Descriptions
Physique
Justice est une jolie demoiselle. Elle a de long cheveux noirs assez dociles, un regard doux et bienveillant mais avec une étincelle de malice qui ne le quitte jamais, d'un gris très clair qui marque souvent les esprits. Elle n'est pas bien épaisse, et passe relativement inaperçue malgré des formes plutôt avenantes mais pas vraiment exceptionnelles. Du moins, elle passe inaperçue à la campagne....
De loin elle ressemble en tous points à n'importe quelle bergère qu'on pourrait y croiser et c'est normal, elle a grandi dans ce milieu. Mais...
Elle parle un peu fort, ne marche pas aussi gracieusement qu'une dame, et a toujours l'air un peu gauche dans tout ce qu'elle fait. Dès que le milieu dans lequel elle se trouve correspond plus à la noblesse qu'au reste du monde elle devient assez naturellement une sorte d'aimant vers lequel les yeux se tournent. Elle ne se tient pas assez droite, est une piètre danseuse, ne maîtrise pas les codes de ce genre de réunions... Mais son grand sourire sympathique fait vite comprendre qu'elle ne veut de mal à personne. Comme on lui dit parfois pour ne pas la blesser, elle est rafraîchissante.
Quand on y regarde mieux elle a quelques petites cicatrices sur les mains ou les jambes, rien de bien grave mais des traces qui témoignent de sa vie à l'extérieur et de ses travaux précédents lors de certaines préparations pour aider sa mère. Sinon, elle reste quelqu'un d'assez banal. Ses vêtements correspondent à sa nouvelle condition, mais restent de tout de même assez simples, et souvent tâchés ou troués par inadvertance. Justice n'a jamais eu l'habitude d'en prendre grand soin, grandissant sans se soucier de traces de boue ou de sang. Il faut maintenant qu'elle s'y fasse.
Caractère
Justice est sympathique. Toujours souriante, attentionnée, charitable, serviable, généreuse, honnête... Elle a beaucoup de qualités il ne faut pas le nier mais elle n'a peut-être pas les bonnes. Sa vie à la campagne lui a permis de développer sa persévérance, son goût de l'effort et du travail. Jusque là le portrait est élogieux mais il y a un mais. Justice, sortie de sa campagne et jetée dans la fosse aux lions qu'est le monde des nobles, est foncièrement inadaptée. Bien trop naïve, elle se laisse avoir par n'importe qui sans même entrevoir les pièges dans lesquels on veut la jeter. Elle est aussi trop enthousiaste, masque trop mal sa joie et a du mal à rester concentrée quand les choses l'ennuient - c'est-à-dire très souvent.
Elle ne veut manquer de respect à personne mais ignore comment fonctionnent exactement les politesses, et son bon sens de paysanne laisse parfois à désirer à ce sujet. Et elle est maladroite. En paroles, surtout. Mais aussi quand elle se retrouve entourée de son nouvel entourage qu'elle ne connaît pas vraiment. Il n'y a qu'au sujet des soins qu'elle prend de l'assurance.
Justice tient surtout à se montrer digne de la chance qui est la sienne, et ne veut décevoir personne, ce qui malheureusement est impossible. Elle apprend avec avidité mais se lasse rapidement, il faut sans cesse changer de sujet pour maintenir son attention au plus grand désespoir de ses professeurs. Elle n'a pas non plus une très grande mémoire. Disons simplement qu'elle est
gentille même si ça ne la sauvera pas.
Histoire
Entourage
- Hélène, sa mère qui l'a élevée et lui a tout appris: guérison et sorcellerie.
- Habile Morguestanc, baron, qui l'a tardivement reconnue mais a fait d'elle son entière héritière.
- Secret Morguestanc, oncle et chaperon qui la suit à Castelcerf.
Histoire
Justice ne s'est pas toujours appelée ainsi. Quand elle est née, sa mère avait décidé de la nommer Astrid, et c'est ainsi qu'on la connut et qu'on la désigna pendant de longues années. Parce que Justice n'a pas toujours été noble ou héritière de quoi que ce soit. Son père, baron, fauta avec une guérisseuse et un enfant naquit de cette union illégitime. Hélène, la mère de la petite Astrid, mit évidemment le père au courant mais celui-ci refusa d'être présent pour la suite dans la vie de l'enfant et de la mère , s'assurant néanmoins de son silence par une belle somme d'argent. Astrid grandit donc dans la campagne cervienne, voyageant dans différents villages selon les besoins, toujours dans les pattes de sa mère, apprenant avec elle tout ce qu'elle pouvait dés son plus jeune âge. Le seul bien que sa mère pouvait lui transmettre était un métier, et aussi un peu de magie. Les deux femmes, sorcières des Haies, n'étalaient pas leur magie mais s'en servirent tout de même. Il y eut quelques accidents bien sûr, pendant des préparations d'onguents ou d'amulettes, qui expliquent les quelques cicatrices sur les doigts de la demoiselle. La vie suivait tranquillement son cours pour elle et sa mère. Parfois l'argent ou la nourriture venaient à manquer, il fallait changer de village pour trouver d'autres patients, ou alors travailler autrement. Astrid entra parfois au service de nobles qui recherchaient un surplus de domestiques pour un événement particulier ou une courte période. Elle ne rechignait pas à la tâche.
Le père de son côté voulut construire sa vie sans s'occuper de cette "petite erreur". Il fit un bon mariage avec une jeune femme noble d'un rang équivalent au sien et ravit ainsi toute sa famille qui n'en attendait pas moins de lui. Seulement, de cette union ne naquit aucun enfant. Et le baron avait véritablement besoin de quelqu'un pour assurer la pérennité de sa famille, et pour transmettre ses terres. Sa femme mourut dans des circonstances assez louches, mais apparemment de maladie, et il en n'en prit aucune autre, ce qui malheureusement ne put pas l'aider non plus dans son entreprise. Il commençait à se faire vieux. Et alors que le désespoir commençait à le gagner, il se rappela de l'existence d'Astrid. Il avait une fille pour porter son nom !
Hélène ne voulut pas qu'il la reconnaisse. Évidemment, étant sa seule enfant, elle serait l'héritière et ne devrait pas vraiment souffrir de son statut de bâtarde du baron. Mais il les avait abandonnées toutes les deux ! Astrid avait déjà dix-sept ans, il était bien tard pour vouloir en faire une dame. Elle ne connaissait dans sa vie que sa mère et le berger avec qui celle-ci vivait depuis plusieurs années, qui avait été plus proche d'un père que le baron Habile Morguestanc qui venait en réclamer la paternité. Mais on soumit la question à Astrid, qui ne refusa évidemment pas une vie qu'elle imaginait incroyablement confortable dans un château.
Astrid n'avait jusque là passé son temps qu'à aider sa mère à soigner ses patients et parfois à servir quelques nobles en tant que domestique lorsqu'ils en manquaient et que l'argent se faisait trop tard au foyer. Elle ne connaissait rien de ce qui l'attendait. Et pendant un an, Habile envoya professeur après professeur auprès de la jeune femme pour essayer de la rendre présentable. Mais le temps lui paraissait déjà compté. À son âge elle devrait vite se trouver un mari, et lui donner de nombreux petits enfants pour le rassurer. C'est pourquoi elle fut envoyée à la cour de Castelcerf à ses dix-huit ans malgré son manque de préparation. L'occasion etait parfaite pour la presenter, Habile comptait bien profiter du mariage de Vainqueur et Shyrin. Il espérait également que sa fille pourrait être choisie pour être une des dames de compagnie de la future reine ! Voila une position qui lui assurerait de nombreuses rencontres certainement profitables... On alla jusqu'a changer son prénom, signe de son nouveau statut, et feignant la repentance, souhaitant apparemment que sa fille se montre meilleure que lui, Habile la nomma Justice. Comme la Justice qui lui imposait finalement de s'occuper de son enfant, elle qu'il n'avait d'abord pas désiré avant de la voir comme un cadeau divin en temps de de malheurs.
Justice ne connaissait rien des guerres ou, du moins, rien de plus que ce qu'une villageoise était censée en savoir. Même avec les sermons de son père ou de ses professeurs lui expliquant qu'elle devait s'y intéresser elle n'y arrivait pas vraiment. Elle avait bien entendu parler de tout ce qui se passait contre Chalcède, mais elle était surtout courant des persécutions contre ceux qui maitrisaient le Vif parce que tout ceci était bien plus proche d'elle. Ça la dérangeait. Ça arriverait bientôt sûrement aux sorcières aussi. Mais de toute façon maintenant qu'elle partait pour Castelcerf on lui avait fait comprendre qu'elle n'aurait probablement plus jamais l'occasion de soigner qui que ce soit, à sa plus grande tristesse. Il valait mieux que tout le monde ignore ce que sa mère lui avait appris malheureusement. Soigner lui avait toujours plu, et elle se promit que si elle devait le faire même en cachette elle ne s'en priverait pas. Pour ça il faudrait néanmoins tromper la vigilance de son chaperon, son oncle Secret Morguestanc qui resterait avec elle à Castelcerf puisque son père ne pourrait pas rester aussi longtemps que sa fille, ayant de nombreuses affaires à gérer dans son domaine. Il serait également chargé de continuer les leçons que devait recevoir la demoiselle afin de faire son éducation. Il ne fut fait aucune mention de la véritable mère de Justice quand on la présenta, la cour étant bien assez bavarde pour que la situation de la demoiselle soit connue de la plupart des gens. Ce qui comptait, c'était l'héritage que recevrait Justice, et Habile savait pertinemment que ça finirait par attirer quelqu'un d'intéressant jusqu'au mariage. Il n'y avait plus qu'à espérer que Justice ne se ridiculise pas trop, et que sa naïveté ne lui cause pas trop d'ennuis...