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 Recette de l'Art à l'alcool [03-09]

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Clément Ordajonc
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MessageSujet: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Dim 20 Fév - 23:58

Lune du Chariot, 9ème année du règne de Sire Vainqueur Loinvoyant

C'était un de ces après-midis lisses et tièdes, qui laissaient trop de loisir à l'esprit, le poussant à l'Art. Pour résister à la tentation, Clément avait disposé ses couleurs, et, d'une main qui ne tremblait presque pas, peignait une aube brumeuse sur l'orée d'un petit bois aux teintes automnales. Pourtant, ce travail ne l'occupait pas suffisamment, il en était conscient, et se concentrait avec force pour reproduire, avec le plus d'exactitude possible, des branchages sombres et des feuilles semi-transparentes qui s'éclairaient aux premières lueurs du jour. Posant son pinceau pour mélanger une nouvelle couleur, il songea qu'il fallait ajouter un reflet doré, comme...
...un rayon de soleil qui jouait dans ses cheveux châtain semblait en faire naître des étincelles d'or. Son rire, plein d'une jeunesse insolente, cascadait lui aussi en lucioles lumineuses. Primevère... Même après autant d'années, certains souvenirs n'avaient rien perdu de leur netteté. Et par la porte ouverte à ceux-ci, l'Art se coula, comme il le cherchait constamment. Le Maître n'eut pas le courage de l'en empêcher cette fois-ci. Il en avait trop besoin.

Au château, un garde, pour tromper la solitude de sa surveillance, rêvait au bon dîner qui l'attendrait lorsqu'il rentrerait à son foyer. L'artiseur voltigea vers les pensées d'un autre cervien anonyme, son intrusion restant insoupçonnée, puis d'un autre encore. La scène à laquelle il assista ensuite se déroulait dans une taverne, non loin des quais. Une conversation s'échauffait entre deux hommes manifestement bien avinés. Le plus jeune avait pris la défense du roi, contre lequel son compère plus âgé trouvait à redire. Parmi le discours plus ou moins intelligible, on pouvait reconnaître des bouts de phrases qui s'affrontaient, tels que "f'rait ben mieux d'suivre l'modèle d'nos bons rois Sagesse et Prospère" contre "à écouter d'vieux débris com' toi, on rest'rait t'jours sans rien faire d'marrant", ou du "donner un' bonne leçon, à ces raclures d'salopards d'voleurs d'hommes d'Chalcède" contre "l'a même pas su s'trouver une femme pour qu'l'royaume aiye un héritier".
Cette dernière accusation sembla de trop pour le jeune homme, et en un éclair, des lames sortirent de leur fourreau. Avant que le tenancier ni quiconque n'ait pu faire un geste, l'un des deux ivrognes s'écroulait à terre en gémissant, les mains contre un flanc où ses vêtements se teintaient de rouge sombre. Son adversaire avait visé juste, Clément le savait, le poignardé n'en réchapperait pas – il n'aurait plus jamais l'occasion de défendre le point de vue de Bienséance. Du sang versé pour Vainqueur... et le maître d'Art avait l'intime conviction que celui-ci ne serait pas le dernier. Première victime d'une liste qui risquait de s'allonger dramatiquement. Le roi en était-il conscient ?

L'assassin – puisque c'est ce qu'en faisait l'agonie de son adversaire – avait eu assez de clarté d'esprit pour filer dans la nuit, profitant de l'émotion créée dans la taverne. Pour Clément, c'en était assez, mais alors que, troublé et mécontent de ce qu'il venait de voir, il s'apprêtait à rassembler sa volonté pour couper le lien magique, un étrange tressaillement d'Art attira son attention.


Dernière édition par Clément Ordajonc le Mer 30 Mar - 0:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Jeu 10 Mar - 16:17




Là, un fauteuil recouvert d'un tissu doux aux motifs discrets entrelacés. Ici, une table basse recouverte de ses boites à bijou. A tâtons, Brindille parcourait sa chambre dans tous les sens comme pour mieux en mesurer l'étendu et graver ses lignes dans sa mémoire.
Cette pièce était son antre, à tel point qu'elle la parcourait les yeux fermés sans le moindre problème devait-elle se rendre compte sans tarder alors qu'elle jouait à l'aveugle en attendant qu'on vienne la chercher. Un sourire joyeux éclaira soudainement son visage et une petite comptine franchit le bord de ses lèvres; elle était douée, aucun doute. Sure de son succès à venir, Brindille lâcha la dossier de sa chaise et prit son envole, prête à se déplacer dans sa chambre sans plus s'aider de ses mains.
L'air d'un somnambule hésitant, elle tendit les bras et, comme prévu, ne rencontra rien d'autre que le vide. Quelques pas sur ce rythme là, et la demoiselle gagna encore en confiance, ne pouvant plus résister à l'appel de cette petite chanson qui lui trottait dans la tête. Alors, elle prit son envole, et d'un pas, puis d'un second, elle entama une danse à travers la pièce, sans plus de filet pour assurer ses arrières. Ses bras s'assouplirent, de concert, et Brindille s'élança telle une valseuse à travers la pièce.
Rien ne lui était interdit alors qu'elle dansait, yeux fermés, et c'est ce plaisir qu'elle goutait sans plus penser au danger. Ce dernier n'eut d'autre choix que de se rappeler à elle, coin de son lit placé sur son chemin par les hasards et autres pas chassés de sa danse.
Un cri lui échappa quand son tibia rencontra le bois dur de son lit et, attirée par les plaintes de douleur qu'elle ne manqua pas de laisser sourdre de sa gorge alors qu'elle se tordait sur son pourpoint, sa belle-mère accourut.


"- Qu'as-tu donc fait?! Est-ce que je ne peux plus te laisser cinq minutes sans que tu n'accomplisses un acte stupide? Montre moi! Allez, ne fait pas l'enfant... Il faut bien que je vois pour savoir si c'est grave."

Mais Brindille ne voulait pas se laisser faire. Brindille était libre de refuser qu'on la touche, et pour l'heure, elle voyait les gestes de sa belle-mère à son égard comme autant d'intrusions insoutenables.

"- Ne me touche pas..." Tenta-t-elle bien de se défendre, repoussant les mains tout en essayant de frotter la zone douloureuse. Les larmes lui coulaient des yeux, sauvages et impétueuses comme une pluie d'avril, mais elle n'en avait cure.
Oppressée par l'insistance de la femme, elle finit par bondir sur son lit, à bout de souffle et le regard de braises et de flammes.

"- Je t'ai dit d'ôter tes sales pattes de moi!"

De petite chose blessée, voila qu'elle s'était transformée en furie. Mais, habituée à ses éclats, sa belle-mère ne l'écoutait pas, regard braqué sur le tibia blessé.

"- Mais... tu saignes! Allez, descend de là où tu vas mettre du sang partout. Brindille, je ne plaisante pas. Tu vas descendre de là tout de suite ou je te promets que je n'hésiterais pas à te découvrir les fesses pour te flanquer une fessée!"

Un instant, cette jeune femme de 19 ans sembla hésiter face à la menace, puis, bravache, elle se campa sur ses appuies:

"- Je ne suis plus une enfant. Et tu n'es pas ma mère. Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi ni de raison de te craindre."

Sa belle-mère n'était pas d'accord, à ce qu'il semblait, et retroussant ses jupes, cette dernière se mit au devoir de monter sur le lit pour attraper Brindille. Sans demander son reste, la demoiselle sauta du côté opposé et commença de s'enfuir. La course poursuite se poursuivit quelques minutes durant lesquels les personnes attendant patiemment dans le boudoir que la séance de divination commence virent passer une fille et sa belle-mère, échevelées, dans un sens, puis dans l'autre, jusqu'à ce que le tout s'achève dans une crise d'asthme retentissante.

Brindille avait beau être une habituée de ce genre d'incident, il semblait qu'elle n'apprenne jamais et dépasse toujours ses limites. Courir de la sorte était une très mauvaise idée, elle le savait, et pourtant. La voila qui luttait, encore, pour une bouffée d'air salvatrice dans le coin d'une pièce. Le dos voté et les épaules crispées comme à la recherche de la meilleure position pour libérer ses bronches obstruées, la demoiselle, les yeux exorbités, attendait que la convulsion passe et libère le passage. Chaque fois, la même peur viscérale lui fouaillait les entrailles, celle-là même qui lui criait qu'elle allait mourir là, asphyxiée et qu'elle était entrain de vivre ses dernières instants.
Jusqu'à ce qu'un mince filet d'air trouve un passage dans sa trachée et, alors, d'un geste tremblant, elle montait un étrange objet fait de bois clair à sa bouche, actionnait une petite molette sur le côté, et respirait doucement la poudre ainsi libérée. Le geste était accompagné du ronronnement rassurant d'une petite hélice à l'intérieur de l'inhalateur, et c'est avec une satisfaction bercée du soulagement à venir que Brindille l'accueillait, chaque fois. Ses effets ne tardèrent pas à se faire sentir et, une vague de calme et de langueur la parcourut alors que ses sens s'affutaient et que la pièce, ainsi que ses habitants, se faisaient de plus en plus bigarrés et chatoyants.

"- Je vais pouvoir voler à nouveau..."
se réjouit-elle, à mi-voix, sous le regard sévère de sa belle-mère. Le médicament faisait son effet, aucun doute à ce sujet. Ses muscles se relâchaient, et son esprit commençait à vagabonder, signe que, bientôt, ce dernier se libèrerait du carcan physique qu'est son corps.
Brindille espérait et redoutait cet instant où la drogue agissait. Mais ce qu'elle détestait véritablement, c'était cette assemblée silencieuse et assoiffée qui n'avait de cesse de venir l'observer chaque fois qu'elle prenait son traitement, dans l'attente d'entendre de sa bouche le récit de ses divagations aussi mystiques que les dires d'un devin. Ils étaient cinq, aujourd'hui, des connaissances de sa belle-mère qui croyaient que les visions provoquées par son médicament n'étaient autre que des prophéties. Brindille, elle, savait ce qu'il en était. Elle était maudite et c'était l'œuvre du démon qu'ils contemplaient, grand bien leur fasse.
Une grimace tordant son visage déjà mutilé par une balafre, Brindille rejeta la tête en arrière pour mieux se laisser glisser aux frontières de la conscience.
Ce genre de considérations n'était qu'une perte de temps quand l'Art venait frapper à votre fenêtre et Brindille n'était pas du genre à lutter. L'esprit libéré de toute entrave, elle s'éleva, poussière dans le vent, nuage au dessus des gens et, immatérielle, elle se laissa guider par delà les terres et les mers. Jusqu'à l'entendre, ce tiraillement familier, ce fil intangible qui, chaque fois, sonnait le glas de sa petite promenade au dessus du monde. Alors, le malaise se creusa un nid dans son giron, et un lieu se fit destination de son voyage des sens. Bourg-de-Castelcerf, une taverne quelconque et des hommes d'arme tout aussi inconséquents. Le ton montait entre ces deux-là, et Brindille en avait déjà bien assez vu. Désireuse de partir, comme souvent quand elle se retrouvait témoin de ce genre de scène, elle s'en trouva incapable, piégée par la violence des émotions s'entrechoquant et par le nœud du destin entrain, inexorablement, de se resserrer sur l'assemblée présente. Le cauchemar commençait, la rendant incapable de courir, quand bien même un assassin lui courrait après.
Un homme allait mourir, encore, et Brindille était là pour écouter les derniers crépitements de son âme sur le point de s'éteindre. Pourquoi était-elle là? C'était une question qu'elle n'avait de cesse de se poser, à tel point qu'elle s'était résignée, dégoutée à l'idée de ce qui l'attendait. Prisonnière enchainée à son bourreau, elle tenta bien de détourner les yeux quand la lame plongea dans la chair de l'homme, mais ça n servit à rien. Ce qui devait arriver arriva et les ondes de douleur projetées par l'homme à l'agonie la frappèrent de plein fouet.
Manquant se noyer sous l'assaut, comme chaque fois, Brindille en ressortit suffocante et en lutte pour rassembler les bouts d'elle-même. Toutes griffes sorties pour mieux s'accrocher, c'est à ce moment là qu'elle trouva une prise. De toutes ses forces, elle planta ses griffes dans ce qui tenait lieu de bras pour Clément mais n'eut même pas la présence d'esprit de lui demander de l'aide.
Présence silencieuse, elle se contenta de reconnaitre sa présence et de se couler à ses côtés jusqu'à ce qu'une unique question émerge de tout ceci:

"- Pourquoi?"

Lambeau de pensée, il flotta un instant entre les deux artiseurs juste avant de s'effriter et de disparaitre. Déjà, l'attention de la jeune femme était attirée ailleurs.
On hurlait, quelque part, au milieu du son des armes qui frappent, signes qu'il se produisait quelque chose de bien plus grave qu'une escarmouche de taverne. Des personnes étaient entrain de mourir, au loin, et parmi elles, une âme criaient plus fort que les autres, fil tendu à travers le temps et l'espace et qui attirait Brindille à sa source. Pour la seconde fois, la demoiselle ressentit cette force irrésistible et sut ce qui l'attendait.

"- Je ne veux pas y aller" supplia-t-elle avant d'éclater en sanglots. "C'est toujours la même chose. Ils souffrent et ils meurent."

Mais c'était déjà trop tard. Sa conscience s'ouvrait sur un nouveau spectacle, fait de sang et de violence. Elle était là-bas, en Rippon, là où Nim, sa famille, son village, devaient faire face à la plus terrible des attaques: des chalcédiens, trop nombreux et bien armés. Ils étaient venus pour piller et, pire, pour faire place nette. Ils voulaient ces terres et ne souffriraient aucune résistance.
Trop tard, les villageois avaient résisté.
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Clément Ordajonc
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Mar 22 Mar - 21:59

Clément aurait reconnu un membre de son clan, tout comme n'importe quel élève artiseur qui était passé par ses classes. Or, la personne qui utilisait à présent la magie des Loinvoyant en même temps que lui, et pour percevoir la même scène, lui était totalement inconnue. Pire, quelque chose dans son Art, hors de maîtrise et possédant une curieuse caractéristique extérieure, intriguait fortement ce vieillard qui avait passé tant d'heures en recherches.
Cependant, malgré cette analyse toute scolaire, Clément ressentait qu'au-delà de cette étrangeté d'Art, il y avait une âme humaine en proie à l'égarement le plus complet. Lorsque la jeune fille s'enfonça dans les sensations du mourant, le maître s'en rapprocha avec la ferme intention de la sortir de sa contemplation morbide, au moyen d'une poussée ferme et assurée – car si les années avaient pris de la vigueur à son corps, elles avaient au contraire renforcé son Art.
Il ne s'attendait aucunement à être précédé dans son geste, et surtout pas à être la victime de celle qu'il s'apprêtait à aider, mais il savait que la peur revêtait bien des costumes – encore plus mis à nus lorsqu'il s'agissait de ce plan de l'esprit. Il se contenta d'affermir l'étrange artiseuse à ses côtés, pour éviter que la scène précédente ne se répète, sans proposer de réponse à sa question muette – en existait-il une ?

Sentant la demoiselle aspirée vers un autre drame, il tenta de l'en dissuader d'un mental " Résistez donc ! "
mais il semblait que la concernée en soit incapable. Qui pouvait donc être assez cruel, ou assez stupide dans son ignorance, pour laisser cette personne se perdre ainsi par l'Art dans les plus sombres événements de ce monde ? Car ce n'était pas la première fois qu'une telle scène se produisait, il l'avait bien senti dans les interrogations si désemparées de l'artiseuse sauvage. Au moins, songea-t-il, il sortirait une bonne chose de l'Appel précipité voulu par Vainqueur, si cette demoiselle en était amenée au château pour débuter une formation dont elle avait cruellement besoin.

Pris de court par la rapidité et la puissance avec laquelle Brindille fut éloignée, il dut renoncer à la retenir, et suivit plutôt sa trace, profitant de son aisance dans la magie Loinvoyant. Il aurait eu mauvaise conscience de la laisser isolée face à ce qu'elle ne pouvait éviter. Clément se retrouva ainsi bien loin de Bourg-de-Castelcerf. Pourtant, c'étaient des sujets des Quatre-Duchés qui, sous leur vision d'artiseurs, se défendaient avec l'énergie du désespoir contre des hommes en armes, que le vieil homme identifia comme des Chacédiens, à leur allure et leurs vêtements.
Il lâcha un soupir dans cette dimension. Ce n'était plus d'une unique victime qu'il s'agissait, mais d'un village entier. Comme si sa magie avait voulu lui montrer que la position de Vainqueur se justifiait malgré tout. Comment comparer un ivrogne fauché par une rixe de taverne, comme il devait y en avoir régulièrement, à cette élimination systématique d'un bourg entier, hommes, femmes et enfants, par leur belliqueux voisin ? A qui, justement, le fils de Bienséance voulait répondre sans parlementer.

Quoi qu'il en soit, le vieil artiseur avait déjà trop vu du massacre perpétré, et dont l'issue ne faisait pas de doute – que pouvaient les villageois, armés de leur seul courage, face aux épées chalcédiennes ? Ici, une chaumière brûlait déjà, et les étincelles n'allaient pas tarder à propager l'incendie au village entier. Les cris des hommes mêlés à ceux du fer blessaient l'ouïe du maître, et il serait retourné immédiatement aux vieux os qui l'attendaient dans son fauteuil, s'il n'avait pas eu la sensation d'une responsabilité envers sa présente compagne de vision. Il se rappela donc à sa conscience, sans prendre de gants : " Il ne sert à rien de rester ici. Ils sont condamnés. "
Le ton de sa voix d'Art perdit de sa rudesse, alors qu'il ajoutait : " Je vais vous aider à rentrer. "
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Dim 8 Mai - 20:43



De la souffrance, des cris, du sang, le gout du métal dans la bouche et les entrailles...
Remplie comme une outre de ce spectacle, Brindille était prête à exploser, les nerfs à fleur de peau et le souffle court, quand Clément se rappela à elle, présence fantôme à ses côtés.

" Il ne sert à rien de rester ici. Ils sont condamnés. "

Ces paroles s'imprimèrent en elle avec la force d'un tatouage au fer rouge. Et pourtant, au début, elles devaient rester totalement dépourvus de sens. Elles tournèrent un instant qui sembla s'étirer une éternité dans ce qui tenait lieu d'espace autour de Brindille jusqu'à se placer de façon à former une phrase compréhensible.
Alors, un mince filet sortit de sa conscience en retour, murmure dans la tempête:


"- Ne peut-on rien faire pour eux?"



Et alors que Clément lui proposait de la ramener, tirant doucement sur sa manche pour ce faire, elle résista.


"- Ne peut-on venir à son secours?"



le désarrois transpirait du moindre de ses mots.

"- A quoi bon être là si ce n'est pour ça?"

Et, hypnotisée par ce spectacle, elle se retourna vers un chalcédien prêt à porter son coup. Un enfant leva les bras, inutilement, pour se protéger.
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Clément Ordajonc
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Mar 17 Mai - 9:42

… Et l'épée de l'étranger retomba, abaissée par le bras entraîné qui la maniait, comme si rien ne s'était trouvé là pour empêcher le geste. Un peu brutalement, le maître d'Art de Castelcerf détourna son attention de la scène, afin de ne pas se fixer sur ce qu'il savait inéluctable.

" Non. " fut la réponse définitive qu'il opposa à l'artiseuse sauvage.
Non… et pourtant. Un doute était là, s'insinuant dans l'esprit du vieil homme pour l'empoisonner de ses incertitudes. Les pensées de sa camarade malgré elle avaient marqué un point. Étaient-ils réellement si démunis que cela ? Mais répondre négativement reviendrait à cautionner un usage de l'Art, qui n'était pas de ceux que Clément professaient. Pour achever de se convaincre lui aussi, il ajouta :
" Nous ne devrions même pas être là. Ni moi, et encore moins vous. Retournez à vous. "
Ce fut l'enseignant en lui qui précisa :
" Plus vous attendez, plus le retour sera difficile. "
C'était vrai aussi pour le maître, et il se doutait que son vieux corps aurait nombre de griefs à son encontre lorsqu'il le retrouverait, mais il ne pouvait abandonner la petite.

Le doute, à nouveau, propagea ses filaments en lui : s'il se sentait le devoir de protéger cette demoiselle, pourquoi le sort de ces villageois lui restait-il si étranger ?
Parce qu'il n'y a pas besoin d'utiliser l'Art d'une manière inconvenante pour ramener cette fille, songea-t-il, espérant en finir avec ses questionnements internes. Mais ses doutes bénéficiaient de sa propre ténacité, et n'allaient donc pas s'avouer vaincus aussi rapidement. Les artiseurs valaient-ils donc mieux que ces gens ordinaires ? Ceux que sa magie lui montrait actuellement n'avaient commis d'autre faute que de s'être trouvés au mauvais endroit.
Mais la fierté du vieillard n'avait que faire de telles considérations.
" Oui, les artiseurs valent mieux que le commun. "
Il avait pensé si fort que les concepts s'étaient échappés de son propre esprit, et voguaient maintenant sans but, prêts à être captés par n'importe quelle âme de passage.
" Ils sont plus précieux, et doivent être préservés en priorité. Car ils sont capables de ce qu'aucun autre ne peut. Car ils ont déjà sauvé les Duchés, et les sauveront encore. "
Telle était la théorie en laquelle Clément croyait du plus profond de son être. Assenant ces certitudes, il était presque certain d'avoir vaincu le doute. C'est pourquoi la riposte fut d'autant plus impitoyable. Sauver les Duchés ? Comme en empêchant le massacre de leur population ?

Incapable d'opposer autre chose que ses vieilles habitudes d'usage de l'Art, Clément renonça à poursuivre le dialogue intérieur, repoussant ses propres questionnements. Son attention en revint à ce qui l'entourait. L'artiseuse était toujours là, comme hypnotisée par le drame. Et, sur le village transformé en champ de bataille, si les morts ne cessaient de tomber, un combattant sembla se détacher. Un garçon des Duchés, qui se dressait face à ses agresseurs, aussi courageusement qu'inutilement. Il n'avait aucune chance, et aucun des siens ne viendrait à son secours. Ils étaient déjà étendus dans la poussière de Rippon.

Le temps sembla se figer un instant, alors que le maître d'Art reconnaissait ce qui l'avait attiré vers cette scène en particulier, entraînant à sa suite l'attention de Brindille : c'était le frémissement d'une prédisposition à sa magie, qu'il percevait maintenant chez le villageois. Certes, bien faible, et aussi peu maîtrisé que celui de sa camarade de vision, mais bien présent. Et un tiraillement se fit sentir, dont il ne sut pas initialement s'il provenait de sa voisine d'Art, de ses propres doutes, ou du garçon dont il apprendrait plus tard le nom.
Lui. D'entre eux tous, il est le dernier.
Lui. Il possède un soupçon du don des Loinvoyant.
Lui, là. Il faut le sauver.
Et cette invite avait la force d'un ordre d'Art.
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Dim 5 Juin - 11:36




Pour Brindille, il n'y avait aucun doute: elle était là pour une bonne raison. Elle ne savait pas pour laquelle et encore moins comment s'y prendre, voila tout. Et si, chaque fois jusque là, elle avait échoué à accomplir sa mission, elle le sentait, c'était son heure.

Que peut-on faire? Que peut-on faire?!

Cette question tournoyait dans les airs, revenant régulièrement à l'attaque de ses piques insidieuses. Que faire? Retenir cette épée qui s'abat, par exemple? Mais non, un acte aussi simple que de se déplacer lui était déjà impossible. Retenir un bras assassin restait tout autant hors de portée.

Jusqu'à ce qu'il se présente, le jeune homme baigné d'une étrange lumière dorée. Qu'il attire Brindille de sa douce chaleur et de ses promesses soufflées à demi-mots. Je saurais t'entendre, lui disait-il. Je saurais te voir et te comprendre.
Touchée au coeur, Brindille s'avança sur les traces de Clément. Tous deux, attirés comme des papillons par une flamme, s'approchèrent d'un jeune homme perdu au coeur de la bataille. Si Brindille avait toujours conscience de ce qu'elle faisait, elle n'était plus maitresse de ses gestes depuis bien longtemps, trop perdue et engourdie pou ce faire. Pourtant, alors qu'elle percevait les émotions de Nim avec toujours plus d'intensité, c'est avec la puissance d'une terreur animale qu'elle laissa éclater sa question:

Que doit-on faire?!

Et qu'une seule réponse s'imposa à elle: fuir.
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Clément Ordajonc
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Jeu 23 Juin - 20:19

La fuite s'imposait à tous les esprits présents. Quiconque possédait trois sous d'instinct de conservation, préférerait cette solution-là à la bataille. Mais face à ses agresseurs, l'unique survivant – pour combien de temps encore ? – n'avait pas plus de chances qu'un lapereau repéré par un marguet, pas plus, en somme qu'un parti de gens des Duchés n'en aurait eu dans la traversée des lointaines Montagnes, à la recherche d'une légende pour les sauver. Aucun espoir... à moins d'une intervention d'Art. Une action d'éclat qui ne serait pas restreinte par les règles habituelles d'utilisation de cette magie, règles que Clément Ordajonc lui-même professait avec tant d'obstination envers ses élèves... Allait-il oser les outrepasser ?

La réponse, une fois encore, était évidente. Par défi envers lui-même, envers Brindille, envers ces Chalcédiens qui osaient l'inimaginable, le vieux Maître d'Art de Castelcerf transgresserait ses propres interdits. Par orgueil aussi, même s'il ne se hisserait jamais jusqu'au sommet héroïque atteint par le roi Sagesse, modèle de tant d'artiseurs – lui compris. Et pour les Duchés, car dans le fond, son allégeance allait bien plus au territoire des Loinvoyant qu'à un souverain en lequel il voyait plus de défauts que de qualités. Quand donc serait connue la dernière abomination de Chalcède, si personne n'était là pour en témoigner ? Et le Maître ne pouvait laisser le garçon au germe de magie se faire assassiner sans réagir. Qui pouvait dire si celui-là, justement, ne serait pas plus tard un grand expert de l'Art, dont les compétences s'avéreraient à l'avenir indispensables à son pays ?

Clément accrocha l'artiseuse sauvage, il la joignit à lui aussi sûrement que si elle avait été de son Clan, et la lia avec suffisamment d'autorité pour lui empêcher toute possibilité de fuite. Non seulement son énergie allait lui être bien utile, mais surtout, elle allait bénéficier – du point de vue du Maître – d'une bonne leçon : elle verrait ce que c'était, de FAIRE quelque chose. Et il espérait bien que ça lui en couperait l'envie, même s'il savait que cela ne ferait aussi que renforcer l'emprise de la soif d'Art sur elle. Lui n'y échapperait pas non plus, et ses vieux os se plaindraient comme s'ils avaient été piétinés par un troupeau de chevaux au galop, mais il avait vu pire. Et il y avait survécu – même si ce pire s'était passé du temps où son âge se rapprochait bien plus de celui de Brindille.

Les murailles protectrices de son assistante forcée étaient totalement inexistantes, ce qui lui facilita la tâche. Doucement d'abord, il puisa en eux deux, laissant l'Art se concentrer. La sensation grisante était bien là, et s'il s'était vu faire avec son regard de professeur, il se serait soupçonné de n'avoir cédé que pour remplir le puits sans fond de ce manque, plutôt que pour les nobles raisons qu'il se laissait croire. Puis il tira de l'énergie magique, et dirigea sa volonté vers les chalcédiens qui se trouvaient dans la masure de Nim. Ils étaient trois, le Maître pouvait y arriver, avec une stratégie adaptée. Et celle qu'il allait mettre en œuvre aurait plu au roi Vainqueur, il en était certain, même s'il se garderait bien de la lui révéler.

Pendant que l'apprenti forgeron se défendait contre le premier combattant, il s'immisçait dans l'esprit du deuxième, avec la claire intention d'embrouiller son discernement. A la place du dernier membre du trio d'attaquants, le soldat eut ainsi la perception d'un garde aux couleurs des Duchés, qui fondait sur lui, l'épée levée. Sa réaction fut immédiate, et, l'effet de surprise aidant – comment l'autre aurait-il pu prévoir un coup venant de cette direction-là ? – il ne lui fallut qu'un instant pour assener sa frappe mortelle. Mais ça n'était pas suffisant, il fallait encore donner du temps au villageois, et éviter tout éclat risquant d'amener de nouveaux ennemis dans la maisonnette. Sans que le Maître n'ait pris le temps de relâcher sa concentration un instant, son Art bondit vers l'assaillant du garçon, employant à nouveau la même méthode. Cette dernière s'avéra d'une effrayante efficacité, et un second chalcédien rejoignit ses victimes dans le monde des trépassés. Tout cela avait été très vite, mais maintenant, allait venir la partie la plus serrée.
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Mar 12 Juil - 22:31



Surement, en temps normal, Brindille aurait-elle cherché à échapper à l'emprise de Clément, mais il y avait cette petite lueur d'extase, au loin, qui ne demandait qu'à devenir flamme brulante, cet appel irrésistible de l'Art qu'elle découvrait pour la première fois dans toute sa splendeur. Sa révolte,forte de coups de griffes et de tortillements dignes d'une anguille, fut étouffée dans l'oeuf à sa simple vue et c'est avec curiosité et envie que la demoiselle se laissa kidnapper par le vieillard.
Il y avait une pointe d'horreur mêlée à la fascination qu'elle ressentait, mais rien n'aurait su lui faire faire demi-tour alors que Clément développait des trésors de magie pour sauver le jeune homme. Un à un, les chalcédiens furent éliminés par le plus étonnant des procédés. Au lieu de fuir, les artiseurs se battaient et ça marchait.
Mais était-ce suffisant? Même Brindille avait conscience que non. Pour preuve, la troupe de chalcédien qui grouillait dans les parages. A sa vue, la bouffée d'héroïsme qui l'avait saisit au cœur en même temps que l'appel de l'Art retomba soudainement à plat. L'envie de se terrer dans un coin la prit avec autant de violence que si elle s'était trouvée sur place.

Ne le voyez pas! Souffla-t-elle avec toute la force de sa conviction au dessus de l'épaule de Clément. Laissez le vivre, supplia-t-elle pour Nim tandis que les barbares chalcédien mettaient le village à feu et à sang sans se soucier de l'unique survivant immobile au milieu d'eux.

Elle pouvait sentir, quelque part que le vieil homme puisait en elle pour faire ce qu'il faisait sans tenir compte de son avis. Elle se sentait s'épuiser à la tâche, aussi, et se diriger vers des limites qu'elle refusait d'atteindre. Brindille n'avait qu'une infime prédisposition à l'Art, inexistante, presque, en dehors de son traitement aussi mystérieux que venu de loin. Il était donc facile et rapide de l'épuiser. Déjà, la corde infime qui lui permettait de regagner son corps commençait à se tendre.
Il n'y avait plus une minute à perdre.

Éperdue, Brindille lança toutes ses forces par dessus l'épaule de Clément, s'attendant à ce qu'il essaye de l'en empêcher et à devoir lutte contre lui:

"- Fuit!" Intima-t-elle à Nim.

Qu'il fuit pour sa vie, c'était tout ce qu'il lui restait, elle en était plus convaincue que jamais. Et comme une tic, elle s'accrocha à l'épaule de Clément pour donner plus de poids à son message.
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Clément Ordajonc
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Sam 16 Juil - 23:25

Tout avait été très vite, mais c'était maintenant qu'il ne fallait pas faillir. Le vieillard resta agrippé à sa victime comme une sangsue à son hôte, y rivant Brindille en même temps. Il sentait bien la jeune fille faiblissante, mais l'abandonner à elle-même maintenant aurait été encore pire que de la garder auprès de lui. Et ce fut lui qui suivit l'idée de sa camarade cette fois, apportant sa maîtrise ainsi que ses forces restantes pour troubler à nouveau les perceptions de l'homme. Le chalcédien ne se rendrait pas compte de la présence de Nim, et selon toute probabilité, il ne tarderait pas à quitter la chaumière, vide pour lui. Le vieil homme appuya également la transmission de Brindille, y ajoutant sa propre intervention : " Cache-toi ! Quand ils seront partis, tu iras prévenir le roi Vainqueur. "

Cela n'aurait dû être qu'une vive incitation, que son destinataire était libre de suivre comme de rejeter. Pourtant, l'artiseur avait manipulé de trop grandes quantités de magie juste avant, et la fatigue qui menaçait de déferler avait émoussé sa maîtrise : la pensée de Clément se grava dans l'esprit du jeune homme comme la plus absolue nécessité, celle d'un ordre d'Art. L'apprenti forgeron n'avait plus qu'à s'exécuter.

Une trappe s'ouvrait dans le plancher, l'ouverture partiellement bloquée par un corps étendu en travers. La ressemblance le désignait comme de la famille de Nim, et pourtant, le jeune homme s'apprêta à soulever le pan de bois. Entrelacées comme étaient leurs pensées, Clément n'aurait su dire si l'idée venait de lui, du garçon ou de la fille. Toujours est-il que l'apprenti forgeron ouvrit la trappe juste assez pour s'y glisser, sans en déranger la mère ou la sœur qui l'assisterait par-delà la mort : quel esprit retors irait soupçonner un rescapé de s'être terré là-dessous ?

Le garçon de Rippon disparu dans l'obscurité de sa cachette, le Maître d'Art n'hésita plus à abandonner la scène. Il lui restait encore quelques forces pour raccompagner Brindille dans son propre corps - elle aurait sans doute eu besoin de bien plus, mais il ne pouvait risquer de se perdre lui-même - avant de se retrouver en lui. Sa propre chair sembla au seuil du démantèlement quand il revint à lui, et une bouffée de regret l'étouffa presque, de retrouver cette vieille carcasse après s'être délecté de la toute-puissance de l'Art. Pourtant, Clément Ordajonc n'était pas encore fini. Et comme il n'était pas plus question de courir les escaliers du château que de laisser son esprit s'amollir, au risque de se le laisser capturer par l'Art, il réorganisa ses couleurs abandonnées sur la table lui faisant face, plongea le pinceau dans l'eau pour le débarrasser de la peinture séchée qui s'y accrochait, et reprit son ouvrage avec détermination.
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MessageSujet: Re: Recette de l'Art à l'alcool [03-09]   Lun 5 Sep - 14:39


Elle était revenue dans son corps. Assise à une chaise, entourée de regards pendus à ses lèvres, elle cligna des yeux et contempla l'assemblée d'un air hébété.

- Ma chérie? Interrogea une voix non loin de là. Tu vas bien? Qu'as-tu vu? Dit-moi.

Ce qu'elle avait vu? immédiatement, la douleur et la peine montèrent à l’assaut de Brindille et les larmes débordèrent de ses yeux. Ce qu'elle avait vu, c'était la mort, la douleur, l'horreur à l'état pur.

- Ils sont tous mooorts... éclata-t-elle en sanglot. Mais pas lui. Lui, il arrive. Il va venir voir notre roi et raconter ce qui lui est arrivé. Il va venir, le garçon coiffé d'une couronne d'or!

Buvant ses paroles, on attendit qu'elle finisse de balbutier en espérant en entendre plus. Mais plus rien ne devait venir. épuisée, vidée et à deux doigts de piquer une crise d'hystérie, on finit par la conduire dans sa chambre.

Le spectacle était fini pour aujourd'hui. Quand à Brindille, elle ferait tout pour oublier cette journée.
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Recette de l'Art à l'alcool [03-09]

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