus appuyé sur Alisel, et la but d’une traite en avalant presque de travers. Il se retint de tousser trop bruyamment et ria légèrement d’être aussi gauche avec une femme autant que par moquerie de s’être étouffé avec du thé. La soirée était déjà fort avancée, et il était là depuis le début de l’après-midi. Le temps avait passé bien vite avec elle, songea-t-il. Et le jeune homme ne souhaitait pas davantage repartir maintenant que la nuit avait enveloppé la forêt de son obscur manteau. Surtout qu’il faisait aussi chaud dans cette maisonnée qu’il ferait froid dans sa modeste demeure. Et là-bas, il n’y avait personne.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 2 Jan - 10:39

Si Kex trouva sa manière d'agir déplacée, il n'en mentionna rien. Acuité se détendit sensiblement dans son fauteuil et suivit son regard lorsqu'il l'invita à regarder les flammes. Hypnotique, le mot était juste. D'autant plus pour elle qui avait été formée à l'Art par ce biais. Contempler les flammes et se perdre en elles.
Elle avait décidé de se fermer à l'Art après son dernier rêve partagé avec Brun. Ignorant comment ils avaient pu en arriver là par ailleurs, sa peur d'être retrouvée, sa peur qu'il apprenne qu'elle soit en vie avaient fini de la décider. Alors elle avait fait ce qu'elle faisait de mieux alors qu'elle faisait parti du clan : ériger ses barrières mentales jugées infranchissables par le Maître lui-même.
C'était son point fort. Mais avec la crue, elle ignorait si elle avait pu le faire convenablement car sa maîtrise de l'Art s'était avéré chaotique après cet événement.
Elle ne voulait plus prendre de risque, pas même en s'absorbant dans le feu.

C’est curieux comme quelque chose d’aussi bon vous sauve et vous tue à la fois.

S'il savait à quel point il avait raison...n'avait-elle pas faillit mourir en essayant d'aider Vaillant durant le cour ? Cet abrutis c'était trop ouvert et avait faillit tous les perdre. Mais de tous ceux présents, elle avait été la seule à plonger tête baissée pour ramener le jeune homme. Maître Ordajonc les avait sauvé tous les deux. Il avait alors reproché à Vaillant son trop grand emportement dans la magie, cette ouverture béante qu'il offrait au fleuve, et à Acuité, tout l'inverse. Elle était trop renfermée et ne permettait pas aux autres de lire en elle. Evidemment, elle voulait garder ses secrets.

Elle secoua lentement la tête dans le but de se libérer de tout ceci. Ce passé ne devait pas la rattraper. Jamais. A nouveau elle observa Kex au moment ou ses paroles moururent sur ses lèvres.
Elle préférait de loin observer le reflet des flammes danser sur son visage que le feu en lui-même. Un sourire discret était entrain de naître sur ses lèvres au moment où il tourna à nouveau son visage vers elle.

Elle crut comprendre qu'il venait de lui faire un compliment, mais ce moyen détourné contrastait tellement avec la maladresse dont il avait fait preuve précédemment qu'elle n'en était vraiment pas certaine. Entre le pue du mouton et ces dernières paroles, il y avait un gouffre.
Mais comme il avala de travers, elle se mit à rire en même temps que lui.
Certes elle se moquait, mais avec une affection non feinte.
Elle aurait voulu lui tendre son mouchoir pour qu'il puisse tousser, mais se rappela alors, qu'elle ne l'avait plus.
Son sourire s'effaça en songeant à l'endroit où elle l'avait laissé et elle ferma les yeux à nouveau, juste une seconde, pour reprendre son souffle qui bizarrement, venait de lui manquer.

-Vous avez raison, finit-elle par reprendre pour ne pas montrer sa gêne. Même si personnellement, je suis plus réceptive à la neige qu'aux flammes.

A son tour, elle acheva son thé au moment même où Espoir commençait à donner de la voix. Le temps était-il passé si vite qu'il était déjà l'heure de son repas ?
Par Eda...elle avait plutôt eu le sentiment que le temps s'était figé avec Kex, mais visiblement...le temps avait plutôt filé. Elle se redressa avant de se lever, affichant un moue un peu déçue de devoir briser ce cocon de bien-être.

- C'est l'heure du repas, annonça-t-elle sur un ton d'excuse. Je reviens.

Elle se dirigea vers la chambre. Espoir ne pleurait pas, il gazouillait comme à son habitude. Cet enfant était si serein que cela en était déconcertant. Elle le plaça en écharpe contre son sein et revint s'installer auprès du feu.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 2 Jan - 14:23

Lui aussi aimait l’immensité blanche et le lit immaculé qui recouvrait les reliefs au petit matin. Ces pics peints de blanc avaient toujours attiré ses yeux étant enfant, et lorsque plus aucune attache ne put le retenir en Bauge, il avait fait le choix de partir pour ces montagnes, sans rien savoir du peuple qui l’habitait ni de ses traditions. Le jeune garçon s’était fourvoyé, croyant faire un voyage tranquille et quitter une vie devenue bien malheureuse pour des promesses d’avenir. Il avait rêvé ces montagnes, eut grande peine à atteindre la seule ville qui existait et, une fois arrivé, fut contraint de choisir de remettre sa vie entre les mains d’inconnus ou de rebrousser chemin.
Les perspectives n’étaient pas aussi réjouissantes qu’il s’y attendait, mais l’une d’elles au moins lui assureraient de ne pas mourir de faim. Et dans les yeux innocents d’un enfant en quête d’aventure, les mots assassins et promesses faisaient briller mille feux un royaume déjà trop beau pour lui. Il avait donc accepté, non sans être ignoré dès la mort de l’homme qui l’avait accueilli et il était devenu le soigneur des bêtes, attendant longtemps que son heure ne vienne, qu’il s’agisse de gloire, ou de la dernière.

Mais cette femme, qui partit chercher son enfant pour le nourrir, avait éveillé en lui une étincelle, brisant une monotonie dont il ne se satisfaisait plus. Un bref instant, il se mit à songer à la vie qu’il aurait eue s’il était resté dans la ferme de l’homme qu’il croyait son père. Peut-être en aurait-il hérité ? Non. Il le détestait trop. Son nom ne venait-il pas de ce mot qu’il lui crâchait au visage dès lors qu’il s’adressait à lui ? Peut-être aurait-il dû gagner la capitale pour s’engager, peut-être. Il y avait trop de peut-être. La seule certitude qu’il connaissait, c’était qu’il était bien, devant son feu, avec cette femme qui donnait le sein à cet enfant qu’elle chérissait tant. La protéger, elle et Espoir, c’était bien la première décision qu’il prenait depuis fort longtemps. Même s’il ne se l’expliquait pas.

Kex posa un tendre regard sur la jeune femme qui allaitait. La scène était reposante, autant que la précédente où ils déposaient tous deux leur regard dans le feu crépitant. Mais au chant des flammes s’ajoutaient désormais les petits bruits de sucions du nourrisson. Le soigneur avait les yeux rivés sur le visage penché de la mère qui observait le trésor dans ses bras. Rien ne pouvait le chasser de cette maisonnée, si ce n’était la décence, elle qui se rappela à lui lorsque le petit eut un léger hoquet. Il était déjà tard, et il était inconvenant de rester toute une nuit chez une femme que l’on connaissait à peine, se persuada-t-il tout en craignant de lui imposer sa présence.

Il pinça les lèvres avant de se lever silencieusement et de la gratifier d’un regard reconnaissant.
- Merci pour la journée, Alisel. Il se fait tard, et plus le temps passe, plus il me retient de partir. Je ne souhaite pas m’imposer davantage, et vous avez besoin de vous occuper de votre enfant. Nous nous verrons demain, comme promis, d’accord ?

Le jeune Baugien lui fit alors un geste de la main pour l’empêcher de se relever et d’interrompre le repas de son fils. Quelle mère l’aurait fait, de toute façon. Elle ne pouvait se lever et donc le retenir. Le moment était cruel pour déguerpir, mais c’était aussi le moment le plus facile. Il s’avança vers la porte, mis son manteau et son écharpe et quitta la maisonnée en refermant rapidement la porte derrière lui pour éviter que le froid ne s’insinue à l’intérieur. Ou que sa résolution ne faiblisse.

- Bonne nuit, Alisel,
avait-il lâché en la quittant. Le froid était piquant et glaçant, et la nuit aussi noire qu’il le craignait. Mais il avança, les bras croisés devant lui pour retenir le peu de chaleur qu’il avait, et les douces images qu’elle lui avait offertes. Il préféra ne pas se retourner, de peur que la lueur du feu crépitant dans l’âtre ne ravive trop son désir de rester auprès d’elle et n’amenuise sa volonté. Mais si ses pas l’éloignait de la jeune femme, son esprit lui restait tourné vers elle.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 2 Jan - 18:50

A nouveau installée confortablement, Acuité se laissa aller à regarder tendrement Espoir téter. Comme depuis sa naissance, il avait bon appétit et elle ne pouvait que s'en réjouir. Sa santé était bonne et son regard, bien que sombre, se plissait régulièrement sous les traits rieurs qu'il arborait lorsqu'il souriait.
Le silence les enveloppait, même Kex semblait ne plus oser parler et la jeune femme se demanda s'il était à l'aise. Peut-être qu'elle aurait dû lui poser la question de savoir si la présence du nourrisson le dérangeait mais elle n'y avait pas songé, tout simplement.

Un sourire plein d'amour posé sur ses lèvres, elle contemplait son fils avec fierté et retint un léger rire lorsque le petit gourmand eut un hoquet de trop plein de lait. Du bout du doigt, elle lui essuya le coin de la bouche juste à temps, avant qu'il ne recommence à manger goulûment.
C'est à ce moment là que Kex se leva doucement. Elle releva son visage vers lui, intriguée par ce brusque changement. Elle lui sourit à la fois triste qu'il doive s'en aller et reconnaissante de penser à son propre repos. C'était simplement sa bienveillance qui s'exprimait.
Cependant, comme si elle voulait prolonger encore ces quelques instant, elle aborda un mouvement pour se lever à son tour, mais le jeune homme lui fit un geste de la main pour l'inciter à rester assise.

Impuissante face à sa décision, elle le regarda traverser la pièce jusqu'à la porte où il récupéra son manteau avant de partir dans la nuit, après lui avoir souhaité une bonne nuit.
Elle aurait voulu le raccompagner, même dehors, faire quelques pas avec lui, mais certainement pas le laisser partir ainsi. Pourtant, c'est avec un certain retard qu'elle avait répondu à son tour son souhait de nuit paisible et seule la porte avait entendu ses propos.

Elle demeura face au feu un bon moment, jusqu'à ce que Espoir ne s'endorme à nouveau, la tête pleines de question et le coeur battant. Était-ce possible que son coeur la trahisse ? Elle qui voulait rester loyale à son premier amour...
Son coeur semblait résonner mieux que sa tête, car lui savait que Brun ne ferait plus jamais parti de sa vie. Ce n'était plus ses sentiments qui la raccrochait à lui, c'était sa raison, sa loyauté et sn désir de fiabilité.
Mais en réalité, pourquoi devait-elle rester liée à un fantôme quand un homme vivant et bien réel lui portait de l'intérêt ?
Car, Kex lui avait montré une bienveillance incroyable en peu de temps et aussi, quelques compliments maladroits mais sincères.
Alors peut-être qu'il était temps de définitivement tourner la page et de se tourner vers l'avenir.
Fatiguée de sa journée, elle s'endormit sans peine et sans même rejoindre son lit.

*******

Ce matin là, Acuité se rendit directement aux écuries pour prendre soin des oiseaux. Cela faisait bientôt dix jours que Kex et elle se voyaient régulièrement. L'arc du soigneur était achevé depuis longtemps et la jeune femme ne douta pas une seule seconde qu'il mettrait ces nouvelles connaissances à exécution rapidement, en construisant une seconde arme.
Après avoir rencontré Elke, Acuité avait de nombreuses fois pensé à demander au jeune homme de bien vouloir l'accompagner à la fête de la neige, mais elle n'avait pas encore osé.

Aussi, après avoir laissé Espoir à Inge, une jeune Montagnarde qui s'occupait régulièrement des jeunes enfants à Jhaampe, l'étrangère avait presque couru jusqu'au lieu de travail de Kex le sourire aux lèvres.
La simple idée de le voir lui mettait du baume au coeur. Arrivée près de la grande tente, elle souleva le pan de tissu et lorsqu'elle aperçu le soigneur, occupé à nettoyer le sol d'une stalle à quelques mètres de là, son sourire s’agrandit machinalement.

- Bonjour Kex ! Lança-t-elle gaiment.

Mais alors qu'elle était sur le point d'entrer et de lui demander comment il se portait, elle glissa sur la neige tassée et glissante de l'entrée et s'étala sur son postérieur dans un hoquet surpris.
Un jeune garçon d'écurie se moqua avant d'éclater de rire, et la jeune femme le suivit de bon coeur.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 13:36

La fête de la neige approchait, et avec elle, les derniers cheptels et montagnards arrivaient à Jhaampe pour assister aux festivités et surtout profiter de la protection de l’immense arbre-cité durant les rudes journées à venir. D’ordinaire, il nettoyait ce qui s’approchait d’écuries et d’abris –il s’agissait simplement de tentures, comme tout ce qui ressemblait à des maisons à Jhaampe- que lorsqu’il n’avait rien d’autre à faire. Les bêtes se blessaient ou étaient régulièrement malades, mais leur éleveur se débrouillaient généralement pour soigneur la plupart des maux. Mais ce matin-là, il y avait trop de travail pour Rik, le garçon d’écurie, et son maître était trop occupé à préparer d’autres tentures pour lui laisser la sale besogne. Aussi le soigneur lui donnait-il un coup de main en attendant qu’Alisel ne le rejoigne.
Lui et la belle jeune femme se côtoyaient maintenant régulièrement depuis leur rencontre, et s’il avait terminé son arc, il continuait à lui rendre visite pour échanger un bon repas et quelques repas, non sans la dévorer des yeux lorsqu’elle avait le dos tourné. Le temps aidant, il avait fini par mieux saisir ce qu’il ressentait pour elle mais, elle trop accaparée par son rôle de mère et lui par son secret et ce qu’il impliquait, il demeurait silencieux.

Occupé à changer la paille d’une stalle, il entendit sa voix chanter à ses oreilles lorsqu’elle arrive et n’eut pas le temps de relever la tête qu’il l’entendit chuter, puis rire aux éclats avec le garçon d’écurie. Lorsqu’il put la voir, elle était sur les fesses, une expression innocente qui lui seyait bien plus que ses inquiétudes régulières et qu’elle adoptait plus souvent désormais.
Kex posa un regard rieur sur elle et un sourire jusqu’aux oreilles tira les traits de son visage. Il ne se moquait pas. Il était content de la voir.

Le soigneur avança vers elle, non sans dispenser d’une taloche le garnement qui restait tordu de rire.
- C’est ainsi que tu aides une dame à se relever ? Va donc changer l’eau, lui ordonna-t-il d’un ton qui ne laissait place à aucune discussion.

Il s’approcha alors d’Alisel et la surplomba d’un regard circonspect et d’une expression moqueuse. Sa façon d’entrer en scène était pour le moins originale. Il lui tendit une main pour qu’elle se remette sur ses pieds, et lorsqu’elle s’en saisit, il l’attira à lui pour la relever.

- Bonjour Alisel, lui répondit-il enfin d’une voix chaude et douce.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 14:37

Kex la rejoignit en souriant et lorsqu'il balança une taloche à Rik, elle offrit un regard compatissant au gamin qui s'éloigna bien docilement à l'ordre de son supérieur.
Le soigneur lui tendit la main, qu'elle saisit sans hésiter et il l'aida à se relever.
Elle prit garde de ne pas glisser à nouveau et plaça délibérément ses pieds à l'intérieur, sans se rendre compte que ce mouvement la rapprochait d'avantage du jeune homme.

Alors qu'il lui souhaitait le bonjour avec douceur, elle releva son visage vers lui et se sentit subitement bien trop proche. La chaleur de cette proximité se diffusa rapidement sur ses joues pourtant fraîches quelques secondes auparavant.

- Bonjour, bredouilla-t-elle à nouveau gauchement sans réussir à le quitter des yeux.

Elle n'avait pas encore relâché sa main, mais à quoi pensait-elle ? Rosissant un peu plus, elle se racla la gorge et se décala sur le côté avant de s'épousseter la neige collée sur son pantalon, comme une bonne excuse pour récupérer ses doigts sans que cela ne paraisse grossier.
Son coeur tambourinait dans sa poitrine, ayant grand mal à retrouver son calme. Si elle avait pu se retrouver seule dans l'instant, elle se serait certainement mis une gifle pour mieux reprendre ses esprits.

- Alors, il semblerait que le travail ne manque pas. Besoin d'aide avant que je ne m'occupe des oiseaux ? reprit-elle joyeusement pour masquer son trouble précédent.

Par Eda, comment pouvait-on être aussi secouée pour si peu...
Elle porta ses poing sur ses hanches dans l'attente de la réponse du chef des lieux. Mieux valait qu'elle s'occupe les mains autant que l'esprit, sinon elle ne ferait que divaguer d'avantage à leur sujet. Mais il ne fallait pas oublier de lui demander s'il comptait se rendre à la fête. Nul doute que son travail allait beaucoup l'accaparer, mais si elle l'aidait, peut-être qu'en contrepartie il trouverait un peu de temps pour elle.
Tout Jhaampe était en effervescence, il arrivait de nouvelles personnes chaque jour. Et dans cette ambiance festive, la jeune femme avait hâte de découvrir ce qui l'attendait pour la suite.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 14:55

Lorsqu’il la releva et qu’elle tourna la tête vers lui, son visage était si proche du sien qu’il put discerner les moindres détails de l’éclat de ses yeux et les différentes nuances de leur couleur. La distance entre eux deux n’avait jamais été aussi faible et le jeune homme senti son corps vaciller lorsque sa douce odeur parvint jusqu’à ses narines. Même s’il commençait à connaître son parfum à force de la voir dans la maisonnée de Jordken, il ne l’avait jamais senti aussi distinctement. Son cœur s’accéléra, et il déglutit, sauvé par son mouvement pour se débarrasser de la neige collée à ses chausses.

Il toussota en écho et tourna les talons pour se saisir de la fourche et continuer son travail. Kex s’interrompit lorsqu’elle lui demanda s’il avait besoin d’aide, les poings sur les hanches dans une position curieusement victorieuse. Il fronça les sourcils, dubitatif non sans noter le sourire sur son visage. Changer la paille, récupérer le crottin, ce n’était pas vraiment l’image glamour qu’il avait d’une jeune femme travaillant à ses côtés, songea-t-il. Mais s’il la laissait partir s’occuper des oiseaux, il ne la reverrait pas de sitôt comme il l’avait découvert. Dès qu’Alisel commençait à soigner et nettoyer les rapaces, elle ne réapparaissait qu’une fois son labeur terminé. Et s’il lui reconnaissait cette qualité, il préférait la garder à ses côtés.

Tant pis pour le charme, Kex choisit de passer du temps avec elle.
- Occupez-vous du box voisin si vous voulez, essaya-t-il de demander d’un air totalement détaché qui trahissait malgré tout son désir qu’elle l’assiste. Il la dispensa tout de même d’un léger sourire avant de reprendre en signe de reconnaissance.

Nettoyer ce qui ressemblait à des écuries n’était pas très long. Il fallait récurer le sol pour le débarrasser des crottins, et de la paille collée au sol, tout en regroupant tout cela dans un tas de fumier au dehors, que les agriculteurs utiliseraient comme engrais pour leur plantation. La pelle racla le sol pour charger la brouette faite de bois, et le râteau l’imitait pour regrouper la paille. Des ballots frais attendaient à l’extérieur d’être éparpillés sur le sol pour accueillir les bêtes qui arriveraient rapidement. Kex, habitué à être seul, se rendit compte du silence qu’il imposait à la jeune femme qui lui tenait compagnie. Il s’enquit alors de son fils, qu’elle n’avait pas avec elle.

- Vous n’avez pas emmener Espoir aujourd’hui ?
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 15:55

Kex se remit à son ouvrage et Acuité attendit patiemment les directives. Finalement, il lui demanda de récurer la stalle à côté de la sienne. Ce 'était pas ce qu'elle préférait faire, non pas que l'odeur des excréments la dérange particulièrement, mais plutôt parce que ce travail était dur physiquement.
Cependant, elle ne rechignait jamais à la tâche. A ces yeux, il ne s'agissait que de reconnaissance de sa part envers les Montagnards pour l'avoir accueillit à bras ouverts.

Se saisissant d'une fourche, elle vint se placer à l'endroit indiqué, et entreprit de retirer la paille souillée. En arrivant elle avait vu de nombreux nouveaux venu, tous à dos des petits chevaux trapus qui faisaient la fierté des montagnes. Robuste lui manquait terriblement et elle eut une pensée pour le petit cheval qui portait si bien son nom et qui avait dû depuis, trouver un nouveau cavalier au château. Fourche en main, elle souleva un tas de crottin qu'elle plaça dans la brouette partagée avec Kex. On entendait que le raclement des outils sur le sol dur, et le froufrou du foin qu'on étalait dans le silence des écuries. Cela ne dérangeait pas la jeune femme, habituée au travail silencieux du soigneur.

Kex était comme ces hommes qui restaient concentrés durant le labeur et elle l'admirait pour cela. Il rompit cependant le silence en s’enquérant d'Espoir, ce qui dessina un sourire sur les lèvres d'Acuité tandis qu'elle raclait la paille.
Elle savait que la question dénotait une vrai volonté de savoir où était l'enfant, et pas seulement une demande pour combler un vide.

- Hier j'ai apporté à Inge deux lapins, elle m'a proposé de garder Espoir pour quelques heures. Je l'ai donc déposé juste après son repas, alors je dispose de quelques heures je suppose.

Elle continuait à travailler tout en parlant, mais le travail était dur et elle commençait à s’essouffler. Aussi, elle s'arrêta et s'appuya avec nonchalance sur la fourche plantée dans la paille.

- Je compte le faire baptiser demain à la fête. Lui donner un nom bien d'ici, lança-t-elle avec sérieux en regardant Kex.

Arrivait le moment crucial. Elle voulait lui demander s'il voudrait bien l'accompagner pour cette étape, mais au moment où elle ouvrit la bouche pour le faire, elle fut prise d'un mutisme qu'elle n'expliquait que parce que la présence du soigneur l'intimidait.
Sans rien ajouter, elle se remit au travail.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 16:45

Les deux jeunes gens travaillèrent donc de concert jusqu’à ce qu’il s’enquiert de son enfant. Ainsi Alisel commençait-elle à se mélanger davantage aux habitants de Jhaampe, échangeant ses prises contre d’autres services. Ce devait être la première fois qu’elle se séparait de son chérubin, songea-t-il. De mémoire, il était toujours avec elle –ou dans la pièce voisine- quand il la voyait et cela devait lui faire réellement quelque chose d’en être séparé, fut-il pour quelques heures.
Mais elle n’en fit pas grand état car la jeune femme mentionna simplement la fête du lendemain et le fait qu’elle avait choisi un nom à sonorité montagnarde pour mieux intégrer –ou dissimuler, suspectait-il- son enfant avec ceux des Montagnards. Elle avait écouté son conseil mais n’avait pas partagé sa trouvaille alors qu’après un bref silence, elle reprit le dur labeur qu’il lui avait confié.

Le jeune homme s’interrompit à son tour, remarquant l’essoufflement de sa collègue du jour, et entreprit une petite pause, s’approcha d’un sceau d’eau et se saisissant de la louche pour se désaltérer. Il invita Alisel à l’imiter, et alors qu’elle se rafraichissait (si on pouvait user d’un tel terme alors que le froid enveloppait Jhaampe au dehors), le soigneur revint sur son fils.

- Vous comptez garder le secret de son nom jusqu’à demain ? C’est un bon choix que de le nommer différemment. Et vous verrez, ça ne le changera en rien, il restera votre fils.


Kex souffla alors, comme pour constater du travail qu’il restait à faire. Car s’ils avaient presque terminé ici, la jeune femme devrait encore s’occuper des oiseaux, et lui trouverait toujours de quoi faire.

- Ca ne vous fait pas bizarre ? demanda-t-il en croisant son regard et en restant silencieux quelques instants avant de reprendre, d’avoir laissé votre fils pour la première fois ?

Elle avait un tel attachement pour son enfant que cela avait dû être un véritable crève-cœur que de s’en séparer. Il n’en avait qu’une mince idée, mais il avait déjà ressenti une tristesse similaire chez des bêtes qui laissaient pour la première fois leurs petits s’éloigner d’elles.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 18:23

Kex lui proposa une pause et l'invita à s'approcher d'un seau d'eau pour se désaltérer. Comme lui, elle saisit la petite louche en bois et y but directement, accueillant la fraîcheur et l'humidité avec joie. Elle ne s'était pas rendit compte qu'elle avait si chaud et la bouche si sèche, à force de travail bien couverte.
Elle était entrain d'observer les petites gouttelettes qui se déposaient sur la barbe de son menton, dégringolant de la louche qu'il venait de porter à sa bouche. D'autres encore s'agrippèrent à sa moustache et elle ne sut pourquoi, l'envie de sourire la reprit.

Elle se retint pourtant tandis qu'il posait des questions sur Espoir, lui demandant indirectement quel était le prénom qu'elle avait choisi pour ce dernier. Elle fut surprise que cela lui importe autant. Certes, tous deux avaient lié une amitié certaine depuis de nombreux jours, mais pas une seule fois elle n'avait songé que le futur de son enfant l’intéresserait. A nouveau il se montra rassurant, comme si sa priorité était d'éviter toute angoisse, toute inquiétude à la jeune femme.
Kex était un homme prévenant et il le prouva d'avantage en lui posant la question d'après.

Elle croisa son regard aussi sombre que le sien avant de répondre à son tour.

- Kjeld, annonça-t-elle doucement, enveloppant le prénom avec tout son amour. Mon fils Kjeld.

Elle soupira avant de rire, gênée :
- Et oui le laisser n'a pas été chose aisée mais, je le sais en sécurité et il m'est plus facile de vous aider sans lui. Alors, je suppose que nous y trouvons tous notre compte.


Elle déposa la petite louche dans le seau, et reprit la fourche en main. Mais avant de se remettre au travail, elle resta un moment appuyée sur l'instrument, le regard rivé sur le soigneur.

- Je me demandais, reprit-t-elle hésitante. Je me demandais si vous viendriez à la fête.
Sans préciser qu'elle songeait à ce qu'il l'accompagne ou qu'il la rejoigne la-bas, son coeur battait furieusement. Ce n'était pas dans ces habitudes d'inviter un homme quelque part. Pour ainsi dire, elle ne l'avait jamais fait. Et même si la fête regrouperait des centaines de personnes, elle aurait le sentiment de n'être que deux, si seulement il était présent.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 18:55

Comme elle le dévisageait avec un sourire rieur, il comprit qu’il ne s’était pas essuyé la bouche après avoir bu. Kex se servit de sa manche pour y remédier alors qu’elle le dévisageait toujours, ses traits adoptant une expression de surprise parce qu’il mentionnait son enfant.
Après un échange de regard, elle lui avoua le nom de son fils : Kjeld. Elle l’avait alors répété amoureuse et de la manière dont on parle du plus beau des trésors. Le soigneur lui sourit simplement en réponse avant d’ajouter :
- C’est joli. Autant qu’Espoir.

Il afficha ensuite un regard compatissant tandis qu’elle reconnaissait être difficile de se séparer de lui. Le jeune homme leva un sourcil lorsqu’elle mentionna qu’elle était plus efficace sans lui, et donc d’une plus grande aide. Il la reprit alors.

- Votre aide est bienvenue, mais il s’agit surtout de mon travail, Alisel. Que vous m’aidiez peu ou énormément n’est pas important. Je vous suis reconnaissant pour votre aide, mais à peine vous occuperiez-vous de nourrir les oiseaux que cela m’irait. Vous n’avez pas à laisser votre fils pour moi. Lui aussi est le bienvenu, conclut-il sincèrement.
Il avait toujours officié seul, et parfois accompagné du garçon d’écurie. Aussi, même si elle l’aidait à peine ou faisait juste acte de présence, il l’en remercierait. Il s’était habitué, à force, à parler avec les animaux sans qu’ils ne lui répondent oralement. Et maintenant qu’il la voyait tous les jours –ou presque-, il recherchait sa compagnie en toute occasion. Etre là et lui parler lui allait tout aussi bien. Mais il savait que la jeune femme était reconnaissante envers l’accueil des Montagnards et se faisait un devoir de leur rendre la pareille. Elle voulait faire sa part du travail et lui reconnaissait cette qualité également, en plus des autres qu’il lui découvrait peu à peu.

Ils se remirent à la tâche, du moins lui éparpilla le foin sur la stalle alors qu’elle le fixait. Elle s’exprima finalement, hésitante et il s’interrompit quand elle mentionna la fête et s’il comptait y aller. Il lui rendit son regard.
- C’est très important pour eux. Ils présentent les nouveaux nés à l’assemblée et festoient l’hiver qu’ils chérissent tant. C’est l’occasion de se réunir, de tous se retrouver. Il y aura foule, comme chaque année, et ce serait un affront que de ne pas y aller.

Il marqua une pause avant de reprendre puis s’arrêta à nouveau, sans la regarder.
- Et vous allez y présenter Esp… Kjeld. Je ne peux pas manquer cela. Et vous y serez, se retint-il d’ajouter. Pour une fois, il irait volontiers juste pour avoir la chance de l’y apercevoir. Belle comme elle était, elle ferait sensation et ses traits, plus sombres que ceux clairs des Montagnards attiseraient autant la curiosité que le désir pensa-t-il avant de sentir poindre une note de jalousie dans sa réflexion. Il se retint d’agiter la tête pour chasser cette pensée et préféra se concentrer sur sa tâche, son esprit lui imposant malgré tout l’idée que cette année, il resterait plus longtemps à cette fête.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 21:16

Étrangement, elle se sentit soulagée lorsqu'il annonça trouver le nouveau prénom de son fils à son goût. Sa propre réaction la surprit. Elle avait choisi Kjeld avec la certitude que cela irait bien à Espoir. Alors pourquoi subitement, elle avait le sentiment de se sentir rassurée qu'il l'apprécie également ?
Avait-elle encore peur de faire des erreurs ? Ou bien le jugement de Kex lui importait-il plus que ce qu'elle voulait bien croire ?

Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas le début des paroles qui suivirent mais lorsqu'elle reprit le fil, elle comprit ce dont il s'agissait. Kex, dans sa bienveillance lui indiquait que son aide n'était qu'un surplus, qu'il l'appréciait mais que jamais il ne lui demanderait d'être présente comme s'il s'agissait d'un travail à part entière. Il la savait reconnaissante envers les Montagnes et c'était bien quelque chose qu'elle appréciait chez lui. Cette capacité à toujours trouver les mots justes, il lui était d'un soutient indéfinissable.

Elle retint un léger rire lorsqu'il acheva en indiquant que Espoir était le bienvenu ici, alors qu'une dizaine de jours auparavant, il l'avait limite réprimander d'oser emmener un enfant dans les miasmes de l'écurie. Elle ne le lui rappela pas cependant, plus touchée par ses propos que moqueuse.
Lorsqu'il s'interrompit après qu'elle eut demandé s'il viendrait à la fête, elle resta toujours immobile, pleine d'espoir qu'il dise simplement "oui".
Mais elle se sentit pourtant stupide lorsqu'il lui déclama à quel point cette fête était importante pour les Montagnard et qu'il fallait s'y rendre sous peine de provoquer un affront.
Avait-elle été sotte...pourtant, son regard s'écarquilla légèrement lorsqu'il énonça son fils à nouveau. Il voulait assister au baptême de son fils.
Elle en fut profondément touchée et détourna le visage, même s'il ne la regardait pas pour laisser l'émotion s'enfuir dans la stalle.
Elle abandonna la fourche quelques secondes et ses doigts se mirent à triturer le tissu de son pantalon, comme à sa vieille habitude qui la prenait dès qu'elle stressait un peu.
A nouveau elle coula un regard sur lui, tandis qu'il achevait d'éparpiller la paille dans la stalle où il se situait et se remit à son tour au travail.

- Tant mieux...dit-elle sur un ton rassuré. Cela n'aurait pas été pareil sans vous.

Sa simple présence lors de cette célébration lui suffisait, tant et si bien, qu'elle en oublia de lui demander de l'accompagner en ce jour bénit.
Elle le retrouverait directement là bas, et puis, à mieux y réfléchir, cela serait surement moins étrange.
Car même si elle s'était rendu compte de son inclination à son égard, elle savait tout autant que Kex ne remplacerait jamais Brun auprès de l'enfant. Et depuis la naissance, elle imaginait déjà quantité d'histoire à raconter à son fils lorsque ce dernier demanderait où est son père. Il lui restait encore du temps, avant de trouver laquelle serait la meilleure.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 21:55

Accaparé par le jet de paille sur le sol (rien n’est aussi passionnant), Kex ne fut pas en mesure de voir la réaction sur le visage de la jeune femme. Il termina rapidement et, malgré ses sentiments naissants à son égard, il ne nota pas sa remarque sur sa présence plus que bienvenue. Il s’agissait, pour tous, d’un devoir d’y assister.
Le soigneur termina d’éparpiller la paille sur la stalle et en fit de même sur celle d’Alisel aussitôt elle eut terminé de nettoyer le sol. Une fois ceci fait, il la gratifia d’un sourire pour la remercier de son aide.

- Nous en avons terminé ici, fit-il, merci pour votre aide.

Kex rassembla alors les différents outils dans un coin alors que le garçon d’écurie revenait les bras chargés de seaux d’eau qu’il vida dans les abreuvoirs. Le jeune homme l’observa avec un regard inquisiteur et il sentit le jeune lad trembler sous ses yeux. Il se hâta, en mit à côté et déguerpit aussi vite que s’il avait été piqué par une abeille. Le Baugien ria alors le voyant fuir.

- Suis-je si effrayant que cela ? demanda-t-il faussement sans attendre de réponse.

Il coula alors un regard vers la jeune femme et l’invita à gagner les tentures abritant les oiseaux. Il n’aimait pas s’en occuper et les gardait donc pour la fin. Il ne comptait pas s’en occuper au début, mais comme Alisel l’avait aidé pour les écuries, il voyait cela comme un juste retour des choses de l’assister également. Il la suivit jusqu’à eux et déclara sans qu’elle puisse rétorquer :
- Comme vous vous en occupez, on peut dire qu’ils sont sous votre responsabilité ! ria-t-il à nouveau avant d’incliner la tête et de continuer, je suis à vos ordres. Que dois-je faire maîtresse Alisel ? la questionna-t-il tant pour se moquer de la jeune femme qu’il appréciait tant que pour voir si elle allait user de ses nouvelles fonctions avec rigueur ou bienveillance.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Dim 3 Jan - 22:43

Acuité l'observa encore quelques secondes avant de se remettre à son tour au travail. A peine venait-elle de placer le dernier monticule de paille souillée dans la brouette, que Kex étalai déjà de la paille fraîche dans la stalle. Elle aimait bien cette odeur d'herbe qui envahissait les écuries dès le sol nettoyé. Cela apportait toujours un peu d'été, même au plus sombre de l'hiver.

Il la remercia avec un sourire et elle inclina la tête délicatement pour lui montrer qu'elle acceptait ses remerciements. Rik réapparut alors que le Maître d'écurie rangeait leurs outils et sur un seul regard de son supérieur, le gamin déguerpit aussi vite que possible. Kex se mit à rire et Acuité l'accompagna, sans pour autant réagir à sa remarque. D'effrayant, il ne possédait que sa mine sérieuse du premier abord, et encore. Kex était bel homme, mais son attitude froide lorsqu'on ne le connaissait pas devait en effrayer bien plus d'une. Le jeune garçon craignait certainement e titre plus que la personne, aussi, la jeune blonde le regarda s'éloigner un sourire compatissant sur les lèvres.

Enfin, la partie la plus intéressante pour la jeune femme arrivait. Les rapaces.
Elle le suivit non sans hâte vers les volatiles et l'odeur caractéristique lui emplit les narines dès qu'elle franchit la tenture. Elle savait que Kex n'aimait pas s'en occuper, aussi, lorsqu'il lui demanda sur le ton de la plaisanterie ce qu'il pouvait faire pour l'aider, elle le regarda, un sourire flottant sur les lèvres et le sourcils légèrement levé.

Finalement, elle secoua la tête amusée avant d'enfiler le gant de fauconnier et de s'avancer vers la première cage, qu'elle ouvrit, accueillant sur sa main un petit faucon commun.

- Vous êtes bien trop effrayant pour ces oiseaux, Maitre Kex Enhor, reprit-elle d'un ton faussement hautain en balayant l'air d'un revers de sa main libre. Aussi, je vous saurais gré d'aller me quérir de l'eau sur le champ et d'épargner ainsi votre mine à ces très sensibles oiseaux de proie.


En réalité, ce petit jeu ne lui rappelait que trop bien l'époque où elle donnait des ordres à ses domestiques et aux petites gens. Cette même époque où son père la reprenait systématiquement, la jugeant peu ferme et trop gentille envers ceux qui les servait.
Elle n'avait jamais pu se résoudre à changer cependant. Les gens ne servaient-ils pas mieux si l'on était gentils avec eux ? Si on essayait d'améliorer leur mode de vie?
Combien de réprimandes, combien de réflexions avait-elle subit ?
Mais tout ceci était bel et bien terminé, aujourd’hui elle n'était plus la duchesse et elle ne le reviendrait jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Lun 4 Jan - 22:40

Sa plaisanterie n’eut clairement pas l’effet escompté. Il avait souhaité qu’elle joue son jeu et tourne la situation à son avantage, sans vraiment avoir quelque chose en tête lui-même. Mais au lieu de cela, elle était restée curieusement plantée devant lui et se débarrassa –en y mettant les formes- du jeune homme en l’envoyant simplement quérir de l’eau.

Plutôt que d’insister, il obéit avec un pincement des lèvres, se rendant compte de sa nigauderie. Il prit même son temps à vrai dire, incapable de savoir de quelle manière rattraper la gêne qu’il avait ressenti. Plutôt que d’aller au point d’eau le plus proche, il poussa jusqu’au puit suivant. Kex laissa son regard courir sur les gens qui se hâtaient pour préparer la fête du lendemain. Il fallut une durée incroyable pour remonter le seau rempli d’eau et le laissa, appuyé contre la pierre et ses mains l’empêchant de basculer.
Il soupira.

Ses sentiments à son égard l’empêchaient de penser clairement, et comme il était inexpérimenté dans ce genre de situation –comme dans beaucoup d’autres d’ailleurs- il agissait avec maladresse et craignait de la repousser plutôt que de faire bonne figure. Et dire qu’il laissait toujours plus le temps filer alors qu’il souhaitait la prévenir qu’il devrait probablement quitter ces montagnes. Cela lui crevait le cœur et il craignait aussi qu’elle soit indifférente à son départ prochain. Il ne savait pas ce qui pourrait être le plus dur. Qu’elle s’en fiche, ou qu’il soit forcé de la quitter.
Il soupira à nouveau.

Le soigneur tourna alors les talons et tituba lentement jusqu’à la volière. Il poussa le drap qui faisait office de porte et s’empara d’une brosse pour frotter les fientes sur les différentes barres de bois sur lesquelles reposaient les oiseaux. Il récura en silence avant d’entamer la conversation sur un sujet plus léger, du moins, le pensait-il de prime abord.

- La cérémonie qui présente les enfants des montagnes est un moment de véritable gaïté et d’union. Ho, elle est différente des Duchés où l’on passe les enfants par le feu, la terre et l’eau pour fixer leur nom à leur caractère, même si cela est destinée exclusivement aux..
Il se figea. Aux nobles, se retint-il de dire.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mar 5 Jan - 7:54

Kex revint en silence et elle se demanda pourquoi il s'enfermait dans le mutisme. Avait-il mal pris qu'elle l'envoie chercher de l'eau ? S'attendait-il à autre chose ?
Etaient-ce ses propos qui l'avaient blessé ? Peut-être qu'il n'avait pas apprécié qu'elle lui dise qu'il faisait peur...
Elle osa un regard en coin dans sa direction et le trouva très concentré sur sa tache de nettoyage des cages. Lorsqu'il reprit la parole sur un ton plus léger elle en fut grandement soulagée comme s'il balayait la précédente gêne installée entre eux et un sourire se dessina lentement sur ses lèvres jusqu'à ce que...
Elle se figea, tétanisée sur place. Cette histoire de baptême était tellement naturel pour elle qu'elle n'avait pas songé à la portée qu'il pourrait avoir. Elle avait maladroitement nommé son fils et si elle n'y voyait qu'un hommage à son ancienne vie, un hommage à ce que l'enfant portait pour elle et qu'elle avait perdu, Kex avait été capable de voir bien au delà. Mais si lui, un simple soigneur le pouvait alors d'autres le pouvaient également.

Le silence devint plus pesant, comme si le temps s'enlisait entre eux. Mais dans la tête de la jeune femme, les possibilités tourbillonnaient. Immobile, elle laissa l'oiseau qu'elle détenait regagner sa cage propre. Elle pourrait dire quelque chose, trouver une excuse, dire qu'il ne s'agissait que d'un hommage au père de l'enfant. Ce ne serait qu'un demi-mensonge, pourtant, elle eu subitement la certitude qu'il n'y croirait pas une seule seconde.
Elle pouvait également user de l'art sur lui, modifier sa mémoire de cet instant, mais elle ne voulait plus artiser, son don était devenu trop incontrôlable.
Alors que lui restait-il ?
Elle déglutit avec difficulté et se tourna lentement en avançant pour lui faire face, le pied sûr, la mine déterminée.
Intérieurement, sa peur d'être découverte lui crevait le ventre, mais quel choix lui restait-il ?
Qui croirait un soigneur d'animaux ?

L'idée s'imposa à son esprit, amené par la panique, la peur et ses récents échecs.
Fuir, encore. N'était-ce pas ce qu'elle faisait de mieux depuis plusieurs mois ?
Elle devait récupérer Espoir chez Inge et se préparer à repartir rapidement. La foule s'était rassemblé à Jhaampe, peut-être pourrait-elle se mêler à elle. Oui, elle changerait de vêtement, couperait ses cheveux plus court et se dissimulerait aux yeux des Montagnard alors qu'elle leur aurait fait croire qu'elle était partie.
Cela pouvait fonctionner...
Avec de la chance.
Jusqu'à présent, cette dernière avait été insolente alors, autant en profiter.

Ne restait que lui, Kex, qui lui barrait le passage, mais comme ses mains tenaient toujours ses outils, elle pourrait s'en servir contre lui.
Elle serait moins agile qu'en Chalcède ainsi engoncée dans ces vêtements épais mais, lui aussi. N'avait-elle pas réussi à fuir des mains de Brun, un guerrier pourtant avéré ?
Elle l'avait trahi...pour mieux fuir. Et c'est pour ça qu'il ne se pardonnait pas sa mort, il se sentait coupable de ne pas avoir réussi à la retenir.

Comment avait-elle pu être aussi monstrueuse avec lui ?
Un nouveau déferlement d'émotion l'envahit et elle se décida sans crier gare, en poussant de toutes ses forces le soigneur sur le côté, avant de sauter par dessus le large seau d'eau déposé sur le chemin. Sans se retourner, elle souleva le pan de tissu qui menait aux écuries. Son coeur battait furieusement, son souffle était court. Du regard, elle chercha Rikk mais il n'y avait personne.
Sa chance la suivait.
Entre temps deux chevaux avaient été rentrés et elle hésita une fraction de seconde à sauter sur le dos de l'un d'entre eux et à partir de suite. Mais elle n'était pas monté depuis trop longtemps. Il fallait préparer son départ mieux que cela.
Mais dans l'immédiat, elle devait sortir et se cacher dans la foule. Ses pieds se mirent à fouler la paille fraîchement étalée.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mar 5 Jan - 20:57

Il la sentit se figer, même se raidir. Aucun d’eux ne bougea pendant un instant qui sembla durer une éternité. Lui faisait le rapprochement avec ses suppositions d’une haute naissance, elle semblait interdite à propos de sa remarque. Le bref moment où il posa ses yeux sur son visage, il y lut une peur non feinte et juste après, elle le bousculait et quittait la tente avec davantage de hâte que si elle avait été poursuivie par les flammes.

L’instinct de l’assassin prit le dessus et sans même y réfléchir, il se lança à sa poursuite. Elle fuyait. Quoi ? Lui ? Pourquoi ? Il n’avait aucune réponse aux questions qu’il eut le temps de se poser mais il avait machinalement réagi en lui courant après pour la rattraper. Si elle avait instinctivement pris la fuite, lui voulait l’en empêcher.
Sous la tenture suivante, elle marqua une pause, ce qui fit sa perte. Kex l’avait rattrapé et plutôt que de tergiverser, il se jeta sur elle pour la faire basculer dans la paille, amortissant leur chute. Le roulé-boulé s’interrompit rapidement avant qu’une véritable furie ne se mette à se débattre. Attraper un poisson à mains nues aurait été plus simple tandis qu’il essayait de la maîtriser sans lui faire de mal. Elle pouvait saluer le destin d’être Alisel, cette femme pour laquelle il avait des sentiments qu’il n’osait pas encore reconnaître, car toute autre personne aurait été arrêté à l’aide du poignard qu’il dissimulait sous ses épaisses couches de vêtements.
Il prit des coups et la paille virevoltait, s’emmêlant dans leurs cheveux et leurs habits.

- Arrête ! lâcha-t-il alors qu’il s’efforçait de la maîtriser sans la blesser ou sans qu’elle ne sente en lui une menace pour sa vie. Il n’avait jamais vraiment pratiqué le combat, aussi, ses mouvements étaient imprécis et peu efficaces.

- Arrête, Alisel ! répéta-t-il sur un ton plus menaçant au moment où il prit un coup dans le nez. Il sentit un liquide humide s’écouler presque aussitôt, mais parvint à l’immobiliser, la face dans la paille, un genou entre les omoplates. L’adrénaline l’avait débridé légèrement et elle maintenant son pouls élevé. Il tira le poignard de sa cachette d’un geste rageur et lui mit sous le nez pour lui signifier qu’il était armé et jeta la lame loin derrière lui en rageant.

- Je ne veux pas te faire de mal. Je ne peux… pourrais pas te faire de mal. Jamais. Je te le promets.
Instantanément, il relâcha sa prise et recula, un genou à terre. Le bras appuyé sur ce dernier, il tâta son nez de ses doigts pour les découvrir rouge de sang. Kex émit un grognement et s’essuya avec sa manche en la fixant, non pas d’un air dur, mais avec une expression d’incompréhension. Derrière elle, la tenture. Elle pourrait, avec quelques efforts la déchirer ou passer en dessous, mais il la poursuivrait à nouveau. Il se garda bien de lui rappeler que fuir sans préparation, c’était les mener au suicide, elle et son fils. Elle aurait tôt fait de s’en rendre compte.

L’assassin la fixa un instant, et fit un mouvement du visage, indiquant qu’il attendait des explications, qu’il formula par la suite :
- Qu’est-ce qui s’est passé ? Que fuyez-vous ?

Parce qu’il l’avait écoutée partager ses craintes et ses doutes, parce qu’il l’avait rassurée, parce qu’il l’avait soutenue, parce qu’il l’avait consolée, parce qu’il l’avait aidée, et parce qu’il estimait avoir sa confiance autant qu’elle avait la sienne, il croyait avoir le droit à des explications. Kex reprit doucement sa respiration, son calme et ses esprits. Il n’avait pas couru à cause d’un réflexe d’un assassin. Il avait couru parce qu’il estimait être plus utile en la rattrapant qu’en la laissant fuir. Et parce qu’il ne pouvait pas la laisser fuir.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mer 6 Jan - 18:10

Alors qu'Acuité se dirigeait vers la sortie de la grande tente, un choc violent la fit rouler à terre. Elle comprit immédiatement qu'il s'agissait du soigneur souhaitant l'empêcher de quitter les lieux.
Sa panique monta d'un cran et elle se mit à se débattre furieusement. Ses poings et ses pieds frappaient l'air mais rencontraient parfois de la chair et elle cognait sans se soucier des dégâts occasionnés.
A plusieurs reprises, il lui demanda de cesser, mais immergée dans cette peur et cette volonté de fuir, les mots ne faisaient que la traverser sans réellement l'atteindre. A l'odeur de la paille fraîche se mêla alors, l'odeur ferreuse de sang. Si un sentiment de culpabilité l'effleura, il a quitta bien vite trop occupée à se débarrasser de l'emprise qu'il avait sur elle.
Et puis, dans un mouvement fluide, il passa sur elle et finit par l'immobiliser, le visage écrasé contre la paille.
La douleur intense qu'elle ressentit lui fit serrer les dents brutalement tandis que les larmes pointaient à ses yeux. Kex lui tordait les bras mais sa souffrance provenait de son genoux, appuyé fermement dans son dos au milieu de la multitude de lacérations des coups de fouets subis qui venaient à peine de cicatriser pour certains et qui tardaient pour d'autres.

Elle ne s'était pas attendu à ce qu'il utilise une telle prise sur elle et n'osait imaginé où est-ce qu'il avait appris cette méthode. Le fait est qu'à travers ses yeux plissés par la douleur, l'éclat brillant de la lame d'un couteau acheva sa tentative.
Il était plus fort qu'elle, possédait de meilleures techniques et il était armé d'un solide poignard. On était bien loin du soigneur bienveillant qu'elle avait rencontré.
Immédiatement, elle entendit le bruit mat de la lame qui tombait plus loin, tandis qu'il la relâchait et se reculait plus loin arguant qu'il ne pourrait lui faire de mal. Jamais.
Pourtant c'était bien ce qu'il venait de faire.

Elle restât un moment, perdue face au sol, ne souhaitant pas affronter l'expression qu'elle verrait sur son visage et encore moins les questions qu'il lui lança. Essayant de regagner son calme, elle chercha à apaiser sa respiration saccadée, son angoisse toujours plus grandissante et la douleur qui tant qu'elle restait immobile la laissait tranquille.
Mais elle savait qu'elle devrait se relever tout comme elle savait que Kex n'en resterait pas là.
Les cheveux en bataille, toujours affalée sur le sol, elle osa un regard méfiant dans sa direction. Il saignait du nez, mais ses traits n'exprimaient qu'une seule chose : Il ne lâcherait rien.

Prenant son courage à deux mains, elle tenta de se relever, mais au moment même ou elle s'appuya sur ses bras, la douleur cuisante de son dos refit surface et la désagréable sensation du tissu collant à sa peau la fit grimacer.
Ses épaules lui faisaient mal également, l'effet du choc certainement, même si la droite semblait plus douloureuse. Elle faillit s'effondrer à nouveau mais serra les dents, encore, et parvint finalement à s’asseoir pour reprendre son souffle.
Les yeux humides mais toujours aussi sombre, elle se releva enfin, en tanguant légèrement. Elle aurait voulu tenir son épaule droite, mais le mouvement tirait sur son dos et lui arracha un gémissement douloureux.

- Je te l'ai dis, répondit-elle d'un ton sans appel. Mon passé.

Elle éluda volontairement sa demande de savoir ce qu'il s'était passé, souhaitant tirer un trait sur ce chapitre de sa vie.

- Vas-tu me vendre à l'Oblat ?demanda-t-elle à son tour d'un regard pénétrant.

Certes, en l'état actuel des choses, avouer qu'elle était de sang noble ne changeait pas grand chose. Mais en creusant un peu, il pourrait très vite arriver à une conclusion des plus efficaces.
Les jeunes femmes blondes et nobles en béarns ne courraient pas les ruelles, alors si l'on ajoutait les chants des ménestrels récemment arrivés pour la fête et qui faisait état de la Guerre et de certains décès...
Kex était loin d’être stupide, son esprit d'analyse état redoutable, elle avait déjà pu s'en rendre compte, mais si elle avait pensé qu'il cachait une activité secrète, elle ne l'aurait jamais imaginé apte à se battre, ni même à manier clés de bras et poignard.
Il était redoutable et elle avait vraiment envie de croire en ses paroles. Celles qui disaient qu'il ne pourrait jamais la blesser. Pourtant, au fond d'elle même, le doute persistait au sujet de la confiance qu'elle avait accordé à cet homme. Confiance qu'elle venait elle-même de briser lorsqu'il avait compris qu'elle mentait. Oui, depuis le début, elle mentait.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mer 6 Jan - 20:08

La jeune femme ne lui répondit pas tout de suite. Elle osa un regard vers lui avant de se relever, mais très vite, elle comprit qu’il n’y avait pas d’échappatoire. Son visage adoptait une expression déterminée, et il n’accepterait probablement pas que le voile de mystère s’épaississe encore davantage étant donné sa réaction. Il la sentit se résigner à l’idée qu’elle ne s’en sortirait pas facilement.
Mais la détermination de l’assassin fut mise à mal lorsqu’il la vit lutter pour se relever. Il esquissa un mouvement vers elle pour l’aider, mais il ne fit que se relever en même temps qu’elle. L’expression tirée par la douleur de son visage et le gémissement qu’elle laissa échapper lui crevèrent le cœur. Lui avait-il fait aussi mal que ça alors qu’il avait reçu bien plus de coups ? Il sentait de légères douleurs poindre sur ses bras, son torse et ses jambes. Mais rien qui pouvait ne valait la grimace sur son visage, ni sa manière, bancale, de se tenir face à lui. Il n’avait fait que lui bloquer le dos. Et elle semblait souffrir le martyr. Il fronça les yeux. Cachait-elle une blessure plus profonde ?

Elle lui répondit, du moins, elle ouvrit la bouche, et voulut mettre fin à la conversation d’un ton péremptoire. Mais malgré sa douleur et sa peur, Alisel lui lança un regard appuyé, cherchant autant à percer son esprit pour y découvrir sa résolution que pour être certain d’obtenir une réponse sincère. L’assassin ne s’en détourna pas, même s’il ne savait pas quoi rétorquer. Elle avait fui aussitôt qu’elle avait compris qu’il avait peut-être découvert quelque chose sur son passé. Mais à part la certitude qu’elle était bien de haute naissance, il n’avait pas encore cherché à relier les pointillés de son obscur passé.
Elle l’avait également tutoyé là où lui s’était repris. La jeune femme le craignait désormais. Mais elle lui avait fait confiance, et elle lui rappelait en maintenant un semblant d’intimité. Son regard resta plongé dans celui de la jeune femme. Il enleva la main qui tentait de retenir le sang qui coulait, des traces rougeâtres laissant deviner les stigmates de leur échange viril.
- Je ne sais pas.

Et c’était vrai, il ne savait pas.

Elle avait voulu fuir. Elle avait eu peur. De ce qu’il avait pu découvrir. Et désormais, certainement de lui. Mais pour la vendre, il fallait encore savoir tout de l’histoire. Mais cette femme, il y était attaché. Il en avait eu un aperçu lorsque l’expression de douleur sur son visage et le gémissement que lui tira la blessure qui la faisait souffrir lui avait fait bien plus mal que ses coups ou que si on lui avait enfoncé un poignard. La plus cruelle des vérités ne pourrait pas l’obliger à la trahir, s’avoua-t-il à contrecœur. Il était l’assassin de l’Oblat. Il lui devait fidélité. Elle était un soleil dans sa vie depuis qu’il la connaissait. Elle pourrait tout avoir de lui.

Des bruits au dehors et des voix se rapprochant le tirèrent du combat acharné qui se jouait dans son esprit entre la raison et la passion. Il fronça les sourcils. Il s’approcha d’elle à pas lent, restant sur ses gardes car il ne souhaitait pas recevoir davantage de coups. Kex comptait murmurer la suite de l’échange, mais des gens venaient à eux. Il tendit la main vers elle, puis s’arrêta, pour finalement saisir sa main, avec une douceur qui contrastait réellement avec la violence de leur combat dans la paille. Son regard lui indiquait qu’il ne lui ferait pas mal, qu’il souhaitait simplement s’éloigner.
L’assassin la guida au dehors, et serrant les dents pour la douleur qui devait la lancer, il la guida à l’écart des tentures et des hommes. Il avança dans la neige, et lorsqu’il la vit peiner à suivre le rythme, il la soutint en s’excusant de l’avoir blessée. Puis, une fois éloignée, il fit volte-face et se posta face à elle, lui tenant les épaules, non pas pour la garder prisonnière ou l’empêcher de s’échapper, mais dans un geste protecteur. Il plongea son regard dans le sien, brillant, où des larmes refusaient de couler par fierté, pensa-t-il. Puis il prit une profonde inspiration, résolu.
- Mon rôle. Je ne suis pas soigneur, je ne suis pas qu’un soigneur. Je serais un idiot si je pensais que tu ne le savais pas désormais. Cela m’impose de prévenir l’Oblat de ce que tu as tenté de faire, même si je ne sais pas ce qui t’a motivé à le faire.
Il s’assura qu’elle le fixait également.
- Je ne le ferai pas.
Et cela, ce n’était pas un mensonge.
- Et je t’aiderais à fuir si c’est ce que tu veux. Mais… sa voix mourut. Je veux savoir qui je protège. Je veux savoir pour qui je trahis mon engagement pour toi.

Il marqua une pause. Elle ne lui avouerait pas, il le savait. Même s’il lui avouait qui il était lui-même.
- Ce jour. Cet instant. Ce sera le seul moment où toi et moi avouerons qui nous sommes. Je ne poserai pas de questions. Tu n’en poseras pas non plus. Et peu importe ce qui sera dit, moi, je te protègerai.
Elle, elle ferait ce qu’elle voudrait. Puis le jeune homme relâcha son étreinte et se redressa, une expression douce mais sérieuse sur le visage. Il voulait savoir, il l’aiderait, il lui promettait. Mais elle pouvait refuser. Et il la laisserait certainement partir, le cœur à nouveau transpercé par la même douleur qu’en la voyant torturée par sa souffrance. Kex en était certain.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mer 6 Jan - 22:26

A la réponse du soigneur, Acuité se figea un peu plus. Ses muscles raidit lui tiraient dans le dos, mais à nouveau, elle tenta de rester digne et de le camoufler au mieux.
Il ne savait pas.
Alors, elle était en danger. L'Oblat se sentirait obligé de prévenir Castercelf, ne serait-ce que pour la bonne continuité des échanges. Si la vie d'Acuité risquait de basculer, mariée à un duc sans importance, enfermée dans son château, qu'arriverait-il à Espoir ?
Elle tressaillit et sursauta légèrement à l'entente des voix qui s'approchaient. Au delà de l'épaule de Kex, elle vit le petit groupe s'avancer vers eux.

Qu'adviendrait-il de cette discussion si elle se trouvait couper à ce moment précis ?
Ils ne pouvaient rester sur des non-dits.
Pourtant, lorsqu'elle reporta son attention sur Kex, elle nota son regard sérieux et son expression décidée alors qu'il s'avançait vers elle. Sur le moment, elle eu également envie de reculer ne sachant à quoi s'attendre de sa part.
Mais contre toute attente, il tendit sa main face à elle et elle la regarda, sans comprendre immédiatement son geste.
Il hésita, avant de lui saisir la main avec douceur. Elle resta le regard figé sur ce contact qui dénotait franchement avec l'expérience qu'ils venaient de vivre. Ne venaient-ils pas de se battre à même le sol ? Ne l'avait-il pas menacé avec un poignard ?
Elle releva son visage vers lui, lentement car elle hésitait toujours. Mais lorsque leurs regards se croisèrent à nouveau, elle comprit, qu'il ne lui ferait pas de mal.

Elle se laissa donc guider, dehors en maintenant le silence, trop concentrée sur les mouvements qui provoquaient les vagues de souffrances dans son dos.
Ses pieds s'enfoncèrent dans la neige, et l'espace de quelques secondes, elle se demanda s'il ne l'attirait pas plus loin pour mettre à exécution l'utilisation du poignard ou autre, quelque chose de plus discret comme du poison, ou un étranglement. Elle avait froid mais sa main était chaude dans la sienne, seul contact réconfortant dans cette atmosphère glaciale.
Il s'excusa de l'avoir blessée, bien qu'il ignora la nature profonde de cette plaie, conséquences de plusieurs jours de tortures au fouet et elle n'ajouta rien.

Lorsqu'il estima les avoir suffisamment éloignés, il fit volte-face en plaçant ses mains sur ses épaules frêles.
Elle avait mal, elle avait froid et elle était désespérée, comme si l'empire de son mensonge était sur le point de s'effondrer comme un vulgaire château de carte.
Il chercha son regard et si elle retenait ses larmes, c'était uniquement pour ne pas se montrer faible, pourtant, elle ne détourna pas le sien et le soutint sans ciller.

Alors qu'il déroulait une explication de son rôle, il confirma ses pensées. Lui aussi mentait, il n'était pas seulement soigneur. Est-ce que tous étaient au courant ici à Jhaampe ? Ou était-il une pièce secrète de l'Oblat ?
Elle était entrain d'y réfléchir lorsqu'il lui assura qu'il n'en dirait rien, pire, qu'il trahirait la personne en qui allait son allégeance, pour elle.
En échange, il demandait à savoir. A ce qu'elle lui dise qui elle était.

Elle chercha son souffle dans l'air glacé, sachant pertinemment que le moment qu'ils étaient entrain de vivre était tel qu'il le décrivait, unique.
Pourtant, elle ne pouvait se résoudre à tout lui dire, à baisser sa garde et à mettre entre ses mains, sa vie.
Il la relâcha et elle frissonna lorsque son corps rencontra le contraste entre ses mains tièdes et le vent de givre.

- Je..je ne peux pas, bredouilla-t-elle en passant sa manche sur ses yeux pour effacer les larmes qu'elle n'avait pu contenir.

Puis, elle se frotta lentement les bras pour se réchauffer avant de les croiser et de dévier son regard sur le sol.

- Pourquoi fais-tu tout ça ? Tu ne me dois rien.

Dans son dos, elle sentait le froid qui s'il anesthésiait la plaie, figeait également le tissu collé sur sa plaie. Elle n'osait pas imaginer le moment où il faudrait le décoller.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Mer 6 Jan - 23:34

Le froid était piquant en dehors de l’abri de la tente et, sans être assez couvert, il s’insinua bien vite sous ses vêtements. Le calme semblait retombé, mais la température les pressait à se décider. Lui offrait une aide alors qu’elle avait voulu le fuir. Mieux, il avouait, à demi-mot, qui il était en signe de confiance envers elle. Aussi fut-il désarçonné par sa réponse. Encore davantage quand elle demanda pourquoi. Alors qu’elle refusait.

Où commence la générosité ? Fallait-il qu’il lui doive quelque chose pour lui offrir son aide ? C’est ce qu’il aurait voulu répondre. Mais il savait, il sentait poindre la vérité, bien dissimulée au fond de lui. Kex refusait cependant de lui donner cette vérité-ci alors qu’elle refusait de lui dire, et par extension, refusait son aide. Pourquoi devait-il être sans secret pour elle, alors qu’elle ne voulait pas lui répondre, pas même lui donner un nom, sans même s’étendre sur les détails qu’il ne demanderait pas. Le Baugien ne la croyait pas une seule seconde lorsqu’elle prétendait ne pas pouvoir. Rien d’autre que sa propre volonté ne justifiait sa résolution de ne rien dire. Rien d’autre. Elle refusait.

Son visage se referma. Il ne donnait pas sa confiance à n’importe qui. Il ne protégerait pas n’importe qui. Et il ne savait pas qui elle était, il ne savait plus. Elle n’était pas Alisel, pensa-t-il son cœur se serrant. Il la connaissait bien moins qu’il le pensait. Et il souhaitait la protéger malgré tout, à la seule condition de savoir pour qui il romprait une promesse. Mais elle refusait.

Mais l’image de cette femme, fragile et forte, dépendante et solitaire, s’imposait à lui, autant lorsqu’il passait le plus clair de son temps avec elle que lorsqu’il en était éloigné. Et même si elle n’était pas Alisel, elle était cette femme qu’il avait côtoyée, avec laquelle il avait partagé quelques moments de complicité qu’il se persuada non feints. Elle lui rappelait sa mère, aimante et attachée à son enfant comme elle. Il l’avait perdue elle, il ne voulait pas perdre Alisel.

Il n’était qu’à un pas d’elle. Pourtant il avait l’impression d’en être si loin que s’il tendait le bras, il ne pourrait pas toucher son visage, rosie par le froid, ni ses cheveux, dont l’or était emmêlé avec la paille dans laquelle elle s’était débattue. Sa propre fierté se manifesta à lui, lui intimant de la laisser se débrouiller seule, maline qu’elle se croyait à courir chercher son fils et se précipiter devant l’inconnue alors que le plus fort de l’hiver arrivait. Il serra la mâchoire. Il craignait de la perdre.

Son regard changea légèrement, un peu plus dur. Le ton qu’il employa alors fut plus sec.
- Tu me demandes pourquoi. Tu me demandes pourquoi mais tu refuses de me répondre. Pourquoi je fais tout ça alors que je ne te dois rien ? Pourquoi je te répondrai alors que toi tu ne le fais pas ?
- Tu ne peux pas le dire, c’est ça ? Pourtant, ton passé que tu refuses d’affronter, n’est-ce pas lui qui dicte encore tes actes aujourd’hui ? N’est-ce pas lui qui allait te pousser à la folie de fuir, seule avec un nouveau-né, pour affronter le froid de l’hiver sans savoir à quels dangers tu allais faire face ? Ce passé, tu le fuies, mais il te rattrapera toujours. Tu ne veux pas de ce passé, mais tu lui laisses pourtant avoir une telle emprise sur toi, exercer un tel pouvoir sur toi qu’il t’aveugle totalement. Et il t’empêche de voir la main qui t’es tendue. Il t’empêche de voir pourquoi je veux vous protéger, toi et Kjeld.

Puis Kex s’arrêta, le sentiment que malgré sa franchise et son honnêteté, sa peur surpassait l’aide qu’il lui offrait. Elle oubliait certainement ses moments de doute où il avait été là pour elle. De la même façon, aujourd’hui, elle avait peur, aujourd’hui, il était encore là pour elle. Mais pouvait-il la forcer ? Non, si elle ne voulait pas de son aide et même si cela lui crevait le cœur, il ne pouvait qu’accepter de la perdre. Ses yeux devinrent brillants, le voile de tristesse se peignit sur son visage, déçu qu’elle le repousse alors qu’il faisait un tel geste envers elle.
La tension dans ses épaules se relâcha, elles retombèrent en signe de résignation. Kex abandonnait face à l’ampleur de la crainte de la jeune femme. Il n’avait pas le courage de l’entendre dire qu’elle ne pouvait pas une nouvelle fois et esquissa un mouvement pour regagner la tenture qu’il habitait.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Jeu 7 Jan - 9:30

Le froid s'insinuait trop facilement à travers ses vêtements à présent que la tension s'était dissipée. Pourtant, ils demeuraient tous deux là, sans vraiment se regarder. Comme si les deux semaines passées à se côtoyer était balayé par ce si lourd secret.
Son père disait souvent, qu'un secret partagé était un secret révélé. Une façon de dire qu'il ne fallait compter que sur sois-même.
Shyrin était déjà au fait, cela avait été nécessaire pour le complot qu'elle avaient manigancé ensemble. Mais Kex...il n'était pas obligé de savoir, rien ne le justifiait.

Pourtant, dans un élan de fierté peut-être, il reprit la parole su un ton bien plus dur qu'elle ne l'aurait cru. Et à travers les mots qu'il prononçait, elle comprit qu'elle l'avait profondément blessé. Pourtant, ses paroles sonnaient juste et même s'il avait raison, elle ne pouvait se résigner. Son passé la rattraperait toujours, elle le savait au plus profond d'elle-même. Parce que c'était comme ça.
Mais elle voulait gagner du temps, offrir à son fils de meilleures armes pour se battre et pour se protéger. Comme elle aurait voulu qu'il grandisse alors et qu'il ne soit plus ce faible mais si adorable nourrisson.

Kex lui offrait une aide, il venait de le lui répéter. Il lui offrait une protection et elle était bien consciente qu'il trahissait une allégeance en maintenant son secret. Il effectuait un énorme sacrifice, juste pour eux. Mais elle ne savait pas si elle devait en être reconnaissante ou se détester pour être si égoïste. Et lorsqu'il esquissa un mouvement pour s'en aller, un nouveau frisson la parcourut qui ne semblait pas être lié essentiellement au froid.
Lui dire simplement qui elle était semblait au dessus de ses forces. Mais peut-être que...

- J'ai rencontré un jeune soldat quand j'étais à Castercelf, commença-t-elle en le regardant s'éloigner. Il s'appelait Alidel et m'a aidé, dans le plus grand secret à intégrer l'armée, sous les traits d'une archère, de sa soeur jumelle Alisel.

Elle soupira, indécise en déviant à nouveau son regard sur la neige. Le froid lui brûlait les joues et de nombreux tremblements la secouaient.

- J'ai coupé mes cheveux court, troqué mes belles robes contre une tenue de soldat et je suis partie à la Guerre pour défendre mes Duchés. Et quand je parle de mes Duchés, ce n'est pas simplement un signe d'affection. Après avoir incendié un avant-poste de l'armée Chalcédienne, j'ai été arrêté puis...torturé. Ils désiraient percer le secret de l'Art qui m'habitait. Mais après plusieurs mois sans succès, j'ai été vendu à la Princesse de Chalcède et nous avons pactisé. En se rendant, elle mettait fin à cette Guerre, quant à moi...elle me fit promettre de me faire passer pour morte car elle savait ce que je portais en moi et ce qui nous attendait si je rentrais...

Sa voix mourut dans une petite bourrasque glacée. Elle resserra l'étreinte sur ses bras comme si elle espérait garder encore un peu de chaleur. Fuir à cette période de l'année ne serait pas la bonne solution. Elle devait attendre le printemps où Espoir n'y survivrait pas. Kex avait désormais sa vie entre les mains. Sans avoir prononcé les mots exacts, elle ne douta pas une seule seconde qu'il ferait facilement le rapprochement. Noble possédant l'Art, liée aux Duchés, disparue pendant la guerre, les indices ne pouvaient que le mener à l'héritière Loinvoyant.


Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Jeu 7 Jan - 20:36

Certains prétendent que ce qui différencie l’homme de l’animal, c’est sa fierté. Elle avait la sienne et se croyait indépendante. Il refusait d’être mis à l’écart après l’avoir soutenue. Sa fierté l’avait donc poussé à préférer la quitter que d’essuyer un nouveau refus. Dès lors qu’il entreprit de s’en aller, ses lèvres pourtant soudées se délièrent, et elle parla.
Kex s’arrêta aussitôt qu’il comprit qu’elle lui avouait son histoire. Son visage pivota lentement vers elle, puis le reste de son corps. Il l’écouta alors attentivement. De la première partie du récit, il n’apprit rien qui le pousserait à la soutenir encore. Elle racontait une histoire plutôt classique, comme un mensonge que l’on apprend par cœur et qui devient presque la vérité pour celui qui s’en persuade. L’homme resta de marbre, prêt à tourner les talons.

Mais le geste honteux qu’elle eut en fixant le lit blanc à ses pieds lui fit comprendre que maintenant venait la vérité. Celle qu’elle ne voudrait plus jamais mentionner par la suite.
A mesure qu’elle racontait son histoire, les pièces du puzzle s’ajoutèrent au tableau, bien vide, qui représentait ce qu’il savait ou pensait de son passé. Il n’avait jamais cherché à le compléter, mais sa fuite l’imposait désormais. Même si elle n’était pas explicite, son esprit aiguisé s’efforçait de ramener son histoire avec ses bribes de connaissance des Duchés. Certains mots employés visaient clairement à le mettre sur la route, mais elle fuyait ceux qui donneraient trop de poids à son histoire, comme si son passé tentait de l’attraper et léchait ses jambes du bout des doigts, et qu’il enserrerait ses chevilles entre ses griffes si elle était trop précise. Mais « ses Duchés », l’Art, Castelcerf, et le reste, cela lui suffisait pour la désigner comme une héritière Loinvoyant, et ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’il comprit à quelle lignée elle appartenait. Il ouvrit la bouche, éberlué mais la referma aussitôt.
Il avait promis de ne rien demander, de ne rien dire si elle lui avouait. Et si elle omettait de lui révéler son vrai nom, c’était autant pour s’en éloigner que pour rester Alisel à ses yeux, songea-t-il. Elle voulait être, elle était cette femme, et non plus la noble disposant de serviteurs. C’était ce qui la poussait à s’installer à Jhaampe, à nommer son enfant Kjeld. A refuser si longtemps d’avouer son secret. Elle voulait rester Alisel pour le soigneur. Ce fut ce que son esprit lui murmura lorsqu’il prit la résolution de garder bouche close.

Elle frissonna de froid et tenta de se réchauffer. Son instinct, qui l’avait poussé à la poursuivre, lui intimait de la serrer dans ses bras, tant pour chasser le vent glacé que pour la rassurer. Mais elle avait mal, et il ne savait pas où. Leur vif échange dans la paille avait dû réveiller de vieilles blessures de son emprisonnement. Par sa faute. Il ne souhaitait pas la faire souffrir davantage.

- Viens Alisel, fit-il d’une voix chaude et douce en appuyant la prononciation de son nom. Il lui indiquait que le sujet était clos, et qu’il protègerait la femme qu’elle était devenue dans les Montagnes. Il tendit sa main pour s’emparer de la sienne –faute de pouvoir la porter sans lui faire davantage de mal- pour reprendre le chemin de Jhaampe. Allons panser tes blessures, puis nous irons chercher Kjeld. Alors tu décideras de ce que tu veux faire.

Et comme il l’avait décidé, il n’était plus question de rapaces ou de préparatifs, mais bien de prendre soin d’elle. Il prit la route de la maisonnée de Jordken, qui était assez isolée pour que personne ne les surprenne. Là-bas, il pourrait parler de ce qu’il était si elle voulait en savoir davantage. Lui ne mentionnerait plus jamais ces brefs instants où elle lui avait accordé sa confiance, malgré la contrainte qu’il lui avait imposée.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1039
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 9 Jan - 14:28

Le froid la secoua une nouvelle fois, à moins que ce ne soit que la peur des conséquences de ses paroles.
Dans sa tête, une petite voix lui soufflait en boucle " il sait, il sait" tandis qu'une autre lui ordonnait de fuir encore. Engluée dans ses pensées, elle attendait la suite, chassant autant que possible les notes qui résonnaient en elle. Serait-il surpris ? La jetterait-il en pâture à l'Oblat comme la menteuse qu'elle était ? Allait-il hurler et la traiter de sotte, d'inconsciente, d’égoïste, de gamine.
C'est ce que Brun aurait fait.
Comment arrivait-elle a penser à lui dans un tel moment ? Elle fut horrifiée de se rendre compte que c'était simplement parce que sa situation était sensiblement identique à son départ des Duchés ou sa fuite du camp de l'Armée.
A chaque fois, elle lui en avait parlé, à demi-mots qu'il n'avait pas compris. Ils ne s'étaient jamais compris de toute façon.

Kex était différent, peut-être comprendrait-il, mais est-ce que cela serait suffisant ?
S'il était comme elle le supposait une sorte d'homme de main de l'Oblat, il se devait de rapporter à Kristen ce qu'il venait d'apprendre.
Pourtant, ne lui avait-il pas dit qu'il lui tendait la main, qu'il l'aiderait et qu'il ne lui ferait jamais de mal ?

Elle fut tentée de fermer les yeux lorsqu'il s'avança, attendant la sentence glaciale de sa propre bouche. Mais il avait repris sa voix chaude et douce comme le velours, pour l'inciter à la suivre. A nouveau il prit sa main et sans réfléchir plus, elle enroula ses doigts autours des siens, comme si ce simple geste pouvait la garder à flot.
Perdue, elle ne savait plus quoi dire, ni même quoi faire, mais cette main était bien réelle, chaude et large, protectrice.

Elle ne répondit rien et se laissa guidée, honteuse qu'il la voit aussi faible et aussi perturbée. Ce n'était pas l'image qu'elle préférait d'elle, mais elle était épuisée par sa propre vie, épuisée de mentir et de culpabiliser. Dans une certaine mesure, avoir avoué la vérité l'avait soulagée.
Lorsqu'il parla de panser ses blessures, elle songea qu'il la guiderait jusque chez Ermenhild car elle ignorait où la vieille femme habitait. C'était toujours cette dernière qui s'était déplacée chez Jordken. Mais plus les pas foulaient la neige, plus elle reconnut qu'ils retournaient chez Jordken.
Elle ralentit le pas jusqu'à le faire stopper et le regarda, l'incompréhension affichée sur ses traits.

- Nous n'allons pas chez Ermenhild ? Demanda-t-elle surprise.

La vieille soigneuse connaissait ses blessures, c'est elle qui l'avait soignée lorsque Jordken l'avait trouvé.
Elle se souvenait encore du bruit de désapprobation qu'avait émit sa langue dans un claquement face à son dos lacéré et infecté par endroit. "Une chance" avait-elle dit ou la volonté du Dieu que les Montagnards vénéraient et dont la jeune femme blonde avait oublié le nom imprononçable.
Revenir en haut Aller en bas
Kex Enhor
Montagnes
Soigneur
avatar

Messages : 208
Date d'inscription : 02/09/2015
Age : 29

Feuille de personnage
Fonction:
Âge:
DC: 0

MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   Sam 9 Jan - 23:02

Comme si le poids des mots qu’ils avaient échangés était trop lourd pour eux deux, les deux jeunes gens avancèrent dans la neige, le pas lent à cause de l’épaisseur du manteau blanc et du chemin peu praticable qu’il empruntait pour raccourcir le trajet, dans un silence de mort. Alisel finit par ralentir, ce que le soigneur mit sur le compte de l’épuisement et de la douleur, mais lorsqu’elle s’arrêta, elle fit en sorte qu’il se tourne vers elle. Il obtempéra et lui rendit son regard.

Kex arqua un sourcil, sans comprendre le sens de la question, ni pourquoi cela l’étonnait tant. Pour quelle raison il aurait dû se rendre chez la soigneuse. L’incompréhension perçant au travers de ses yeux, il lui répondit :
- Est-elle au courant de qui tu es ? Je… J’ai cru que personne d’autre ne savait… L’Oblat ? Jordken ?
Son esprit se mit instantanément à dresser une liste des personnes qui savaient avant qu’elle ne le coupe. La première l’avait soignée lors de son arrivée, et les suivants n’avaient fait preuve que de bonté à son égard. Tout logiquement, elle pensait retourner chez la soigneuse pour panser les plaies qui tiraient son visage de douleur.
Le Baugien fronça le regard.
- Je.. Je peux te soigner aussi… Je ne fais pas que m’occuper des bêtes.

Il poursuivit alors son chemin, en la contraignant, il le sentait, à le suivre.
- Allons au moins nous réchauffer, je te mènerais chez Ermenhild si tu le désires.

Et il le ferait, le ton qu’il avait employé était similaire à celui qu’il avait utilisé pour lui promettre de ne jamais lui faire de mal. Il ne pouvait se douter l’étendue de ses blessures et il était persuadé d’en être capable. Mais, pensa-t-il, peut-être ne lui faisait-elle toujours pas confiance. Légèrement attristé à l’idée que ses mots n’avaient pu percer la muraille de son cœur, il continua d’avancer jusqu’à la maisonnée de Jorkden où, une fois le seuil de la porte et celle-ci refermée, il lui lâcha la main pour raviver le feu dans l’âtre.
A l’aide du timonier, il attisa les dernières braises et ajouta quelques bûches au foyer. Puis le soigneur ajouta de l’eau à chauffer, pour le thé, et pour ses blessures. Puis il se tourna vers Alisel, son visage exprimant la compassion à l’égard de la douleur qu’elle pouvait ressentir.

- Je peux t’aider avec ta blessure. Et je pensais qu’il valait mieux que je m’en charge. Que dira la vielle femme si elle te voit arriver à nouveau blessée ? As-tu une bonne histoire pour expliquer ton état ? J’aurais aussi pensé que tu aurais préféré de l’intimité pour me demander mon histoire à moi aussi…
Il essayait de trouver, à nouveau, les mots pour la rassurer, pour qu’elle lui accorde à nouveau sa confiance, comme les fois précédentes. Mais surtout, la peur paraissait au travers de ses paroles, et il ne douta point qu’elle l’entendrait au timbre de sa voix. Elle le connaissait désormais suffisamment, et il le savait. Et comme la vérité révélée avait été douloureuse pour elle, tant physiquement que moralement, le jeune homme ne souhaitait plus lui dissimuler ce qui n’avait aucun intérêt de l’être. Kex lui fit part de ses craintes.
- Si je te laisse seule avec elle… Il plongea son regard sombre dans le sien, un voile de sincère inquiétude se peignant sur son visage. Vas-tu me fuir à nouveau ? Sa voix mourut, peut-être pour la première fois.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Le soigneur et celle dont on ignorait la vérité [Début décembre 10 - Kex]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

 Sujets similaires

-
» LA TARTE AUX EPINARDS (comme celle de ma mère)
» Je ne suis pas celle que vous croyez, je suis pire ... - sandra alexine merry-weather -
» Reparlons de ce dont nous avons parlé... [PV]
» La seule amitié qui vaille est celle qui naît sans raison.
» « Il n'y a point de mal dont il ne naisse un bien... »

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Terre des Anciens :: 
 :: Jhaampe
-