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 Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]

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MessageSujet: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Jeu 23 Juil - 17:55

Trop de gens. Partons. Tsanah entendait la voix de Daeron dans son esprit. Elle sentait la méfiance avec laquelle il regardait le monde, marchant à côté d'elle. L'ancienne esclave glissa sa main dans le pelage noir de l'animal. Sois un gentil chien, s'il te plaît. Nous partirons bientôt. Il était tôt, ce qui faisait que la place n'était pas encore pleine, mais de nombreuses personnes marchaient déjà par ici, sans doute pour se rendre à leur travail.
Charbon tira un peu sur la bride, décidant de s'arrêter au milieu de la place, et il fallut une longue minute pour que Tsanah arrive à lui faire reprendre la route. Ce cheval n'avait pas coûté très cher, mais même s'il l'aimait bien il avait un caractère insupportable par moment. Et maintenant, on part ? Tsanah avait toujours eu du mal à expliquer à Daeron l'idée du temps qui s'écoulait, puisque pour lui ça n'avait aucun sens. Et il n'arrêtait donc jamais de la harceler à ce propos. Quand on aura trouvé Machin-rive, c'est avec lui qu'on part. Elle sentit le questionnement de Daeron au sujet de cet inconnu, mais n'y répondit pas. Elle n'avait aucune envie de se rappeler de lui, et du fait qu'elle ne l'aimait pas. Ils allaient déjà passer au minimum deux semaines ensemble, pas besoin d'occuper ses dernières minutes de liberté pour penser à lui.
La fontaine était là. C'était une jolie fontaine, quoique très simple, mais Tsanah plaçait depuis longtemps la beauté des choses dans leur caractère à se montrer utile. Une fontaine qui faisait couler de l'eau était donc belle, peu importe sa décoration. Lançant un regard circulaire tout autour d'elle, elle s'aperçut avec plaisir que son employeur n'était pas encore arrivé: il ne pourrait pas râler à propos de sa ponctualité au moins !
Comme si elle n'allait pas être assise assez longtemps ces prochains jours, l'ancienne esclave s'installa sur le rebord de la fontaine, au bord de l'eau, et en profita pour faire boire Charbon. Daeron quant à lui, faisait le tour du monument et finit même par grogner contre une passante qui voulait boire. La jeune fille n'osait plus bouger, regardant l'animal d'un air effrayé.

 - Daeron, ici !  

Le loup lui lança un regard étrange, ne comprenant pas l'intérêt qu'elle avait de lui parler à voix haute alors qu'il la comprenait en silence. Mais il fallait bien qu'elle agisse comme si c'était un vrai chien, sinon ça ferait longtemps qu'on l'aurait brûlée au bûcher. C'est une menace.

 - Daeron !


Le " chien-loup" peu discipliné finit par la rejoindre, et Tsanah referma ses doigts sur une touffe de poils au niveau du garot de l'animal. Comme si ça suffirait à le retenir. Assieds toi. C'est juste une passante.

 - Allez-y il ne vous fera rien.  
 

Tsanah rêvait déjà d'être loin de la ville lorsque la fille s'approcha doucement pour boire. Le loup ne bougea plus d'un milimètre, sans cesser toutefois de transmettre des signaux d'inquiétude et de méfiance à la mercenaire qui s'efforça de les ignorer. Elle en vint même à espérer que son employeur arrive vite.[/color]
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Ven 24 Juil - 13:55

Dans son rêve, une forme féminine dansait sous la surface du fleuve.
Je sais que tu m’attends… Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps… chuchotait-elle, encore et encore.
Résistance ne l’entendait pas. A l’aide d’une longue perche, elle poussait imperturbablement sur l’eau la longue barque les transportait.
Je sais que tu m’attends… Je sais que tu m’attends…
Vaillant se pencha pour discerner les traits de la sirène. Était-elle rousse, ou blonde ? Elle avait les cheveux d’argent. Et de longues dents lorsqu'elle jaillit pour l’entraîner dans les ténèbres.
 
Trempé par sa propre sueur, Vaillant se réveilla en sursaut. Il était sur terre, à Castelorme. Seul, dans le château encore endormi. Timides, les premières lueurs de l’aube perçaient par la fenêtre. Il portait ses habits de la veille, chauds et humides. Sur le sol traînaient encore les vêtements en désordre ; il avait interdit à la chambrière d’y toucher, à ça ou à quoique ce soit. Le bordel qu’il avait réussi à mettre dans la chambre en l’espace d’une semaine, et avec si peu d’affaires, était assez remarquable. Mais il n’en avait rien à faire. De toute façon, il n’était quasiment jamais dans sa chambre, passant son temps entre les appartements des membres du Clan et les jardins – surtout les jardins. Et ce matin, il la quittait pour de bon.
 
Se baissant avec une grimace de douleur, il fourra les vêtements dans le grand sac de toile qu’il avait acheté. Pêle-mêle, en laissant dans l’armoire la moitié. Tant pis. De toute façon, il n’était pas tout à fait persuadé que ces atours étaient à lui. Avec leurs belles étoffes et leurs broderies, ils semblaient appartenir à une autre vie. Il n’en aurait pas besoin sur la route ! Il avait déjà rassemblé l’utile dans des sacoches qui l’attendaient dans les écuries. Mais il avait été incapable de préparer ce dernier sac. Voilà, c’était fait. Il le jeta sur son dos et s’avança vers le broc d’eau – que, fort heureusement, la chambrière rebelle changeait régulièrement. Il s’aspergea le visage et passa ses mains dans ses cheveux pour nouer sa queue de guerrier, avant de les sentir ras sous ses paumes et de se souvenir.
 
Enfin il prit la porte. Caressa le bois une derrière fois, et quitta Castelorme, après un détour aux cuisines et aux écuries.
 
Le Bourg était plus éveillé que le château. Perché sur le dos d’Assaut, chargé de son paquetage comme une vulgaire bête de somme, Vaillant observait les petites gens s’agiter. Cela le distrayait. Il voulait penser le moins possible. Il se focalisait sur la sensation du vent sur son visage, sur l’odeur du pain qui émanait des boulangeries. Elle n’était pas si appétissante : la farine blanche n’était plus que pour les culs-bleus. Une femme jeta un seau d’ordures à côté de lui. Il grimaça et pressa contre le flanc d’Assaut son talon droit.
 
Peu avant d’arriver à la fontaine, il suivit des yeux une jolie jeune fille effrayée. Les jeunes filles étaient toujours plus jolies quand elles étaient effrayées. Puis il aperçut Sablechaud – ni jolie, ni effrayée, elle se tenait là dans son justaucorps crasseux avec…
Assaut broncha et s’arrêta. Cheval de guerre, il avait été dressé à faire face au danger, mais gardait la méfiance propre à son espèce, que partageait à l'instant son maître.
- C’est quoi, ça ? lâcha-t-il en pointant l’animal de son doigt ganté.
Qu’est-ce qu’elle foutait avec un loup, par les couilles d’El ? C’était ça, son clébard ? Eda, faites que non… faites que non et qu’enfin ils partent…
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Ven 24 Juil - 16:08

Les bruits de pas d'un cheval firent tourner la tête de Tsanah. Un alezan magnifique qu'elle aurait reconnu entre mille tant ce genre d'animaux étaient rares en dehors des meilleures écuries. C'était bien son employeur qui venait la rejoindre, certainement prêt pour le départ. La femme se força à tenter un sourire, sans grand succès. Elle était contente de déguerpir.

- C’est quoi, ça ? 


Il pointait Daeron du doigt.

- Ça ?

Tsanah lui lança un regard noir en voyant la manière dont il parlait de Daeron. Ce n'était pas un simple objet sourd et inconscient ! C'était un animal, son compagnon de lien qui plus est. Elle n'appréciait pas qu'on lui porte si peu de considération.

- C'est Daeron, mon chien-loup. Pourquoi, t'as peur ?


Ça la ferait bien rire si c'était vrai, monsieur voulait jouer aux durs mais buvait des boissons trop fortes pour lui, alors si en plus il avait peur d'un chien... Mais d'un autre côté, Tsanah se doutait qu'il ne serait pas dupe, et qu'il devait bien savoir que c'était un loup pour réagir ainsi. Les gens des villages s'aventuraient rarement dans les forêts, et imaginaient que les loups étaient des créatures bien plus impressionnantes que Daeron: c'était ce qui sauvait leur couverture. Mais cet homme là avait certainement dû voir du pays - à quoi lui servirait un si beau cheval, sinon ?- et devait savoir exactement à quoi ressemblait un loup. Il ne restait plus qu'à prier pour qu'il ne se rende pas compte du Vif qui les unissait, ou qu'il ne la dénonce pas. C'est lui qui entre dans la Meute ? L'ancienne esclave sentit la curiosité du loup à l'égard de leur interlocuteur. Une curiosité néanmoins pleine de méfiance, puisqu'il montrait les crocs tout en gardant le silence. [i] C'est lui. Je l'aime pas. Moi non plus. Le loup manifesta son incompréhension: pourquoi accepter de voyager avec quelqu'un que l'on n'aimait pas ? Mais c'était Tsanah la chef après tout, et il ne dit rien, se contentant de fixer l'employeur sans relâche- juste au cas où.
L'ancienne esclave se contenta de se lever et de tendre sa main en direction de Machin-rive dont le nom ne lui était pas revenu.

- On a dit 5 pièces d'argent.


Parce que si elle oubliait les noms, elle avait bien la mémoire des chiffres, surtout quand sa concernait sa paie. Et de toute façon il n'avait rien à redire sur son salaire: pour l'instant elle avait respecté sa part du marché. Il fallait dire qu'elle consistait uniquement à arriver à l'heure sans ramener d'autres personnes.
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Ven 24 Juil - 21:11

Vaillant observa l’animal. Ses babines retroussées sur ses dents. Son regard fixe. Tout le criait dans son attitude. En dépit de l’heure matinale, l’homme se mit à crier lui aussi :
- Oui, j’ai peur, parce que ça, c’est un putain de loup ! Et toi, t’es une putain de…
Vifarde. Le mot resta coincé dans sa gorge. C’était une accusation grave. En Béarns, cela équivalait presque à une condamnation. Ou même en Cerf, maintenant que Glace était au pouvoir. De quelle preuve y avait-il besoin ? Ca n’était pas un rossignol, un écureuil ou un chien. C’était un putain de loup !
 
- Putain, répéta-t-il sans pouvoir finir sa phrase.
Quelques passants le regardaient, semblant plus choqués par ses insultes que par la présence d’un loup en pleine ville. Ils n’en avaient peut-être pas chassés, mais lui oui. Ils n’avaient peut-être jamais vus de Vifards, mais lui oui.
 
Il cracha par terre pour signifier tout son mépris. Il hésitait à tourner bride. Il n’avait encore rien déboursé, il n’avait qu’à… attendre quelques jours de plus et se trouver une nouvelle escorte… Mais l’idée de retourner dans sa chambre, de déballer ses affaires lui était insupportable. Passer de nouvelles heures ici, vivant parmi ceux qui dépérissaient, à se demander s’il allait croiser Chiara, à ne pas la croiser, à se demander pourquoi, à se dire qu’elle ne pouvait pas, ou ne voulait pas, le résultat était le même, il n’était pas sensé la croiser, pas sensé la regarder, pas sensé l’aimer, pas sensé exister, pas plus que l’enfant dans son ventre, Eda !
 
Il pointa à nouveau son doigt sur l’animal.
- Il ne s’approche pas à moins de trente mètres, dit-il comme un ultimatum.
Il regretta de n’avoir pas dit cinquante, ou cent ; il savait à quelle vitesse courraient ces bêtes-là. Mais il avait déjà perdu les négociations. Il était prêt à s’associer à une sorcière, au péril de sa vie. Comment pourrait-il dormir la nuit ? Que ferait-il s’ils étaient pris, si on l’associait à sa vile magie ? On dirait qu’il était Vifard lui aussi, lié à un oiseau envolé ou à une bête cachée sous terre. On le brûlerait au dessus d’une rivière. Il mourrait dans la souffrance et le déshonneur.
 
Mais il mourrait aussi s’il partait seul sur les routes. Et s’il restait ici… il ne donnait pas cher de ce qui lui restait d’esprit.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Ven 24 Juil - 21:51

-Oui, j’ai peur, parce que ça, c’est un putain de loup ! Et toi, t’es une putain de…

Il s'était mis à crier, et c'était un très mauvais signe. Tsanah le regarda droit dans les yeux. Qu'il le dise ! Qu'il l'insulte en public, qu'il ose dire à tout le monde ce qu'il pensait: de toute façon rien qu'avec ce qu'il avait déjà dit on comprenait. Daeron, sentant la tension entre les deux, se mit à grogner en direction de l'employeur, mais l'ancienne esclave tenta de l'apaiser par le Vif. Il était hors de question qu'il leur rajoute des problèmes. Elle se débrouillait très bien toute seule pour ça.

 - Fais très attention à ce que tu vas dire, le boiteux. Parce que je te jure que tu regretteras tes mensonges.


Évidemment, elle n'allait pas avouer qu'il avait raison. Pas ici, devant toute cette foule qui serait certainement trop heureuse d'avoir une Vifière à brûler vive.

-Putain.


Ça au moins c'était une accusation qui ne lui attirerait pas le bûcher. Tsanah ne quitta pas Machin-rive des yeux, attendant la suite. Elle se doutait bien, vu sa réaction, qu'il y aurait une répercussion et espérait que ça ne concernerait pas son salaire. Elle n'était pas vraiment en position de force pour négocier à ce sujet. Heureusement les passants semblaient vraiment convaincus qu'il s'agissait d'un chien et regardaient le cavalier avec méfiance. Accuser quelqu'un a tort était très grave, évidemment. Mais Tsanah n'avait pas vraiment envie d'attendre ici que quelqu'un vienne prouver que Daeron était un loup. Le plus tôt serait le mieux pour leur départ. Ou en tout cas son départ.
L'homme cracha à terre, à côté d'elle. La Chalcédienne garda la tête haute, sans quitter ses yeux du regard. Il pouvait la mépriser, ça ne changerait pas qu'il allait la payer. Ces deux semaines seraient certainement horribles, mais elle aurait ses dix pièces d'argent, un point c'est tout. Elle avait déjà supporté bien pire dans sa vie, elle pouvait bien attendre quinze jours avant de lui balancer ses quatre vérités. Mais déjà il pointait à nouveau le loup du doigt, et Tsanah mourait d'envie de lui couper la main pour qu'il arrête. Mauvaise idée.

-Il ne s’approche pas à moins de trente mètres.

Elle sentait bien que ce n'était pas discutable, et à vrai dire ça ne la dérangeait pas. Si Daeron avait tendance à rester près d'elle en ville, il prenait souvent de la distance à l'extérieur et rester à trente mètres ne serait pas un problème. De toute façon ils n'avaient pas le choix.

 - D'accord. Mais maintenant t'arrêtes de m'insulter, et tu me donnes mes pièces.

Elle enfourcha Charbon, et tendit la main vers son compagnon de voyage, tout en discutant avec Daeron. Il va falloir que tu restes loin. Pourquoi ? Je dois protéger la Meute. Justement, tu nous protégeras en restant loin, pour qu'on ne devine pas que nous sommes de la même Meute. Encore tes sales histoires d'humains ! Une vraie Meute doit être unie !Tu devais venir avec moi, dans une vraie Meute un jour. Je t'apprendrai. Tsanah ne trouva pas le courage de refuser véritablement. Parfois elle se disait que ce serait bien moins compliqué d'être un animal, et enviait leur vision claire de la vie.
Maintenant il fallait juste qu'il la paie et qu'ils partent.
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Sam 25 Juil - 18:04

Vaillant piqua des deux. Malgré sa peur, Assaut accepta d’avancer. Tout aussi méfiant, l’homme fouilla dans sa veste, pour en ressortir un poing serré. Il avait envie de jeter l’argent dans la fontaine. On disait que ça portait chance. Elle n’aurait qu’à plonger pour les récupérer… Mais il avait soupé des sirènes.
Il s’arrêta à sa hauteur et lâcha négligemment la monnaie. Sur sa haute monture, il dépassait la mercenaire de plusieurs pieds. Les pièces tombèrent en pluie, quatre dans sa main agile, la cinquième au sol. Elle devrait mettre pied à terre pour la récupérer. Trop dommage !
 
Sans cesser de surveiller le loup, Vaillant lâcha la bride à son alezan pour le laisser boire. Il n’arrivait pas à croire qu’il avait fait un pacte avec le diable. Sorcière, et désagréable. « Le boiteux », qu’elle l’avait appelé. Pas une fois elle n’avait cillé. Elle avait dans les yeux la même fierté et le même mépris que lui. Une louve, en plus cupide.
Il n’avait plus qu’à espérer que cette cupidité le sauverait. Elle pouvait toujours le détrousser sur la route, mais il n’avait pas grand-chose sur lui. Il avait mené la grande vie à Castelcerf, et dépensé ses dernières ressources au front, pour quelques articles de contrebande vendus dix fois leur prix. Il le regrettait amèrement aujourd’hui. Ça, et d’autres choses…
 
Quand elle fut à nouveau en selle, et que le loup les eut précédé, ils quittèrent enfin le Bourg. Franchirent le pont avec marchands, pèlerins et réfugiés tatoués. Ils se retrouvèrent seuls en quittant la route d’Anse-du-Sud. Le loup n’avait encore croqué personne. Sablechaud lui avait noué un foulard autour du cou pour qu’il ne s’attire pas l’animosité des voyageurs. Il n’avait pas eu l’air d’aimer ça, mais la ruse avait fonctionné. Ils n’avaient pas plus prêté attention à lui qu’à un marguet de compagnie.
 
Les gens étaient vraiment stupides et ignorants, songeait Vaillant au bord du ruisseau où ils s’étaient arrêtés pour faire boire les chevaux et manger un morceau. Il était bien plus de midi. Le soleil tapait fort, pour un mois d’octobre. Il avait mal à la jambe et à la tête, mais rien d’inhabituel. Il s’était assis dans l’herbe et regardait, à trente mètres de là, Résistance libérer l’animal de l’accessoire. Ils seraient plus tranquilles désormais, jusqu’au fleuve de la baie du Sud. Il cracha l’herbe qu’il mâchonnait et ils se remirent en route.
 
Longtemps, sa colère l’avait occupé. Mais elle s’était apaisée à présent, et l’ennui le disputait à des pensées tristes ou amères. Soucieux de dissiper cet état d’esprit, Vaillant se mit à siffloter un air, puis un autre. Quand lui vint la mélodie du Vit du Prince Pie, il se dit qu’il serait trop dommage de ne pas en faire profiter sa compagne. Alors il se mit à chanter la chanson de taverne. Ça commençait par la description du Prince Tacheté, avec ses dents plates, ses yeux fous et son vit légendaire.
Vil, méchant, pervers, le Prince a pris sa propre mère…
Pour sûr la fille la connaissait. La Vifarde ne pouvait pas ignorer comment la chanson finissait.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Sam 25 Juil - 19:30

L'employeur fit avancer doucement son cheval jusqu'à atteindre la hauteur de Tsanah, et tendit vers elle un poing fermé. Il fit tomber négligemment les pièces, mais la jeune femme ne put en saisir que quatre au vol. Elle descendit donc de cheval pour la ramasser, tout en lançant un regard mauvais au cavalier. Elle était persuadée qu'il faisait ça pour la placer encore un peu en position d'infériorité. Décidément ils n'allaient pas s'entendre tous les deux. Néanmoins elle ne dit rien et remonta sur Charbon. Il allait lui payer ça très cher.
Ils prirent enfin la route, mais dès la sortie de la ville Tsanah dû redescendre et appeler Daeron. Elle sortit un petit foulard qu'elle attacha autour du cou de l'animal, qui secouait violemment la tête dans tous les sens en se plaignant de l'inconfort et de l'odeur trop forte de l'objet. Mais tant pis. Les villageois se laissaient aisément berner, les voyageurs avaient besoin d'indices en plus pour croire en la gentillesse de l'animal. Daeron ne cessa pas de se plaindre jusque l'après midi, où sa camarade put enfin le libérer du foulard. Et ces jérémiades avaient passablement énervé l'ancienne esclave. Elle mangea en silence, et fut soulagée du calme de la suite de leur voyage. Jusqu'au moment où Machin-rive décida de siffloter. Elle avait toujours détesté ce bruit, mais se contenta de pousser de forts soupirs dans l'espoir qu'il finisse par comprendre et par se taire. Il préféra néanmoins se mettre à chanter. Et lorsqu'elle entendit la chanson... Tsanah commença par lui lancer un regard noir, bien vite accompagné d'un énorme sourire. Il voulait l'insulter en chantant ça ? Très bien. Elle allait l'effrayer, elle. Lui faire croire qu'il avait raison, qu'elle était une bête, et peut-être qu'ainsi il daignerait la boucler pour la fin de la journée.

 - Oh, j'adore cette chanson !  


Ses talents de menteuse, développés depuis son plus jeune âge pour servir ses vols, étaient bien suffisant pour faire croire qu'elle était tout à fait sincère. Et l'employeur avait l'air de bien trop craindre les Vifiers pour savoir que le prince Pie était leur plus grande honte et que beaucoup le condamnaient.

- Ça me rappelle une autre chanson, je suis sûre que tu la connais pas !


Comment pourrait-il la connaître, c'était une pure invention de sa part. En espérant qu'il fasse de jolis cauchemars cette nuit...

-Quand vient le soir de la réunion, nous amenons nos compagnons... Les prisonniers sont bien ficelés, ils pourront pas s'échapper !... Autour du feu nous avançons, et brûlons vif un des démons... Sans animal, sur terre ils errent, et salissent bien trop notre air... Ce sont eux les vrais sorciers, nous faisons bien d'les manger ! Croquer dans la chair tendre, le tout sans attendre, voilà not'manière à nous, de guérir tous ces fous !


Elle lui fit son plus beau sourire - ce qui était largement effrayant en soi quand on la connaissait un tant soit peu... - sous-entendant qu'il pourrait être son prochain repas, et reporta son attention sur Daeron. Ça te dis de jouer ? Elle capta directement l'attention de l'animal. À quoi ? Tu cours derrière le cheval du nouveau de la Meute. Un genre de chasse ! J'adore la chasse.
Daeron s'élança vers lui de manière à l'effrayer, sans pour autant être réellement agressif. Marchin-rive allait certainement laisser la Vifière tranquille, après ça.
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Dim 26 Juil - 13:45

Sablechaud lui sourit pour la première fois. Mais vu le personnage et les circonstances, Vaillant n’aima pas trop ça. Comment ça, elle adorait cette chanson ? Ça n’était pas l’effet recherché. Était-elle si dépravée ? Il se tut et la dévisagea, alors qu’à son tour elle se mettait à chanter.
 
Il s’efforça de sourire aussi, mais il était crispé. Elle inventait ça pour lui faire peur, c’est sûr. C’était trop gros, pas vrai ? Son histoire de Vifards cannibales… Mais sa chanson avait l’air bien ficelée, comme les vieilles ritournelles. Peut-être s’agissait-il d’anciens rites barbares Vifiers ? Vaillant se sentit frissonner.
 
Puis, sans crier gare, Assaut partit au petit galop. Manquant de tomber de cheval, il rétablit son équilibre et regarda derrière lui. Le loup était sur ses traces ! Faisant volter sa monture paniquée autour de Résistance, il gueula à cette dernière :
- On avait dit trente mètres ! Rappelle ta bête !
 
Elle avait l’air de beaucoup s’amuser, mais Vaillant ne rigolait pas du tout. Elle venait de briser le maigre pacte de confiance qui les liait. A quoi bon rester avec elle si elle ne garantissait, menaçait au contraire sa sécurité ?
- Rappelle ta bête ! répéta-t-il, avant de tirer son épée dans un long chuintement d’acier.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Dim 26 Juil - 15:09

L'alezan partit au galop, surpris par Daeron et son arrivée fulgurante. Son cavalier faillit tomber - ça aurait bien plu à Tsanah - et se mit à tourner autour d'elle en criant. L'ancienne esclave se contentait d'arborer un sourire satisfait et mauvais à la fois. Il avait peur et c'était bien fait pour lui, il aurait dû y réfléchir à deux fois avant de lui chanter les histoires de ce déglingué de Prince Pie ! Charbon quant à elle avait l'habitude et semblait plus perturbée par le comportement de l'alezan que par le loup.

- On avait dit trente mètres ! Rappelle ta bête !

Ta bête. Il ne pouvait pas l'appeler mieux que ça ? Elle le lui avait présenté, tout de même ! La mercenaire leva les yeux au ciel en soupirant encore une fois. Je crois qu'il n'aime pas jouer. J'ai gagné ? Oui t'as gagné. Tsanah connaissait l'importance des jeux et des combats pour le loup, et pour l'organisation d'une Meute.

-Rappelle ta bête !


Elle entendit le bruit caractéristique de l'épée que l'on sort du fourreau, et elle ne douta pas un seul instant qu'il s'en servirait pour trancher en deux son compagnon de lien.

- Oh !
Cria-t-elle pour attirer son attention plutôt que celle-ci soit tournée vers le loup. Il joue, c'est tout, c'est important pour la hiérarchie d'une Meute.

Elle ne précisa évidemment pas que cette idée venait d'elle. Et elle ne précisa pas non plus qu'il venait de chuter dans l'estime du loup, puisqu'il n'avait pas relevé le défi.

- Comme tu l'as si bien remarqué, c'est un loup, pas un chien. Je peux pas en faire tout ce que je veux, il est vivant je te rappelle !


Mais ça, il n'en avait certainement aucune idée. Il devait croire, comme la plupart des ignorants, que le Vif servait à dominer les animaux plutôt qu'à coexister avec eux. Ou alors il ignorait totalement la possibilité que les animaux aient une conscience. Daeron, semblant réagir à cette affirmation, se mit à gronder vers Machin-rive comme pour exprimer son statut de supérieur. Le cavalier avait fuit la chasse, il atteignait ainsi le plus bas rang dans la Meute pour lui. Contrairement à Tsanah, ce n'était pas l'argent qui déterminait le respect qu'il vouait aux autres . Et si tu chassais quelque chose qu'on pourrait manger ? On pourrait manger le cheval, répondit Daeron avec un sérieux qui fit éclater de rire Tsanah. Trop gros, mais tu pourrais chasser autre chose. On pourrait partager ça ce soir entre nous. D'accord, mais lui il chasse tout seul , précisa le loup en direction de celui qu'il considérait comme un lâche.
Le loup s'éloigna tranquillement du groupe vers la forêt, insensible à toute la pagaille causée par ce simple jeu. Pisteur hors pair comme le reste de son espèce, il n'aurait aucun mal à les retrouver.

- Et puis, si tu as envie qu'il t'aime bien, tu pourrais commencer par l'appeler par son prénom ! Ça te plairait beaucoup que je t'appelle " humain" quand je te parle ? Ou " prochain repas" peut-être ?


Elle lui lança un regard noir, comme d'habitude, pour lui faire comprendre que tout ça avait peut-être un lien avec le comportement de l'animal, en ignorant superbement le fait qu'il avait une épée en mains. Daeron entendait et comprenait les humains par l'intermédiaire de l'esprit de Tsanah, et le cavalier ne semblait pas s'en être réellement aperçu.
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Dim 26 Juil - 16:07

Par son cri, la fille détourna l’attention du loup. Assaut ralentit, et Vaillant, l’épée vigilante, écouta ses âneries.
- Je ne suis pas de votre « meute », rétorqua-t-il, rageur. Je ne fraie pas avec mes inférieurs.
En vérité, cela lui était souvent arrivé. Dans certains cas, il en était même venu à considérer qu’ils ne lui étaient pas si inférieurs que ça. Comme Taebryn, par exemple. Son ami n’aurait pas fait que tenir tête à la Vifarde ; il la lui aurait raccourcie dès le début, à la fontaine. Lui dont les parents avaient été tués par des Vifiers, aurait su à quelle engeance il avait affaire. Il ne l’aurait certainement pas engagée pour l’escorter. De toute façon, le géant béarnais n’avait nul besoin d’escorte…
 
L’épée au clair le fatiguait et le revigorait à la fois. Il se sentait perdre et récupérer un peu de sa puissance. Le loup lui traînait toujours autour, et s’était mis à gronder. Vaillant se tenait prêt à le sabrer s’il s’élançait. Pas par plaisir, mais par nécessité, d’autant que Sablechaud avouait ne pas le contrôler.
Quelle ironie ! Une femme-bête qui ne savait pas maîtriser la sienne ! Était-ce bon pour lui ? Cela signifiait-il qu’elle ne pouvait pas se servir de l’animal comme une menace ? Mais le loup était une menace à l’état naturel ; si elle ne pouvait pas le juguler, alors… ils étaient livrés à sa bestialité.
 
Comme pour contredire ses pensées, la bête cessa de grogner et s’éloigna en trottinant vers la plus proche forêt. Assaut se détendit, et Vaillant aussi. Sablechaud continuait à pester, comme si tout était sa faute à lui.
- C’est pas bien pire que « le boiteux », répondit-il, plus calme mais toujours irrité. Et je m’en contrefous qu’il m’aime bien. C’est un loup. Je suis un homme. T’as envie de que je t’aime bien, toi, peut-être ? Tu fais que faire la gueule et lever les yeux au ciel comme une foutue princesse.
Ou une gamine mal élevée. Plus probable dans le cas de la balafrée.
 
Il rengaina son épée.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Dim 26 Juil - 17:27

-Je ne suis pas de votre « meute ». Je ne fraie pas avec mes inférieurs.

Il n'avait pas l'air de comprendre à quel point c'était important qu'il fasse un effort sur ce point. Comment espérait-il voyager trois semaines avec un loup sans s'attirer un minimum de sa sympathie ? Il devait compter sur Tsanah pour le surveiller et l'empêcher de lui sauter dessus, mais il faudrait bien qu'il se rende compte qu'elle n'était pas sa maîtresse mais plutôt son égale, et qu'elle n'était pas toujours à le surveiller. Que ferait-il quand elle dormirait ?

- Tu préfères peut-être qu'il te prenne comme proie ? T'aurais dû le dire plus tôt, ça m'aurait fait gagner du temps !


Marchin-rive continua de se pavaner avec son épée sortie jusqu'à ce que Daeron s'en aille chasser. L'ancienne esclave était bien d'accord avec le loup: son employeur n'aurait qu'à se débrouiller tout seul quand il n'aurait plus de provisions, surtout s'il ne changeait pas d'habitude. Elle tenta bien de lui donner un petit conseil sur sa façon de s'adresser à son compagnon, mais il n'avait pas l'air prêt à l'accepter.

-C’est pas bien pire que « le boiteux ». Et je m’en contrefous qu’il m’aime bien. C’est un loup. Je suis un homme. T’as envie de que je t’aime bien, toi, peut-être ? Tu fais que faire la gueule et lever les yeux au ciel comme une foutue princesse. 


- Faut que je te rappelle comment tu m'avais appelée juste avant ?!


Il était à deux doigts de la dénoncer en place publique, l'avait traitée de putain, et il s'étonnait qu'elle l'appelle en le rabaissant ! Elle commençait vraiment à penser que ce type avait un sérieux problème.

- Moi je m'en fou de ce que tu penses, parce que de toute façon t'y connais rien. Tu fais genre que tu sais tout, ce qui est bien et ce qui est mal, et au final tu te comportes comme un abruti. Sauf que moi, je peux passer trois semaines avec quelqu'un que je peux pas encadrer et que Daeron c'est un loup, et si tu veux pas être dans sa Meute je te conseille de t'arranger pour qu'il t'aime bien quand même. Et si tu voulais quelqu'un qui boive tes paroles et te lance des oeillades, t'avais qu'à embaucher une catin ! Mais c'est peut-être pas un loup qu'elle t'aurait refilé.

Très énervée, elle rabattit sa capuche sur sa tête et se mura désormais dans le silence jusqu'au soir. Il pouvait bien faire tous les efforts du monde pour la provoquer encore qu'elle ne réagirait pas: c'était une femme très entêtée.
Lorsqu'ils décidèrent qu'il faisait trop sombre pour continuer, ils s'écartèrent un peu de la route et choisirent un endroit paisible pour passer la nuit. Le premier réflexe de Tsanah fut de s'occuper de Charbon avec tous les soins que méritait une monture, presque sans adresser un regard à son camarade de voyage. Elle ruminait encore, en vérité.
Sachant que Daeron était sensé les retrouver à la nuit tombée, l'ancienne esclave choisit de ne rien sortir de ses provisions et d'attendre tranquillement le retour du loup. Elle s'installa derrière le feu qu'ils avaient allumé, et passa une main distraite sur son visage, suivant le trait long de sa cicatrice comme ça lui arrivait souvent.

- Je suppose que tu as l'habitude de voyager ?


Elle s'était résignée à faire la conversation. Il ne restait plus qu'à espérer qu'il allait faire de même, sans l'agresser.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Dim 26 Juil - 18:52

Ils chevauchaient dans un silence plombant. Sablechaud marchait devant pour qu’il puisse la surveiller. Vaillant ruminait sa colère.
Il la haïssait de l’obliger à composer avec sa bête. Ca ne faisait pas partie du marché. Elle avait peut-être raison sur la manière dont il devait se comporter avec le loup, pour son propre intérêt. Mais il n’aurait jamais dû avoir à s’en soucier. Qu’est-ce qu’il devait faire, hein, pour être en sécurité ?! Lui gratter les oreilles et s’extasier sur la taille de ses excréments ?
 
La fille ne le considérait même pas comme un danger. Seulement comme une proie. Il réalisa qu’il avait eu tord d’admettre sa peur, là-bas, au Bourg. Maintenant elle le prenait pour un couard, et le loup pensait qu’il pouvait le maltraiter. Est-ce qu’il entendait ses pensées ?
Ils verraient bien, l’un comme l’autre, qu’il n’était pas le chien galeux de la meute. Il caressa la garde de son épée. Que la bête s’approche un peu trop près de lui ou même d’Assaut, et il la lui fourrerait dans les tripes ! A présent cette pensée lui faisait presque plaisir.
 
Quant à elle… certes il ne lui avait jamais caché la déception qu’elle était pour lui. Une femme. Un Vifarde. Aurait-il dû s’en satisfaire ?! Comme elle disait, p’t’être bien qu’il aurait été mieux loti avec une putain. Certaines avaient des pectoraux à effrayer un homme. Aucune n’aurait menacé sa vie, aucune n’aurait rabaissé sa virilité. Il aurait pu prendre son pied avant de claquer, pas comme avec cette sorcière au cul froid. Et pour moins cher.
 
Sa rancœur le tint en selle le reste de la journée. Ils ne s’arrêtèrent qu’à la nuit tombée. Une journée de passée. Plus que vingt !
 
Comme il la voyait s’agiter autour de sa carne comme si c’était une pouliche de concours, Vaillant bichonna lui aussi sa monture, la bouchonnant avec une poignée d’herbe sèche, vérifiant qu’aucune pierre ne s’était coincée contre la fourchette de son pied. Ils attachèrent les deux bêtes côte à côte – contrairement à leurs maîtres, elles avaient l’air de bien s’entendre – et firent un feu. Sablechaud allait chercher le bois, Vaillant allumait la flamme. Ils étaient plutôt efficaces quand ils ne parlaient pas.
 
Enfin, fourbus, ils posèrent un cul. Vaillant s’efforçait de ne pas la regarder, ça l’énervait – mais il n’avait rien d’autre à faire, et il n’arrivait pas à s’en empêcher. Malgré son ignoble caractère, elle l’intriguait assez. C’est pas tout les jours qu’on rencontrait une sorcière.
 
Il vit qu’elle caressait sa cicatrice. Lui-même avait étendu sa jambe devant lui pour la masser.
- Je suppose que tu as l'habitude de voyager ? dit-elle, croisant son regard.
- Ces derniers temps, répondit-il en haussant les épaules.
Il reporta son attention sur sa jambe. Son genou gauche était gris et déformé. Les muscles de son mollet s’étrécissaient, comme s’ils n’étaient pas bien irrigués. Son pied restait caché dans sa botte.
 
Il vit qu’elle le regardait. Ca n’allait sans doute pas l’aider à le voir comme un prédateur potentiel mais… après tout, il ne pouvait espérer garder pour lui toute son intimité. En trois semaines de voyage, ils partageraient sans doute bien plus qu’ils ne le souhaitaient.
- Chacun ses cicatrices, souffla-t-il avec un sourire gêné, en rabattant la jambe de son pantalon.
Il passa le doigt sur sa joue, imitant le geste de la mercenaire, et haussa à son adresse un sourcil interrogateur.


Dernière édition par Vaillant Fructurive le Lun 27 Juil - 0:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Dim 26 Juil - 19:21

- Ces derniers temps.

Tsanah n'avait pas vraiment l'impression que ses efforts de conversation portaient leurs fruits, mais au moins c'était la première fois qu'ils s'adressaient la parole tranquillement et sans se moquer. Voilà une grande nouvelle.
La mercenaire remarqua que son employeur avait étendu la jambe qui le faisait boiter devant lui, et elle ne put s'empêcher de lui lancer un regard totalement indiscret et très curieux. Sa jambe avait une allure étrange qu'elle n'avait jamais vue encore, et elle se demandait bien ce qui avait pu lui arriver pour qu'il soit dans un état pareil. Il fut néanmoins plus rapide, et alors qu'elle releva la tête et laissait tomber sa main, elle aperçut son sourire gêné, suivi d'un signe interrogateur et de l'imitation de son mouvement.

- Chacun ses cicatrices.

Tsanah jeta un regard par dessus son épaule, comme s'il pouvait s'adresser à quelqu'un d'autre, et prit une grande inspiration en s'efforçant de ne pas avoir l'air trop sur la défensive. Si ça se trouve il s'imaginait que Daeron avait pu lui faire ça, et la mercenaire n'avait aucune envie de laisser planer un malentendu sur la bonté de son compagnon. Elle essaya de prendre un air détaché, mais ce n'était pas aussi bien réussi que ça devrait: c'était trop personnel pour ça. D'un geste tranquille, elle tourna la tête vers lui pour qu'il voit mieux la cicatrice, et aussi le tatouage noir en forme d'étoile juste devant son oreille, traversé par la balafre. Elle mit ses cheveux derrière son oreille, même si au fond elle savait qu'il n'avait pas pu louper le tatouage.

- Un maître a droit de vie ou de mort sur son esclave. Alors une cicatrice, c'est pas très inhabituel. C'est même plutôt chanceux.


Elle se souvenait très bien de la douleur qu'elle avait ressenti lorsqu'il lui avait dessiné la plaie. Du sang qu'elle avait senti couler entre ses doigts lorsqu'elle se cachait le visage. Des larmes qu'elle avait versé en ne sachant plus si s'enfuir et vivre libre valait vraiment le coup.
Mais c'était vrai qu'elle était chanceuse quand elle y repensait. Cette cicatrice était courante chez ceux qui trahissaient son maître, alors qu'il aurait très bien pu se permettre de les tuer. C'était sa cupidité qui permettait à Tsanah d'être encore en vie.
Elle mit un coup de pied dans un bout de brindille qui vola jusqu'au feu. Peut-être qu'elle avait eu de la chance dans son malheur, mais jamais elle ne pardonnerait à l'ordure qui lui avait fait ça.
Une fois ses nerfs passés sur le bout de bois innocent, Tsanah redressa la tête vers lui, et replaça ses cheveux normalement.

- Ça me donne un air bizarre quand je souris beaucoup. Je peux au moins effrayer les enfants, comme ça.


Elle rit un peu avant de se reprendre en espérant qu'il avait bien compris que c'était une blague, même avec la chanson de tout à l'heure. Elle sourit effectivement, jusqu'aux oreilles,et si son profil droit était tout à fait agréable, le gauche était un peu déformé. Vu de face c'était un peu déroutant, et on pouvait facilement se dire que c'était pour ça qu'elle ne souriait pas. Même si ça venait juste de son sale caractère.

- Et toi, ta jambe ? C'est de naissance ?


Voilà venu son tour de rassasier sa curiosité. Autant profiter tant que Daeron n'était pas là.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Lun 27 Juil - 0:16

Résistance eut l’air gêné, puis lui présenta carrément sa joue tailladée. Certes, ça n’était pas très joli à voir. Mais c’était plutôt bien recousu. On pouvait voir ça comme une étoile filante… la queue de la comète…
Vaillant se souvint des meurtrisses sur le dos de Chiara et de la signification qu’il avait fini par leur trouver. Qu’on lui donne un crayon et du papier, et il saurait en reproduire l’exact tracé. Ce qui ne l’empêchait pas de haïr les Chalcédiens pour leurs pratiques barbares. Rien n’était plus beau qu’une peau de femme, immaculée.
 
Pas étonnant que la fille s’excite sur la brindille. Il se garderait bien de rien lui dire, tant qu’elle ne passait pas encore ses nerfs sur lui.
- Pas que les enfants, répondit-il doucement.
Leurs sourires disparurent en même temps : elle comprenait qu’il plaisantait, pas vrai ?
T’es jolie quand même, qu’il avait failli lui dire ; mais elle n’aurait sans doute pas aimé ça non plus. Et puis, elle s’était montrée trop affreuse aujourd’hui pour qu’il fasse un quelconque effort de flatterie.
 
- Et toi, ta jambe ? C'est de naissance ? reprit-elle, et Vaillant regretta de revenir sur le tapis.
- Ça en a l’air ? rétorqua-t-il un peu trop sèchement.
Mais il était fatigué, il avait faim ; il n’avait pas envie de saboter leur parodie d’amitié. Il prit sur lui et poursuivit :
- On m’a cassé le genou lors d’un combat.
Non, ça n’était pas honnête. Il eut la sensation qu’il lui devait la vérité, à elle et à tous ceux qui étaient tombés. Les vrais guerriers.
- Enfin, d’une joute. Un jeu stupide… pour beaucoup d'or, et une pincée de gloire
Surtout pour la gloire. L’or, il en avait déjà, cela ne l’intéressait pas. Contrairement à d’autres.
 
Il reporta sur elle ses yeux noisette, et demanda :
- Pourquoi tu ne t’es pas engagée dans l’armée des Duchés ? Tu aurais eu un bon solde. Et l’occasion de faire payer aux Chalcédiens ce qu’ils t’ont fait.
Il se demanda comment il aurait réagi s’il l’avait rencontrée au milieu de l’armée. Bah. Sans son loup, il ne l’aurait sans doute pas remarquée, soûlé d’Art comme il l’était.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Lun 27 Juil - 10:01

-Ça en a l’air ? 

Il avait repris son ton sec, et la mercenaire lui lança un regard méchant. Elle avait répondu, il pouvait bien faire pareil au lieu de s'énerver parce qu'elle n'avait pas la science infuse ! Mais elle n'eut pas le temps de lui faire remarquer, parce qu'il expliqua finalement le pourquoi du comment de son genou étrange.

- On m’a cassé le genou lors d’un combat.


Même s'il avait recouvert son genou, Tsanah ne pouvait pas s'empêcher de le fixer comme si elle allait finir par revoir sa cicatrice comme ça. Elle essayait en fait d'imaginer la scène. Machin-rive - il faudrait vraiment qu'elle lui demande à nouveau son nom un de ces jours... - monté sur son alezan magnifique... Quelqu'un aurait pu le faire tomber sur le champ de bataille, et lui briser le genou pour s'assurer qu'il ne serait plus un danger. Ça s'était déjà vu. Il rectifia néanmoins.

-Enfin, d’une joute. Un jeu stupide… pour beaucoup d'or et une pincée de gloire…


En y réfléchissant bien, Tsanah n'avait aucun souvenir de joute en Chalcède. Elle en avait déjà entendu parler dans les Duchés, mais n'y avait jamais assisté. Un jeu pour beaucoup d'or, ça lui paraissait être une bonne idée tout de même, même si son interlocuteur était la preuve vivante des risques encourus. Et puis elle se moquait bien de la gloire, elle. La mercenaire se mit à bailler, en espérant que Daeron revienne vite et avec quelque chose à manger. Elle était en train de se rappeler certaines chasses mémorables qu'ils avaient fait ensemble, lorsque son camarade de voyage lui parla à nouveau. C'était donc si long une conversation normale ?

-Pourquoi tu ne t’es pas engagée dans l’armée des Duchés ? Tu aurais eu un bon solde. Et l’occasion de faire payer aux Chalcédiens ce qu’ils t’ont fait.


Et elle, elle allait lui demander pourquoi il battait la campagne comme ça ?! De toute façon elle ne voulait pas venger de tous les Chalcédiens, seulement de ceux qui l'avaient fait souffrir. La liste était longue, mais Tsanah ne voulait pas de mal à ceux qui ne lui avaient rien fait. Elle se tut un moment, cherchant comment commencer sa réponse. Elle n'aimait pas se souvenir de sa vie d'esclave.

- Quand mes derniers maîtres m'ont libérée, il était convenu que je les rembourse de ce qu'ils avaient payé pour m'acheter. Alors ils m'ont proposé de travailler librement pour eux un moment, pour m'avoir à l'oeil j'imagine. Ils étaient mercenaires, alors je suis devenue mercenaire. Pis après il y a eu Daeron et tout ça...


Elle haussa les épaules. Elle se voyait très mal dans l'armée, et doutait que la question qu'on lui avait posée soit très honnête. L'imaginait-il vraiment capable de faire partie d'une armée ? D'un groupe ? Elle avait bien fait partie d'un groupe de mercenaires et on voyait bien comment ça avait fini: Daeron avait arraché la gorge de l'un d'entre eux. Côtoyer ce genre de personnes était également un risque de révélation trop élevé de son Vif. Elle était bien mieux à faire ce qu'elle faisait. Surtout quand il s'agissait de vol.
Tsanah tourna brusquement la tête vers sa gauche. Elle sentait l'appel que lui lançait le loup. Évidemment dans le noir c'était beaucoup plus difficile de le voir et la mercenaire se demanda si son employeur s'était aperçu de ce retour. Mais à 30mètres, sachant que le loup était noir...
Sans un mot, Tsanah se leva et s'éloigna retrouver son compagnon. Elle s'assit à côté de lui, qui était couché dans l'herbe en tenant entre ses crocs un lapin. Pour toi. Merci. Mais la femme aux cheveux blancs s'occupa d'abord de caresser l'animal, de jeter un oeil à la griffe qui le faisait souffrir d'après ses dires... Puis, au bout de quelques longues minutes, se saisit du lapin et retourna vers le feu. Elle n'avait pas spécialement l'intention de partager la prise de son loup avec Machin-rive, aussi elle ne dit rien et commença à préparer tranquillement son repas. Tu pourrais le manger cru, quand même ! . Daeron partagea avec elle une image où il dévorait la nourriture sur le corps d'une biche, mais Tsanah n'était pas enthousiaste à cette idée.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Lun 27 Juil - 18:47

Sablechaud ne répondit pas vraiment à sa question. Silencieux, Vaillant attendit la suite. Mais la suite ne vint pas. La fille haussa les épaules, plongée dans ses pensées, puis lui faussa tout bonnement compagnie.
Vaillant la suivit des yeux dans les ténèbres. Au bout de trente mètres, elle s’accroupit. Elle n’était quand même pas faire ses commodités devant lui ?! A ses pieds, il distingua une forme noire qui remuait. Ah. Le loup. En voilà un qui ne lui avait pas manqué. Au moins faisait-il l’effort de rester éloigné.
 
Et il avait chassé, constata-t-il en visant le lapin que Résistance ramenait. Sans mot dire, il la regarda le vider, l’embrocher et le mettre à cuire sur les flammes. L’odeur était alléchante. Son ventre se mit à gronder.
Mais c’était la proie du loup et on lui avait bien fait comprendre qu’il n’était pas de la meute – d’ailleurs, il n’avait pas envie d’en être, ni de leur devoir quoique ce soit. Chacun apportait ses vivres, cela faisait partie du marché, même s’il n’aurait pas dit non à un peu de viande fraiche. Il était curieux de savoir si la fille allait lui en proposer, ou ronger son os dans son coin, au mépris des règles de courtoisie qu’ils avaient déjà largement piétinées.
 
Dubitatif, Vaillant attrapa son sac pour déballer son propre repas. Il lui restait un demi-pain garni encore frais de ce matin, et une bonne réserve de viande séchée.
- Il faudra que nous fassions halte régulièrement pour nous approvisionner, dit-il.
C’était l’évidence même, à moins qu’elle soit autonome avec son loup. « Daeron » devrait arborer à nouveau son foulard autour du cou, que cela lui plaise ou non.
 
Il sortit une petite gamelle, la remplit d’eau avec son outre – il avait la flemme de se lever et de marcher jusqu’à la rivière – et la mit à chauffer. A l’intérieur, il laissa tomber quelques feuilles d’écorce elfique. Une odeur âcre s’éleva.
- Tu n’as pas répondu, pour l’armée, observa-t-il en regardant les feuilles tournoyer.
Il pouvait aisément deviner la suite de son histoire. Les mercenaires l'avaient jetée quand ils avaient appris, pour sa magie. Elle avait mené depuis une vie de larcins. Aimait-elle vivre ainsi ? Avait-elle seulement songé à s'engager, pour une pincée d'or et beaucoup de gloire ?
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Lun 27 Juil - 20:19

- Il faudra que nous fassions halte régulièrement pour nous approvisionner.

Tsanah haussa les épaules. Elle n'avait pas spécialement besoin de s'arrêter étant donné qu'elle pourrait se débrouiller avec Daeron, mais si lui en avait envie... Elle était payée pour l'escorter pas pour discuter du trajet à moins que ce soit au niveau des risques. Enfin, des risques pour lui, parce qu'il se moquait certainement de ce qui pourrait lui arriver à elle. L'ancienne esclave préféra garder son attention sur la viande en train de cuire, jusqu'à ce qu'une odeur désagréable ne lui faire relever la tête. Qu'est-ce que c'était ce truc ? Rien qu'elle ait déjà mangé en tout cas. Elle pencha la tête avec un air curieux sur ce que faisait cuire son voisin.

-Tu n’as pas répondu, pour l’armée.


Il était vrai qu'elle n'avait pas donné de raison précise, mais elle s'était imaginée qu'il aurait bien compris qu'elle n'avait rien d'un soldat. Il avait bien dû s'apercevoir qu'elle avait un léger problème avec l'autorité non ?

- Tu m'imagines sérieusement dans une armée ? Je ferais quoi de Daeron ?


Et elle n'était pas vraiment sûre de vouloir troquer son semblant de vie libre de mercenaire, à choisir ses horaires et ses contrats, pour une nouvelle vie d'ordres et quelques pièces à la fin. Tsanah commença à manger son lapin, qui était bien cuit. Puisque l'homme avait sorti à manger elle ne proposa rien: pas la peine de se disputer avec Daeron pour quelqu'un qui n'en avait pas besoin. S'il n'avait rien eu, pourquoi pas, mais là ça lui semblait inutile. Elle reprit.

- De toute façon, je sais bien me battre mais c'est pas ma spécialité.


La mercenaire avait été élevée pour être une voleuse, pas pour se battre. Elle avait appris à se défendre avec les autres mercenaires, mais elle n'avait pas acquis encore la même expérience. Avait-elle vraiment envie de dévoiler à Machin-rive qu'elle était une voleuse ? Elle réfléchit. Il serait encore plus méfiant: qui voudrait pour l'escorter d'une sorcière doublée d'une voleuse ? Elle se souvint de ce qu'il avait dit plus tôt, sur sa vengeance sur les Chalcédiens.

- Et j'ai d'autres projets pour ma vengeance.

Ceux là, il pouvait toujours se gratter avant qu'elle les révèle.
Fatiguée, la mercenaire termina de manger les meilleurs morceaux du lapin avant de bailler, et de rapporter le reste à son loup. Il ne rechignait pas à manger de la viande cuite même si ce n'était pas ce qu'il préférait, et il pourrait au moins machouiller quelque chose s'il s'ennuyait. Elle ne revint pas vers son compagnon de voyage.

- Bon bah bonne nuit hein.


Elle s'allongea près de Daeron. Ils avaient un système de gardes immuables: il surveillait la première partie de la nuit et elle surveillait ensuite. Tsanah doutait que son employeur veuille participer à leurs rondes, il estimerait sûrement qu'elle était trop payée si elle lui demandait de surveiller lui aussi. Et dans ces moments là elle était bien contente d'avoir un loup pour l'aider.

- On s'occupe de la surveillance cette nuit.

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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Lun 27 Juil - 23:54

L’écorce elfique eut l’air de retenir l’attention de la fille, mais elle ne posa pas de questions, trop occupée par les siennes.
 
- Tu m'imagines sérieusement dans une armée ? Je ferais quoi de Daeron ?
Vaillant haussa les épaules. C’était un loup, non ? Il pouvait vivre sa vie. Ou manger les cadavres. Ou faire des cadavres. Quelle belle arme le duo aurait fait, dans un monde rêvé ! Dans la réalité, la fille au loup n’aurait pas duré ; on l’aurait pendue et brûlée. Enfin, sans doute. Il ignorait la position de Vainqueur sur la question. Mais le Roi n’était pas réputé pour son caractère mesuré ; il était bien placé pour le savoir.
- De toute façon, je sais bien me battre mais c'est pas ma spécialité.
Hein ?! Comment ça, pas sa spécialité ? C’est pour ça qu’il l’avait recrutée !

- Et j'ai d'autres projets pour ma vengeance.
« Croquer dans leur chair tendre, le tout sans attendre » ?
Vaillant voulut plaisanter, pour montrer qu’il n’était pas dupe de ses fables de la journée, même s’il faisait noir. Et pour savoir ce qu’il en était, sans avoir l’air d’y toucher. Mais Sablechaud bailla une deuxième fois, et se barra. Rejoindre son loup. Nourrir son loup. Et lui, il pouvait crever la bouche ouverte !
 
Il marmonna quelque chose en réponse à ses « vœux ». Ils n’avaient même pas besoin de lui pour monter la garde. Eh bien tant mieux ! Ils n’avaient qu’à rester entre eux, à se livrer à leurs rapports contre-nature. Il était très bien tout seul près de son feu.
Vexé, il sirota sa tisane en leur lançant des regards mauvais. C’était vraiment dégueulasse. En plus, ça foutait le cafard. Comme s’il avait besoin de ça ! Mais la boisson allégeait sa migraine ; avec un peu de chance, il pouvait espérer bien dormir.
 
Vaillant rajouta dans le foyer ce qui restait de bois, rangea ses affaires dans son sac et le cala sous sa tête. Il regarda les étoiles et commença à les compter. La nuit était pleine de bruits – le clapotement de la rivière, le hululement d’une chouette, les chevaux qui somnolaient, la fille et son loup qui froufroutaient. Il tâcha de dormir mais n’y arriva pas. Au bout de dix minutes, il s’impatientait déjà.
 
Il se leva et s’éloigna pour aller pisser. Sa tête était légère mais sa jambe, tout son corps lui faisait mal. Il était déjà rouillé.
Une journée de passée, songea-t-il, debout dans l’herbe, en regardant la lune. Plus que vingt…
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Mar 28 Juil - 14:01

Tsanah n'avait pas pas entendu de réponse, et elle s'en moquait bien. L'homme pouvait bien faire ce qu'il voulait, ça ne la regardait pas tant qu'il arrivait à bon port et lui donnait son argent. La mercenaire s'amusa un moment avec Daeron avant de s'endormir. Elle soufflait avec force sur ses oreilles pour le voir secouer la tête, et l'entendait se plaindre. Une fois qu'elle eut fini il prit la relève et passa de longues minutes à lui donner des coups de museau pour l'empêcher de dormir.
Ils étaient peu soucieux du bruit qu'ils faisaient, surtout qu'ils avaient entendu Machin-rive se lever. C'était bien qu'il ne comptait pas dormir tout de suite, non ?
Enfin, au bout de longues minutes, Tsanah tourna le dos au loup et ferma les yeux. Elle n'eut aucun mal à trouver le sommeil, et son compagnon de lien se trouva bien seul. Il aurait aimé aller jouer avec Machin-rive, mais il se souvenait bien de ce que lui avait dit la mercenaire. Il n'aimait pas jouer, et il voulait qu'il ne s'approche pas. Mais peut-être que s'il était gentil et qu'il protégeait bien la Meute, l'homme changerait d'avis ? Voilà quel était le plan de Daeron. Il s'approcha donc du feu lentement, tout en prenant garde de rester à bonne distance de l'homme même si les 30 mètres n'étaient pas respectés. De toute façon Daeron n'avait aucune idée de quelle distance ça représentait, et se fiait à l'appréciation de Tsanah en journée. Puisqu'elle dormait...
Une fois bien à l'opposé de l'homme, il s'assit et commença sa surveillance avec application. Les bruits et les odeurs de la forêt avaient beau être passionnants pour un loup, ils étaient surtout habituels. Au moins il ne les réveillerait pas pour rien !

[Un peu court... Mais comme ça tu peux faire qu'il se passe des choses ! ]
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Mer 29 Juil - 11:45

Quand Vaillant revint près du feu, il trouva avec surprise le loup qui semblait l’attendre, assis sur son postérieur et les oreilles dressées. A une distance qu’il estimait de 10 mètres. Le jeune homme s’immobilisa et jeta un coup d’œil anxieux de direction de Sablechaud, là-bas dans le noir. Mais il n’entendait plus de bruit : elle avait dû s’endormir, laissant sa bête monter la garde. La belle affaire ! Le loup montait la garde, mais qui montait la garde sur le loup ?
 
- T’es pas sensé avoir peur du feu, toi ? dit-il en s’approchant, parce qu’il ne pouvait quand même pas resté planté là.
Le loup tourna brièvement la tête vers lui. Il avait le poil noir, et les yeux jaunes. Vaillant s’assit prudemment, maintenant les flammes entre eux et se rassurant de sentir son épée à son côté.
- Va guetter un peu plus loin. Aller, ouste, dit-il sans conviction.
La bête à Vif pouvait-elle le comprendre ?
- Daeron, articula-t-il.
L’animal tourna à nouveau la tête vers lui, semblant reconnaître son nom.
Il parlait avec un loup ! Voilà quelque chose qu’il n’aurait jamais imaginé, et dont il se garderait bien de se vanter. Il ne voulait pas être assimilé de près ou de loin à la magie des bêtes.
 
A gestes lents, Vaillant sortit sa couverture et s’installa pour la nuit. Il gardait le loup dans sa ligne de mire. Presque parfaitement immobile, réagissant par des brefs mouvements aux bruits de la nuit.
Vaillant ne parvint pas à fermer l’œil de tout son tour de garde. Ca n’est que quand Sablechaud se réveilla et les rejoignit près du feu qu’il sentit sa vigilance s’assouplir. Alors il ferma les yeux et sombra dans un sommeil sans rêves.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Mer 5 Aoû - 19:38

Daeron avait entendu les paroles de Machin-rive, mais il n'avait rien compris. Il ne parvenait à comprendre le langage des hommes qu'à travers l'esprit de Tsanah, et ça lui était donc impossible lorsqu'elle était endormie. Le loup se contenta donc de fixer avec attention son " interlocuteur", en essayant de voir où il voulait en venir. L'homme n'avait pas l'air énervé, ni méchant. Il s'était installé doucement en face de lui et il touchait son épée, mais il ne la sortait pas. Daeron avait fini par comprendre, depuis le temps qu'il était lié à Tsanah, que l'équivalent humain d'un loup qui montrait les crocs, c'était un humain qui sortait une de leurs armes pointues. C'était un signe qui ne trompait pas, mais l'homme n'avait pas l'air de vouloir franchir le pas. Le loup reporta son attention sur la forêt en entendant un bruit d'oiseau non-loin. Il ne ramena le regard vers le campement que lorsqu'il reconnu son prénom. C'était bien le seul mot d'humain qui ne trompait pas, selon lui.
Il glissa ses yeux jaunes sur le corps de l'homme à la recherche d'une indication quelconque. Que voulait-il ? S'il l'avait appelé, c'était sans doute qu'il voulait lui dire quelque chose non ? Le loup hésita un instant. Peut-être voulait-il l'appeler pour qu'il s'approche ? Mais au fond, l'animal savait que l'homme ne l'aimait pas beaucoup. Il avait clairement entendu - et comprit en tendant son esprit vers sa camarade de lien - comment il l'avait appelé et ce qu'il avait l'air de penser. N'ayant aucune envie d'obéir à l'appel de quelqu'un d'aussi peu sympathique, Daeron resta à veiller, immobile, tournant la tête en fonction des bruits les plus proches. Et sans faire attention à l'homme.
Au bout de quelques heures, Tsanah se réveilla et vint prendre la relève. Elle s'approcha du feu et se stoppa net en apercevant la distance réduite entre l'animal et l'employeur. Il faudra peut-être que tu lui expliques à quel moment je peux comprendre ce qu'il dit. Il parle vraiment pour rien sinon, et les bruits d'humains sont vraiment incompréhensibles. Il t'a parlé ? . Le loup tenta tant bien que mal de reconstituer les paroles de l'homme pour l'esprit de Tsanah mais ça ne formait même pas des syllabes compréhensibles: c'était comme si elle essayait de hurler à la manière d'un loup.
Il fallait bien avouer que ça l'inquiétait un peu. Bon, si Machin-rive n'était pas venu la réveiller c'était sûrement que rien de grave ne s'était produit. Mais qu'allait-elle faire s'il considérait qu'elle avait encore rompu leur accord ? Elle n'y pouvait vraiment rien, cette fois ! L'ancienne esclave prit une grande inspiration et s'assit à côté du loup. Celui-ci s'allongea contre elle, et Tsanah se voyait mal lui demander de se mettre plus loin alors qu'il venait de passer la moitié de la nuit à côté d'eux sans problème. Il dormait à poing fermé de toute façon, et ne constituait pas la moindre menace.
La mercenaire sortit son épée, et commença à l'observer avec soin tout en écoutant les bruits alentours. Monter la garde l'avait toujours profondément ennuyée, et si elle fixait la campagne sans rien faire elle allait finir par s'endormir.
Elle alimenta le feu afin qu'il ne s'éteigne pas, et passa la nuit à guetter les bruits sans que rien ne soit véritablement menaçant. Et ainsi vint le petit matin. Le soleil était levé depuis un moment et Tsanah jugeait qu'il était largement temps de partir. Seulement elle avait bien remarqué en prenant son tour de garde que son employeur était réveillé, et elle se doutait qu'il avait peu dormi. La grande question était alors évidente: devait-elle le réveiller ?
Plus ils partiraient tard, et moins ils feraient de route dans la journée. D'un autre côté, si elle le réveillait trop tôt, il pouvait être de mauvaise humeur toute la journée, et il était déjà bien assez désagréable sans ça !
Tsanah prépara alors son cheval, éteignit le feu qui la réchauffait encore, et rangea toutes ses affaires en espérant que le bruit réveillerait Machin-rive. Mais visiblement il n'avait pas entendu grand chose: elle avait trop l'habitude d'être discrète dans ce genre d'activités.
Daeron lui, était réveillé depuis quelques temps et était parti boire dans un ruisseau. Sa camarade l'aurait bien imité si elle n'avait pas pour mission de surveiller l'autre endormi. Elle se plaça près de lui.

- Hé... Euh... Debout ! ... Machin ?


Elle se retint de lui donner un coup de pied dans le dos - ça le mettrait vraiment trop de mauvaise humeur - et se contenta d'attendre, bras croisés. Mais la patience n'était pas son fort...

- Oh Machin !


Comment ça elle avait oublié son nom ? Pas vrai du tout ! Elle évidemment un modèle de douceur et de visage agréable au réveil...

[ DÉSOLÉE du retard... C'est juste qu'avec les vacances, bah j'avais le temps d'écrire que phrase par phrase, alors un rp entier ça prend du temps...]
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Mar 11 Aoû - 18:14

Vaillant se réveilla en sursaut, et fixa un instant Résistance sans comprendre. Puis il se souvint où il était et avec qui. Déjà levé, le soleil l’éblouissait et il s’abrita les yeux avec sa main, avant de se frotter énergiquement le visage. Quelle heure était-il ? Il y avait des lustres qu’il n’avait si profondément dormi. Il en était encore tout étourdi.
 
- Dix pièces d’argent et tu ne te souviens pas de mon nom ? railla-t-il, sans hargne.
Ce réveil brutal et impersonnel ne parvint pas à entamer son humeur. Malgré les douleurs de ses membres, il se sentait reposé et étrangement libre. Aussi s’abstint-il de faire du mauvais esprit sur le fait qu’il était sensé appeler le loup par son nom, alors que sa « maîtresse » avait déjà oublié le sien. Où était l’animal, d’ailleurs ?
 
Vaillant s’étira et observa les environs déserts. Le loup lapait au ruisseau. Il avait soif, lui aussi. Et faim. Et envie de pisser. Mais Sablechaud semblait prête à partir.
- Pressée d’arriver, pas vrai ? dit-il.
Il ne pouvait pas lui en vouloir. Elle serait payée la même somme pour quinze jours ou pour vingt. Et leur voyage n’avait pas vraiment bien commencé.
 
Il fut tenté de lui proposer de tout recommencer, de repartir à zéro, sans putain ni boiteux. Puis le loup revint et il se rappela qu’elle était une sorcière. Et que sa bête lui avait couru derrière. Et l’avait empêché de dormir la moitié de la nuit. Il se rembrunit, se débraguetta et se mit à pisser sur le feu, bien qu’elle l’eut déjà éteint.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Mer 12 Aoû - 23:06

-Dix pièces d’argent et tu ne te souviens pas de mon nom ?

Tsanah avait beau se dire que cette réflexion n'avait rien de surprenant puisque les gens aimaient qu'on se souvienne de leur prénom, elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce que ça pouvait bien lui faire ! Il l'avait payée - du moins en partie, pour le moment - pour qu'elle serve d'escorte, pas quelle écrive sa biographie.

- Et alors ? Ce qui compte c'est pas que je me souvienne de ton nom, c'est que je me souvienne de ta tête.


Il valait mieux l'appeler n'importe comment mais savoir le reconnaître dans une mêlée que l'inverse: au moins elle saurait qui défendre. Et puis, si elle devait le chercher, l'odorat de Daeron pourrait certainement suffire... Et s'il n'était toujours pas content, il n'avait qu'à lui répéter son nom et elle essaierait enfin de retenir ce qui se situait avant le " rive".
L'employeur n'avait pas l'air particulièrement pressé en tout cas, vu le temps qu'il prenait, d'après Tsanah, à s'étirer. Elle aurait déjà voulu être loin pour réduire au maximum le temps passé en si désagréable compagnie. La veille au soir il n'avait pas été méchant, mais le reste de la journée lui avait laissé un goût amer.

-Pressée d’arriver, pas vrai ?

Elle haussa les épaules. Que pouvait-elle bien répondre à ça ? C'était la même galère pour tout le monde, ce voyage: il durait le même temps, et chacun se retrouvait en compagnie de quelqu'un qu'il n'appréciait pas.

- C'est pas un secret hein... Tu vas quand même pas me faire croire que ce voyage est un pur plaisir pour toi comme pour moi!


Elle le vit se mettre à pisser, mais ne dit rien. Elle avait fait partie d'une compagnie de mercenaires où elle était la seule femme, et ce genre de spectacle n'avait rien de bien surprenant pour elle. Elle se rappela juste sa phrase - du moins l'idée, pas les termes exacts - où il expliquait qu'il ne se mélangeait pas à ses inférieurs. En tout cas, pour certaines choses, les hommes étaient tous les mêmes !
Daeron était revenu, mais se tenait à nouveau à bonne distance du duo humain grâce aux indications de sa camarade. Vite énervé et déçu à l'idée d'être ainsi écarté du groupe, il décida qu'il voyagerait seul et les rejoindrait plus tard. Et Tsanah, énervée et déçue elle aussi de ne pas profiter de la compagnie de son compagnon alors qu'ils étaient loin de la ville, se rapprocha de son cheval déjà prêt. Elle vérifia qu'elle avait toutes ses affaires dans ses fontes, qu'elle ne risquait pas de coincer des poils dans la sangle de la selle, et qu'il n'y avait rien sous les sabots de Charbon. Enfin, regardant le loup s'éloigner, elle se hissa en selle et fixa l'homme du regard. Elle était prête à prendre la route. Et de très bonne humeur encore une fois.
Quand monsieur eut fini de faire ses petites affaires - qu'est-ce qu'il était lent ! - ils repartirent donc vers leur objectif. Tsanah ne décrocha pas un mot - et franchement vu ce qu'elle pensait c'était encore sa manière d'être la plus polie. Cet homme, avec ses exigences sans intérêt, la forçait à se séparer plus ou moins de son loup. Et tout ça pour quoi ? Parce que monsieur pensait que c'était une magie démoniaque ! Et qu'est-ce qui lui prouvait, à elle, qu'il ne s'était pas fait sa cicatrice au genou en invoquant le Grelé, hein ? Pourtant elle ne l'envoyait pas à 30mètres !
Elle ruminait tellement qu'elle remarqua à peine qu'ils approchaient d'un village. Son employeur avait parlé la veille de s'arrêter pour se ravitailler, voilà au moins qui devrait se dérouler sans accroc. Enfin, peut-être.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Dim 16 Aoû - 18:16

Tsanah se serait peut-être ennuyée si son souhait avait été exaucé. Dans tous les cas, à mesure que les cavaliers s'approchaient du village, ils entendaient de plus en plus clairement que des cris en retentissaient. Des cris nombreux, et vindicatifs, même s'il était encore impossible de distinguer la nature des revendications.

Lorsqu'ils parvinrent aux première maisons, il sembla clair que tous les habitants des lieux, au moins, devaient s'être réunis dans un lieu situé sur leur droite, d'où leur parvenaient les clameurs. S'ils cherchent du ravitaillement, ils ne trouveront absolument personne pour les renseigner dans les rues désertées du petit bourg. Par contre, en suivant la rumeur, ils arriveront en bordure d'un bois, et trouveront une foule d'hommes, femmes et enfants, vêtus pour la plupart simplement, se pressant et se poussant pour mieux voir, en hurlant des imprécations.

"A mort ! " "Sorcier !" "Assassin !" "La corde, la corde !" n'étaient que quelques-unes des charmantes réclamations que les villageois déclamaient avec hargne. L'objet de leur colère était difficile à  ne serait-ce qu'entr'apercevoir, mais au cœur du rassemblement se trouvaient manifestement plusieurs silhouettes humaines. Vaillant et Tsanah pourront aussi distinguer une surface noire veinée d'argent, caractéristique pour quelqu'un qui avait déjà aperçu des pierres témoins. Cependant, celle-ci se trouvait à terre, et sa dimension semblait fort modeste.
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    Lun 17 Aoû - 18:53

Sa tentative d’être aimable tomba lamentablement à plat. Au moins, il savait à quoi s’en tenir…
Vaillant haussa les épaules, laissant glisser sur lui les paroles de Sablechaud. Il ne voulait pas perdre déjà le bénéfice de sa courte nuit de sommeil. La vessie et le ventre vide, il sella Assaut, allant même jusqu’à lui gratouiller le chanfrein. Il avait décidé que ce serait une belle journée. Il n’avait pas encore pensé au Clan, à Chiara ou au « dernier des Lunabille » une seule fois.
 
Il mangea un saucisson en route, en guise de petit déjeuner. Il mordait directement dedans et le mastiquait pendant des heures. Il regretta un instant de n’avoir pas les dents de Daeron. Le loup avait pris la tangente, ce dont il se félicitait, et sa maîtresse ne donnait aucun signe d’activité cérébrale quelle qu’elle soit. Vaillant se remit à chantonner, évitant les chansons de Vifiers et agitant son saucisson pour chasser ce foutu papillon qui s’était pris d’amour pour son nez. Il retrouvait un peu de dignité quand ils dépassaient, sur le chemin, marchands ou réfugiés.
 
Ils traversèrent un village. Au début, Vaillant fut content à l’idée de toutes les victuailles qu’il pourrait acheter. De quoi soudoyer la fille pour qu’elle partage avec lui son gibier, ou à défaut la narguer… Mais bientôt des exclamations le tirèrent de ses rêves gourmands. C’était quoi, ces cris ? Et pourquoi y’avait personne, dans ce bled ? Où est-ce qu’ils se barraient tous ?
Intrigué et Alerte, Vaillant fit signe à Sablechaud de le suivre. Non pas qu’il voulait à tout prix rassasier sa curiosité. Mais il voulait un putain de vendeur, il allait quand même pas se servir tout seul et partir comme un voleur !
 
Les villageois étaient agglutinés à l’orée d’un petit bois.
"A mort ! " "Sorcier !" "Assassin !" "La corde, la corde !" gueulaient-ils.
Vaillant se haussa sur ses étriers pour voir à qui ils s’en prenaient. Pas facile, vu comme ça grouillait. Mais il vit que l’un des pauvres hères tenait dans ses bras un renard. Ils ne pouvaient plus mal tomber. Il referma une main protectrice et autoritaire sur l’épaule de Sablechaud.
- Viens, on s’en va, dit-il.
Il espérait qu’elle ne voudrait pas jouer les héros.
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MessageSujet: Re: Après demain dès l'aube, à l'heure où grogne le loup, nous partirons... [Vaillant - Octobre 10]    

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