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 À CŒUR VAILLANT, RIEN D’IMPOSSIBLE [DÉCEMBRE 09]

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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: À CŒUR VAILLANT, RIEN D’IMPOSSIBLE [DÉCEMBRE 09]   Sam 12 Juil - 18:38

La duchesse l'assura de son amitié, mais Vaillant regrettait déjà son geste. Il avait bien remarqué ses yeux fuyants, la manière sont son visage s'était recomposé comme s'il ne s'était rien passé, et ces paroles - Je suis lasse de ce vent - qui voulaient tout dire. Il était temps de faire machine arrière. Il s'était définitivement trop avancé, et elle ne l'avait pas attendu pour tourner bride. Leur échappée venait de lui échapper.

A son tour, il fit volter son cheval et ils rebroussèrent chemin. Il sourit à son invitation, s'efforçant de masquer sa déception.
- Bien sûr, je n'y manquerai pas. Votre invitation m'honore, répondit-il sans vraiment y croire.
Leur politesse respective était irréprochable. Ils avaient réendossé avec élégance leur tenue de bienséance. Un habit seillant et sans fantaisie.

Ils firent la route du retour en parlant de tout et de rien, évitant précautionneusement les sujets qui pouvaient les emmener vers une trop grande intimité. De longues minutes de silence s'intercalaient : ils admiraient le paysage et se perdaient dans leurs pensées.

Vaillant songeait au fiasco qu'il rencontrait dernièrement avec les femmes. Il se souvint du baiser impulsif qu'il avait donné à Acuité lors d'un rêve d'Art partagé, qui s'était soldé par une crise de nerf. Et encore, dans son rêve, il n'était pas infirme. Avec son allure, il avait perdu sa mâle assurance. Devait-il déjà faire une croix sur ses vertes années ?

Il allait jusqu'à penser qu'au fond, il n'avait jamais vraiment été doué avec le sexe faible, lorsqu'ils regagnèrent le début du sentier des Douaniers. Aux portes du château se pressait la foule des cavaliers de retour de chasse, avec cette odeur de sang, de sueur et d'exaltation si caractéristiques. Des éclats de voix joyeux leur parvenaient de là où ils étaient.

S'ils ne voulaient pas qu'on les voie ensemble, c'était raté. La foule avait fort à faire à s'auto-congratuler, mais il lui sembla que le maître d'armes regardait dans leur direction.
- Nous voilà arrivés, constata Vaillant inutilement.
Il espérait que l'homme ne les rejoindrait pas, leur laissant encore ensemble quelques instants privilégiés.
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Chiara Lunabille
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MessageSujet: Re: À CŒUR VAILLANT, RIEN D’IMPOSSIBLE [DÉCEMBRE 09]   Lun 14 Juil - 1:38

Chemin faisant et tout en badinant avec légèreté, Chiara repassait dans sa tête cette promenade et la conversation qu’ils avaient eue. Laissée sur sa faim par cette conclusion qui n’en était pas une, elle se sentait amère et déçue. Était-elle donc si vieille ? Si peu habile ou intéressante ? Mais tout de même, il y avait ce geste. Elle ne cessait d’y repenser, se demandant encore et encore ce qui se serait produit si Vaillant avait posé sa main sur sa joue au lieu de frôler ses cheveux.

Le retour de la chasse l’irrita grandement car les privant des derniers instants de paix qui leur restaient. Elle ralentit l’allure alors et profita de ce bref moment avant qu’ils atteignent les portes pour jouer son va-tout. Droite et impassible en apparence, offrant aux regards curieux l’image d’une parfaite Duchesse de retour d’une promenade avec son escorte en toute décence, elle murmura fiévreusement quelques mots, espérant que le jeune homme comprendrait tout ce qu’elle ne pouvait dire à voix haute.

- Venez me voir, je vous en prie. Il m’est pénible de vous quitter si abruptement mais vous savez comme moi ce que doivent être les apparences…

Elle se tourna vers lui et sourit brièvement mais avec une chaleur surprenante venant d’elle. Pourvu qu’on ne devine pas de loin ce que dissimulait d’intimité ce sourire particulier. Le jeune noble seul, en tout cas, pouvait voir l’éclat inquiet et un peu incertain de son regard gris.

- S’il vous plaît, Vaillant, rendez-moi visite dans mes appartements quand vous le pourrez… Si vous le désirez… Je voudrais vraiment que nous soyons amis…

Elle ne pouvait pas dire plus. Pas ici, ni maintenant. Elle ignorait même si elle était capable de formuler à voix haute ce qu’elle ressentait et désirait. Mais le fait est qu’elle éprouvait le besoin de créer un lien plus intime avec ce jeune homme. Il s’était montré si galant, si aimable, si admiratif. Elle voulait encore voir dans ses yeux qu’il la trouvait belle. Elle voulait bien plus que ce qu’elle pouvait obtenir. Bien plus, sans doute, que ce que le jeune homme était prêt à offrir à une duchesse de quinze ans son aînée. Mais qu’importe, elle ne pouvait laisser passer cette chance de bonheur. Surtout en cette période sombre et troublée où elle se sentait sans arrêt sur le qui-vive. S’il ne lui avait permis de rencontrer le jeune Fructurive, elle eut haï plus encore Castelcerf de lui imposer ces heures de solitude et d’anxiété.

- J’espère aussi que vous viendrez à Castelorme il y a bien des choses que je désire partager avec vous…

C’était déjà trop. Seigneur… Et s’il se moquait ? S’il se mettait à faire courir la rumeur que la Duchesse de Rippon se jetait à la tête de jeunes gens de l’âge de sa fille ? Mais non… Elle devait lui accorder un minimum de confiance, ainsi qu’à elle-même. Elle n’avait pas rêvé ses mots, ses gestes, ni ses regards.

Déjà ils franchissaient les hautes portes de la muraille et pénétraient dans la grande cour grouillante de monde. Mise au supplice par les convenances pour la première fois de sa vie de Duchesse. Elle attendit que sa femme de chambre les aient rejoint pour se tourner à nouveau vers Vaillant avec un sourire de façade que démentait son regard troublé et fiévreux.

- M’offrirez-vous votre bras ? Je serais fière de vous avoir pour escorte jusque chez moi.

Était-il manière plus franche de lui dire qu’elle se fichait éperdument de sa claudication ? Mais ne venait-elle pas de le mettre dans une position délicate ? Par Eda, pourvu qu’elle n’ait pas encore fait une bourde ! Elle était si maladroite avec lui, c’en était mortifiant. Des palefreniers étaient venus saisir les brides de leurs montures et elle délogea son genou du pommeau de sa selle d’amazone. Il ne lui restait plus qu’à attendre une main secourable pour l’aider à mettre pied à terre. De préférence, celle de Vaillant. Personne ne pouvait croire de toute façon qu’il se passait autre chose entre eux que ce qu’ils donnaient à voir et qui était parfaitement décent et courtois. N’est-ce pas ? Pouvait-on vraiment croire que la glaciale Duchesse de Rippon avait des senstiments humains ? Pour un jeune homme de presque la moitié de son âge, qui plus est ? Non, certainement pas. Et c’était tant mieux. Leur secret n’en serait que plus piquant. C’est-à-dire, si Vaillant répondait à ses avances.
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: À CŒUR VAILLANT, RIEN D’IMPOSSIBLE [DÉCEMBRE 09]   Lun 14 Juil - 13:22

Vaillant s'était trompé sur toute la ligne. Il s'était cru rebuté par la digne réserve de la Duchesse. Mais voilà qu'elle s'effritait totalement, laissant voir sous le vernis un feu qui le désarçonna. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui fasse de telles avances, si ardentes ni si haut-placées. Ce fut à son tour de rougir, et il ne sut que répondre.

- Je viendrai, promit-il, dépourvu de sa verve habituelle.
Il ne pouvait pas la toucher, il ne pouvait rien faire, et c'était un supplice délicieux. L'imagination avait pris le pas sur l'action. Et rien ne l'arrêtait plus désormais.

Ils franchirent comme si de rien était les portes du château et s'arrêtèrent aux abords des écuries. C'était bel et bien fini, mais il savait à présent qu'il y aurait une suite. Il n'y avait qu'à attendre. Elle semblait plus empressée que lui, lui offrait son bras, l'invitait chez elle. Et Vaillant, pour une fois, ne pensa pas à la difficulté qu'il aurait à la soutenir ou à monter les escaliers, mais à l'imprudence d'ainsi s'afficher ensemble.

Il défit les sangles qui retenaient sa jambe et mit pied à terre alors que les palefreniers aidaient la Duchesse à descendre de cheval. Le contact du sol ne lui fit pas du bien, et le renforça dans sa résolution. Il s'avança vers Chiara et prit sa main pour la baiser. Il regretta qu'elle soit gantée et ses lèvres s'arrêtèrent sans toucher le cuir, de manière toute protocolaire.

- Séparons-nous maintenant pour mieux nous retrouver, murmura-t-il, complice.
Puis, avec un coup d’œil calculateur en direction de Malice :
- Votre suivante est-elle une personne de confiance ?
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Chiara Lunabille
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MessageSujet: Re: À CŒUR VAILLANT, RIEN D’IMPOSSIBLE [DÉCEMBRE 09]   Lun 14 Juil - 14:08

Les deux pieds au sol, Chiara retrouva un peu de sa maîtrise d’elle-même. Effet salutaire de la fin de la promenade et de la présence de la foule qui se pressait dans la grande cour. Elle offrit sa main à baiser à Vaillant, reconnaissant sans difficulté qu’il avait raison de briser là avant de faire naître des racontars, et lui sourit avec sa grâce coutumière.

- Merci de votre escorte, Vaillant, conclut-elle répondant à son regard complice.

Avait-elle donc seize ans pour se comporter ainsi, comme si tout cela n’était qu’une bonne plaisanterie et non un jeu dangereux ? Mais c’était si excitant de jouer avec le feu. Et le jeune Fructurive savait sans conteste faire naître des flammes. Ses mots, ses gestes, ses yeux, tout était on pour l’enflammer. Suivant son regard vers sa suivante qui avait mis pied à terre, elle aussi, et attendait patiemment à quelques pas, elle hocha la tête et répondit plus bas.

- Je lui confierais ma vie, je vous l’assure. Elle travaille uniquement pour moi et ce depuis de très longues années. Elle occupe à elle seule les fonctions de femme de chambre, de suivante, de dame de compagnie et bien d’autres encore. Fiez-vous à elle sans hésiter.

Elle avait elle-même recrutée et formée la jeune fille de manière à en faire son âme damnée. Et si la domestique était très loin de connaître ses secrets les plus intimes, elle avait cependant déjà prouvé à maintes reprises que sa maîtresse pouvait lui accorder sa confiance. Elle ne savait pas quelles marques ornaient son corps, certes, ni son origine étrangère, mais elle était impliquée dans l’Épée Ardente et se révélait une alliée précieuse. Ainsi tout était dit. Vaillant pouvait s’adresser à Malice pour des messages, rencontres ou autres secrets, et il ne leur restait plus qu’à se séparer en attendant leur prochaine rencontre, officielle ou officieuse.

Inclinant la tête avec grâce et hauteur, elle salua le jeune noble et lui accorda un dernier sourire avant de se retirer en compagnie de ladite Malice qui était aussi discrète que silencieuse. Non dépourvue de charme, la jeune fille était pourtant de celles dont on oublie les traits sitôt hors de vue. Elle était parfaite pour son office aux yeux de Chiara, sans être pour autant déplaisante à fréquenter. En une poignée de secondes, elles traversèrent la foule qui s’écartait sur leur passage et atteignirent la porte qui devait les mener à la seconde cour puis à l’aile où se trouvaient les appartements prêtés aux Lunabille. Il fallut bien de la volonté à la Duchesse pour ne pas se retourner mais elle sentait dans on dos un regard brûlant et en était galvanisée.
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: À CŒUR VAILLANT, RIEN D’IMPOSSIBLE [DÉCEMBRE 09]   Lun 14 Juil - 18:43

Pour la première fois, Vaillant regarda Malice et hocha la tête. Voilà qui leur simplifierait grandement les choses. En ces circonstances, il n'eut pas de peine à voir Chiara prendre congé. Le meilleur était à venir, s'il pouvait se permettre...

Immobile, il suivit les deux femmes du regard jusqu'à ce qu'elles disparaissent. Puis il saisit la bride de son cheval et, la jambe lourde et le cœur léger, rejoignit en sifflotant les écuries. Il n'aurait jamais osé espérer pareille matinée !

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