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 Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]

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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Jeu 5 Avr - 17:44

Lune d'Or, 9ème année du règne de Sire Vainqueur Loinvoyant (HRP sujet ici)

La lame frôla son oreille dans un rebond tintant, à peine déviée de sa course. Il entendait nettement le crissement du métal contre le métal, dérangeant son continu sur lequel étaient martelés les semelles des bottes de son adversaire s'écrasant sur les grains de sable du terrain improvisé et les envoyant voler dans un poussière étouffante. Comme si la chaleur de ce foutu été ne suffisait pas !
Son bouclier empêcha le coup de pied de lui briser une côte, il ne l'avait absolument pas anticipé : l'écu était simplement resté là immobile l'instant d'avant, tandis qu'il titubait en arrière prenant de la distance. Il cracha sans grand succès le sable qu'il avait dans la bouche, pestant par la suite contre son casque débile fermé et encombrant.
Le bouclier adverse vint mettre un terme à ses pensées, soufflant tout l'air qu'il avait dans les poumons malgré la plaque de fer barrant son torse. Ce putain de chevalier ne lui laissait aucun répit. Le bougre était plus grand et il savait en jouer, mais cette fois il avait été attendu. En appui certes précaire, le jeune guerrier bloquait le bras armé de son adversaire en arrière tout en martelant son heaume du pommeau de son épée. Ils soufflaient tous les deux comme des bêtes, mais aucun ne souhaitait lâcher.

Souffle. Respire. Pousse. Change d'axe, tourne ! AAAAAAHHHHHHH ! Respire, respire. Avance, non bloque ! BORDEL ! TOMBE TOMBE, mais TOMBE BON SANG ! Le choc les sépara en un instant. Un troisième homme les avait percutés et les cartes avaient changés. Il vint s'écraser sur un autre adversaire et sans attendre une épée fusa verticalement pour l'assommer. Pas le temps d'esquiver, pencher la tête. Le lame de tournoi, bien qu'émoussée pour éviter que les habitants des Duchés ne s'entretuent trop salement dans un simple jeu, découpa un coin de son cimier et vint lui pulvériser l'épaulière... C'est l'articulation de l'armure qui vient de craquer, ce n'est QUE l'articulation de l'armure qui vient de craquer, allez ! Allez Vaillant !
Le jeune puisa dans ses réserves et s'agrippa de toutes ses forces au pilier mental qui brulait en lui. Vainqueur luttait pour contrôler un corps qui partait en vrille sous la douleur. Bouge. Moi. Cette. Putain. De. Jambe !


- La grande mêlée est vraiment intéressante cette année, Votre Majesté. Les prix annoncés ont attirés la fine fleur de la noblesse des Duchés. Un conseiller quelconque, ou un vassal peut-être. Il n'arrêtait pas de lui parler depuis le début de la journée, il voulait sûrement quelque chose.
Vainqueur serrait les dents et brisait l'accoudoir de son siège entre ses mains, visiblement peu pressé de répondre.
- Voyons Sir Lionel, la plupart des hommes ici présents sont des vétérans ou jeunes talents de la garde royale ou des gardes des Duchés. Des Chevaliers sachant encore se battre avec le royaume en paix depuis Prospère ? Haha, gardez plutôt vos éloges pour les joutes si vous voulez du sang bleu, mais on vous prendra sûrement pour l'une de ces pucelles qui hurlent sur les armoiries fleuries.
Le premier était donc noble, l'information tentant désespérément de rester présente dans la tête du roi, concentré ailleurs. Il finit par sourire alors que la sueur perlait de ces tempes.
- Vous feriez bien ne point vous moquez des joutes, mon cher Gustave. Peut-être que le royaume n'a pas encore une véritable cavalerie digne de ce nom, mais un jour croyez-moi les batailles se règleront en ces termes. Rien ne remplace un destrier lancer au galop.
- Tss... foutez-moi une bonne baliste en face de n'importe quoi, et *ça* cela fait le ménage. La science est le futur de la guerre, mon ami. AH ! En attendant le spectacle continue, ce Vaillant est diablement en forme aujourd'hui ! Cela fait le quatrième homme qu'il envoie au tapis.
- Etonnant pour un nouveau en Cerf. Et moi qui croyait qu'il était venu pour apprendre l'Art ! Comme quoi, notre homme a plusieurs cordes à son arc.


La loge royale ne fut pas la seule à se lever. Un "Hourra" vint pimenter toute la foule : des plus réservées aux plus alcoolisées, toutes les voix se levèrent à l'unisson. Un autre participant venait d'être mis à terre, et éliminé, tentait de ramper hors des combats, tandis que trois autres gisaient assommés en plein milieu... Le sang avait giclé de-ci de-là, et la première victime de la journée serait sûrement Sir Lancel, bien trop jeune pour connaître la mort se désolera-t-on un instant avant de s'enjouer d'une ferveur morbide en évoquant le bouclier qui lui avait malheureusement brisé la glotte.
Sur la quarantaine initiale, encore une quinzaine d'hommes et de femmes - oh non, celles-là n'étaient pas nobles, mais la roture n'avait pas à se soucier de telles convenances - restait debout. Vainqueur l'était lui aussi, doublement. Il était d'une pâleur presque livide sur le pseudo-trône en bois qu'il occupait pour l'occasion, et il était incandescent de puissance à l'intérieur de Vaillant, irradiant tous les muscles de l'artiseur de sa propre volonté. Le jeune noble avait repris pleine possession de ses moyens à l'intérieur de lui, et loin de s'opposer à la domination du roi, il l'encourageait en mêlant son effort au sien.
L'Art pouvait ordonner et plier les volontés les plus récalcitrantes, subtilement ou brutalement. Rien n'était alors impossible quand deux esprits allaient dans la même direction... Et Vainqueur-Vaillant sourit à pleines dents, tandis que deux adversaires lui faisaient face simultanément, dans un semblant d'alliance provisoire jusqu'aux places finales.

L'adrénaline et la satisfaction brûlait chaque parcelle de son corps. Enfin ! Comme cela lui avait manqué, les tournois ! La couronne une fois sur sa tête, il n'avait pu y participer ! HA HA HA ! Enfin, enfin un vrai combat ! Par El, et la mêlée n'avait pas commencé depuis seulement 5 minutes !
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 11 Avr - 14:41

Cela faisait plusieurs semaines qu’ils étaient arrivés à Castelcerf, Elina et lui. La capitale des Quatre-Duchés était magnifique, en effet. Et cela les changeait terriblement de tous les petits villages qu’ils n’avaient eu de cesse de traverser. Cette ville était immense. A maintes reprises, ils s’y étaient perdus. La bourse de Saphir étant vide, ils n’avaient eu d’autres choix de dormir sous un arbre, à l’extérieur de la ville. Heureusement, nous étions en Août, et il ne pleuvait pas. De même, les nuits étaient agréables, ni trop fraîches ni trop froides.

Le jour du tournoi était enfin arrivé. La ville était bruyante et animée, bien plus que les jours précédents. Quasiment tous les nobles, tous les hommes d’armes du pays s’étaient rassemblés. Tenant sa fille par la main, et un énorme sac de l’autre, Saphir se dirigeait vers le lieu du tournoi. Syntya, leur cheval, était restée aux écuries de la ville, sous la garde d’un jeune garçon d’écurie.

Elina, elle était ravie. Voir tout ce monde, entendre tout ces chants, ces musiques… Elle n’en avait pas l’habitude, mais cela ne la dérangeait pas, au contraire. Elle ne voulait rien rater du tout. La voir ainsi le sourire aux lèvres le rendit heureux. Elina souriait toujours, ne se plaignait jamais de dormir dehors et de ne pas avoir de maison, mais aujourd’hui… Elle était encore plus joyeuse que d’habitude. Son rayon de Soleil était devenu un Soleil, au sens propre et au sens littéral. Ses magnifiques cheveux roux étaient attachés en une longue tresse qui lui descendait jusqu’au bas du dos. Quelle aventure, ces tresses. Au tout début, Saphir faisait quelque chose qui ressemblait à tout, sauf à des tresses. Mais le temps aidant, il est vite devenu un spécialiste dans les coiffures féminines.

En premier lieu, Saphir s’était inscrit à la mêlée. Les premiers prix étaient très intéressants, et il aurait de quoi renouveler la garde-robe de sa fille – les enfants grandissaient trop vite. Elle portait aujourd’hui sa seule robe, et celle-ci était trop courte de plusieurs centimètres. Il y avait un kiosque assez grand, à l’entrée de la zone réservée aux participants. Saphir se dirigea vers elle, et se retrouva devant un vieil homme à la calvitie avancée, aux cheveux gris, et avec un œil aveugle. Derrière lui, accrochées au mur, se trouvaient des armes de tournoi.



« Humpf. C’est pour quoi ? »

« Bonjour, répondit-il en souriant. »

« … »

« Je suis inscrit à la mêlée, je viens retirer une arme. »

« Epée, hache, lance, … ? »

« Un espadon, je vous prie. »



Toujours en grognant, cet homme d’une amabilité extrême se tourna vers son mur, et en décrocha une longue épée à deux mains, et la lui tendit. L’acier était de mauvaise qualité, et l’arme était mal équilibrée. La lame était trop lourde, cela le fatiguerait plus vite. Espoir était certes un peu plus lourde, mais le poids était bien mieux réparti.


« Signez ici. »

« Excusez-moi. N’auriez-vous point une arme… Disons, de meilleure qualité ? »

« Ecoute, petit. Tu prends ce que MOI je te donne, et tu te tais. Compris ? »



Jugeant qu’il était inutile de continuer à parler avec cet homme, Saphir signa, prit ses affaires et sa fille, et se dirigea vers le coin qui leur avait été désigné par un des responsables. Saphir y posa ses affaires, et commença à revêtir son armure de cuir et de mailles. Beaucoup de combattants avaient des armures lourdes, avec quelques parties en plates d’acier. Les armures légères n’étaient pas très représentées. Et tous avaient un casque. Saphir pensa au sien qui avait rendu l’âme l’an dernier mais que, faute de moyens, il n’avait pu remplacer. Tant pis, il n’aurait qu’à faire plus attention.


« Papa ? Je peux t’attacher les cheveux ? »

« Fais donc, ma chérie. »



Elina adorait le coiffer, et il devait avouer que ses petites mains qui massaient sa tête le détendaient. Et avant une mission ou, comme c’était le cas aujourd’hui, un combat, on ne pouvait rien imaginer de mieux. Ainsi Saphir se retrouva avec une queue de cheval et une fine tresse qui descendait derrière son oreille droite jusqu’à son épaule.

Il ne restait plus beaucoup de temps. Saphir recouvrit ses affaires d’une toile et les laisse là. Il ne craignait pas le vol. Après tout, il y avait nombre de gardes qui veillaient, et de petits valets, ou quelque chose d’équivalent, avaient été chargés de surveiller les affaires des candidats. Saphir prit son espadon de tournoi, et se dirigea vers les tribunes, afin de trouver une place pour Elina. Bon sang, le nombre de nobles et de notables qui se trouvaient sur les tribunes proches de celle royale… Néanmoins, il y avait beaucoup de belles demoiselles, remarqua une partie de lui-même.



« Surtout, tu ne parles à personne, d’accord ? Et tu restes à ta place, que je puisse te voir. »

« D’accord, papa. Mais sois prudent. »



Saphir regarda sa fille dans les yeux, et l’embrassa sur le front, avant d’acquiescer d’un sourire. Elina était assise entre deux demoiselles, deux jeunes roturières. N’ayant d’yeux que pour sa fille, l’épéiste ne remarqua pas les regards que celles-ci lui lançaient.

Ça y est. Cela commençait. Les combattants dégainèrent leurs armes, et se regardèrent. Il y avait quelques secondes de flottement, comme si chacun cherchait son adversaire. Et Saphir avait l’impression que, de par le fait qu’il était le seul à ne pas porter de sac, il allait attirer les adversaires comme un ours attire le miel. Le Mercenaire raffermit sa prise sur la poignée de son arme, et se mit en position.

Sa bouche était sèche, et depuis le début, Saphir avalait et respirait de la poussière. Il allait finir par s’étouffer avant qu’un adversaire n’ait raison de lui. Il avait chaud, et bénissait son armure légère. Ceux qui portaient des armures lourdes devaient littéralement cuire à l’intérieur. Et… Nom d’un hérisson mangeur d’agneau, ce n’était pas passé loin. Saphir mit de côté ses sensations, et se reconcentra sur le combat. Son adversaire du moment était une femme, dont il ne voyait pas le visage du fait de son casque, et qui était équipé d’une épée et d’un bouclier. Il para un nouveau coup, para encore, recula, puis contre-attaqua. Autant qu’il lui était possible avec une arme lourde, Saphir enchaînait les attaques rapidement. Puis vint l’ouverture attendue, et le plat de sa lame vint brutalement cogner le casque de fer au niveau du cou, et la femme s’effondra, un peu de sang coulant par la jointure avec le reste de l’armure.

Le Mercenaire avait envoyé plusieurs adversaires au sol, mais il ne les avait pas comptés. Il n’avait pas eu le temps. N’étant pas menacé directement, il se permit quelques précieuses secondes de repos, qu’il mit à profit pour examiner la situation. Une quinzaine de combattants étaient encore en lice. Et parmi ceux-là, il y en avait un vraiment redoutable. Celui-ci enchaînait les « victoires ». Parfait, Saphir avait trouvé son prochain adversaire. Cet homme était en effet une menace pour la récompense de la mêlée, une menace sérieuse.

Saphir se dirigea vers lui, envoyant au sol un jeune garçon, à peine sorti de l’adolescence, qui s’était approché trop près de lui. Et enfin, il se retrouva devant le combattant en question. Un autre homme était venu se placer à ses côtés, à une distance de sécurité, évidemment. A en juger par son attitude, celui-ci ne voulait pas se battre avec lui, du moins, pas immédiatement. Le message était clair. On s’entraide pour cet adversaire uniquement. Saphir lui sourit et lui adressa un signe de tête, confirmant ce « contrat ». Puis il se remit en position, et lança sa première attaque sur cet inconnu.

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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 11 Avr - 16:48

Il faisait beau pour cette journée marquant le début du tournoi d’armes. C’était agréable et il sembla à Acuité que la bonne humeur était sur tous les visages en ce jour. D’après ce qu’elle avait entendu dire, ce tournoi était le premier depuis bien longtemps, et chacun l’avait beaucoup entendu.
La jeune noble n’était pas une passionnée des batailles, mais elle admirait et encourageait le côté sportif de ce genre d’évènement. En principe, tous les jeunes hommes du royaume y participaient. On pouvait y faire de belles rencontres et l’amusement était forcément au rendez-vous.

Pour cette journée si particulière, elle avait enfilé une robe en velours d’un bleu nuit, bordé de doré. Comme a son habitude, elle ne portait pas de bijou, seulement un ruban bleu assorti noué autours du cou. Il fallait avoir l’œil, pour remarquer le minuscule pendentif en cuivre, représentant un faucon, attaché au tissu. Elle avait simplement relevé ses cheveux avec un peigne, laissant échapper de grosses boucles qui retombaient sur son décolleté délicat.

Un sourire posé sur ses lèvres, elle s’était avancée parmi la noblesse présente pour prendre place non loin de Vainqueur, en tant que digne représentante du Duché de Béarns. Taebryn, comme à son habitude, s’était installé non loin d’elle et la surveillait du coin de son œil sombre, comme le rabat-joie qu’il était. Elle avait soupiré une seule fois, avant de s’intéresser d’avantage à la mêlée qui se débattait quelques mètres au-delà de ses pieds.

Vaillant était présent, malgré son casque elle avait reconnu le jeune homme aux mèches blondes qui s’échappaient de son casque. Tout à l’honneur de son nom, il envoyait au tapis les combattants qu’il rencontrait. Il était fort…très fort. Elle le contempla quelques minutes, cherchant une faille dans sa garde. Acuité n’était pas vraiment versée dans l’art du combat, et elle avait beau y mettre toute sa concentration, elle ne vit rien. Il était simplement un excellent combattant. Quelque part, dans sa fougue et dans son énergie, il lui rappela Vainqueur. Elle n’avait pas besoin de regarder le Roi pour savoir que le spectacle plaisait. Les nobles parlaient à voix forte, s’exclamant sur les phases de combat et bientôt, la foule se joint à eux en un « hourra » chantant.

Elle se tourna, rigolant elle aussi devant l’élan de la population face au jeu et posa son regard sur son grand cousin. Elle le trouva fort concentré, il ne quittait pas Vaillant du regard et quelques gouttes de sueurs perlaient le long de ses tempes. Le doute s’immisça en elle instantanément. Après l’épisode de la chasse, elle savait ce dont Vainqueur était capable en termes de contrôle d’Art. Peut-être vivait-il ce combat par procuration ?

Elle ferma les yeux et se concentra quelques secondes avant de tenter une approche d’Art. Les cours n’avaient pas commencés et elle ne savait de l’Art que ce qu’elle en avait lu ou expérimenté. Elle tenta donc te toucher Vainqueur par l’esprit, surtout afin de trouver un lien entre lui et le jeune guerrier. A tâtons, elle cherchait, essayant de se faire aussi discrète que possible pour ne pas se faire remarquer, mais un nouveau « ohhhhh » de la foule lui fit rouvrir les yeux .

Vaillant venait de faire tomber son quatrième adversaire. Un sourire animal se dessina sur ses lèvres et comme elle s’y attendait, l’écho de ce sourire s’inscrivait sur le visage de Vainqueur.
Décidément, le Roi-Servant était incorrigible. Cette tricherie lui valait une correction pensa-t-elle. Ce n’était pas très équitable pour les autres concurrents. Mais peut-être qu’un homme serait capable de se dresser face à ces deux là.

C’est alors qu’elle remarqua ce qui se tramait plus bas. Il lui sembla que deux combattants étaient entrain de s’allier pour mettre Vaillant à terre. L’un d’entre eux était sans casque et son armure lui parut bien légère. Elle ne l’avait jamais vu auparavant, mais elle n’avait pas la prétention de connaitre tous les guerriers du royaume. Son teint était plus hâlé que la plupart des hommes de Castercelf, ce qui l’a fit hésiter sur les origines de cet homme.
Elle se surprit à être excitée par la suite du combat. Vaillant allait-il tomber ? Une petite voix tout au fond d’elle lui souffla que cette possibilité serait agréable et qu’elle ne pourrait qu’apprécier que cet arrogant petit artiseur morde la poussière.
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 11 Avr - 18:54

Décidément, ces derniers temps, on était jamais tranquille au château!! Les festivités qui s'enchaînaient, avec toujours plus de monde qui arrivait pour encombrer les couloirs et venir perturber le calme des journées d'Alizée...

Sur le coup, la demoiselle s'était dit qu'il y avait peut-être moyen de tirer parti de la situation intelligemment : elle pouvait soit profiter que tout le gratin et compagnie se trouve à l'extérieur pour profiter de finir ses recherches dans le calme, et même en profiter pour fréquenter des endroits d'habitude bonder de monde!

Ou alors se faire violence et aller assister au tournoi afin d'y rencontrer de nouveaux venus de pays étranger! Après tout, ce genre d'évènement avait toutes les chances d'attirer des citoyens des quatre coins du continent! Et avec un peu de chance, ils auraient de magnifiques histoires à lui raconter et une foule d'anecdotes historique à partager!!
Enfin, elle ne comptait pas trop sur les brutes qui allaient passer leur temps à se mettre sur la tronche dans l'arène, mais plutôt dans le public, avec ceux qui les accompagne!

Comme à son habitude, elle n'arriva pas en avance, mais elle réussit à trouver une place pas trop mal située.

Les bras croisés, elle jeta un rapide coup d'oeil sur les combattants avant qu'ils s'amochent tellement que même leur mère ne les reconnaîtrait plus, d'ailleurs comment pouvait-on trouver un quelconque charme à un guerrier qui porte un steak à la place d'un oeil... Bande de brute! Et tout ça pourquoi? Je vous le demande...

Elle se détourna des présentations d'usage pour observer le public et essayer d'y repérer un ménestrel ou quelque chose s'en approchant, et puis soudain, une petite fille rousse vint prendre place à côté d'elle. Non que ça la dérange vraiment d'avoir quelqu'un si près d'elle, bien au contraire elle préférait avoir cette adorable petite que l'énorme boeuf moustachu transpirant à chapeau qui se trouvait à peine trois chaises plus loin...

Néanmoins, elle lui offrit un chaleureux sourire , tout en s'inquiétant un peu de ne voir aucun adulte l'accompagnant... Et puis qu'est-ce qu'une petite fille de son âge faisait toute seule à ce genre de tournois sanglant?

Sa curiosité la gratouillant trop, elle se racla la gorge et délaissa son objectif premier, à savoir dénicher de nouveaux informateurs.


"Hem... Bonjour, je m'appelle Alizée! Et toi?" demanda-t-elle timidement d'une voix qui se voulait rassurante. Ben oui, c'est pas tous les jours qu'elle se retrouvait à devoir parler seule à une enfant inconnue!
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 11 Avr - 21:09

La mêlée n'avait pas commencé depuis dix minutes que le plupart des combattants étaient déjà sur le banc de touche. Rien d'inhabituel en soi : les curieux avaient été refroidis, au sens propre du terme, puisque le combat était au premier sang. Il n'était pas question de s'étriper en ce jour de fête, même si la joute sans grâce avait des allures de champ de bataille, et qu'un petit cadavre ajoutait toujours du charme au tableau. Il restait donc quinze gaillard(e)s, et Brun pressentait qu'ils seraient coriaces - certains plus que d'autres... Les choses sérieuses commençaient !

Bien que couvert de poussière, le maître d'armes n'était pas fatigué. Simplement recouvert d'une cotte de maille, il était plus léger que la plupart des combattants, ce qui s'accordait mieux avec sa technique de combat : esquives, entailles stratégiques et victoire par épuisement. Il avait tout de même choisi une épée à lourde garde pour pouvoir lancer quelques gnons au passage. Un casque en métal sombre le protégeait à mi-visage, couvrant l'arrête du nez, et il arborait un bouclier court frappé du Cerf.

Chargée à craquer, la tribune était particulièrement excitée par les prouesses des guerriers. Vaillant, pour ne citer personne, était particulièrement en verve. Il se battait comme un Diable, suscitant une certaine hystérie chez les dames. Certaines s'étaient mêmes mises à agiter des poignées de paille de gauche à droite, El sait dans quel but. Mais Brun n'avait guère le loisir de s'égarer en contemplation ; il regretta de ne pouvoir s'attarder sur Vainqueur, qui semblait bien pâle. Sans doute le dépit le rattrapait-il ! Il aurait fait des merveilles dans la mêlée.

Un autre combattant avait attiré l'attention du maître d'armes, un jeune homme blond, sans casque, inconnu au bataillon, avec une épée à deux mains. Il s'en sortait plus que bien. Le hasard fit bien les choses quand ils se retrouvèrent tous deux près de Vaillant. Un regard tacite résuma leur stratégie. A eux deux, ils pourraient le mettre à bas.

- Alors, petit gars, on a mangé du lion ? lança Brun, provocateur, au jeune artiseur.
Il pouvait se démettre de son ton académique de maître d'armes et s'en faisait un plaisir. Depuis son arrivée à Castelcerf, quelques mois plus tôt, Vaillant avait été son élève et il ne le savait pas aussi talentueux. Mais le jeune homme était du genre prétentieux et El sait ce que la soif de gloire pouvait inspirer chez les soldats.

Déjà Saphir lançait son attaque et il suivit le mouvement, sur l'autre flanc. Le blondinet devrait désormais œuvrer sur les deux fronts !
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flèche tigraine

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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Jeu 12 Avr - 13:50

Quand la fête battait son plein quelque part, Flèche n'était jamais loin. De ça, on pouvait être sur. Quant à savoir si la convenance pouvait l'empêcher de hurler comme une dératée des encouragements aux combattants qui se disputaient la victoire sur le sable de l'arène? Qu'on essaye, juste pour voir!
L’excitation du moment la tenait à la gorge, et quand un participant de cette mêlée improbable resta seule debout, c'est accompagnée des voix de tous les autres spectateurs que la sienne s'éleva, rugissante par dessus la foule.

- Vaillant! vaillant! vaillant! Hurla-t-elle de toute la force de ses poumons avec l'assemblée de gamins qui l'entourait, dévoilant des trésors de décibel pour signifier leur enthousiasme.

C'était la première fois qu'il lui était donné de voir un spectacle de cette teneur. Et ce qu'elle pouvait en dire, c'est qu'elle aimait ça. Ce qui n'avait rien à voir avec sa propension certaine, ces derniers temps, à chercher l'embrouille au premier venu. Non, sûrement pas... Ni avec la détermination farouche qui animait chacun des traits de son visage. Non plus…
Si on le lui demandait, hors de question, pour Flèche, d'avouer que son comportement de ces derniers temps était excessif. Il faut dire qu'elle était bien trop occupée, pour l'instant. A ses côtés, Goeric jubilait :
- Il a gagné ? Il a gagné ?!!
- Pas encore. D'autres sont toujours debout.
A peine avait-elle formulé cette réponse pleine de bon sens et de sobriété qu'une grande claque dans le dos la jetait presque à terre. Natic et Moural les avaient enfin retrouvés au milieu de la foule.

- Alors, vous vous êtes pas inscrits au tournoi les crevards de trouille ?

- Si j'étais sure de pouvoir laisser une chance à mes concurrents, pour sur, je m’inscrirais. Mais là, t'sais bien que ce serait déloyal, répondit Flèche du tac au tac et avec le plus grand sérieux.

Elle n'aimait pas ces deux zouaves. Pires que deux électrons libres, ils vous exaspéraient jusqu'à vous faire craquer et vous pousser à accomplir les pires bêtises qui soient. En général, ça finissait mal. Malheureusement, pas mal de membres de sa bande les appréciaient et elle se voyait mal les chasser sans passer pour jalouse ou, pire, rabat-joie.

- T'as la trouille, c'est tout !

A cette réponse, et bien que le spectacle se poursuive sous ses yeux, Flèche se crispa.

- Ou, contrairement à toi, y en a qui ont compris qu'il valait mieux se la fermer, parfois !

Et d'une bourrade mal placée, mais virulente, Flèche mit Natic par terre histoire de lui rappeler qui c'était le chef. Qu'on lui fiche la paix, non mais oh ! Quant à Moural, il ne tarda pas à réagir, ceinturant Flèche pour mieux l'immobiliser et la soulever dans les airs. A croire qu'il n'avait rien compris, mais la miss se ferait un plaisir de lui réexpliquer les limites à ne pas dépasser.
En quelques secondes, le combat s'étendit aux enfants environnants ainsi qu'à quelques adultes qui, au début du moins, tentaient de calmer le jeu. Dans l'arène, Brun et Saphir entamaient leur danse autour de Vaillant.

- Le combat reprend ! Hurla quelqu'un dans le coin.

Et voilà qui marqua la trêve entre Flèche et ses deux adversaires. Tous arrêtèrent de se battre pour mieux suivre le spectacle. Mais qu'on se le dise, ce n'était que partie remise. Tout ce petit monde trouverait un terrain où s'affronter avant la fin de la journée.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 18 Avr - 13:46

Et c'était reparti. Vainqueur avait muselé Vaillant, qui aurait bêtement perdu du souffle à répondre au maître d'arme alors que l'autre gus à la grande épée chargeait déjà. Et bordel, il était rapide - à cause de l'armure légère ? à cause de l'expérience ou du talent ?, et Brun qui suivait sans peine à sa gauche, bah c'était tout simplement Brun. Le jeune artiseur attendit le dernier moment pour se jeter sur sa droite, forçant contre sa propre armure pour esquiver le coup.
Un regard en biais depuis sa visière le rassura sur Brun, dorénavant derrière son allié improvisé et l'empêchant ainsi d'être une menace immédiate. Le roi connaissait son maître d'arme, il le savait à l'aise avec une simple maille et capable de l'essouffler sans jamais se faire toucher. Autant gérer le problème supposé plus simple en premier.

Le guerrier Béarnais bougeait sacrément bien et c'était définitivement l'expérience qui parlait. Vainqueur avait d'emblée coupé la distance en esquivant le premier coup, se collant le plus possible contre son adversaire pour lui empêcher toute utilisation de son arme et tournant sur ses appuis en même temps que lui... jusqu'à réussir à pencher la pointe de sa lame pour un coup d'estoc vers... Le crétin n'avait pas de casque... Vainqueur pataugea un instant dans le fleuve d'Art avant de retrouver toute sa résolution et repêcha Vaillant par la même occasion, trop secoué à l'idée d'un premier vrai meurtre auquel finalement il ne contrôlait rien. Le coup était déjà parti de toute façon, c'était simplement mécanique.
Qu'il crève, il connaissait les risques.

- Mer...

...de ! Manquait plus qu'un millimètre et ce connard de Béarnais - par El, comment je l'adorerai s'il n'était pas mon adversaire - vient de planter son épaule dans mon thorax. Vainqueur lui-même reconnaissait que c'était bien joué alors qu'il devait reculer d'un pas pour reprendre son équilibre, l'épéiste n'ayant pas attendu pour commencer à tournoyer en vue de lui asséner un nouveau coup dès qu'il aurait retrouvé la distance pour manœuvrer.
Vainqueur plongea de nouveau vers lui, l'erreur aurait été de s'écarter, mais ce fut son bouclier qui amorti tant bien que mal la lame à deux mains. Déséquilibré, il tenta de conserver son poids sur le Béarnais qui se soustrait immédiatement à lui. Vainqueur sourit devant la perspective d'avoir un peu de répit. Et Brun surgit de nulle part pour tout gâcher.

Le bouclier du maître d'arme manqua de peu de l'assommer alors que son casque sonnait comme une foutue cloche. Vainqueur para bizarrement un revers de lame avec son avant-bras. Il cracha un brin de sang à l'intérieur de son casque, heureux que sa putain d'armure de plates lui serve enfin à quelque chose. L'enchaînement ne s'arrêta pas si tôt en Brun coupa en direction du genoux. Le roi enrageait contre la fluidité avec laquelle ses adversaires bougeaient, à combattre à trois dans un périmètre aussi réduit il aurait cru qu'ils se gêneraient mutuellement. Il prit de le risque de lever la jambe pour parer encore simplement avec sa jambière, mais cela lui laisserait une ouverture normalement.
Il crut voir Brun sourire. Le maître d'arme faucha directement l'autre jambe de Vaillant d'un coup de pied. Le sol se rapprocha à une vitesse monstre et deux esprits s'acharnaient à faire que la lourde boîte de conserve qu'était leur corps du moment ne s'étale pas comme une merde.
D'abord un genoux... puis sa main gauche rencontra le sable de la lice... Ouf, Vaillant brilla de fierté devant l'exploit de ne pas être encore éliminé mais simplement à quatre pattes.
Vainqueur ne se posa pas autant de question et leva en urgence son bouclier. Brun s'était écarté et à la place se trouvait une épée à deux mains tenue par un Béarnais.
Une épée à deux mains qui fonçait vachement vite vers lui.
Le choc le souleva dans les airs, le remettant sur pieds, miraculeusement. Son bras gauche pouvait difficilement en dire autant, les vibrations du bouclier se répercutant à travers ses os, le faisant claquer de dents et bousillant sa concentration. Il avait l'impression que son cerveau jouait à la balançoire contre les parois de son putain de crâne ! Une seule pensée restait là, évidente : "j'me fais grave défoncer !"

A la première occasion, il balança la poignée de sable qu'il avait ramassé à la gueule du Béarnais, balança même son épée sur Brun pour le gêner un minimum car cet idiot avait bien compris ce qu'il se passait, puis il détala dans la direction opposée. Il sembla à Vainqueur que Vaillant émit des doutes sur l'héroïsme d'une telle action. Bah, la foule l'adulerait encore un peu : après tout, sans épée, il devrait assommer son prochain adversaire à coup de gantelet - et par Eda faîtes qu'il soit plus faible que ces deux brutes ! Quel jeunot franchement, il se laissait émoustiller par les gamines qui criaient ou quoi ? Le roi aimait beaucoup l'honneur et tout ça, mais il y avait une chose qu'il préférait.
La victoire.

Sur le trône royal, c'était dorénavant une enveloppe vide qui siégeait. L'insolation avait sûrement rendu son altesse un peu pâle, et oh il prenait encore une de ses siestes légendaires comme lorsqu'il tenait audience avec ses conseillers. Loin d'une victoire, les organes du roi luttaient péniblement pour continuer leur travail en l'absence total de volonté, fonctionnant lentement, lentement, lentement.
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Ven 20 Avr - 13:28

Son adversaire esquiva sa première attaque, et pénétra dans son périmètre de manœuvre. Les armes longues connaissent un très important inconvénient. En-deçà d’une certaine distance, il est quasiment impossible de s’en servir. Lors d’un combat réel, cela peut coûter la vie à l’épéiste. Cependant, il faut une certaine dose de courage à l’adversaire pour faire ceci. En effet, aller se « coller » ainsi contre celui que l’on combat est très éprouvant pour les nerfs.

En revanche, avec son épée plus courte, l’autre n’avait guère de problème pour la manier. Et celle-ci se rapprochait dangereusement vite de son propre visage. Malgré le fait que la lame soit émoussée, la pointe d’une épée et une tête sans protection ne faisaient pas bon ménage. Les lames de tournoi diminuaient seulement les risques de mort, elles ne les annulaient pas. Bon, il faut dire qu’aussi, quelle idée de combattre sans casque ? Bon sang, même en étant sans argent, il aurait pu se tailler un tonneau ou un bidule en bois en forme de casque. Cela n’aurait pas été parfait, mais le résultat final aurait été mieux que rien. Bon, il était trop tard pour revenir en arrière de toute façon. Autant aller au bout de sa conn… De son manque d’initiative défensive.



« Raaaah ! »


A situation désespérée, problème désespérée. Saphir se lança en avant, et son épaule droite percuta l’armure de plates de son adversaire. Il sentit les mailles de la sienne s’imprimer sur son bras, à travers sa chemise de lin. Ainsi qu’une vive douleur au niveau du choc. Diantre, ces armures lourdes sont d’une dureté… Comment l’autre faisait-il pour manœuvrer aussi aisément avec ?

Saphir ramena son esprit au combat. Il avait surpris son adversaire par son action, il fallait donc en profiter, et vite, avant que celui-ci ne retrouve son équilibre. Il leva donc son épée, et assena un coup descendant de la gauche vers la droite. Mais l’autre para avec son bouclier, et un puissant bruit métallique retentit dans l’arène, tandis que les vibrations du choc remontaient dans ses bras. Saphir avait l’impression qu’un troupeau de chevaux remontaient ceux-ci. Le mauvais équilibrage de sa lame n’arrangeait rien, et il avait failli la lâcher. Seule son habitude du combat lui permit de la garder en main. D’ailleurs, celle-ci avait aussi eu droit, sans doute, à une impression des mailles sur la peau. Il lui semblait même saigner un peu, à en juger par le liquide chaud qu’il sentait sur ses mains. A moins que ce ne soit de la sueur. Saphir s’éloigna du combattant, le temps que ses muscles retrouvent des sensations normales… Retrouvent des sensations tout court, ceux-ci étant quelque peu anesthésiés.

Son coéquipier du moment ne laissa aucun répit à leur adversaire commun. En effet, surgissant de l’angle mort de celui-ci, il allait pour l’assommer avec son bouclier, mais le rata. Cependant, il ne se démonta pas, et poussa le combattant dans ses retranchements, dans un enchaînement d’une fluidité extraordinaire. Seul un œil exercé pouvait vraiment voir ce qui se passait, et admirer la véritable beauté du combat. Les spectateurs, eux, devaient être émerveillés de voir un tel… Ballet. Ils ne se battaient pas comme des rustres ayant une arme en main, ou des gens ayant appris le combat sur le champ de bataille. Non. Les deux avaient dû suivre un enseignement.

Fini le repos, il était temps de se relancer dans le combat. Le combattant para un coup avec… Sa jambière. Particulière défense que voilà, mais qui pouvait être très efficace, sauf si l’adversaire avait l’idée de lancer son épée sur la jambe d’appui, comme le fit son camarade. Leur adversaire échappa de peu à l’élimination, car il se rattrapa en se mettant à quatre pattes. Même s’il n’aimait pas attaquer un homme au sol, il lui fallait l’argent de la victoire pour habiller sa fille. Aussi, il mit de côté une partie de ses principes, et fit tournoyer sa lame pour finir ce combat. Mais son adversaire ne l’entendait pas de cette oreille, et leva son bouclier. Ayant tapé moins fort qu’au coup précédent, ses bras souffrirent moins, mais le coup avait permis à l’autre de se relever, allez savoir par quel moyen. Mais il n’eut pas le temps de poursuivre. Il lui avait lancé du sable au visage, et ces petits pervers de grains de sable étaient allés se glisser insidieusement dans ses yeux. Une vive brûlure l’aveugla, et le contraignit à fermer ses yeux. Saphir luttait pour les laisser ouvert, mais de toute façon, sa vue était brouillée par les larmes qui noyaient ses yeux. Sa vision se résumait désormais à des silhouettes floues. Et encore…

Il lui semblait entendre la voix de son Maître, dans un coin de sa tête, qui le sommait de se remettre en garde. Allez, bougre d’imbécile, remet-toi en position, ou je te jure que mon prochain coup sera dix fois plus fort ! Saphir releva donc sa lame, sachant que s’il se faisait attaquer et qu’il parait, cela serait plus de la chance qu’autre chose. Frotter ses yeux ne servirait à rien. Bien au contraire, cela ferait empirer les choses. Il fallait les laisser pleurer un bon coup. Il y avait de moins en moins de bruits de combat dans l’arène, les combattants tombant les uns après les autres. Il devait en rester un peu moins d’une dizaine, à en juger notamment par le bruit. Mais les spectateurs. Bon sang, qu’ils étaient bruyants, eux. Les hommes, qui avaient sans doute pariés, hurlaient des injures ou des encouragements… Voire hurlaient simplement. Les femmes, notamment les jeunes, poussaient des exclamations aigües à chaque fois qu’un combattant faisait un pas, riaient, criaient…

Il commençait enfin à recouvrer la vue. Ce n’était pas trop tôt. Saphir ne put s’empêcher de regarder vers l’endroit où il avait laissé sa fille. Il y avait deux rousses côte à côte sur le banc, et les deux étaient en grande conversation, bien que regardant assez souvent vers la lice. Impossible de s’y tromper. Sa fille était en train de parler à une inconnue, malgré sa consigne de ne surtout pas le faire. Il résista à grand-peine à l’envie de sauter la barrière et d’aller la voir. Aussi redirigea-t-il sa colère contre le seul truc qu’il pouvait taper sur le moment, l’inconnu en armure lourde qui avait lancé son épée sur son coéquipier. Il n’aurait vraiment pas dû regarder le public. Il lui fallait se calmer, ou il allait commettre des erreurs. Respirer. Inspirer. Expirer. Inspirer… Il fallait faire abstraction de tout ce qui était hors de l’ovale de sable.

Devait-il lui donner une des épées qui traînaient au sol avant de l’attaquer ? C’était un choix honorable, mais l’autre lui avait jeté du sable dans les yeux… Mais auparavant, il l’avait attaqué alors qu’il était par terre… Cela faisait du un partout. En même temps… Comment l’autre le prendrait-il s’il lui donnait une arme ? Oh et puis mince, il n’était pas manchot, il pouvait s’en ramasser une lui-même.

Un énième inconnu répondit inconsciemment à la question qu’il se posait. Le voyant immobile, celui-ci avait dû le classer parmi les « cibles faciles ». Bien mal lui en prit. Son assurance et sa certitude de vaincre causèrent sa perte. Saphir tourna sur lui-même avec son épée, et le plat de sa lame toucha le cou de son adversaire, seul endroit de l’armure lourde protégée seulement par de la maille. L’homme s’effondra, et Saphir ramassa son épée.



« Attrape-ça. Cela te sera utile pour la suite du combat, Marchand de Sable. »


Dit-il en lui jetant l’épée qui atterrit devant lui dans un nuage de poussière et un tintement métallique. Saphir regarda ensuite son coéquipier, et les deux hommes se dirigèrent vers leur adversaire. Puis, soudain, l’épéiste se mit à courir, la pointe de son épée raclant le sol et, lorsqu’il fut arrivé à une distance respectable, leva son arme dans une attaque ascendante qui visait une pièce de jonction située au niveau de l’entrejambe de son adversaire. Celui-ci évita l’attaque et s’écarta, mais Saphir mit à profit le poids de sa lame pour tourner sur lui-même, et relancer une attaque, cette fois-ci en visant le heaume de l’autre combattant. De l’autre côté, son coéquipier attaquait également.

********


Elina


La dame aux cheveux roux assise à côté d’elle lui avait parlé. Elina lui jeta un petit regard timide, puis regarda de nouveau vers l’arène de sable. Devait-il lui répondre ? C’était la politesse, mais Papa lui avait interdit de parler aux inconnus. Mais elle avait l’air gentille, et elle lui avait fait un beau sourire. Mais si elle ne lui répondait pas, peut-être que la dame allait se fâcher et devenir méchante avec elle. Mais si elle lui répondait, ce serait Papa qui serait énervé. Oh, il ne la frapperait pas ni ne lui crierait dessus – Papa ne le faisait jamais – mais il ne serait pas content, ça non.

Peut-être était-ce le sourire rassurant de la dame, peut-être était-ce parce qu’elle avait elle aussi les cheveux roux comme les siens, peut-être était-ce un mélange de pleins de petites raisons, mais, quoiqu’il en était, Elina se décida à lui répondre.



« Je m’appelle Elina. Elina Purelame. Mon Papa est en bas, c’est le Monsieur qui n’a pas de casque. »


Son petit cœur battait vite à chaque fois que son Papa échangeait une passe d’armes, mais elle lui faisait confiance. Il ne lui arriverait rien. Il ne lui arrivait jamais rien. Son Papa était le plus fort du monde, elle le savait.


« Madame Alizée, vous êtes qui ? »


La rousse à côté d’elle portait de jolis vêtements, et semblait intéressante. La curiosité de la rousse, la petite cette fois, était maintenant excitée par son interlocutrice.
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 2 Mai - 20:40

Parmi les spectateurs et les participants, il y avait deux types de personnes : ceux qui venaient pour observer le spectacle, et ceux qui venaient pour les affaires. Si on lui demandait, Bryggen était entre les deux.

Mais il n'avait pas une très haute estime de ce spectacle jusque là. La grande mélée était ce qui se rapprochait de plus des conditions réeles, certes, mais un combattant du tournoi ne se bat pas comme un guerrier sur le terrain. Il faut plaire au public. Il faut combattre différemment.

Mais il aimait, par principe, le tournoi: les affaires ne s'étaient jamais aussi bien portées. Toutes les personnes influentes des six duchés étaient là. Son nom se diffusait à travers les gradins du gratin de la noblesse et des bourgeois, et il avait fait connaissance avec plus de personnes en deux heures qu'au cours de ce mois-ci. En plus, la vue des armes et du combat, conjuguée à l'approche de la guerre, donnait une dynamique jamais vu dans sa spécialité officielle. Hopla, une caisse par ci, une épée deluxe d'apparat par là, et ca-shing, la machine marchait à plein régime.

Surtout que pas mal de gens acceptaient la marchandise... de sous la cape. Enfin, plus qu'il ne s'y attendait. Deux ou trois allusions furent faites, ce qui était loin d'être négligeable, vu le milieu considéré.
Dans la partie tribune ou' se trouvait Bryggen, l'attention se portait peu sur le combat. Deux trois coups d'oeil avaient été jetés, et le niveau se révélait assez faible. Quoiqu'une poignée d'hommes commençaient à briller.

Bryggen rit franchement, après qu'une de ses nouvelles connaissances lui adressa une réplique sagace. Il était dans son élément. Une affaire conclue de plus.
-Sacré Hubert, toujours le mot pour rire... On règlera les détails plus tard !
-Faisons comme ça !
Alors que le dénommé Hubert était interrogé par un noble quelconque, l'attention de Bryggen se porta sur la grande mélée. Au centre, l'élite se battait: Vaillant, le maitre d'armes, et un illustre inconnu sans casque, tous trois se démarquaient.
Le regard du marchand -et un peu plus que marchand d'après certains- se fixa sur le roi, qui n'était pas très loin, et le fit sourire. Sa Majesté était très absorbée par le spectacle.

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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 2 Mai - 22:11

Brun prit un plaisir tout particulier a faucher la jambe restante de Vaillant, qui s'écroula par terre dans un bruit de ferraille. Son adversaire à terre, le maître d'armes fit un pas en arrière. Mais son coéquipier ne fit pas autant de manières ; il faut dire que, l'instant précédent, il avait été à deux doigts de se faire égorger par la lame du jeune guerrier. Vaillant s'en sortit miraculeusement - et, disons-le, peu glorieusement : d'une poignée de sable, il aveugla son adversaire, puis se carapata en courant.

Brun fut un peu long à réagir. Alors que Saphir se faisait attaquer par un autre combattant, il fut pris d'une violente crampe d'estomac. Le temps qu'il reprenne ses esprits, l'homme sans casque avait achevé son adversaire et s'était lancé à la poursuite de Vaillant, se montrant cette fois chevaleresque en lui lançant une arme. Car qu'avait-il à gagner à une victoire facile ? D'autant qu'ils étaient deux contre un...

Le maître d'armes emboîta le pas de Saphir pour se lancer à l'attaque de son pauvre élève. L'espace d'un instant, il se demanda s'il ne ferait pas mieux de se retourner contre son partenaire tant qu'il était encore temps. Il ferait un adversaire beaucoup plus coriace que Vaillant fatigué. Mais cette pensée se perdit dans son esprit troublé. Il ne s'en sentait pas le courage. Il n'arrivait plus à anticiper correctement les mouvements. Une longue brume argentée brouillait sa vision et il avait le cœur au bord des lèvres. Il songea avec un détachement parfait que ce corps qui était sans doute le sien allait probablement vomir...

Agissant automatiquement, Brun lança vers Vaillant un coup sans force que le jeune homme para sans difficulté. A son tour Vaillant lança son épée, qui vint heurter de plein fouet le casque du maître d'armes. Assourdi, déséquilibré, Brun tomba en arrière et s'écroula comme une masse. Sa tête heurta douloureusement le sol, ce qui acheva de l'étourdir. Des étoiles plein les yeux, il s'agrippa à ce qui lui semblait être la terre ferme, mais haut et bas se confondaient.

Dans un dernier réflexe, il leva son bouclier pour ne pas se faire piétiner par les deux hommes qui tourbillonnaient au dessus de lui.
Mais il n'avait plus de bouclier.
Aussi se contenta-t-il de ses bras - du moins le pensait-il, car il ne percevait plus que son estomac.
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Brume

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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Jeu 3 Mai - 19:48

En ce début de matinée d'août, les gradins encerclant l'arène commençaient à peine à se remplir lorsque Brume fit son apparition. Vêtue des habits bleus de la domesticité du Château, elle se rendit à l'armurie située non loin du lieu excitant toutes les convoitises. Là, la jeune femme tendit un billet au responsable après avoir vérifié qu'il portait bien des gants de cuir. L'homme, visiblement insoucieux de ses responsabilités, ne posa aucune difficulté à Brume et profita même de sa venue pour partir se soulager. L'assassin put donc tranquillement se glisser auprès des armes, repérer l'épée à lourde garde qu'elle savait destinée au maître d'arme et badigeonner la poignée de l'arme d'une mixture de sa composition.
Satisfaite de la manière dont s'était déroulée sa mission, elle attendit alors que le responsable revienne.
- Ces armes conviennent tout à fait aux normes de Sa Majesté. Merci.

- Hmph.


* * *



La tâche confiée la veille par la Reine-mère avait vraiment été simple, ce qui déroutait un peu la jeune femme. Elle décida donc de se trouver une place dans les gradins pour observer les événements qui allaient suivre.
Tout en s'installant parmi la foule qui arrivait, Brume repensait à sa conversation avec Bienséance.

La veille, Blanche Ricin, confidente de Sa Majesté, avait convoqué l'assassin dans les appartements de sa Reine, ce qui n'avait pas eu lieu depuis de longues semaines. La jeune femme s'attendait donc à une mission d'envergure et non à celle-ci, si anodine d'apparence.
Il s'agissait tout bonnement de se débrouiller pour que Brun Braveterre, maître d'armes au Château et meilleur ami du Roi Vainqueur, ne gagne pas le Tournoi. Cependant Brume avait cru comprendre le sens de nombreux sous-entendus glissés par la Souveraine : il fallait non seulement que sa cible perde mais aussi qu'elle se ridiculise en public.
Certes, l'aversion de Bienséance pour cet homme qui soutenait ouvertement son fils et désormais ses projets de guerre n'était plus à prouver, mais de là à convoquer son assassin personnel pour une basse vengeance... Brume restait quelque peu perplexe sur le but de sa mission mais se devait de l'exécuter.

Le poison était bien sûr la méthode la plus simple, car le maître d'armes en savait long sur son métier et aurait facilement repéré une lame truquée. Après réflexion, la jeune femme décida de piéger la garde de l'épée qu'il utiliserait plutôt que son repas. Restait à déterminer quel effet aurait ce poison...
Brume ne souhaitait pas faire trop de mal à l'homme qui ne méritait sûrement pas une humiliation publique. De plus, une défaite instantanée du maître d'armes provoquerait ou de la méfiance, ou du dédain pour la garde royale, ce qui n'était sans doute pas le but de la Reine.... Brume opta alors pour un mélange de sa composition, assez dilué pour ne pas rendre Brun trop malade mais assez concentré pour se diffuser à travers sa peau durant le laps de temps où il l'empoignerait sans ses gantelets. Quelques heures plus tard, au beau milieu des combats, commencerait à avoir la nausée, puis des faiblesses musculaires, et, suivant son temps d'exposition au poison, des vertiges plus ou moins persistants. Cela passerait, au mieux, pour un effet des coups reçus et du stress, au pire, pour une intoxication alimentaire.

Une fois sa décision prise, Brume n'avait pas eu de difficultés à mettre en oeuvre son plan. Blanche lui avait fourni un billet de la main de Sa Majesté qui attestait que la domestique devait vérifier les armes des participants au petit matin, et cet abruti de responsable lui avait même facilité la tâche en s'absentant.
Maintenant, elle n'avait plus qu'à attendre les résultats parmi la foule, et peut-être en profiterait-elle pour glaner quelques rumeurs utiles à sa Reine. Autour d'elle les gens s'affairaient, prenait des paris, le tout dans un vacarme incessant.
* * *


Quelques heures plus tard, la public s'enthousiasmait violemment pour Vaillant, tandis que Brume surveillait toujours attentivement Brun. Il n'avait pour l'instant manifesté aucun signe de faiblesse, mais cela ne saurait sûrement tarder.
L'assassin fut distraite un moment par l'arrivée d'une jeune rousse qu'elle reconnut pour l'avoir croisée dans la bibliothèque de Castelcerf. L'historienne jeta un œil aux combats avant d'observer les spectateurs autour d'elle et d'interpeller une fillette à la chevelure aussi éclatante que la sienne. Brume allait se désintéresser de leur échange quand la petite déclara fièrement que son père était le combattant sans casque. La domestique le regarda alors avec plus d'attention, et vit qu'il faisait partie de la quinzaine d'hommes encore debout.
Surveillant d'une oreille la conversation de ses voisines dans l'espoir d'apprendre d'où venaient ces deux-là qu'elle n'avait jamais vus, Brume se reconcentra néanmoins sur le combat qui prenait une autre tournure : tandis qu'une poignée d'hommes se battaient autour d'eux, le père de la rouquine s'était allié à Brun pour combattre Vaillant. Celui-ci, malgré les encouragements de la foule, semblait en bien mauvaise posture... mais ne lâchait pas pour autant l'affaire ! Ce fut lorsqu'il battit en retraite que l'assassin remarqua sur sa cible les premiers signes de son empoisonnement.
Sitôt après la fuite de Vaillant, Brun ne s'était en effet pas lancé à sa poursuite mais plié en deux sur son estomac. Il se ressaisit bientôt mais son calvaire ne faisait que commencer... Alors qu'il frappait le champion de la foule il vacilla, et s'écroula lourdement lorsque celui-ci lui lança un coup d'épée en retour. Brume ne put s'empêcher d'éprouver alors une certaine pitié pour sa cible, innocente victime des jeux de pouvoir de Bienséance.


Dernière édition par Brume le Ven 17 Oct - 11:22, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 9 Mai - 18:06

S'écarter du combat avait plus d'effets positifs qu'il ne l'aurait supposé. Reprendre son souffle, reprendre sa concentration, reprendre contrôle de tout son corps. Vainqueur sentait plus que jamais l'air lourd étouffant du casque, la moiteur dans laquelle trempaient ses mains gantées, le poids de son large écu. Chaque fibre de son corps était à nouveau sienne, à tel point que l'enveloppe posée mollement sur le trône semblait sortie d'un lointain rêve, avait-elle été un jour vraiment sienne ? La pensée le troubla.
Pourquoi la troublait-il, se demandait Vainqueur alors que la lame d'une épée brilla dans les airs. Il la saisit au vol, oubliant toutes ses questions.
Attrape ça... Marchant de Sable ! Il se délecta de la sueur salée perlant sur le bords de ses lèvres. Décidément, ce Béarnais ne voulait pas le laisser tranquille. La raison, déçue, lui dictait qu'il était trop lourd pour fuir et son adrénaline, bouillonnante de nouveau, lui répondit qu'elle n'avait attendu que cela.

- Allez viens, que je te rende la politesse... se motiva le roi, murmurant pour lui même dans son casque. Puis le jeune guerrier en armure lourde se mit en garde, prêt à recevoir tout assaut.

La première esquive fut facile, tel un ballet répété de nombreuses fois. Le Béarnais menait la danse là où il le voulait, et Vainqueur jouait sa part à la perfection. Le bouclier aidait lorsque les pas ne lui suffisaient pas pour se soustraire à la furie de métal déchainée par son adversaire. Attaque, attaque, montre-moi ce que tu sais faire. Il était confiant dans sa défense, à un contre un avec Brun qui tardait à se lancer. Le Béarnais était vraiment bon, mais pas imbattable. L'allonge de son arme était supposée un atout, mais le poids l'obligeait à tournoyer en de grands mouvements. Cela causerait sa perte, si seulement il était tout seul.

Et le maître d'arme attaqua finalement, se glissant dans l'espace laissé par son allié. Mou, c'était diablement mou. Vainqueur crut à une feinte, puis il n'en crut tout simplement pas la chance qu'il avait. Feinte ou pas, Brun s'était maintenant trop avancé et l'épéiste inconnu venant à peine de reculer, il ne pourrait arriver à temps. Le roi lâcha un coup qu'il savait gagnant, percutant le heaume de son ami au pic de sa courbe pour un impact explosif.
Il ne s'attarda pas plus pour le regarder tomber, reprit sa garde comme si cette fraction de seconde n'avait jamais eu lieu et se mit à rire. Les hommes l'avaient peut-être nommé roi, mais les Dieux l'avaient créé pour le champ de bataille. Vainqueur exultait.

Peu importait le nombre de combattants encore en lice après ce duel. Peu importait la gloire, l'or ou les seins des dames.
Lorsque Vainqueur se fendit en guise de parade, brisant l'avantage de l'allonge - et percuta la maille du Béarnais, ça le blessa pour sûr - moins fort qu'il ne l'aurait voulu - alors que l'autre modifiait son geste en catastrophe pour absorbait le coup - et que la lame continuait néanmoins sa course - bloquée par le bouclier, désaxant les appuis en ligne précaire du roi, battant des bras en l'air pour ne pas tomber, se contorsionnant et changeant la prise de son épée pour s'en servir comme une canne.
Lorsque le jeune guerrier, tête nue, contourna son adversaire - sans même attaquer - et le contourna encore alors qu'il tournait pour suivre - agrippa le bouclier d'une main et y pris appui pour sauter par dessus ! - aplatissant le heaume de Vainqueur avec la garde de son arme - avant d'être balancé au loin par un exploit de force pure, et de se réceptionner sans la moindre gêne, profitant de l'inertie pour un nouveau coup circulaire qui bousilla la genouillère et l'envoya valser dans les tribunes. Les gorges restèrent tues et les combattants eux-même ne bougèrent pas. Avec une jambe en moins, pour sûr le combat était fini. La jambière tomba finalement dans le sable, exhibant le sous-tissu et le tibia, intact. Un millimètre de plus et... Vainqueur enchaîna.
Les détails étaient négligeables. La fatigue, un concept dépassé. Le plaisir, immense. Les minutes s'enchainaient et ne se ressemblaient qu'en intensité, alors que la victoire frôlait plusieurs fois en instants fugaces. Jusqu'à un ultime moment.

Se fendre d'un bout de lame ne prendrait plus. Défendre l'épuiserait au final avec son armure. Le coincer était impossible, ce mec était un putain de feu follet ! Insaisissable ! Les options de Vainqueur se réduisaient, mais son envie de victoire était intacte. Il suffisait d'un instant, trouver le bon rythme, et FRAPPER !
Le Béarnais en décolla du sol, coupé net dans son élan, arrêté brutalement par la pointe de l'écu du roi venu lui détruire le plexus. Vainqueur s'était fendu avec son bouclier ouvert dans un geste des plus risqués - la lame à deux mains continua sa course désaxée, passant peu au dessus de la tête du jeune guerrier, et des plus inconventionnels - comme un coup de poing métallique dans l'abdomen de son adversaire.

- YAAAH ! Le corps de Vainqueur se propulsa avec l'énergie de la victoire, faisant décoller tout le poids de son armure dans un assaut enragé. Armant son bras pour frapper. Cela se termine MAINTENANT !!!!
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 16 Mai - 17:09

[HRP : Désolé du retard]

Le Soleil était haut dans le ciel, réchauffant au-delà du raisonnable le sol terrestre. Oh, si les Hommes ne bougeaient pas, ladite chaleur serait agréable. Mais les êtres humains se regroupaient dans de grandes cités de pierre, où le sol était pavé, captant les rayons du Soleil et les restituant sous forme de chaleur, transformant les rues en fournaise. Et même si le tournoi se déroulait dans un endroit dégagé, la concentration de la population ne permettait pas de se rafraîchir. Quant aux combattants… Eh bien, qu’ils soient en armure lourde ou légère, ils avaient tous aussi chauds. Seul le mode de cuisson changeait. De plus, tous leurs mouvements n’arrangeaient en rien leur état, et accéléraient leur déshydratation.

La gorge de Saphir était aussi sèche que du parchemin. Sa langue lui faisait l’effet d’un morceau de bois. Quand, par chance, il réussissait à déglutir, il avalait un mélange de poussière et de salive, avec plus de sable qu’autre chose, qui manquait l’étouffait à chaque fois. Que ne donnerait-il pas pour de l’eau, rien qu’un peu d’eau. Et s’il pouvait y avoir une brise plus importante… Non, s’il pouvait y avoir une brise, vu que celle-ci était inexistante.

Le Béarnais combattait avec son allié du moment, mais celui-ci lui semblait plus… Moins vif qu’au début. Etait-ce la fatigue ? Etrange, il ne lui avait pas fait effet d’être une personne se laissant diminuer aussi rapidement par la fatigue. Certes, il devait être comme lui, essoufflé et pas au mieux de sa forme, mais il semblait endurant. S’écartant pour éviter un coup, son camarade en profita pour attaquer. Mais son attaque fut sans force. Leur adversaire s’en rendit visiblement compte, car il porta un coup qui le fit s’effondrer à terre. Et qui l’élimina.

Il ne restait plus que cinq ou six concurrents. Les dernières minutes avaient nettoyé la lice. Et il se retrouvait seul face à celui qui était désormais son plus redoutable adversaire dans ce combat. Il ne put réprimer un frisson d’excitation. C’était la première fois que cela lui arrivait. Etait-ce à cause de la difficulté du duel ? Ou peut-être voulait-il gagner lui aussi ? Non, mauvaise réflexion. Il voulait gagner. Il était venu pour cela, pour remporter l’or de la récompense, et s’occuper dignement de sa fille, qu’elle ne manque de rien. Cette pensée lui redonna de l’ardeur et…

Cette pensée faillit lui être fatale également. Son adversaire profita du principal point faible des armes longues, leur portée. Il fut touché par l’épée de l’homme, et sentit sa cotte de mailles s’imprimer violemment sur sa peau à travers sa chemise. Il sentit également un liquide chaud couler du point d’impact. Par les Dieux, encore un vêtement fichu. Il n’arriverait jamais à faire partir tout le sang. Déjà qu’au fil du temps, malgré les lavages successifs, sa chemise était devenue blanc-brun, à partir de blanc… Maintenant, elle serait rouge-rosée. Pourvu que sa cotte de maille ne soit pas trop abîmée, ça coûtait une fortune ces machins-là… Et puis, elle avait une valeur sentimentale.

Il avait mal amorti le coup, mais maintenant, c’était un duel d’équilibre que se livraient les deux épéistes, chacun tentant de faire porter tout son poids sur l’autre tout en conservant une marge de sécurité pour ne pas chuter d’un coup. Puis, sans crier gare, Saphir passa d’un pas sur le côté sur la gauche de l’homme, lequel se tourna rapidement, puis, faisant fi des risques – et de la réprimande qu’il se serait certainement pris par son Maître pour avoir exécuté son attaque avec une arme si peu adaptée – il attrapa le bouclier et s’en servit comme point d’appui pour quitter le sol et passer par-dessus l’homme, en abattant violemment, avec sa garde, le casque métallique du combattant. Il rata son atterrissage par la « riposte » de celui-ci qui, d’un puissant mouvement, le jeta au sol.

Rapidement, il se releva, évitant l’élimination d’une seconde, puis tournant sur lui-même, toucha violemment, par les ultimes centimètres de sa lame, la jambe de l’homme, arrachant sa protection de genou qui partit au milieu de quelques nobles qui s’écartèrent en désordre pour éviter le projectile, ainsi que de leurs dames qui partirent en hurlant. Quelques-uns, qui avaient dû connaître le champ de bataille, restèrent calmes et impassibles.

Puis le silence s’abattit, tous attendant avec anxiété le résultat de sa dernière attaque. L’avait-il blessé au point de le rendre inapte à poursuivre le combat ? Telle était la question que tous se posaient. Saphir, ignorant l’identité de son adversaire, ignorait pourquoi, cependant, ils se la posaient avec tant de crainte, et pourquoi la moitié des pucelles s’étaient évanouies, tandis que l’autre moitié restaient agrippées les unes aux autres.

Et le verdict tomba, de même que la jambière. L’homme était un chanceux de première classe. Sa jambe était indemne et… Bon, d’accord, il penserait plus tard. L’autre n’avait pas attendu. Le Béarnais para en catastrophe, et, dans les minutes suivantes, fut poussé dans ses derniers retranchements, et plusieurs fois faillit se faire avoir par l’épée de « l’unijambiériste ». Celui-ci avait redoublé d’agressivité, et Saphir fut mis à rude épreuve, sentant des ampoules se former et éclater sur ses mains, ses bras vibrer… Sachant qu’il ne tiendrait plus très longtemps en défense, sous de tels assauts, le blond s’écarta et lança un nouvel assaut sur son adversaire. Que celui-ci stoppa de son bouclier.

L’air contenu dans ses poumons s’échappa, et sa respiration fut coupée. Dans le même temps, son épée lui échappa des mains, passa à quelque millimètres du heaume de son adversaire, produisant des étincelles en raclant à quelques endroits, et alla se planter dans le sol en vibrant, dans un nuage de poussière. Pour dire les choses clairement, et pardonnez à un homme au bord de la défaite son langage, il était dans la merde.



*« Je me fiche de ça. Si tu n’as plus d’arme, deviens une arme, Saphir ! »*


La voix de son Maître résonna dans son esprit, et le temps en fut comme ralenti. Mouvement après mouvement, il vit son adversaire se rapprocher de lui, prêt à porter l’attaque finale. Et, rassemblant ses ultimes forces, il fit comme l’autre avait fait avant pour bloquer son allonge. Saphir se jeta entre son adversaire et sa lame, stoppant son attaque en lui attrapant le poignet de sa main d’épée. Il sentait le cuir de ses gants glisser sur le métal lisse de l’armure, et sut qu’il n’en aurait pas pour longtemps. Il ne pouvait pas lui tordre le poignet, mais en revanche… Son pieds se leva, et vint frapper d’un coup violent le genou qui avait perdu sa pièce d’armure. Un terrible « crrrac » retentit, promesse de douleurs à venir et d’un genou au mieux… Au pire brisé. Dans tous les cas, il ne pourrait plus s’en servir dans l’immédiat. Quant à après… Eh bien, Castelcerf devait avoir d’excellents guérisseurs et médecins.

Saphir s’écarta de lui, et le laissa tomber par terre. Avec un genou dans cet état, n’importe qui était obligé de s’arrêter de combattre. Il prit toutefois l’épée des mains de son adversaire, non pas pour l’achever, mais parce que le dernier combattant encore en lice se dirigeait vers lui. Les deux étaient éreintés, et cette ultime passe d’arme fut plus une guerre d’usure que de talents. Saphir fit une erreur que son adversaire n’exploita pas, du moins n’en eut-il pas le temps, mais lorsque ce fut son tour, son épée passa au travers de sa garde, et vint le cueillir dans le cou, l’assommant sans le tuer. Le Béarnais se remit en garde, puis abaissa son épée… Il était le dernier encore debout, seul au milieu de quelques corps non-encore évacués.

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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Mer 16 Mai - 19:41

Lorsque le Maître d’arme heurta le sol, Acuité se leva avec une vivacité identique au coup d’épée qui l’avait frappé. Les mains masquant sa bouche avec un cri d’effroi étouffé, elle resta un moment debout, seule et immobile. L’idée que les personnes alentours pouvaient avoir remarqué son attitude ne l’effleura même pas. Brun était blessé, elle en était sûre. Elle avait entendu le son mat, de la lame cognant son heaume, le son mat de son corps convulsé, heurtant le sol sablonneux. Et alors que les autres combattants n’avaient de cesse de se mesurer les uns aux autres, elle regardait, le cœur au bord des lèvres, le Maître d’Arme, levant les bras dans un dernier geste défensif avant de sombrer dans l’inconscient.

Elle jeta un coup d’œil a Vainqueur, surement aussi effaré qu’elle face à ce changement de situation, mais à son grand étonnement, celui-ci restait absorbé par le combat. Cette attitude lui confirma qu’il partageait l’esprit de Vaillant. L’art… pesta-t-elle intérieurement. Cette magie était si puissante qu’il rendait son cousin aveugle à la blessure de son ami le plus proche. A ce sujet, la jeune femme avait entendu moult rumeurs, mais elle se refusait à y croire.
Tandis que des hommes évacuaient le corps inerte de Brun, elle salua les nobles qui avaient pris place à ses côtés avec une révérence parfaite, excusant une migraine naissante, avant de disparaitre à travers les marches de bois.

Tandis qu’elle se dirigeait en accélérant le pas vers l’infirmerie rudimentaire qui avait été mis en place, son esprit parti dans tous les sens. Se demandant si elle tenait là le rôle qu’elle devait vraiment jouer, elle poussa la tenture qui la séparait des blessés.

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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Dim 20 Mai - 11:05

A l'inverse d'Acuité, dans la foule de badauds qui encerclait l'arène, Flèche se réjouissait tout particulièrement du destin tragique de Brun Braveterre. Et pour cause, elle ne portait pas le maître d'arme dans son coeur depuis qu'elle l'avait croisé, par deux fois, et que, par deux fois, elle s'était pris un coup de pied au cul métaphorique.
Qu'il aille se liquéfier de l'intérieur en enfer! C'est tout ce qu'il avait mérité.

Mais sa rancune ne trouva pas à s'exprimer bien longtemps. Une fois Brun évacué, le combat reprit de plus bel et, en quelques passes, se trouva terminé.
A la chute de Vaillant, on aurait pu croire Flèche dépitée, mais il n'en fut rien. Il était loin le temps où elle scandait son nom à gorge déployée. Depuis, Saphir s'était lui aussi démarqué. Tant et si bien que, loin d'être du genre fidèle ou à parier, Flèche avait changé son fusil d'épaule sans marquer la moindre hésitation.
Le seul problème, c'est qu'il lui manquait un nom à scander. Ce dernier ne tarda pas à lui parvenir, porté par la foule et venant de l'unique spectateur à avoir une bonne mémoire dans l'assemblée.

- Saphir! Saphir! Saphir!

Boum boum boum.
A croire que la foule était aussi fixée qu'une girouette, soutenant celui qui avait le dessus plutôt qu'un combattant en particulier.

- Saphir! Saphir! Saphir!

Puis vint le coup final, et ce fut la folie. N'y tenant plus, Flèche grimpa sur la balustrade pour mieux hurler sa joie et fuir la foule se pressant plus bas. En furie, cette dernière poussait puis refluait telle la marée. Impossible de savoir combien de temps elle mettrait à franchir la digue, mais ça ne saurait tarder...
L'engouement était à son comble.
Mais pour l'heure, Flèche n'attendait qu'une chose: le sacre de son champion.
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Lun 4 Juin - 17:36

"crrrac", aussi simple que cela, un simpla "crrrac" et c'était fini. La netteté de la situation lui parvenait clairement tellement il parcourait les fibres de son corps pour les faire fonctionner à plein régime, Vainqueur sentit le cartilage exploser et les ligaments se tordre avant même que le moindre son n'envahisse l'air. La peau à peine en train de se déchirer tandis que la douleur remontait le long de la jambe, tel un lent poison, qui ne semblait pourtant pas l'affecter. Comme si elle lui était étrangère. Il se sentait pourtant tomber en arrière, incapable de se retenir, spectateur aux premières loges de la pièce dont il était acteur... non ? Tout était si ralenti.
Le contact avec le sol lui résonna dans les oreilles comme si l'univers lui-même venait de nouveau d'être forgé par les dieux, et comme une épée neuve plongé dans l'eau froide, les pensées du roi retrouvèrent leur place. Vaillant, il était à l'intérieur de lui. Le jeune artiseur tentait de sectionner le lien qui les unissaient pour reprendre son corps, en proie à la douleur qui accaparait la moindre de ses pensées. Le roi renforça son emprise, isolant la jambe, étranglant l'esprit du jeune homme pour son bien. Ne remonte pas, pas maintenant !! Trente secondes, donnez moi simplement trente secondes, que ces putains de médecins arrivent avec leurs plantes pour calmer la douleur... Vaillant se débattait de plus en plus face à l'anesthésie musclée du roi, ça n'avait plus rien d'un contrôle, on lui prenait carrément son corps de force.
Vainqueur jura comme jamais, inaudible aux oreilles du commun. Une minute, allez juste une mi... Le monde brûla dans une lumière sombre, si noire que le noir en devenait une couleur claire. Une couleur vide.


- AAAAAAAAAAAAAAAAaaaH !!!!! Gggghhhhhhhh, AAAAAGh....!!!! Un éclair de lucidité passa dans les yeux de Vaillant alors que son adversaire prenait son arme des mains. Il serra les dents, et putain il les serra fort. Il tendit un bras tremblant et affermit sa prise sur le sol, puis se traina ainsi d'un demi-mètre alors que les épéistes se mettaient en garde pour le duel final. Inspiration... Expiration... Inspiration, et Vaillant recommença à ramper hors de la lice jusqu'à qu'on vienne l'évacuer.


Le monde réapparut sans prévenir. Ou quelque chose sans rapprochant. Vainqueur était encore en train d'artiser, hors de Vaillant, hors de lui même, partout et nul part, goûtant l'excitation des enfants de rue, buvant un brin de comptabilité dans les chiffres de son marchant de Rippon, respirant une gamine comme on en fait plus dans les vieilles histoires. Il avait besoin de sa concentration, son esprit s'éparpillait aux quatre courants, balaya par la puissance de l'Art dans le grand tout où sa personnalité était sûre d'être noyée. Où était son corps ? Sa conscience explosait en une multitude de grains de sable, une infinité, éloignée, morcelée. Où était-il ? Vainqueur ne pouvait se permettre d'attendre plus long, son coeur s'était déjà arrêté de battre une fois.


- ...et c'est ainsi que Sa Majsesté, le roi Vainqueur Loinvoyant, a le plaisir de nommer Saphir Purelame, 53ème champion de la mêlée de Cerf et des Duchés et meilleur épéiste du royaume. En récompense de votre bravoure et de votre habilité, la couronne vous offre aimablement...
L'annonceur était habitué à parler à la place de son roi, il se disait même parfois qu'il pourrait être roi tiens. Vainqueur n'en fichait pas une, et il était encore plus passif qu'à l'accoutumé. Généralement il parlait un peu, tentait souvent de balancer des blagues que lui seul et ses soldats comprenaient, bah aucune dignité en somme. D'un autre côté, avec la tête qu'il avait en ce moment, il pouvait admettre qu'il n'ait pas envie de parler.
Alors qu'une épée à la garde d'or était remise au champion sous les encouragements de la foule gonflée par l'annonceur, le roi était resté sur son estrade. Debout, les mains sur la rambarde, Vainqueur était blanc comme un linge, ses vêtements collant à sa peau autant que ses cheveux après avoir autant transpiré. Il avait l'impression que ses poumons se déchiraient à chaque bouffé d'air, que son sang se frayait un passage dans ses veines à coups de pioche. Et il n'y voyait presque rien, le soleil était aveuglant. Il s'amusa à regretter le casque à visibilité réduite de Vaillant, avoir des pensées absurde l'aider à ne pas tomber tant son genou gauche refusait encore son poids. Il faudrait du temps au corps pour qu'il comprenne que l'esprit lui jouait des tours. Le temps, il se demandait également jusqu'à quand il devrait rester ainsi à poser pour le peuple, tentant de croiser le regard du moindre de ses sujets même si pour le moment, toutes leurs tête se ressemblaient, comme des putains de feuilles d'écorce elfique.
Un premier homme passa par-dessus la balustrade, et ce fut comme le signal du départ. Il se tourna pour quitter la scène, retenant un grognement de douleur alors que la lice était envahie par une foule heureuse et incontrôlable n'ayant qu'une seule envie : jeter le nouveau champion dans les airs pour lui faire partager leur joie.
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Lun 11 Juin - 16:12

Finalement, la presence de la petite fille à ses côtés furent un soulagement, mais d'un court instant seulement, discuter avec elle lui permettait de detourner les yeux du massacre qui se profiler en bas... Une veritable boucherie! Alors la guerre, qu'est-ce que ça allait bien pouvoir être?? Il fallait bien qu'elle s'entraine un peu car si elle devait raconter les combats, "j'avais trop peur et j'ai fermé les yeux pour pas vomir" serait une pietre escuse face au roi devant une page blanche d'une bataille épique...

Heureusement, la petite Elina reussit à focaliser son attention sur le combat, en lui revelant que son père était dans la mélée!!
Quel genre de parent laisse leur petite fille, si jeune, assister à ce genre de massacre, et peut-être même voir en direct son propre pére se faire découper en apericube devant ses yeux.... ???
"Aahan..." s'étrangla-t-elle. "Et ta maman, elle est là?" demanda-t-elle esperant qu'elle ne reponde pas "oui oui c'est le barbare avec deux tresses en bas qui taille le monsieur devant lui!"...
Mais elle se contenta de répondre qu'elle n'avait pas de maman. Ben voyons, voilà qui expliquait bien des choses toute suite!
La question d'Elina la surprit un peu : "tu es qui?" , mais elle en profita pour detourner une nouvelle fois les yeux de l'aréne
:
"Je suis l'historienne de Castelcerf! Tu vois, je raconte les histoires et je les écrit sur des parchemins pour que d'autres puissent les lire aprés! Et je connais plein de chose du coup, presque toutes les histoires des quatres duchés et des pays tout autour de nous!" Et voilà comment simplifier son metier au mieux, et atiser un peu la curiosité de l'enfant.
"Aaah! Tu me raconteras des histoires Alizée?" demanda-t-elle avec un peu d'avidité dans la voix. Et la demoiselle ne put s'empêcher de lui répondre oui devant un si grand sourire.
"Oui bien sûr, quand le tournois sera finit si tu veux tu peux venir me voir quand tu veux!..." Alizée s'appretait à lui demander où elle habitait quand la foule se mit à hurler et à se lever tout autour d'elles : il ne restait plus qu'une poignée de combattants, dont le pére d'Elina. La petite encouragé de toutes ses forces en criant et en agitant ses petits poings en direction de l'adversaire de son père.
Alizée fut à son tour comme hypnotiser par le match, assista à la chute du maître d'arme et, au final, par la victoire du papa, accueillit par la perte d'un tympan d'Alizée quand Elina hurla si fort en sautillant partout.
Un peu plus calme, elle se retourna vers Alizée pour lui adresser d'un sourire emplit de fierté:
"Tu vois, je te l'avais dit : mon papa c'est le plus fort!" auquel Alizée acquiesa d'un grand sourire.
La petite voulue passer par dessus la rembarde pour se meler à la foule de badeaux qui pietinaient presque le pauvre Saphir pour le porter au nues, mais Alizée la retint par la main : son pére avait survecu à ce carnage, inutile de lui rendre sa fille aplatie comme une crépe par une foule en delire. Elle lui prit la main et lui montra comment sortir sans se faire trop bousculer et rejoindre les coulisses et surtout, l'infirmerie ou tous les combattants risquait fort d'aller faire un tour!
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MessageSujet: Re: Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]   Lun 11 Juin - 19:47

Tout en écoutant d'une oreille la conversation de ses voisines, Brume embrassa la foule du regard. Il s'agissait pour elle de tenter de repérer des réactions exagérées à la chute de Brun, des réactions de personnes ayant du mal à croire à un tel changement dans la situation du maître d'armes. Mais hormis quelques "ohhhh !!!" de surprise et huées poussés çà et là, les spectateurs gardaient la même attitude et encourageaient toujours Vaillant à grands cris. Le nom de "Saphir" perçait également dans le brouhaha général, et à l'attitude de la fillette rousse près d'elle l'assassin compris que ce n'était autre que son père, le combattant sans casque.
Satisfaite de l'absence de réaction violente de la foule, Brume allait de nouveau laisser traîner ses oreilles à la recherche d'informations dignes d'intérêt quand elle vit Acuité. La Béarnaise était auparavant masquée à ses yeux par deux costauds qui venaient fort oportunément de se lever, laissant à la brune tout le loisir de contempler la mine défaite de sa jeune maîtresse. Debout, le teint blême, les mains jointes devant la bouche comme pour s'empêcher de crier, Acuité offrait un spectacle unique parmi le public de ce Tournoi. Avant que Brume ait pu s'interroger sur la raison de son émoi, la noble pris soudain une décision et s'en fut d'un pas vif hors de l'arène. Servante anonyme en robe bleue, l'assassin royal la suivit en faisant bien attention de ne pas se faire repérer par celle qu'elle filait.
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Pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire [Août 09]

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