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 Les adieux [Février 10]

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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Les adieux [Février 10]   Sam 23 Aoû - 9:56

Acuité y avait réfléchit toute la journée, pesant le pour et le contre. Au final, le contre l'avait emporté, pourtant la jeune femme sentait qu'elle devait aller à l'encontre de la raison. Une dernière fois.
Après le dîner, elle était remontée dans sa chambre. Ses entraînements des derniers mois l'avais épuisée physiquement comme mentalement.
Ces cours de combat en compagnie de Malvoisin avait réveillé une agilité et une ruse qu'elle ne soupçonnait pas auparavant. Et au fur et à mesure de ces cours, elle avait petit à petit ajouté l'Art à la maîtrise de l'arme, si bien qu'elle pouvait maintenant influencer un tout petit peu les pensées de son agresseur. La pratique était risqué, car bien qu'en y mettant toute la volonté, la concentration intense de la jeune femme apportait beaucoup de faille dans sa posture de défense, laissant une ouverture à un quelconque agresseur.

Toutefois, elle était satisfaite du résultat. Durant l'année passée, elle s'était transformée. D'adolescente aux traits ronds et doux, elle était devenue pleinement femme. Trop maigre à son goût cependant, mais l'intensité qu'elle mettait dans ses pratiques d'Art ou de combat avait eu raison de sa chair.
En un an, elle avait vieilli comme de cinq. Cela ne choquait personne, comme si l'Art dans tous les cas provoquait ce genre de modifications.

Le lendemain matin, l'Armée de Vainqueur se mettrait en marche à l'aube, afin d'affronter les Chalcédiens sur nos frontières dans un premier temps. Vainqueur était ambitieux, et Acuité était bien décidée à prendre part à cette guerre, quoi qu'il lui en coûte. Elle avait déjà récupéré les affaires dont elle avait besoin, une tenue d'Archer de l'Armée. Et elle se couperait les cheveux, pour ne pas être reconnue.
Cette décision avait été lourde à prendre pour elle, mais la grossesse de sa mère se déroulant correctement, et son père gardant le trône à Castercelf en l'absence de Vainqueur l'avait rassuré.
Elle pouvait partir sans crainte, dans tous les sens du terme. Au fil des mois, elle s'était rendu compte que sa vie n'était pas ce qu'elle espérait. Son amour était sans retour et malgré toutes ses intentions, cela ne changerait pas. Elle s'était faite une raison, et c'était pour mettre un terme à tout ceci qu'elle s'apprêtait.

Son père avait clairement énoncé des voeux qui n'étaient pas les siens et sachant qu'elle ne parviendrait jamais à lui faire entendre raison, elle préférait partir. La tristesse de sa mère serait adoucie par la naissance de ce deuxième enfant tant désiré. Oui, elle pouvait s'en aller sans crainte.

Elle avait choisi sa robe avec minutie, d'un velours bleu comme la nuit, bordée de doré chatoyant. Le col était large et dénudait grandement sa gorge, presque jusqu'aux épaules, mais cette coupe ne pouvait que souligner la finesse de sa taille et de ses bras minces et musclés.
Restait sa poitrine, toujours le même problème. Perdre du poids lui avait également fait perdre de son buste déjà peu engageant à l'époque.
Mais l'ensemble était agréable tout de même, élancée, sa silhouette semblait prête à virevolter à la moindre bourrasque et elle se sentait libre, comme le vent d'hiver.

Sa coiffure était simple, ses cheveux avaient été ramenés sur le même côté à l'aide d'un peigne cuivré, et ses boucles flottaient sur son épaule. Autant en profiter avant qu'elles ne le puissent plus.
Satisfaite de son reflet dans le miroir, elle prit une profonde inspiration. Il était temps, et connaissant le Maître d'Arme, il serait surement dans sa chambre entrain de vérifier ses derniers préparatifs.
La nuit était bien avancée, suffisamment en tout cas pour éviter les regards curieux des couloirs.
Pieds nus toujours, pour plus de discrétion, elle enfila sa cape et abaissa le capuchon sur sa tête avant de sortir.

Ils ne s'étaient pas vu depuis longtemps, elle avait pris soin de se concentrer sur ses entraînements plutôt que sur lui. Le son de sa voix lui manquait terriblement, mais vu les conséquences de leur dernière entrevue, elle ne s'attendait pas à un accueil chaleureux. Tant pis, elle devait le faire.

Arrivée devant la porte massive, elle jeta un dernier regard à droite, puis à gauche avant de frapper.
Toujours camouflée, les pieds mordus par le froid, elle attendit patiemment, fermement décidée à dire adieu à cette homme et à ce qu'il représentait.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Lun 25 Aoû - 22:14

C'était la veille du départ. Demain, ils partiraient, et bien sûr ils avaient tous fêté ça. Il était étonné que le rire gras des soldats ne s'entende pas jusqu'ici, depuis la taverne minable du Bourg. La plus minable, donc la meilleure. Avec la bière la plus âcre et les filles les plus douteuses. Nul doute que certaines têtes brûlées s’offriraient avant la longue marche une poignée de morpions d'adieux.

Brun avait laissé Vainqueur derrière lui dans un état peu recommandable, mais lui-même était au-delà de l'inquiétude. L'air frais de l'hiver finissant n'avait pas été une douche froide, plutôt une caresse fraîche et bienvenue. Le chemin ondulait devant lui tandis que Flamme le ramenait lentement à la maison, qu'il quitterait bientôt avec joie et regret. La flamme de l'alcool coulait aussi dans ses veines sans parvenir à alanguir l'excitation du jour J.

Dans quelques heures ils serait loin, partirait pour peut-être ne jamais revenir. Il n'y croyait pas vraiment mais se plaisait à caresser cette idée, qui lui semblait dans l'ordre des choses et un risque raisonnable. Il avait même rangé sa chambre au point de ne laisser que les meubles, dans la considération du prochain occupant. Un tapis, un coffre archi-plein, un bureau nu, un lit. Les araignées n'avaient plus guère de place où se cacher.

Et quelle était cette petite araignée dans le couloir ? Sa forme se précisait alors qu'il approchait.

Il fut loin puis près et avec une précision tout à fait improbable il abaissa lui-même la capuche. Il voulut passer les mains sur les traits mais ce fut inutile, il les avait reconnus et encore assez de lucidité pour savoir que ce serait malvenu. Acuité était devant sa porte et il espérait que cela ne se finirait pas comme la dernière fois.

Quoique ça ne s'était pas si mal fini, dialogua-t-il en son for intérieur. Elle ne l'avait pas ignoré comme elle faisait avant, quand il croyait encore qu'elle avait peur de lui et de ce qu'il pouvait lui faire. Elle s'était contenté d'être une parfaite petite Duchesse lisse et froide comme la glace. Comme la glace et ce mot de haine lui fit bouillir les sangs à l'idée de l'autre assis sur le trône.

Bah, ça n'était pas la faute de la fille. Elle finirait Duchesse de Béarns et Duchesse de Rippon et peut-être même Reine des Duchés si Vainqueur mourait.

Cette idée le rendit intensément triste et la capuche lui fila entre les doigts. D'une main, il s'appuya contre le mur et dit :
- Salut.
Sa voix sonnait bizarrement, elle était lointaine et parfaite. Il plongea l'autre main dans sa poche et en retira son trousseau de clé qui tinta très fort. Il choisit la plus grosse et fourragea dans la serrure avant de se rendre compte que la porte était restée ouverte.

Il eut un soupir de réprobation et adressa un regard interrogateur à l'archère. D'ailleurs elle ne ressemblait pas du tout à une archère avec sa robe aux bords qui brillaient et ses cheveux comme ça qui froufroutaient sur le côté. Interloqué, il secoua la tête et dit la première chose qui passait par là.
- C'est trop tard pour les leçons d'épée. C'est fini là je pars demain.

Il faillit ajouter qu'il était bien mieux que Malvoisin mais, même dans son ivresse, cela lui parut un peu mesquin.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Lun 25 Aoû - 23:05

Les bruits de pas se rapprochaient dans le couloir. Avec une certaine crainte, Acuité fit mine de regarder le mur, pour être bien sûre que celui ou celle qui passait par là ne verrait pas son visage. Son coeur battait fort de la peur d'être démasquée. Si les rumeurs parlaient d'une visite nocturne auprès du Maître D'armes, elle ne donnait pas cher de sa vie. Son père serait furieux et il l'enverrait très certainement dans un quelconque temple, loin du regard des hommes.

Dans l'attente que les pas la dépasse enfin, elle ne bougeait plus et c'est à peine si elle osait respirer. Et subitement, le silence se fit tandis qu'on abaissait sa capuche. Elle sursauta en se retournant avant de reconnaître Brun, appuyé avec nonchalance sur le mur lui lançant un "salut" aviné.

Par Eda...il était ivre. Comme tout homme une veille de départ en Guerre, il s'était noyé dans les pintes et peut-être même dans les draps d'une fille. Cette idée la fit bouillir. Et quel était ce "salut"? Etait-ce une façon de s'adresser à la fille d'un Duc?

Elle se retint de le morigéner. Il était celui qui souhaitait qu'elle agisse comme une duchesse et c'est lui, qui finalement se conduisait comme un...un..séducteur de bas-fond.
De toute façon, inutile de parler, il cherchait déjà ses clés en oubliant presque la présence de la jeune femme.

Du moins c'est ce qu'elle crut jusqu'à ce qu'il reprenne la parole.
S'il cherchait à se moquer d'elle et à la vexer c'était réussi. Cependant, elle mit ce comportement sur le compte de l'alcool et trouva la situation un tantinet cocasse.
Tout n'était pas perdu, ils pouvaient encore se quitter dans de bons termes, même si Acuité douta fortement qu'il se rappelle de quoique ce fut le lendemain.

- Laissez donc Malvoisin où il est. Son rôle est terminé, lâcha-t-elle avec un sourire entendu. Quant à votre départ, c'est pour ça que je suis là.

Et sans lui laisser le temps de voir la moue triste qui se superposait à ses lèvres étirées, elle poussa le panneau de bois épais et entra.

Sa chambre avait toujours la même odeur et discrètement, elle inspira à plein poumons. Cela lui manquerait. Tout était rangé comme s'il pensait ne jamais revenir. Cette idée lui serra le coeur. Elle espérait qu'il survive et même si on ne pouvait pas savoir dans ce genre de Guerre, elle prierait Eda et El chaque jour pour lui.
A travers ses préparatifs, elle considérait elle même son propre départ de fortune. Sa chambre resterait également telle quelle, sauf qu'elle n'avait rien rangé pour ne pas éveiller les soupçons.
Reviendrait-elle? Si ce mariage arrangé restait son destin, alors elle préférait de loin mourir au combat.

Après avoir fait son petit tour dans la pièce, pour conserver tous les souvenirs qu'elle pouvait dans un coin de sa mémoire, elle se tourna vers Brun et lui dit sur le ton de la conversation :

- Je suis au courant du départ prévu demain matin, alors je suis venu vous dire au revoir...adieu serait plus juste même. Je n'ai rien apporté et je le regrette, il semblerait qu'un verre d'eau vous ferait le plus grand bien.

Et sur cette petite pique, elle appuya le bas de son dos sur le bord du bureau vide tandis que ses mains caressèrent le bois rapidement avant de s'y reposer. Ses pieds nus trouvèrent le tapis qui réchauffait la pièce autant que le sol, et elle regarda un moment ses orteils qui cherchaient à s'enfouir dans les fibres.

Elle se demanda alors s'il la mettrait dehors et si leur entrevue se déroulerait aussi mal que la dernière fois. Non, elle ne le souhaitait pas et ferait tout pour que ce ne soit pas le cas.


Dernière édition par Acuité Loinvoyant le Dim 19 Oct - 8:51, édité 1 fois
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mar 26 Aoû - 0:03

Comment avait-elle deviné qu'il pensait à Malvoisin ? Elle était drôlement perspicace la p'tite ! Il se retint d'émettre un sifflement admiratif alors qu'elle pénétrait dans la pièce. Oui. Juste comme ça. Comme la maîtresse de ces lieux.

Il laissa tomber ses clés et se pencha pour les ramasser. En se relevant, il se cogna la tête dans la poignée avec un bruit sourd. La douleur le rendit grognon et il entra à son tour en grommelant :
- Bienvenue dans mon moulin...

Elle s'était déjà mise à son aise et se trémoussait sur le bureau. L'espace d'un instant, cela lui rappela la taverne puis il se réprimanda, tâchant de se concentrer sur ses paroles un peu trop rapides. Il retint surtout qu'elle lui faisait la morale sur son état un petit peu éméché.

- Moui... concéda-t-il en se tournant de tous les côtés, à la recherche d'un objet indéterminé.
C'est vrai qu'il avait un peu trop bu, plus que d'habitude. Mais par El, c'est pas tous les jours qu'on partait en guerre ! Voilà bien une chose que les bonnes femmes comprendraient jamais. Il eut une pensée pour Orge et se dit que finalement, si.

Il finit par dégotter une bassine à demi-remplie d'une eau pas très claire, ou peut-être que si, on y voyait pas grand chose là dedans. Ni une ni deux, il y plongea la tête et la ressortit ruisselante. C'était froid, ça lui coulait dans le dos et ça n'était pas très agréable.

Il ôta sa tunique et se frotta énergiquement le crâne. Il en ressortit ébouriffé comme un gamin de quinze ans, âge que démentait sa musculature marquée. Il n'avait pas l'air d'être gêné de se retrouver à demi-nu devant Acuité. Après tout, c'était pour elle qu'il faisait ça alors elle n'allait pas se plaindre.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il tout à trac, avant de se rappeler son histoire d'adieux. Ah oui, c'est vrai.
Il ne savait pas trop comment il pouvait lui dire adieu, ni même au revoir. Après tout, c'est pas comme s'ils avaient été super causants dernièrement. Quoiqu'il fasse, ça la vexerait sûrement. Cette fille se vexait tout le temps.

Il laissa tomber sa tunique mouillée sur le sol et alla s'assoir sur son lit. Il entreprit de se peigner avec les doigts. Cela lui donnerait un peu de temps pour réfléchir. Mais rien ne vint.

- T'aurais dû venir à la taverne avec nous, lâcha-t-il spontanément. Ça c'était des adieux !
Puis il y songea à deux fois et dit :
- Peut-être pas en fait.
La gloire de la soldatesque en prendrait un sacré coup, et pas sûr que papa Glace apprécierait.

Il tâcha d'imaginer sa tête et rigola bêtement.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mar 26 Aoû - 8:50

Elle qui s'était bien apprêtée pour venir lui dire au revoir, et lui qui se comportait comme...comme quelqu'un d'ivre. Après tous ses beaux discours sur le fait de bien se conduire, sur le respect de l'étiquette et sur le comportement que devrait avoir une Duchesse, elle avait mis un point d'honneur à respecter tout cela et les derniers mois n'étaient que le reflet de cette étiquette. Elle ne l'ignorait plus et elle souffrait de devoir agir avec autant de distance et lui s'en moquait.

Elle éteignit le feu qui naissait dans son corps, colère étouffée par ce manque d'intérêt à son égard. L'idée qu'il ne se préoccupe pas de sa présence ou de ce qu'elle venait lui dire ne confirmait qu'une chose : les sentiments qu'elle éprouvaient n'aurait jamais de retour.

Tout espoir s'envolait durant ces quelques minutes. Elle avait changé, mais lui ne voyait encore que la petite Acuité, la petite Duchesse inintéressante.

Elle allait le lui dire...lui dire qu'elle l'aimait mais un bruit d'eau attira son attention. Les yeux ronds, elle le regarda plonger sa tête toute entière dans un broc. Il ôta ensuite sa chemise, par Eda que faisait-il?
Se servant du tissu pour se sécher rapidement les cheveux, il s'assit alors sur son lit après s'être débarrassé de la tunique trempée. C'était la première fois qu'elle le voyait de la sorte et elle se demanda si elle devait se réjouir de l'effet de l'alcool ou non.

A la lueur des chandelles, elle fixait ses traits, son corps, son visage pour ne rien oublier.
Une vague de tristesse l'envahi alors. Arriverait-elle à vivre sans sa présence? Il lui manquerait tant.
Les paroles qui suivirent n'avaient pas plus de sens et le firent rire comme seul une personne ivre pouvait le faire.

Soudain, elle se sentit réellement l'adulte de la pièce. Avec un soupir, elle dégrafa sa cape qui s'effondra sur le sol en un bruit mat et se leva.
Sans mot dire, elle ramassa la tunique et la plaça sur le dossier de la chaise du bureau, pour qu'elle sèche durant la nuit.

Elle s'avança vers la cheminée et raviva les braises puis les flammes en y ajoutant une bûche. Cet idiot risquait de tomber malade avec toute cette eau.

Et puis, elle se tourna vers lui en se redressant. Elle tâchait réellement de masquer sa peine, cette douleur qui lui broyait la poitrine. Elle avait tout imaginé pour ces adieux, qu'il se mette en colère, qu'il la chasse, qu'il lui lance des paroles acerbes mais pas qu'il soit saoul, à agir comme un enfant.

Elle s'avança vers lui et se rapprocha jusqu'à ce que les pans de sa robe touchent ses genoux.
De toute sa hauteur, elle le regarda et pour la première fois, lui apparut l'homme fatigué qu'il était.
Même s'il avait le regard incertain, elle le voyait tel qu'il était. Un homme bon au caractère bien trempé. Comme elle l'aimait et comme elle ne regrettait pas ses souffrances.

Hésitante au début, elle approcha ses mains près de ses cheveux qu'il tentait de coiffer et finit glisser ses doigts dans les mèches humides. Elle n'avait rien pour les attacher alors elle se contenta de les démêler.
Cette intimité était agréable pour elle. Lui devait certainement grommeler dans sa barbe et d'ici peu il la repousserait en indiquant que ce n'était pas convenable...
Alors elle profita à fond de ce moment, poussant même le vice jusqu’à s'avancer plus encore jusqu'à ce que sa tête soit à quelques centimètres de son plexus solaire. Les doigts toujours dans ses cheveux, elle lui fit poser la joue contre le tissu de sa robe et resserra ses bras autour de sa tête en un geste tendre.

- Ne me repousse pas de suite, souffla-t-elle, laisse moi rester un peu comme ça, je ne serais pas longue je te promets.

Elle ferma les yeux et se mis à trembler. Ce n'était pas le sol froid, ni même ses cheveux humides en dessous de son coeur, mais la peur qu'il lui arrache ce souvenir avec la verve dont il l'avait habitué.

Eda par pitié, ne me prends pas cet homme. Même s'il ne veut pas de moi, je souhaite qu'il soit heureux et en vie.


Dernière édition par ACUITE LOINVOYANT le Mar 26 Aoû - 16:39, édité 3 fois
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mar 26 Aoû - 13:46

Elle n'avait pas l'air de trouver ça drôle. Et ne répondit rien. Était-ce bon signe ?

Assis sur son lit, il l'observa tomber la cape et ramasser sa tunique. Ça n'était pas très logique. Pourquoi faire le ménage si c'était pour remettre du bazar ? Elle étendit le vêtement et raviva le feu. Mouillé comme il l'était, il aurait pu trouver cela agréable mais à cause de l'alcool, il n'avait pas vraiment froid. En tout cas, ça faisait plus de lumière, et on y voyait mieux. Sa robe était bleue de Cerf, remarqua-t-il quand elle s'approcha de lui. 

Il ne sursauta pas lorsqu'elle le toucha, symptôme de son état. Quand même surpris, il se demanda ce qu'elle était en train de faire avant de s'abandonner à la sensation de bien-être qui l'envahit. Ça n'était pas franchement un massage de la tête, mais c'était ce qu'il avait connu de plus approchant depuis ces vingt dernières années.

S'il s'était attendu, en quittant les filles du rade, à ce qu'une autre - et pas la moindre - l'attende devant sa porte pour lui faire un câlin ! Le destin prenait parfois des voies impénétrables. Il ne se posa plus de questions et se laissa faire avec un soupir d'aise. A son âme libre d'homme ivre, ils ne faisaient rien de mal.

Il sentit qu'elle tremblait et referma ses bras sur ses cuisses pour lui apporter un peu de chaleur. La robe était longue et ne laissait rien voir, si tant est que l'obscurité l'eût permis ; mais sous le tissu très doux il pouvait sentir la minceur de ses jambes, et leur force. Il était sûr qu'en un battement de cil elle aurait pu s'échapper d'ici, s'évanouissant comme le songe qu'elle était certainement.

- Pourquoi es-tu triste ? demanda-t-il naïvement.
Les ombres jouaient, il le voyait, sur ses traits tourmentés.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mar 26 Aoû - 15:45

Au lieu de s'indigner de son attitude tendre, il se laissa faire avec un soupir. Pas un soupir agacé ou d'ennui, non, un soupir de bien-être. Si la situation n'était pas si désespérée, elle aurait sourit de toute son âme.

Et puis, elle sentit qu'il bougeait et l'instant d'après, il enlaçait ses jambes, partageant ainsi ce moment d'intimité. Elle pouvait mettre cela sur le compte de l'alcool, mais ses mouvements n'étaient pourtant pas ceux, lourds et imprécis d'un homme saoul.
Il semblait s' agripper à elle autant qu'elle s'accrochait à lui.
Son corps était brûlant, elle pouvait le sentir à travers le velours de sa robe. Ayant déjà connu l'ivresse de la boisson, Acuité reconnaissait bien là cette chaleur incontrôlable qu'il irradiait dans l'instant.
Tout ceci lui parut être un rêve, un très doux rêve, mais jamais elle n'aurait cru qu'il la laisse approcher ainsi, lui qui était toujours sur la défensive, toujours à cheval sur ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. Ce soir, l'alcool le rendait plus libre et d'autant plus désirable.

Acuité le sentait bien, ses tremblements s’apaisèrent d'eux-même, et une nouvelle vague de chaleur envahit son corps, une chaleur qui n'avait rien à voir avec la cheminée.
Sans s'y attendre, elle découvrait la sensation de désirer un homme. Pas comme une enfant qui voulait de l'attention et de la tendresse, mais comme une femme qui le voulait sien.

Il finit par reculer un peu sa tête et chercha son regard. Lorsqu'il le trouva il lui demanda :

- Pourquoi es-tu triste ?

Elle dégagea une mèche encore humide de son front avant de caresser sa tempe du bout des doigts :

- Parce que demain tu auras tout oublié, murmura-t-elle moqueuse.

Mais le sourire qu'elle affichait changea peu à peu, comme pris au piège dans une tristesse croissante. Pourtant, elle ne l'effaça pas, et même si ses yeux s'humidifiaient et si sa voix tremblait, elle ne se départi pas de son sourire.

- Parce que tu pars demain sans promesse de retour, reprit-elle doucement et bien plus sérieusement, que je prierais Eda chaque jour pour toi, et que quand bien même tu rentrerais en Cerf, tu ne m'y trouverais pas.

Elle marqua une courte pause pour s'assurer qu'il suivait et reprit en parlant plus lentement d'une voix plus grave, plus assurée :

- Je ne te reverrais plus après ce soir; et ses mains encadrèrent son visage pour bien capter son attention; fini les cours de tir à l'arc, fini de prendre mon faucon pour un pigeon, fini nos disputes insensées, fini mes efforts pour t'éviter afin que tu n'aies pas d'ennuis à cause de moi, fini de chercher ton regard dans la foule, fini mes escapades nocturnes pour te rejoindre quand tu t'y attends le moins, fini de voir ton visage ...

Dressant ainsi les caractéristiques marquantes de leur relation, elle se rendait compte de ce qu'elle perdait. Sa voix ne s'était pas brisée et elle en était fière, mais sa respiration devenait difficile, résultat de sanglots qu'elle retenait.
Elle devait se montrer forte afin qu'il garde un bon souvenir d'elle.

Ses mains glissèrent de son visage jusqu'à sa nuque, et elle cru sentir une légère chair de poule sur sa peau à ce moment là. Il paraissait indécis, peut-être digérait-il ses paroles. Alors elle se pencha vers lui et son front s'appuya contre le sien avec douceur. A ce contact seulement, elle reprit son souffle.

- Tu me manqueras, chuchota-t-elle.

Emportée par ses émotions, elle était persuadée que malgré l'alcool, il entendrait ce qu'elle lui disait. C'était ce pourquoi elle était là ce soir, lui dire simplement ce qu'elle ressentait et à sa grande joie, il l'écoutait pour la première fois.
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mar 26 Aoû - 22:53

Une fois qu'il eut réchauffé Acuité de ses mains comme un petit lapin angora, elle se mit à parler à n'en plus finir. Il ne comprit pas tout mais il était question de ne plus jamais se revoir, de ne plus se disputer... c'est ça qui la rendait triste. Elle avait de l'eau dans les yeux et lui tripotait le visage dans tous les sens. Elle risquait manifestement d'éclater en sanglots ou de l'embrasser d'un instant à l'autre. Mais il était déjà assez mouillé comme ça, et sentait la situation lui échapper. C'était un peu inquiétant et malgré les réconfort que lui procurait son contact, il ne pouvait répondre à ses caresses sans quoi elle ne serait bientôt plus un petit lapin.

Il s'écarta doucement et tapota le matelas pour lui faire signe de s'assoir à ses côtés. C'était toujours mieux que rien. Après quoi il tâcha de se remémorer ses paroles et répondit :
- Je n'vais pas mourir. J'ai rangé, c'est tout.
La pièce était si vide que leurs voix résonnaient presque. Sans le feu ravivé, l'alcool et les cœurs épanchés, c’eut été tout à fait lugubre.
- Et puis c'est pas si loin Béarns, ajouta-t-il, parce qu'il sentait qu'il manquait quelque chose.
Il savait pertinemment que leurs chemins se sépareraient bientôt, mais si ça pouvait la consoler...

- Ou Rippon, ajouta-t-il après réflexion.
Il était question qu'elle épouse le petit de là-bas. Ces Lunabille étaient partout et il espérait qu'ils l'accueilleraient comme il se doit. Songe était bon cavalier, mais il s'abstint de lui faire remarquer. Le moment semblait mal choisi pour chanter les louanges de son futur mari. Lui-même s'en rendait compte, même s'il poussa la maladresse jusqu'à s'écrier :
- On sera presque voisin ! Je pourrai te faire visiter la fumée.
La plaisanterie était sinistre et il ne se sentit pas très bien tout à coup. Il avait sans doute besoin de dormir après toutes ces émotions.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mar 26 Aoû - 23:42

Le contact se rompit lorsqu'il s'éloigna en lui demandant de s’asseoir à côté. Elle obéit promptement et lui porta toute son attention.
Lorsqu'il ouvrit la bouche pourtant, son bonheur se transforma peu à peu en dépit.

Il n'avait rien entendu de ce qu'elle avait dit, ou alors, il éludait ces propos exprès.
Était-il seulement conscient de ce qu'il lui bafouillait? Elle s'était promis de faire les choses comme il faut, mais vraisemblablement, lui n'était pas dans la même optique.

Elle avait beau se dire que l'alcool parlait, la déception pointait le bout de son nez entre eux.
Il croyait vraiment qu'elle suivrait le destin que les autres s'amusait à tracer pour elle. Pouvait-elle lui en vouloir pour cela, elle qui tenait ses projets sous silence?

Ses poings agrippèrent sa robe au niveau de ses cuisses, et elle répéta d'une voix plus ferme, sans ciller.

- Nous ne nous reverrons pas, jamais. Ni en Cerf, ni en Béarns, ni même en Rippon. Jamais.

Et sur ses mots elle se leva d'un coup sans cesser de tenir le tissu.

- Je pensais qu'on pourrait...qu'on pourrait se faire nos adieux comme il faut, mais j'avais tord. Encore une fois.

Elle s'était trompée, il ne l'entendait pas. Et peu importe les mots qu'elle emploierait, ils ne l'atteindraient jamais. Une catin avait plus de chance de le séduire qu'elle n'en aurait jamais, alors à quoi bon?

Ses pas la menèrent au tas de tissu, représentant sa cape. Elle se baissa et ramassa le velours.
Beaucoup trop de sentiments se mélangeait dans son coeur à présent, peine, déception, colère, tristesse. Mais elle n'était pas venu pour rien. Elle voulait lui dire ce qu'elle ressentait, il fallait qu'elle le lui dise, ne serait-ce que pour soulager son âme. Après tout, demain matin, il aurait tout oublié.

- Je t'aime, lâcha-t-elle sans même le regarder, ses doigts s'affairaient à rattacher sa cape, et toute occupée, elle continua :

- Depuis le premier jour lorsque je t'ai vu à cette partie de chasse. Tu le sais, j'en suis persuadée. Je me suis longtemps demandé si j'arriverais un jour à te donner bonne opinion de moi, à te faire m'aimer en retour. En vain. A tes yeux, je n'existe pas.

Elle renfila sa capuche sur la tête. Ses joues rougissaient de mal être et de frustration.

- J'ai essayé de te haïr, de t'oublier mais je n'ai jamais réussi, car je reste fidèle à mon coeur, même s'il m’entraîne sur une impasse.

Elle s'avança à nouveau vers lui et se pencha directement vers son visage. Légère et vive comme un papillon, elle posa ses lèvres sur la commissure des siennes, puis se redressa.

- Merci pour l'arc, j'en ferais bon usage. Adieu donc.

Se doutant qu'il dormait déjà à moitié, ou qu'il n'en aurait cure elle se dirigea en direction de la porte.
Son coeur était vide et elle ne pleurait pas. Sa souffrance était bien au delà des larmes, une souffrance qu'elle brûlerait dans la Guerre.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mer 27 Aoû - 13:27

- Nous ne nous reverrons pas, jamais. Ni en Cerf, ni en Béarns, ni même en Rippon. Jamais, assena Acuité, les poings crispés.
Par El ! Elle avait l'air d'être fermement décidée à ce qu'il meure là-bas. Ou alors, elle prévoyait un voyage lointain. Ou alors, elle allait se jeter de la plus haute tour.

Quelle idée ! Pourtant, au vu de son désespoir apparent, il commença à se poser des questions. Une chose est sûre, il n'avait pas du tout réussi à la consoler. Il avait voulu le meilleur et fait le pire, comme d'habitude. Il regretta un instant d'être soûl, mais ses antécédents à jeun n'étaient pas plus brillants... Ils étaient sans doute foncièrement incompatibles.

Pourtant, ses sentiments semblaient bien plus profonds qu'il ne l'avait soupçonné. Depuis ce premier jour, à la chasse où elle l'avait snobé, elle avait tenu la distance, pris des risques et dévoilé son cœur. Lui en était bien incapable, et devait souffrir en silence de se voir taxé d'indifférence, une fois de plus. Comme s'il la traînait plus bas que terre, alors qu'il l'avait toujours considérée.

Il n'eut pas le temps de faire quoique ce soit quand elle l'embrassa. Tout chez lui marchait au ralenti, déjà elle s'éloignait vers la porte. Pour ne plus jamais le revoir, s'il avait bien compris. Il ne pouvait pas laisser les choses se passer ainsi ! Après la fête et la camaraderie, après les caresses et les aveux, il ne pouvait demeurer là, tout seul dans le noir.

- Hé, ho ! protesta-t-il in extremis. Tu vas pas partir comme ça ?!
Elle voulait des adieux comme il faut. Il ne savait pas ce que c'était mais ça n'y ressemblait pas. Il haussa les épaules en signe d'impuissance.
- Qu'est-ce que je dois dire ? Je dirai ce que tu veux. Je ferai ce que tu veux.

Ivre et fatigué, il était plein de bonne volonté pour, au moins une fois, la satisfaire.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mer 27 Aoû - 14:54

Not About Angels by Birdy on Grooveshark

Alors qu'elle s'apprêtait à tourner la poignée, il l’interpella. Surprise, elle se retourna vivement, et son capuchon retomba sur ses épaules, éclairant ainsi son visage via la cheminée.
Les flammes dansaient sur ses traits indécis, car elle n'avait qu'une seule envie : franchir cette porte et s'éloigner de cette peine.

Ils se regardaient l'un l'autre, et elle resta pétrifiée. Devait-elle l'ignorer et quitter les lieux, ou bien attendre la suite des événements?

- Qu'est-ce que je dois dire ? Je dirai ce que tu veux. Je ferai ce que tu veux.

Il paraissait si impuissant, si..différent de lui-même. Etait-ce l'alcool qui parlait encore? Non, elle pouvait sentir la volonté qu'il mettait dans ses paroles, comme s'il voulait se faire pardonner?
Intriguée, elle effleura son esprit comme pour s'en assurer et perçu à la place un frémissement. Elle n'avait jamais songé à le toucher par l'Art, lors de leur discussion sous la tente du tournoi il lui avait semblé qu'il exécrait cette magie. De ce fait, elle avait toujours éviter de se servir de son don pour sonder son esprit.

Ses pas hésitants la ramenèrent devant lui. Mais au lieu de s’asseoir sur son lit, à ses côtés, elle se mit simplement à genoux et se redressa pour être à son niveau. Ses mains s'appuyaient sur les genoux du Maître d'Armes pour ne pas perdre l'équilibre, et son regard se plongea dans le sien.

- Je veux simplement que tu sois toi-même. Oublie que je suis une Loinvoyant, oublie que tu es le Maître d'Arme du château. Oublie cette étiquette qui nous emprisonne. Tu es Brun, je suis Acuité et je n'ai pas besoin d'en savoir plus. Qu'aimerais-tu dire? Qu'aimerais-tu faire alors?

Depuis qu'elle le connaissait, elle avait l'impression qu'il se cachait constamment derrière la bienséance. Pourtant, dans son paradoxe, il était aussi le meilleur ami de Vainqueur, et pour lui, il ne respectait pas les distances hiérarchiques. Alors pourquoi s'accrochait-il autant à conserver ces barrières pour elle?

- J'ai compris depuis longtemps que tu ne m'aimais pas. Je ne peux pas t'en vouloir pour ça, mais au lieu de me fuir, j'aurais préféré que tu assumes ton indifférence à mon égard.

Elle en aurait souffert, mais peut-être que s'il lui avait dit clairement qu'elle ne représentait rien pour lui, elle aurait cessé de s'imaginer des choses. Non, l'amour nous donne toujours de l'espoir et même s'il avait été plus franc, elle aurait espéré encore et toujours.

Elle soupira, à la fois gênée et contente, d'avoir pu enfin mettre des mots sur ce rejet.
Sa main glissa dans ses cheveux, et elle retira le peigne qui lui griffait le crâne. Ses longueurs blondes retombèrent en s'ébouriffant autour de son visage. Jusqu'au dernier moment, elle aura tenté de se rendre désirable à ses yeux, mais puisque les choses étaient ainsi, il était inutile de continuer à essayer.

Un crépitement plus fort, éclat du bois qui craque en brûlant lui fit tourner la tête vers la cheminée. Il faudrait qu'elle pense à remettre du bois avant de partir, sinon, il attraperait surement froid, étant donné son état. Mais déjà, la bûche troquait ses flammes pour de la braise et la luminosité baissa.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mer 27 Aoû - 21:53

- Qu'aimerais-tu dire ? Qu'aimerais-tu faire alors ?
L'image d'un gros soufflé aux lardons lui vint tout à coup à l'esprit, accompagné d'un grondement de ventre. Ils pourraient sortir de la chambre sur la pointe des pieds et se faufiler jusqu'aux cuisines en ricanant. Ils trouveraient bien quelque chose à grignoter et mettraient des miettes partout.

Ce songe agréable gagnait en précision, mais fit bientôt place à l'exaspération. Il la rappelait à lui, lui offrait ce qu'elle voulait, et elle trouvait encore moyen de lui reprocher sa prétendue indifférence.
- Ça a toujours été clair, rétorqua-t-il. Depuis la scène de l'infirmerie, jamais il ne l'avait laissée espérer. C'est pas pour autant que j'en ai rien à faire.

Il s'échauffait en parlant, au risque de réveiller les voisins. C'était vraiment trop injuste ! Tous ces efforts pour rien ! Il poursuivit sur sa lancée.
- Tu crois que ça me fait rien, de te voir te promener partout la nuit et agiter tes cheveux ? Désolé de pas être aussi froid que ton père.

Le coup bas le soulagea. Il jeta un coup d’œil au foyer, qui rougeoyait faiblement.
- Tout n'est pas tout blanc ou noir, conclut-il, inspiré par cette obscurité soudaine.
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Mer 27 Aoû - 22:14

Sa réponse fut violente. Aussi bien par le ton que par les mots. Elle pinça les lèvres, blessée. Mais il avait raison. Il ne lui avait jamais laissé croire quoi que ce soit. Elle faisait ça toute seule.
Le moindre de ses regards, de ses sourires étaient interprétés par l'esprit de la jeune femme.
Obsédée par l'idée de lui plaire, elle voyait partout des possibilités, sans cesser de se rabaisser en contrepartie.

Mais la fin de sa phrase lui fit regagner une attention nouvelle.
Alors, il la considérait. Elle avait toujours cru être invisible à ses yeux et ce soir, elle apprenait que ce n'était pas le cas.
Mieux que ça, il s’enflammait un peu, s'énervant au passage et lui signalait clairement que quoi? Elle lui faisait de l'effet.
S'il se mettait en colère c'était bien la preuve qu'elle lui importait non?

L'obscurité gagnait du terrain les confinant ainsi dans une atmosphère plus feutrée.
Elle n'avait pas cessé de le regarder, ahurie par ce qu'il venait de lui dire.
Toujours appuyée sur ses genoux, elle se redressa encore en se rapprochant de lui. Elle sentait à nouveau la chaleur qu'il irradiait et cela la fit frissonner, juste réponse à ses pieds bravant le froid de la pierre.

- On s'en fiche de mon père, clama-t-elle, il ne dirigera plus ma vie.

Un sourire en coin apparut sur ses lèvres et son regard se fit plus mutin.

- Quoi? Attends c'est vrai? je te fais de l'effet?

Elle ne put réprimer un petit rire, touchée comme elle l'était. Jamais elle n'aurait cru qu'il puisse seulement être sensible à son physique. Il paraissait si sérieux subitement, le Brun désolée n'était plus. C'est comme ça qu'elle le préférait, quand il n'hésitait pas à la remettre à sa place. Il la traitait comme femme et non comme la Duchesse.

Elle reprit son souffle et s'avança encore, laissant leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre.

- Tu as dis que tu ferais ce que je veux? Tu sais ce que je veux, mais voudras-tu me le donnermurmura-t-elle le souffle plus court.

Et dans un élan de courage, elle ferma les yeux prête à offrir ses lèvres, attendant sa décision.

Son coeur cognait dans sa poitrine, ils étaient si proches et il l'attirait comme un aimant. Mais elle ne voulait pas profiter de ces simples mots sans qu'il soit d'accord. Certes elle prenait le risque qu'il la repousse encore, mais si elle devait lui prendre un souvenir, elle voulait lui en laisser un également.
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Jeu 28 Aoû - 13:45

Ses lèvres avaient un goût de vin.
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Jeu 28 Aoû - 14:23

Acuité n'était plus la petite fille aux joues roses, jouant dans la brisé glacée de Castelonde. De la même façon qu'elle n'était plus l'adolescente nattée tirant à l'arc à l'aube.
Ce simple contact balayait toute cette représentation juvénile et plus rien ne compta à ses yeux, sauf la tiédeur de ses lèvres, le goût de vin teinté de miel et son souffle caressant son visage.

Ce baiser était si différent de celui vécu par l'Art, mais elle n'était pas capable d'en donner la raison exacte. Etait-ce parce qu'il était réel? ou bien parce qu'il venait de Brun? Peut-être les deux.
Dans tous les cas, le baiser de vaillant s'évaporait désormais comme un très lointain souvenir.

Une douce chaleur envahissait son être et son coeur était sur le point d'exploser. Toutes ces nouvelles sensations chatouillaient ses sens et ses envies, la poussant à en demander plus.
Comme elle avait envie de perdre le contrôle d'elle-même, d'être pour une nuit durant libre de toute contrainte, sans réfléchir ni aux conséquences, ni au futur.

Elle rompit leur baiser avec délicatesse pour détacher sa cape qui l'entravait de trop. Dans la semi-obscurité, elle avait du mal à observer l'expression qu'il affichait et elle espéra qu'il appréciait autant qu'elle ce moment.

Elle s'approcha à nouveau et l'embrassa encore. mais si le précédent baiser avait été doux, presque hésitant, celui-ci se différenciait par un contact un peu plus rude, plus empressé, reflet d'un amour trop longtemps retenu.
Ses mains remontèrent le long de son torse détaillant les lignes de ses muscles, caressant cette peau chaude et si désirable qu'elle souhaita se blottir tout contre.

Ce besoin inné, partagé par des hommes et des femmes depuis des millénaires s'exprima simplement. Ses mains finirent par agripper à sa nuque avec tendresse et son corps se rapprocha du sien jusqu'à se toucher.

L'esprit dans le vague, elle se laissa dicter ses gestes par son intuition, se laissant totalement aller à la conquête de ses nouveautés sans cesser toutefois d'être à l'écoute du souffle de son amant, autant que du sien.
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Dim 31 Aoû - 17:13

Acuité n'avait jamais été si audacieuse, et lui non plus. A partir du moment où il avait décidé de lui donner ce qu'elle voulait, ce dont lui aussi il avait envie, il avait cessé de penser.

Après qu'elle ait enlevé sa cape, il avait hissé la jeune fille sur ses genoux et la tenait étroitement enlacée. Elle avait commencé à le caresser et il avait suivi le mouvement. Mais ce tissu l'agaçait, il n'était plus si doux désormais. Moins doux, moins chaud qu'une peau de femme.

- Enlève-la, murmura-t-il à son oreille, se libérant de ses lèvres.

Brun Braveterre n'eut pas parlé ainsi à Acuité Loinvoyant. Mais, comme elle en avait exprimé le souhait, elle n'était plus Acuité Loinvoyant. Lui-même n'était plus le maître d'armes du château, son professeur, son inférieur et l'ami du Roi.

Ils n'étaient plus qu'un homme et une femme dans la nuit d'hiver. Un homme guidé par ses seules sensations.
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Dim 31 Aoû - 22:54

Les sensations étaient puissantes et Acuité avait toutes les peines du monde à ne rien laisser filtrer dans le monde d'Art. Déjà, elle avait senti Vaillant rôder à ses frontières, mais comme à son habitude, ses barrières mentales étaient bien dressées.

Pourtant, les émotions grimpant crescendo, risquaient de créer une faille dans ses défenses. Elle tenta de verrouiller son esprit prenant le risque de disparaître à jamais du clan, mais Brun valait bien plus que ça, et aucun risque n'était trop grand pour partager quoique ce soit avec lui.

Il l'avait hissé sur ses genoux, et après maintes embrassades et enlacement, il lui avait murmuré de retirer sa robe.
Son souffle l'avait faite frissonner, autant que l'idée de ses mains sur son corps nu.

Aussi, elle s'était remise sur ses pieds, et sans mot dire, avait fait glisser le velours depuis ses épaules, jusqu'à ses pieds.
Un peu timide d'être ainsi dévoilée, elle ne savait que faire de ses mains, alors qu'elle se tenait à présent immobile dans la pénombre.

Et puis, d'un mouvement sûr, elle s'avança et lui prit les mains pour le relever face à elle. A nouveau elle l'embrassa, se lovant contre son torse, savourant son goût, sa chaleur et la puissance de ses bras. Elle se sentait si fragile, si vulnérable serrée tout contre lui, mais à la fois en sécurité.
Ainsi, rien de mal ne pouvait lui arriver.

Ses mains s'étaient aventurées sur sa taille, avait caressé ses reins et continuaient leur route le long de la colonne vertébrale de Brun. Ses sens lui apparaissaient comme décuplés, le moindre toucher lui donnait la chair de poule, dressant ses seins, hérissant les petits cheveux sur sa nuque.
Le goût de sa bouche était délicieux malgré les notes de vin et son souffle qui parfois s'égarait sur sa peau lui faisait perdre la notion du temps et de l'espace.

Elle se laissait aller à ses sensations nouvelles sans aucune retenu mais sans non plus rougir de ses actes, et c'est donc sans aucune gêne qu'elle le délivra de son pantalon.

Souvent, elle retournait à ses baisers comme si sa vie en dépendait. Suffoquant presque, comme manquant d'air dans l'excitation de l'instant, il était devenu sa bouteille d'oxygène autant que sa boussole.
Il la guidait avec assurance, et elle l'accompagna dans la découverte de leurs corps tandis qu'elle brûlait de désir pour lui, le pressant pour qu'il fasse d'elle une femme.

Plus rien n'avait d'importance, ni la Guerre, ni son devenir, il n'y avait que lui, Brun Braveterre, son Maître d'Arme, le meilleur ami de son grand cousin, son grand amour.

Comme dans un ballet parfaitement exécuté, ils basculèrent sur le grand lit.
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Sam 6 Sep - 18:30

Sans originalité mais avec un enthousiasme partagé, les amants roulèrent sur le lit.

Brun savourait de sentir le corps fin d'Acuité contre lui, qui réagissait au moindre contact. Bientôt il ne pensa plus qu'à son propre plaisir, mais les corps - à défaut des esprits - étaient si bien accordés qu'ils jouissaient ensemble. Dans l'obscurité, il n'y eut pas un mot, pas un geste de la jeune fille qui le ramène sur terre, interrompant leurs ébats. Rien ne vint troubler sa non-pensée, pas même ce frisson qu'il ne sut interpréter.

Quand ce fut fini, ils reprirent leur souffle, et la chaleur décrut jusqu'à les recouvrir d'une pellicule glacée. Au cœur de l'hiver, au cœur de la nuit, il n'y avait pas un bruit et les dernières braises s'étaient éteintes. Par confort plus que pudeur, Brun rabattit les draps sur eux. Comme deux animaux qu'ils étaient sans doute, ils se serrèrent l'un contre l'autre pour se tenir au chaud.

Dans ce cocon de chair et de tissu, il ne fallut que quelques secondes à l'homme pour sombrer dans un profond sommeil.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Les adieux [Février 10]   Sam 6 Sep - 23:44

Le contact de sa peau, le goût de ses lèvres lui donnaient la sensation d'être la femme la plus libre du monde. Le sentiment était enivrant et exaltant. Elle succomba entièrement à ses désirs  et s'offrit à l'homme qu'elle aimait non pas par faiblesse mais par envie. D'une certaine façon, il lui sembla contrôler l'espace d'un instant sa propre vie, et ce sentiment lui donna plus de confiance en elle.
Elle en était capable, peu importe ce que l'on attendait d'elle, elle savait désormais, qu'elle assumerait tous ses choix, quels qu'ils soient.

C'est elle qui était venu ici et c'était elle qui s'était offert à lui. Il aurait pu la refuser, la mettre à la porte mais à la place, il lui avait ouvert ses draps et quelque part, son coeur.
A sa façon, cette nuit là, elle en était persuadée, il lavait aimée.
Elle, l'intouchable, celle dont il ne voulait pas s'approcher, celle qu'il ne voyait qu'à travers des barricades avait finie par se retrouver nue contre son corps brûlant d'attention et de désir.

Blottie contre lui, elle ne pouvait s'empêcher de se remémorer cette soirée, et surtout les derniers instants. Un sourire sur les lèvres, son esprit avait du mal à redescendre sur terre.
Elle écouta un long moment son souffle ralentis par un sommeil profond, la main posée sur son torse se surélevait à chaque inspiration.

La pièce était plongée dans l'obscurité, car les braises s'étaient depuis longtemps éteintes, mais à travers l'unique ouverture dans le mur, le ciel s'éclaircissait déjà, annonçant une aube nouvelle dans deux heures au plus tard.
Avec ces quelques rayons elle ne se lassa pas d'observer le visage de son amant, gravant chaque détail dans sa mémoire.

La douleur de son corps meurtri par l'amour n'était rien en comparaison de la courbe de son nez, des contours de sa bouche, de l'os de sa mâchoire. Il paraissait si apaisé, que son propre sourire ne pouvait s'effacer même si elle savait pertinemment, que lui s'en voudrait le lendemain matin pendant que la migraine lui martèlerait les tempes.
Elle réprima un rire, oui, cela lui ressemblait bien.

Heureusement pour elle, ils ne se croiseraient plus jamais. Et au delà de la peine qu'elle ressentait à cette idée, elle était rassurée de savoir quelle n'aurait jamais à lire le regret profond qu'il afficherait désormais en sa présence. Elle ne pourrait le supporter, car elle ne regrettait rien. Au contraire.

Avec la délicatesse qui lui était propre, elle déposa un baiser sur le front de son amant et lui caressa quelques minutes les cheveux.
Et puis, sans un bruit, elle se glissa hors du cocon moelleux qu'ils formaient. Le froid de l'air lui donna la chair de poule et elle enfila sa robe rapidement.
Fouillant à l'intérieur de sa manche, elle en sorti son mouchoir de tissu, symbole de leur relation difficile, et le déposa sur le chevet du jeune homme.
Il en ferait bien ce qu'il voudrait, mais à ses yeux, le déposer ainsi était un peu comme enterrer la hache de guerre, un dernier geste de paix en signe d'adieu.

L'observant encore quelques instants, debout dans la pièce glacée et vide, elle murmura un dernier "adieu" et passa le seuil de la porte. Elle avait encore beaucoup à faire pour son départ, et cela n'attendrait pas que le château soit éveillé.
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Les adieux [Février 10]

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