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 Chair et tissu [début février 10]

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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Chair et tissu [début février 10]   Ven 31 Oct - 11:21

Vaillant était descendu au Bourg pour faire quelques emplettes. La chose lui était possible, désormais, rien n’y paraissait à cheval. Même s’il était à chaque fois pénible de descendre et de se remettre en selle d’une enseigne à l’autre.

Cela prenait de l’effort et du temps, et il s’était fait rattraper par la nuit d’hiver, prompte à avaler la ville. Dans l’obscurité, le Bourg entamait sa transformation, quand bien même il n’était pas encore l’heure pour les enfants de se coucher. Dans les ruelles, Vaillant fut hélé par une prostituée, qu’il ignora avec dédain. Pourtant, l’idée grandissait en lui, nourrie de sa frustration de ces derniers mois.

Sa relation avec Chiara n’avançait pas. Il n’en pouvait plus de cette petite femme qui le rendait fou, disait vouloir prendre tous les risques mais n’en bravait aucun, et paradait au bras de son mari trop parfait. L’occasion de leur premier corps à corps ne s’était jamais représentée, et il n’en finissait pas de maudire Acuité.

Assaut sembla le mener tout seul au bordel. Il fit l’étonné quand il se retrouva devant la façade illuminée du Nid. Il ne résista pas longtemps, d’autant qu’un employé sortit prendre son cheval. Vaillant lui laissa les rênes et monta pesamment les quelques marches de l’établissement.

Le clinquant du salon lui sauta aux yeux et l’odeur l’étourdit. C’était comme revenir dans un endroit familier, qui pourtant, a changé. Tout lui paraissait moins riche et plus artificiel… mais Châtiment l’accueillit comme un roi, masquant vite sa surprise de le voir marcher comme cela. Il fut cajolé comme un client que l’on pensait avoir perdu. A peine fut-il installé sur le sofa que les Oiseaux se pressèrent autour de lui comme des papillons assoiffés.

Assoiffé, il l’était bien plus. Il n’en pouvait plus de ces longs mois d’abstinence, presque une demi-année désormais ! Depuis son accident, son corps n’avait été que souffrance et harassement. Il ne l’aimait plus et ne lui faisait plus confiance. Il avait sué pour le remodeler, sans vraiment obtenir satisfaction. Ses meilleures sensations avaient été les bains chauds, et les baisers de Chiara qui l’avaient réveillé. A présent il criait famine…

Il voulait qu’un plaisir sans partage l’inonde, maintenant et tout de suite. N’importe lequel de ces papillons pourrait faire l’affaire, même la fille qu’il avait croisée dans la rue. Cela aurait d'ailleurs été plus raisonnable, vu l’état désastreux de ses finances. Il s’était ruiné en achetant la robe de Chiara et l’ensemble du tissu doré, afin qu’elle fut la seule à avoir le privilège de le porter. Idée imbécile…

Il chercha Myrtille du regard, la blonde plantureuse qu’il avait choisie la fois précédente. Taebryn était là et c’était l’été alors, il n’était que vigueur et orgueil et se souvenait parfaitement de son corps confortable. Peut-être parce qu’elle avait été la dernière… Mais elle n’était pas là, occupée sans doute avec un autre.

Vaillant n’eut pas la bêtise de s’y arrêter. C’était comme ça avec les filles du Nid. Et puis il n’était pas contre un peu de nouveauté… Il les détailla toutes, tâchant d’imaginer comment elles seraient, tandis qu’elles babillaient sans qu’il écoute. Il but un peu, mais il était pressé de monter. Puis il l’aperçut, descendant l’escalier de sa démarche empruntée. L’Outrîlienne en robe dorée.

Il s’étouffa dans son verre et toussa bruyamment. Était-ce pour cela qu’elle le regardait d'un air dégoûté ? Certes il n’avait pas été tendre avec elle lors de sa précédente venue, à cause de Taebryn. Je m’accommode mal des restes de Béarns, avait-il dit. Et c’est vrai, elle n’était pas spécialement à son goût avec son visage étrange, mais… mais il n’avait jamais vu que Chiara dans cette robe.

Comment pouvait-elle l’avoir ? C’était exactement la même ! Mais ça n’était pas le même corps, pas du tout. Celui-là était doré, et plus solidement charpenté ; les seins semblaient vouloir jaillir de la robe taillée pour une autre, comme deux petits animaux hargneux. Les cheveux n’étaient pas roux, mais noirs. Et les gravures dans la chair faisaient place au tatouage... C’était un autre monde dans le même tissu.

A mieux y regarder, elle n’était pas si repoussante que ça. Ce serait elle, Vaillant le savait déjà.
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Vaillant Fructurive
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MessageSujet: Re: Chair et tissu [début février 10]   Ven 31 Oct - 11:53

Quand ils furent seuls dans la chambre, Vaillant embrassa l’Outrîlienne comme il eut embrassé Chiara. Mais la suite ne fut pas pareille. D’abord, parce qu’elle avait le mérite d’exister. Ensuite, parce qu’elle n’était pas digne d’une Duchesse. Il y avait des choses, il le savait, qu’on ne pouvait faire qu’avec une fille de joie, et Vaillant ne s’en priva pas. Que l’Outrîlienne ne se montre pas particulièrement enthousiaste n’enleva rien à ses ardeurs. Tant qu’elle gardait la robe.

Leurs ébats furent brefs et il devait à peine être l’heure de dîner lorsque Vaillant se laissa aller sur le lit, heureux et épuisé. Sa jambe lui faisait mal mais il n’y prêtait plus attention. Cela ne l’empêcha pas de sombrer dans un sommeil profond.

Il faisait toujours nuit lorsqu’il se réveilla. Il se demanda quelle heure il était et se sermonna, lui qui voulait éviter les extra. La fille dormait à poings fermés à côté de lui, le dos tourné. Il constata avec satisfaction qu’elle était nue sous les draps, et se mit en quête, non d’un plaisir supplémentaire auquel il avait droit, mais de la robe qui devait bien être quelque part.

Elle était en boule à son chevet. Quand il se pencha pour la ramasser, le parquet craqua et la fille ouvrit les yeux. Elle le regarda bien en face mais ne dit rien lorsqu’il s’empara du vêtement. Puis il se rhabilla le plus dignement possible, vu qu’elle n’avait pas la pudeur de détourner les yeux. Cette fille était vraiment mal élevée. Une voleuse en plus, il ne savait pas ce qui lui avait pris.

La laissant seule dans le lit, il sortit de la chambre. Le Nid dormait, chose rare, ou gémissait à huit clos, ce qui pour lui revenait au même. Même le colosse de service somnolait contre une porte. Vaillant réalisa qu’il n’avait pas de quoi payer, sur lui ni peut-être même au château. Il décida de faire crédit et sortit sur la pointe des pieds, son butin sous le bras.

Il retrouva Assaut et l’enfourcha, fourbu mais content. Sous la lueur de la lune, la robe était comme une flaque d’or sur ses genoux. Il ne savait pas trop comment il la remettrait à sa propriétaire légitime, mais l’idée qu’elle la porterait lui plaisait. Il avait conscience de son esprit mal tourné et éclata d’un rire bref alors qu’il s’approchait du château. Demain serait un autre jour…
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Chiara Lunabille
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MessageSujet: Re: Chair et tissu [début février 10]   Sam 1 Nov - 17:07

La robe était revenue. Eda seule savait comment. Dans la petite pièce qui lui servait de garde-robe à Castelcerf, Chiara contemplait le vêtement avec perplexité. Comment diable avait-elle pu revenir après avoir pris quelques jours de liberté ? C'était insensé. Quand Malice était venue le lui dire quelques instants plus tôt, elle avait failli la gifler pour avoir énoncé une telle ânerie. Mais la suivante avait raison : la robe était bel et bien là. Il n'y en avait pas deux pareilles et Vaillant avait acheté la totalité du tissu afin qu'elle soit certaine que personne d'autre qu'elle-même n'arborerait jamais cette teinte. C'était leur petit secret, l'un de leurs rares souvenirs heureux. Car pour le reste, ils avaient joué de malchance.

Le soir même où le jeune homme lui avait fait ce cadeau, où du moins il avait choisi l'étoffe pour elle, ils avaient échangé leur premier baiser et une multitude d'autres. Ils avaient été si proches d'être intimes. Plus que cela même. Ils avaient commencé, ils étaient presque nus tous les deux sur le sofa dans sa chambre, ils gémissaient et bougeaient ensemble, quand... Les joues enflammées par le souvenir indécent qui faisait palpiter le désir au creux de ses reins, elle détourna pourtant les yeux en se remémorant la suite. Elle avait été humiliée au-delà des mots, au point de ne pouvoir adresser la parole ou même jeter un regard au jeune homme pendant des semaines. Elle lui battait froid avec constance et hauteur, comme seule les femmes blessées savent le faire.

Et voilà que Vaillant revenait dans ses pensées, dans sa vie sous la forme de cette robe miraculeusement réapparue dans ses affaires. Elle chassa Malice d'un petit geste de la main puis approcha et frôla l'étoffe soyeuse du bout des doigts comme si elle peinait à croire à son existence. Finalement, au bout de quelques instants, elle reprit ses esprits et inspecta le vêtement sous toutes les coutures. Aucun doute, c'était bien la sienne. Mais elle avait été portée par quelqu'un de plus corpulent qu'elle. Il y avait un petit point de couture à refaire ça et là mais sinon elle était en excellent état. Le mystère restait entier et elle allait devenir folle à force de tenter de comprendre.

Empoignant le tissu à deux mains, elle y plongea son visage avec un manque de retenue qui ne lui ressemblait pas. Qu'importe, elle était seule. Et il lui semblait déceler l'odeur de Vaillant sur la robe. Un fantasme de sa part sans doute. En attendant, fantasme ou pas, odeur ou pas, son coeur s'était mis à battre follement alors que tous les souvenirs de sa relation avec le jeune homme lui revenaient en mémoire. Peut-être était-il temps de lui pardonner et de voir si tout n'était pas perdu ? Car Eda savait qu'elle lui était infiniment attachée et avait gardé une amertume certaine de leur accrochage. Repenser à son humiliation la glaça cependant. Comment pourrait-elle faire fi de cela ? Il l'avait désirée, il l'avait eue et puis il l'avait rejetée de la pire manière qui soit. Il lui faudrait encore du temps sans doute pour s'en remettre, mais à présent elle se rendait compte que Vaillant n'était pas du tout sorti de ses pensées, encore moins de son coeur. Au contraire, il y reprenait de plus en plus de place. Il restait à espérer qu'il ne soit pas trop tard pour arranger les choses au moment où elle réussirait à surmonter sa honte et sa peine.

Quittant la garde-robe, elle ordonna à Malice de refaire les couture qui avaient lâché au niveau du décolleté et de s'assurer que la robe était parfaitement propre avant de l'empaqueter avec le reste de ses affaires qui partirait bientôt pour Castelorme avec quelques jours d'avance sur elle et sur l'armée de Vainqueur.
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