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 L'arc blanc II [09/ 09]

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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: L'arc blanc II [09/ 09]   Mer 6 Nov - 21:38

Allongée dans son lit, au milieu des couvertures moelleuses, Acuité réfléchissait.
Soli…le fou de feu Roi Prospère. Soli, qui lui avait raconté il y a peu, que Brun Braveterre était le généreux donateur de son arc blanc. Sur le moment, elle n’y avait pas cru une seule seconde, même si la flamme de l’espoir brûlait toujours au fond d’elle.

Lors du repas pour l’arrivée de ses parents,  à l’apparition de la rouquine échevelée, elle avait songé à nouveau à ses mêmes paroles et son regard s’était égaré un instant sur le Maître d’Arme. En échange, elle n’avait eu qu’une expression interrogatrice de la part de se dernier. Elle avait finit par s’occuper du fond de son assiette, convaincue que son attitude était des plus malpolie.

Mais ce soir, seule dans son lit, ses pensées tourbillonnaient. Et si Brun était réellement celui qui avait offert l’arc ? Pourquoi ne s’était-il pas fait connaitre ? Pire…en dehors de ses essais avec l’arme, elle ne l’avait pas vu une seule fois. Il ne s’était même pas enquit de sa santé. Alors elle avait abandonné, se comportant comme il se devait pour son rang.

Mais ce soir, si tout était différent ?
Elle ne pouvait s’ôter cette idée de son crâne. Maudissant l’apparition de Soli ce midi, apparition qui l’avait replongée dans cette révélation et ses sentiments amoureux.

Poussant un grognement rageur, elle couvrit sa tête des draps et resta là, figée quelques instant. Que faire ?
Toute cette histoire la rendait folle. Elle ralluma la bougie de son chevet. La lueur mordorée éclaira l’arc, posé contre le mur accompagné du carquois qu’elle avait fabriqué. Cet arc qu’elle aimait tant sans même savoir d’où il provenait. A bien y réfléchir, qui d’autre qu’un Maitre d’Arme aurait pu avoir accès à pareille facture ? Non, c’était tout simplement impossible. Brun n’avait aucune raison valable pour lui faire ce cadeau. Seule une personne qui tenait véritablement à elle avait pu offrir un objet qui lui tenait autant à cœur.

La solution à son problème finit par apparaître d’elle-même quelques heures plus tard. La lune était haute depuis un moment, veillant sur cette myriade d’étoile illuminant ce ciel d’hivers. Dehors, le vent soufflait, chargé d’embruns marins et de sel. Elle frissonna.

Ses pieds heurtèrent le sol à tâtons et le froid du pavage la fit sursauter. Elle se redressa et tira sa chemise de nuit blanche de façon à couvrir ses épaules dénudées. Pour parfaire le tout, elle enfila une cape et encapuchonna son visage et surtout ses cheveux.

Après un soupir décidé, elle souffla sa bougie et se dirigea vers la porte à pas de loups. Fantôme dans la nuit, elle déambula sans un bruit autre que le bruissement de sa cape dans les couloirs du château. A cette heure avancée de la nuit, elle ne craignait pas de croiser diverses personnes. Le château était endormi. S’aventurant dans les couloirs qui menaient à la chambre du Maître d’Arme elle eut un moment d’hésitation et s’arrêta. Ce n’était pas correct. Et s’il dormait ? Pire…et s’il n’était pas seul ?

Elle secoua la tête et reprit sa marche. Sa volonté de connaître enfin la vérité la poussait toujours plus en avant. Peu importe qu’elle eut froid aux pieds, peu importe qu’elle ne soit pas apprêtée. Il l’avait vu dans un état bien pire. Lorsqu’elle arriva devant le seuil de bois, elle hésita une nouvelle fois. Puis finalement, après avoir jeté un coup d’œil à droite et à gauche pour s’assurer que personne ne la suivait, elle toqua à la porte, retenant son souffle dans l’attente d’une réponse.
Le cliquetis métallique du verrouillage s’enclencha et le visage de Brun apparut à travers la porte entrebâillée.

Elle réajusta le capuchon sur sa tête et murmura :

- J’ai besoin de m’entretenir avec vous…maintenant, précisa-t-elle.

Le regard qu’elle lui lança alors ne lui laissait pas le choix. C’était maintenant ou jamais, sa vérité était sur le point d’éclater.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Lun 11 Nov - 18:37

La journée avait été riche en événements et en contrariétés, et, la nuit tombée, le maître d'armes appréciait le calme solitaire de sa chambre. Attablé à son bureau, il lisait à la lumière des chandelles, mais ni l'esprit pratique des lettres de son régent ni les circonvolutions mystérieuses des vieux manuscrits ne parvenaient vraiment à lui divertir l'esprit. Glace était au château, avec un nouvel héritier en route et l'air bien décidé à fourrer son gros nez dans les affaires du Royaume. Il regrettait de ne pouvoir prendre cela avec la désinvolture de Vainqueur...

Quelques coups frappés à la porte n'eurent guère de mal à capter son attention vagabonde. Il faut dire qu'à cette heure avancée de la nuit, la chose était peu commune. Une urgence, ou une pensée royale trop géniale pour n'être partagée ? Il s'attendait plus ou moins à tomber nez-à-nez avec Vainqueur, ou avec quelque garde surexcité, quand il ouvrit la porte avec circonspection.

Pourtant c'est une silhouette de femme qu'il mit quelques secondes à discerner, dans l'obscurité ambiante. Les boucles blondes étant cachées sous un lourd capuchon noir, c'est au son de sa voix qu'il reconnut l'intruse :
- J’ai besoin de m’entretenir avec vous…maintenant.
Acuité Loinvoyant semblait bien décidée à pénétrer dans son repère, et il s'écarta mécaniquement pour la laisser passer, tandis que son esprit stupéfait cherchait une bonne raison à sa présence ici. Assurément quelque malheur était arrivé. Vainqueur ? Mésange ?

- Que se passe-t-il ? s'enquit-il avec une certaine appréhension.

Et puis la porte se referma avec un bruit sonore et il réalisa qu'aucune mésaventure ne justifiait un tel messager. Il vit alors la petite Duchesse qui se tenait dans la semi-obscurité devant lui, et ce qui l'entourait : son bureau encombré, le filet de Flamme qui reposait, huilé, en travers de son coffre, son lit à demi défait, et enfin lui-même, cueilli dans un semblant d'intimité, qui ne se devinait guère qu'à sa tenue négligée et à ses cheveux défaits, puisqu'il demeurait tout à fait éveillé. Elle était comme un chaton en porcelaine dans une salle d'armes : elle n'avait rien à faire ici, et il regretta aussitôt de l'avoir laissée entrer sans réfléchir à son geste.

- Cela ne peut-il attendre demain ? ajouta-t-il donc, embarassé, sans quitter le seuil de la porte désormais close.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Ven 15 Nov - 22:23

Lorsque la porte s’ouvrit, elle fut instantanément soulagée. A présent à l’abri des yeux et oreilles du château, elle pouvait rabattre son capuchon. Tout comme Brun avait détaché ses cheveux dans cette intimité qui lui était propre, Acuité n’avait pas de coiffure sophistiquée, comme en plein jour. La blondeur des boucles tombait simplement en un rideau épais sur ses épaules frêles. Elle garda cependant sa cape serrée, car entrainée par son coup de tête, elle était venue dans le plus simple apparat. Seule sa chemise de nuit la couvrait ce soir là.

La chambre de Brun, son odeur caractéristique de métal huilé, de cuir frotté et dans cet environnement nouveau, lui-même. Elle garderait longtemps le souvenir de cette nuit, où elle avait pris son courage à deux mains pour venir le voir et lui poser la question qui l’obsédait depuis un certain temps, cette nuit où ils s’étaient retrouvés tous les deux dans cette chambre, sans aucune étiquette ou presque.

Elle se doutait bien qu’il n’apprécierait pas ça, lui qui était plus qu’attaché aux convenances, mais elle n’en avait cure. Si elle ignora la première interrogation du jeune homme, elle ne put que se résigner à répondre à la seconde, car il lui parut évident que Brun était gêné. Il venait certainement de se rendre compte que la présence d’Acuité pouvait lui attirer des problèmes. De gros problèmes.

Aussi, après un dernier coup d’œil à cette pièce pour graver tous les éléments dans sa mémoire, elle se tourna vers lui. Ses mains agrippaient toujours la broche en métal, fermant sa cape lorsqu’elle murmura :

- Non.
Il y eut un silence et puis n’y tenant plus, Acuité relâcha ses mains en signe d’abandon et dans un soupir elle reprit :

- Oui…Non…Enfin oui. Mais si j’avais attendu demain, j’aurais passé une très mauvaise nuit, comme les trois dernières…et Brun…j’en ai assez de mal dormir.

Bien consciente que ces mots devaient manquer de compréhension pour lui, elle prit une grande inspiration et décida de se lancer. Après tout, elle n’avait plus rien à perdre et son sommeil lui manquait véritablement. Pâle par nature, de jolies cernes commençaient à marquer son regard sombre, signe de nuits difficiles et de journées trop chargées.

Reportant son attention sur le Maître d’Armes plus que sur ses pensées, elle le regardait droit dans les yeux alors que sa bouche murmurait ses quelques mots :

- Je…j’ai besoin de savoir….dites moi la vérité….l’arc blanc…c’était vous n’est-ce pas ?

Ses mains décidèrent de se joindre à nouveau sur sa cape, tandis que son regard ne cillait pas. Suspendue à ses lèvres en apnée, elle attendait qu’il prenne la parole et lui avoue enfin, ce que son cœur espérait.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Sam 16 Nov - 21:13

Perplexe, Brun laissa la petite Duchesse s'empêtrer dans ses mots et lui conter ses problèmes de sommeil. Il ne voyait pas trop ce qu'il venait faire là dedans, et ne pouvait s'empêcher de trouver la situation un peu ridicule. Le prenait-elle pour l'herboriste du château ? Venait-elle partager ses peines avec l'insomniaque de service ? Car il ne savait que trop ce qu'elle pensait traverser, lui qui fuyait le sommeil autant que le sommeil le fuyait. Et il devait reconnaître que malgré la puérilité apparente de ses propos, elle avait mauvaise mine.

Avec un patience relative, il attendit la suite. Car il était évident que tout n'était pas dit, et les paroles semblaient bloquées dans la poitrine d'Acuité. Qu'allait-elle bien pouvoir lui dire ? Il n'était plus inquiet quant à la gravité du message dont elle était porteuse, mais redoutait les révélations de l'adolescente.
- Je… j’ai besoin de savoir…. dites moi la vérité…. l’arc blanc… c’était vous n’est-ce pas ? souffla-t-elle enfin, et il sentit la lassitude, ainsi qu'une certaine appréhension, le gagner.

Il se détourna d'elle pour s'éloigner vers son bureau, en quête de chandelles qu'il alluma bientôt pour dissiper les ténèbres de la pièce. Puis il se rassit face au meuble, dans son fauteuil, la conversation prenant des allures de conciliabule. Il ne l'invita pas à prendre place, parce qu'il n'y avait pas de chaise. Si elle se sentait mal à l'aise, eh bien, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Il l'était lui aussi.

- C'est cela qui vous empêche de dormir ? Comme je vous envie... répondit-il avec une ironie qui ne parvint tout à fait à masquer sa préoccupation.
Comment pouvait-elle se faire du sang pour un simple cadeau ? Anonyme, certes, et cela avait sans doute de quoi intriguer. Mais de là à faire des nuits blanches à l'idée qu'il puisse être à l'origine du présent ? Cela en disait long des états d'âme d'Acuité, qui étaient précisément ce qu'il avait voulu éviter en livrant l'arc anonymement. Il n'avait pas voulu que ce geste soit mal interprété, et c'est ce qui était en train d'arriver.

- Qu'est-ce qui vous fait croire cela ? poursuivit-il évasivement, peu désireux de confirmer ses doutes.
Et puis, comme s'il doutait déjà de la réponse, ou qu'il redoutait de l'entendre, il reprit avec des airs de reproches qui le faisaient paraître plus vieux que son âge :
- A mon avis, c'est votre soif d'Art qui vous indispose. Vainqueur m'a dit que vous vous aventuriez trop vite dans la pratique. Vous devriez vous méfier de cette magie...

Il eut une pensée pour ce qui s'était passé au Tournoi, non pas dans la tente de l'infirmerie, mais sur la piste et dans les gradins, où les esprits de Vainqueur et Vaillant s'étaient mêlés jusqu'à se confondre, avec les conséquences que l'on sait. Et puis il ajouta, pour en revenir au sujet :
- On dort comme une pierre, d'habitude, à votre âge.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Sam 16 Nov - 22:01

Acuité était venue chercher la vérité et à la place, elle avait trouvé ironie et moquerie. La colère commençait à sourdre en elle, car il la traitait à nouveau comme une enfant. Une enfant capricieuse et irréfléchie.
Sans mot dire, elle le regarda s’installer dans son fauteuil. Lui qui habituellement ne s’éloignait pas de l’étiquette, se comportait comme un parfait goujat, comme pour lui indiquer qu’il n’appréciait pas sa présence ici. Comme si elle l’ignorait.

Elle accueillit les coups portés par ses mots, durs et chargés de reproches, les encaissant dans un silence morbide. Après avoir rassemblé tout son courage pour venir jusqu’ici, elle s’attendait à une remontrance sur cet acte inconsidéré, mais certainement pas à cette attitude condescendante qu’elle voyait pour la première fois chez lui.

Cela l’énervait. Ce foutu Maître d’Armes au cœur de pierre ! Comme elle aurait voulu le haïr.
Son visage déjà marqué par le manque de sommeil s’endurcit encore, et debout au milieu de la pièce, elle s’avança jusqu’au bureau derrière lequel il siégeait. Le sol était froid et elle regretta amèrement de ne pas avoir pris de souliers, mais malgré la chair de poule qui courrait sur sa peau blanche, elle se planta face à lui, le regardant de toute sa hauteur à présent qu’il était positionné plus bas qu’elle.

Soudain, elle posa ses mains sur le plateau de bois et se pencha en avant, pour mettre son regard droit dans le sien. Elle ne pouvait dire que l’idée lui avait été soufflée par Soli. Mais elle avait eu plusieurs jours pour songer à la possibilité de cette éventualité. Sûre d’elle, elle s’adressa à lui sur le même ton qu’il avait utilisé juste avant pour l’humilier.

- Laissez mon Art en dehors de tout cela, Vainqueur ignore ce que j’en fais, il a refusé de m’y former.

Inutile de lui indiquer qu’en matière d’Art, ses murailles étaient tellement bien dressées que nul ne pouvait pénétrer son esprit. Pas même le Maître d’Art. En contrepartie, elle avait du mal à se projeter dans l’Art mais c’était une tendance qu’elle souhaitait inverser dans les prochains mois. Par Eda, elle avait tant de projets à ce niveau !

- En outre, il serait temps de cesser de me regarder comme une enfant et vous, de cesser de vous comporter comme un vieillard aigri. (Elle croisa les bras sur sa poitrine en se redressant). Maitre Ordajonc ressemble à un jouvenceau en comparaison.

Cette attitude de la traiter comme une gamine l’exaspérait et avait réveillé une facette d’elle-même qu’elle n’appréciait pas du tout. Mais une fois en colère, il était difficile de calmer le feu ou la glace qui la recouvrait. Les deux brûlaient intensément.
Elle fit un tour sur elle-même et se mit à marcher lentement, en rond sans plus s’intéresser au Maitre d’Armes. Son regard se portait sur le plafond de temps à autre, tandis que ses mains se croisèrent dans son dos. Tout dans son attitude autant que dans ses mots n’était que provocation. Pourquoi ne pouvait-il pas la voir femme ?

- Vous sembliez très intéressé de me voir m’entrainer avec cet arc. Qui plus est, cette arme est de facture plus que remarquable. Qui d’autre au château à accès à ce genre de merveille ?

Ces arguments étaient plausibles. Elle ne pouvait croire en la parole de Soli, mais elle était las des faux semblants et lui semblait tourner autours du pot. Que cachait-il ? Etait-ce vraiment lui ? Non…après des jours et des jours de réflexion, elle était parvenu à la conclusion qu’il n’avait aucune raison valable pour lui faire ce présent, même si certains éléments le montraient du doigt.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Sam 16 Nov - 23:08

Furibonde, Acuité s'avança vers lui - et, à la lumière ravivée des bougies, le maîtres d'armes remarqua qu'elle allait pieds nus. Avec ses cheveux lâches, elle avait l'air tout juste sortie du lit, et il se demanda un instant ce qu'elle portait sous sa cape. Mais la petite Duchesse ne lui laissa guère le temps de s'attarder sur cette pensée dérangeante : elle se planta devant lui et l'agonit.

Vainqueur avait refusé de la former. Etait-ce sensé le rassurer ? Pourquoi même prenait-il la peine de s'inquiéter ?
Elle voulait qu'il cesse de la regarder comme une enfant. Mais qu'était-elle d'autre ? Quelle maturité montrait-elle en débarquant semi-nue dans la chambre d'un semi-inconnu ?
Elle le comparaît à Maître Ordajonc. Qu'y avait-il de mal à être précautionneux ? Faire preuve de prudence suffisait-il à faire de lui un "vieillard aigri" ? Et puis il y avait une différence majeure entre le Maître d'Art et lui : bien que cela représente une arme précieuse pour la guerre de Vainqueur, il désapprouvait cette magie, alors que le vieil homme l'enseignait. Mais l'Art, paraît-il, n'était pas la question.

- Vous sembliez très intéressé de me voir m’entrainer avec cet arc. Qui plus est, cette arme est de facture plus que remarquable. Qui d’autre au château à accès à ce genre de merveille? finissait-elle, tournant comme un lion en cage, tandis qu'il se tenait silencieux.
En lui, l'incrédulité de se voir traiter ainsi l'emportait sur la colère. Il se sentait vaguement indigné, vexé surtout, comme un adolescent de treize ans : un "vieillard aigri" !

- N'importe qui ayant de l'argent, répondit-il sèchement.
Et puis il tâcha de se reprendre, de surmonter cette envie puérile qu'il avait de rendre les coups. Il soupira et sa voix se fit pensive au souvenir des instants qui avaient succédé à l'attaque d'Acuité :
- Pour répondre à votre question, c'était bien moi, pour l'arc. Je ne me suis pas présenté comme tel, car je ne voulais pas que ce présent soit mal interprété - par vous, par votre chien de garde ou qui que ce soit d'autre.

Il s'entendait se justifier comme l'aurait fait un criminel, et la rage crût en lui. Se levant brusquement de son fauteuil, il reprit d'une voix vibrante :
- Devrais-je m'en défendre ? Devais-je être celui qui vous ramène les débris de votre ancienne arme, après ce que vous veniez de vivre ? Ils sont encore là : reprenez-les, si cela vous sied davantage.
Il s'éloigna à grands pas vers son coffre. Le filet de Flamme tomba au sol avec un bruit sonore quand il l'ouvrit. Il fouilla un instant et en ressortit bientôt les malheureux morceaux de bois, qui pendaient comme des damnés au bout de leur corde.

- Mais j'y pense : encore une chose qui vous appartient, dit-il en lui tendant le manche ouvragé d'un poignard qu'elle connaissait bien.


Dernière édition par Brun Braveterre le Sam 23 Nov - 20:45, édité 1 fois
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Dim 17 Nov - 11:09

La colère les emportait tous les deux. Et lorsqu’il avoua enfin être le généreux donateur, elle resta figée. Soli avait raison. C’était bien lui. Elle avait raison.

Retournant cette affirmation de toutes parts dans sa tête, elle avait encore et toujours du mal à y croire alors que les mots sortaient de la bouche de Brun lui-même. Pourquoi avait-il fait cela ?
Pourquoi n’avoir rien dit et plus important encore, pourquoi lui avoir fait un tel cadeau ? Peur d’être mal interprété ? Comment pouvait-on mal interpréter un présent ? On offre des choses aux personnes auxquelles on tient en temps normal. Ou alors aux personnes par lesquelles on souhaiterait se faire bien voir. Brun ne correspondait à aucune de ses catégories alors pourquoi ?

Son chien de garde ? Par Eda de qui parlait-il ? Tout ceci la dépassait car cela n’avait aucun sens. De la même manière qu’après l’attaque, c’est auprès de lui qu’elle s’était éveillée. Pourquoi agissait-il comme quelqu’un qui se souciait d’elle alors qu’à plusieurs reprises il lui avait bien fait comprendre que ce n’était pas le cas. Elle songea quelques instants au discours qu’il lui avait tenu lors de son essai de l’arc. La pitié. Alors il avait fait tout ça par pitié ?

Elle aurait du se réjouir d’un tel présent de sa part, mais la tournure des évènements et les paroles du jeune homme la mettait hors d’elle, et lorsqu’il se leva brusquement de son fauteuil, l’attaquant à nouveau de ses mots, elle sursauta dans les ténèbres. La lumière de la bougie vacilla alors qu’il passait à côté d’elle en trombe pour ouvrir son coffre.

Sa voix tremblait tout autant que la lueur mordorée et elle comprit qu’il était blessé ou bien vexé comme un pou, elle n’aurait pu le dire. Pourtant, malgré  ce comportement puéril, ses paroles étaient blessantes, et elles touchèrent Acuité de plein fouet, tandis qu’il lui tendait les débris de son arme et sa dague de chasse.
Il aurait pu la jeter au fin fond d’un puits c’eût été pareil. Elle se sentait glacée de l’intérieur, humiliée et blessée par cette méchanceté soudaine.

C’est alors qu’elle se rendit compte à quel point elle tremblait. Même dans cette obscurité, il le remarquerait pour sûr. Mais ce n’était pas le sol glacé qui l’a plongeait dans cet état.

Lentement, comme dans un rêve, elle se saisit des objets qu’il lui tendait, alors que son regard, chargé d’émotion se posait sur ce visage tant aimé. Elle fit un effort qui lui sembla surhumain pour ravaler ses larmes car ce qu’il lui rendait représentait tant à ses yeux. Ses deux objets, qu’elle croyait perdu à jamais.
Elle détourna la tête un instant pour inspirer et calmer ses tremblements. Un cocktail détonant d’émotions la traversait de part en part et la première chose qu’elle eut envie de faire, était de se jeter sur lui, mais elle ignorait si c’était pour l’enlacer ou bien le frapper.
Cet homme….qui n’était pas capable d’être franc avec elle par peur d’El sait quoi.

Elle rangea la dague dans une poche intérieure de sa cape, dégageant ainsi les pants de tissu pour laisser apparaître sa chemise de nuit.

- Peur d’être mal interprété ? Comment diable peut-on mal interpréter un présent ? Et qui est ce chien de garde dont vous parlez ? N’avez-vous pas remarqué à quel point je suis seule ici ?

L’aveu de cette solitude avait franchi ses lèvres sans qu’elle ne s’y attarde et c’est la peine au cœur qu’elle continua.

- Je devrais surement vous remercier de m‘avoir cru suffisamment stupide pour ne pas vous retrouver ou suffisamment cupide pour accepter pareil don sans me soucier de sa provenance.

Elle soupira et se détourna de lui pour aller s’assoir sur le rebord de son lit sans même se rendre compte que l'image pouvait paraître déplacée. La lassitude la gagnait quant à ce rapport conflictuel qu’ils entretenaient. Cette relation à sens unique qui la détruisait. Elle laissa choir les restes de l’arc sur le sol avant de prendre son visage entre ses mains. Puis elle les glissa dans ses cheveux défaits pour se donner un semblant de consistance car elle se sentait vide comme une coquille d’œuf, et tout aussi fragile.

- Il y a quelques temps… vous m’aviez dit ne pas m’hériter l’attention d’Acuité Loinvoyant, pourquoi aurais-je mérité celle de Brun Braveterre ?

Il était celui qui s’était porté à son secours, il était celui qui lui avait sauvé la vie et lui avait rendu des objets auxquels elle tenait tant. Et plus que ça, il était celui qui lui avait fait don du plus précieux présent qu’elle possédait à ce jour. Il n’aurait pas pu mieux choisir pour la combler.
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Sam 23 Nov - 21:24

Les yeux d'Acuité vacillèrent quand il lui tendit ses biens, et il regretta de ne pas les avoir laissés enfouis. Mais c'est elle qui était venue remuer le passé. Elle était trop curieuse et lui-même trop brutal. D'où venait à ce petit bout de fille cette capacité à le mettre hors de lui ? Sans doute de sa tendance à noircir ses meilleures intentions. Il était aussi prévenant que possible et se retrouvait toujours pris en faute, comme un homme indigne ou un enfant maladroit.

Hier, il avait décliné ses avances, et on l'avait accusé (ce chien de garde qu'elle prétendait ne pas connaître) d'attenter à sa dignité.
Aujourd'hui, il avait voulu remplacer son arc brisé, et on l'accusait de la croire bête ou cupide.
Alors, oui, les gestes de bonté pouvaient être mal interprétés. 

Et voilà qu'elle s'asseyait sur son lit et prenait sa tête dans ses mains. Par El, comment allait-il se tirer de cette situation ? Il imaginait déjà Taebryn, ou Vainqueur, ou même Glace pénétrer à l'improviste dans sa chambre et découvrir la jouvencelle en chemise de nuit sur son couchage, à cette heure avancée de la nuit. C'étaient sans doute des pensées bien égoïstes suite aux confessions de la jeune fille, mais elle ne semblait guère consciente des risques qu'elle leur faisait courir à tous deux. Lui-même naviguait, indécis, entre gêne, colère et culpabilité.

- Il y a quelques temps… vous m’aviez dit ne pas mériter l’attention d’Acuité Loinvoyant, pourquoi aurais-je mérité celle de Brun Braveterre ? reprit-elle, et il fut surpris qu'elle se souvienne de ses paroles d'alors. C'était ce qu'il avait trouvé, sur l'instant, de plus élégant pour lui faire sentir le caractère déplacé des sentiments qu'il venait juste de percer à jour, et croyait alors inconséquents. Mais force était de constater que la petite Duchesse avait de la suite dans les idées...

Elle attendait manifestement une réponse et, après quelques pas nerveux le long de la pièce, il répondit avec toute la sincérité dont il était capable :
- Cela n'a rien à voir, vous le savez bien.
Il ne se sentait pas tenu d'expliquer qu'il ne s'agissait pas du même type d'"attention". Cela n'était-il pas évident ?
- Vous êtes la cousine de Vainqueur, et une élève talentueuse. Vous méritez de qu'il y a de mieux en matière d'armement.

Et, conscient que sa réponse n'était sans doute pas satisfaisante, il poursuivit :
- Je peux comprendre que l'idée que cette arme vienne de moi vous embarrasse. Je n'en prendrai pas ombrage si vous décidez de la rendre. Toutefois, je préférerais que vous la gardiez.
Elle est faite pour vous, pensa-t-il, mais il ne formula pas les choses ainsi.
- Vous avez besoin d'un nouvel arc, adapté à votre taille. Et puis ce n'est qu'une arme, après tout.

- Vous n'avez qu'à oublier qu'il est de moi - ce que, de toute façon, vous n'auriez jamais dû découvrir, marmonna-t-il en retournant vers son bureau, effleurant des doigts, pensif, la flamme d'une chandelle.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Dim 24 Nov - 21:26

- Cela n'a rien à voir, vous le savez bien.
La phrase résonna dans sa tête un moment.
Si, cela avait tout à voir justement.

Alors voilà, tout se résumait donc à cela? Parce qu'elle était la petite cousine de Vainqueur et parce qu'elle était bonne élève, il avait trouvé approprié de lui offrir un tel présent. Soli avait tout faux. Et Acuité se mordit la lèvre d'avoir laissé naître pareil espoir au fond d'elle.
Brun, un prétendant?

Pfff, vu de l'extérieur cette situation devait être risible et lamentable. Comment avait-elle pu croire une seule seconde qu'il ait pu éprouver ne serait qu'un infime sentiment d'affection envers elle.
Il n'avait agit que par rapport à son rang, rien de plus. Mais alors, pourquoi avoir caché l'origine du cadeau? S'il n'avait rien à se reprocher, il aurait pu le lui dire.

Ce n'était qu'une arme hein? Pour lui peut-être, pour elle non. Durant sa convalescence, on lui avait rendu visite, offert des fleurs, offert tout un tas de présents utiles ou plaisants pour une Dame, pas pour elle.

Cet arc, était le seul don qui lui correspondait, et il lui avait été offert par un homme pour qui elle ne représentait rien.
Lorsqu'il prononça sa dernière phrase, elle se leva d'un coup et s'approcha de lui furibonde les poings serrés. Oublier qu'il était de lui?
L'envie de le gifler surgit comme un bourrasque et elle du faire preuve de toute sa concentration pour ne pas se laisser aller à pareil acte.
A chaque fois qu'elle se retrouvait en sa présence, il la brisait un peu plus. Anéantissant ses rêves au fur et à mesure. L'humiliant sans même s'en rendre compte, comme s'il la renvoyait à de basses besognes.
Et lorsqu'il décidait de lui faire don du parfait cadeau, il se désistait au lieu d'assumer son geste.

Le coeur aussi serré que les dents, elle resta planté là devant lui un instant dans le silence. Son sang bouillonnait, mais les larmes lui piquaient les yeux, refroidissant le feu qui envahissait son corps.
- J'ai cherché pendant des semaines d'où pouvait bien provenir cet arc, et vous voudriez simplement que "j'oublie" qu'il vienne de vous maintenant que je le sais?


Elle était comme le gibier blessé. L'envie de se débattre dominait à travers une rage de s'être laissée avoir, mais la lassitude et aussi l'idée d'une fin proche la mettait à nue.
Elle se sentait aussi forte que vulnérable et elle ne supportait plus ces sentiments.

- Je vous en veux, commença-t-elle doucement avant de reprendre plus fort :
- Même si vous vous en fichez, je vous en veux. Je vous en veux de m'avoir caché la vérité, je vous en veux d'être venu à mon secours..et pire que tout, je m'en veux à moi même, d'avoir vu des signes à travers vos agissements. Je pensais sincèrement que vous aviez de l'affection pour moi....et je découvre ce soir que ce que je prenais pour des sentiments, n'étaient en fait que simple considération liée à mon rang.

Elle eut un rire nerveux et triste, tandis que ses bras se décrispaient le long de son corps tremblant.

- Je pensais que le soulagement que j'avais remarqué dans votre regard après l'attaque m'était destiné, mais en fait il ne s'agissait que du soulagement d'avoir récupéré en un seul morceau une Loinvoyant.

Alors elle  détourna son regard de lui et agrippa ses propres manches, comme pour s'enlacer elle-même en un mouvement protecteur. Comment avait-elle pu être si stupide?
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Mer 27 Nov - 20:49

Brun détourna un instant les yeux de la chandelle pour apercevoir la jeune fille qui fonçait dans sa direction, les poings serrés. Elle demeura quelques secondes silencieuse ainsi - quelques secondes durant lesquelles il se demande si elle allait lui sauter à la gorge ou fondre en larmes, ou peut-être les deux à la fois. La situation frôlait l'absurde, ce qui ne s'arrangea pas avec ses premières paroles. Était-elle véritablement en train de lui reprocher de l'avoir sauvée ? Elle devait avoir la fièvre, ou bien la déraison l'avait-elle totalement emportée.

- Et pire que tout, poursuivait-elle, je m'en veux à moi même, d'avoir vu des signes à travers vos agissements. Je pensais sincèrement que vous aviez de l'affection pour moi... et je découvre ce soir que ce que je prenais pour des sentiments, n'étaient en fait que simple considération liée à mon rang.

Il comprit mieux, alors, mais regretta presque son ignorance. Avait-elle pris son geste pour une faveur galante ? Par El... il avait voulu éviter les fausses suppositions et les commérages, mais il avait en fait réveillé bien pire : une curiosité prête à interpréter le monde d'après ses propres désirs. Acuité était-elle venue ici dans le but de confesser quelque déclaration d'amour ? Pouvait-elle envisager sérieusement qu'il prenait des masques pour lui faire la cour ?

Il demeurait pantois, mais les mots qui suivirent suscitèrent dans son esprit incrédule un sursaut d'indignation. Il se tourna vers elle et, s'imposant le spectacle de sa souffrante silhouette, répondit :
- Vous m'insultez. Croyez-vous que je fais des cadeaux à toutes les héritières du château ? Croyez-vous que je jauge une vie humaine au pesant de sang-bleu qui court dans ses veines ? C'est bien mal me connaître, et vous devez avoir fort mauvaise opinion de moi pour nourrir pareilles pensées.

Il se rassit, comme pour mettre une certaine distance entre elle et lui, et reprit d'une voix plus réfléchie :
- Bien sûr vous êtes une Loinvoyant, et je vous traite comme telle. Votre rang ne décide pas de qui vous êtes, mais de quel sera votre avenir - un avenir dans lequel, bien que vous refusiez de l'entendre, je n'ai aucune place. Je ne suis qu'un maître d'armes, comme l'a souligné aujourd'hui votre père. Et n'aspire pas à quoique ce soit d'autre.

Les choses étaient claires et, il l'espérait, elle reprendrait bientôt ses esprits, pour son propre bien et pour leur paix à tous les deux.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Lun 16 Déc - 22:16

Elle l'écouta sans mot dire. Elle le regarda mettre de la distance entre eux, et couplée aux paroles cruelles qu'il prononça, les choses lui apparaissaient plus clairement.

Assis, sur dans son fauteuil, il paraissait plus petit qu'elle et elle le considéra un instant. Lui, le maître d'armes, se prenant pour un être quelconque alors qu'il était propriétaire de terres et qu'il se trouvait dans les petits papiers du Roi en personne.

Elle ne put s'empêcher de sourire, face à la façon dont il se rabrouait.

- "JE" vous insulte? commença-t-elle incrédule. Ah! Vous m'en direz tant! Je suis là, en plein milieu de la nuit pour comprendre ce geste totalement...incompréhensible de votre part et depuis mon arrivée, vous me faites tourner en rond. J'ai mauvaise opinion de vous? Vraiment?
Quand je vous demande pourquoi vous m'avez offert cet arc sans rien dire, vous me soutenez que c'est un cadeau banal pour une personne douée à l'arc et lorsque je reprends vos propres mots, " je vous insulte" parceque je crois que ce présent est quelconque....Allons...Brun...sérieusement?


Elle fit un tour sur elle même pour se calmer, lentement, puis fit quelques pas afin d'observer les décorations plutôt sobres de cette chambre et reprendre son souffle de façon la plus naturelle possible.
Un soupir long s'attarda sur ses lèvres qui formaient à présent une moue. L'impression d'être en permanence dans une impasse lui pesait.

Arrivée à la porte de la chambre, elle se tourna subitement dans sa direction et croisa son regard. Lui aussi paraissait las, pourquoi avaient-ils tant de mal à communiquer lorsqu'ils ne tenaient pas un arc entre leurs mains?

Appuyée contre le bois, elle pouvait sentir le grain de la matière sous ses doigts frêles. Elle profita de cette sensation un instant, avant de rétorquer d'une voix ferme :

- Je n'ai jamais souhaité vous faire une place dans mon avenir, quel qu'il soit. Que croyez-vous donc? que je rêve de me marier par amour et de devenir la parfaite Duchesse que tout le monde attend? Laissez mon rang et mon père en dehors de cela, je me bats suffisamment au quotidien pour que ni l'un ni l'autre ne régisse ma vie.

Il était étrange de vider son sac comme cela, simplement. A qui avait-elle déjà avoué vouloir se détacher de cet avenir qui lui était promis? Personne hormis la lune peut-être. Plutôt que de se sentir honteuse, elle se sentait soulagée bien que dans l'attente. Brun était bien trop sérieux pour embrasser son besoin de liberté et de vivre au présent, il lui ferait la morale, s'indignant de ses paroles légères sans véritable sens pour lui.
Que pouvait-il comprendre à ce qu'elle ressentait? Vouloir tout vivre, maintenant. L'avenir était trop incertain pour que l'on puisse avoir confiance en lui.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Sam 21 Déc - 13:43

Il ne servait à rien de vouloir être raisonnable, puisque manifestement, Acuité était résolue à tout prendre de travers. Impassible mais las, Brun l'écouta l'accabler encore, en dépit de tout bon sens : il la faisait tourner en rond depuis son arrivée ? C'était ridicule, d'autant plus qu'ils s'étaient scrupuleusement évités depuis la scène de l'infirmerie. Il était clair qu'il aurait mieux fait de s'abstenir pour l'arc, puisqu'à ses yeux le présent ne pouvait être que passionné ou protocolaire. Un geste simple et sincère était apparemment inconcevable pour la jeune fille, et il se jura qu'on ne l'y reprendrait plus.

Il attendait désormais que la tempête finisse, quitte à essuyer des rafales. Elle s'éloignait vers la porte et il songea avec soulagement que cette confrontation absurde touchait à sa fin. Mais Acuité fit volte-face et, appuyée contre le bois, confessa ses dernières vérités.

Elles auraient pu l'affecter, en d'autres circonstances ; mais il était tard, et il en avait assez de jouter. Sans pouvoir les condamner, lui qui avait abandonné sa charge, il les avait trop souvent entendues dans la bouche de Vainqueur. Le sujet était battu et rebattu pour lui, et c'est avec facilité qu'il répondit :
- Le pouvoir vous attend.
Sans parler de ses responsabilités envers le peuple de Béarns.
- Ne voulez-vous pas écrire l'histoire des Duchés ?

Il se leva, la rejoignit et, d'une main douce mais ferme, entrouvrit la porte qui séparait sa chambre du couloir plongé dans l'obscurité.
- Bonne nuit, Acuité.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   Sam 4 Jan - 21:39

Aussi simplement que cela, il la congédia. Le geste était horriblement humiliant pour elle, en général, c'était elle qui donnait les ordres.
La discussion lui parut alors close. Quoiqu'elle eut pu ajouter, cela n'aurait rien changé. Brun campait sur ses positions avec un entêtement insensé.

Au final, aucune explication satisfaisante n'avait été donné, et la jeune duchesse regrettait amèrement d'avoir traversé la nuit pour lui. Avec ces regrets, s'ajoutait la peine sincère qu'il avait provoqué chez elle.

Meurtrie, elle se devait pourtant de rester digne face au Maître d'Armes. Ces sentiments envers lui n'avaient que trop duré. Ces souffrances, ces questions, elle n'en pouvait plus; et le fait qu'il mette lui même un terme à leur entrevue finit de l’assommer.

Sans même le regarder, elle murmura :
- Le seul pouvoir qui m'attends réside dans mes capacités d'Art. Quant à l'histoire des Duchés...

Elle soupira. Elle préférait que l'histoire des Duchés s'écrive sans elle. Brun ne l'avait peut-être pas encore remarqué, mais la jeune blonde avait la fâcheuse manie de ne jamais obtenir ce qu'elle convoitait ardemment.

Toujours sans hausser le regard dans sa direction, elle se mit en marche, mais pas pour gagner directement la sortie. A côté du lit du jeune homme, elle avait précédemment laissé choir les morceaux de son ancien arc, il était hors de question qu'elle reparte sans.

Quand elle fut à nouveau à son niveau, elle le regarda enfin et tâcha de cacher sa déception et sa peine dans ses prunelles noires. Elle esquissa même un sourire maladroit, forcé, pour détendre un peu l'atmosphère.

- Pardonnez donc cette intrusion tardive, cela ne se reproduira pas. Tout est clair à présent.

Et sur ses mots, elle rabattit son capuchon sur sa tête, prête à partir. Ses pas hésitèrent et elle resta un moment à proximité du Maître d'Arme, sans bouger. Elle devait mettre un terme à ses sentiments stupides, insensés. Mais comment? L'éviter durant quelques temps n'avait pas suffit, elle avait brûlée en silence de le retrouver à un moment ou un autre.

Son envie de le détester était aussi forte que celle de changer, mais là encore, elle s'en savait incapable. Elle posa son regard sur lui à nouveau, et se hissa sur la pointe des pieds afin de déposer un baiser sur sa joue en guise d'adieu. Mais elle suspendit elle même son geste dans le vide, avant de finalement franchir la porte en chuchotant un "bonne nuit" tout aussi furtif que ses pieds nus.

Elle s'arrêta quelques mètres plus loin et sans se retourner lui dit simplement :
- Et merci.

Alors elle s'enfui dans la nuit sans même attendre qu'il ne referme la porte. Tout était clair à présent. Elle ne prêterait pas attention à ce présent. Elle utiliserait cet arc comme l'ancien et elle finirait par oublier qu'il venait de lui.

Déambulant dans les couloirs, à l'abris des regards, elle réfléchissait à ce que serait son quotidien dorénavant, pour oublier cet homme.
L'éviter, se concentrer sur d'autres choses. L'art, l'épée, l'arc.
Elle pourrait aisément occuper ses journées, mais pourrait-elle endurcir son coeur à son encontre? Elle l'ignorait.

Les premières larmes perlèrent à ses yeux lorsqu'elle arriva dans sa propre chambre et c'est le visage humide, qu'elle s'emmitoufla dans sa couverture.
Comment pouvait-on devenir froide et dure comme la pierre?
Comme une illumination, l'idée s'imposa d'elle même. Son père.
Depuis des années il cherchait à l'introduire en tant que future Duchesse et Acuité avait toujours esquivé ce genre de leçons.
Peut-être fallait-il profiter de sa présence au château pour apprendre à devenir cette Duchesse parfaite que tous semblaient attendre?
Et avec un peu de chance, peut-être qu'un peu du caractère de Glace teinterait le coeur trop tendre de la jeune femme.

~ TERMINE ~
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MessageSujet: Re: L'arc blanc II [09/ 09]   

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L'arc blanc II [09/ 09]

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