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 Quand on arrive en ville [ avril - 16H]

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MessageSujet: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Sam 18 Déc - 19:52

Le deuil en guise de cape, Brasier resta quelques instants à contempler la ville du haut de la falaise. Silhouette volontaire et massive se découpant sur le gis du ciel, ce n'était pas de bonnes nouvelles qui l'avait poussées à rejoindre le château du roi, bien au contraire. 10 ans qu'il n'était pas venu. Dix années qui avaient passées comme dans un rêve et dont il avait fini par se réveiller, douloureusement.
Son fils était mort, assassiné, et il venait réclamer justice au près du roi.
D'un pas il bascula sur le chemin qui descendait vers la ville.
Ni sa colère ni sa force n'avait décru durant les deux semaines de marche qu'il lui avait fallu pour rejoindre Bourg-de-Castelcerf. La route n'avait pas été clémente avec lui et l'hiver, tardif cette année, lui avait joué plus d'un tour. Tant et si bien qu'il avait tous les atours d'un vieil ermite ne sortant qu'une fois l'an de sa caverne. Dépourvu de l'escorte qui sied à un noble, il n'eut aucun mal à se mêler à la foule de la ville. Avant de tenter sa chance au château, il souhaitait s'informer sur la situation à la cour. A la taverne, dès les premières discussions traitant de guerre avec Chalcède, il sut qu'il avait décliné trop d'invitations à la cour. Labour n'était pas un duché d'intérêt si ce n'est pour y vivre, et les années passant, du moment que le commerce fonctionnait et que les bandits de grand chemin était gardé en respect, Brasier s'était installé dans sa petite routine, oubliant presque qu'il existait un monde en dehors. Un monde sur le pied de guerre. Pas étonnant que les précédents messagers en provenance de son duché soient passés inaperçus à la cour. Le roi avait d'autres chats à fouetter.

Il était loin le temps du roi Prospère...
Le temps de prendre conscience du gouffre qu'il lui restait à combler avant de pouvoir s'inviter à la cour, Brasier finit sa bière, tout seul dans son coin. L'après-midi ne faisait que commencer, il n'y avait donc pas beaucoup de monde dans cette taverne proche du port, mais suffisamment pour ce qu'il avait à faire.
D'un geste, le duc réclama deux autres pintes. Une fois servi, il se leva et s'approcha de son plus proche voisin, ce dernier étant lui aussi seul à sa table.
Levant une chope, un sourire jovial sur le visage, Brasier s'empressa de l'accoster sans autre forme de procès:

"- Bonjour l'ami! Une bière contre des nouvelles du pays?"

Sobre, pour l'instant, mais efficace. Heureusement, Brasier n'avait pas toujours vécu dans son château et avait vu suffisamment du pays pour passer pour un honnête artisan.
Tout, de ses mains de travailleurs à son parlé le désignait ainsi. Il n'y avait bien que son autorité naturelle pour donner un indice sur sa vraie nature.
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flèche tigraine

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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Mer 22 Déc - 10:10

" Tu m'as vu, tête de morue?"

Question charmante, n'est-il pas? Celle qui la posait, du haut de ses trois pommes de haut, ne l'était pas moins. Poings sur les hanches, regards furieux, elle dardait sa fureur contre le fameux Alix Tête-en-bois, fils du non moins célèbre fabricant de marionnettes. Son crime? Se croire plus malin et plus costaud que tout le monde et en profiter pour écraser son prochain dès que possible. Pour l'heure, il barrait le chemin de Flèche, l'empêchant de fuir après son larcin alors que sa victime la poursuivait; elle pouvait l'entendre vociférer de plus en plus fort dans son dos.
A situation critique, solution expéditive.

" Tu me r'verras, tête de rat!"

Et paf! Flèche lui avait foncé dans le ventre, tête baissée, y mettant toutes ses forces (et tout son poids, mais ça, ça comptait pas) pour que l'impact lui libère un minimum la voie. Prit par surprise et un peu déséquilibré, Alix n'était pas un adversaire facile pour autant. Il lui attrapa le bras juste avant qu'elle ne s'échappe mais, petite anguille, au lieu de lutter en tirant de toutes ses forces contre sa prise, Flèche suivit le mouvement de cette étrange danse jusqu'à se placer dans le dos du monsieur, à bout de bras.
Mouvement imprévu, Alix n'y avait pas préparé ses appuis, et d'une simple pichenette au niveau des jambes, Flèche lui fit perdre l'équilibre. Le jeune homme s'effondra, les deux mains dans la bout de ce chemin de traverse.
Mission accomplie! Sans demander son reste, la miss reprit sa course; c'est qu'elle avait perdu beaucoup trop de temps avec tout ça, et que sa victime se rapprochait dangereusement.
D'un coup d'œil par dessus son épaule elle le vit arriver au début de la rue, la cherchant du regard, mais déjà, elle prenait à gauche.

Ce qui l'avait mené à l'auberge du poisson d'argent? Une épine dans son doigt de pied, une poussière dans l'oeil, un grain de sable dans la farine! Alix! Toujours lui! Le marchand à qui elle avait volé ce pot de miel? Il avait très vite abandonné l'affaire. Non, si Flèche se trouvait là, c'était bien grâce à ce monsieur, là, au fond, entrain de discuter avec le patron; le maître ébéniste, reconnu dans tous les duchés pour la finesse de son travail, particulièrement lorsqu'on lui commandait une marionnette. Le père d'Alix.
Encore toute essoufflée de sa course, elle avait traversé la taverne, non sans surveiller ses arrières et repérer qu'Alix était entré à sa suite; puis elle s'était assise à côté du maitre. Le temps qu'on s'interroge sur sa présence à table, elle avait ménagé un petit suspens, puis posé la question:

"T'as utilisé qui pour ta dernière marionnette? Y en a qui disent qu'elle ressemble à une fille à Danglin. Perso, j'vote pour la p'tite Grisou, l'orpheline de Bord des sables qu'on voit plus dernièrement. Et tu veux toujours pas m'donner ton secret de fabrication? T'es pas obligé de tout m'dire, t'sais. Mais c'est d'la magie ou pas? J'aimerais bien qu'tu me l'dises."

La rumeur selon laquelle l'ébéniste utilisait de vrais enfants pour faire ses marionnettes tellement elles étaient réalistes, c'était Flèche qui l'avait lancée. L'ébéniste en question en était très conscient, mais il ne lui en voulait pas pour autant, se flattant plus qu'autre chose de cette rumeur. Ce qui ne le disposait pas pour autant à se faire déranger par une mioche pendant sa pause, ni à révéler son secret.

" ça, j'te l'dirais bin ma ptiote, mais faudrait que tu soyes du genre à la fermer plus de 10 minutes."

Et à sa tête, on voyait qu'il n'y croyait pas. Et pour cause, Flèche avait toujours eu une grande gueule, du genre qui parle plus vite que son ombre. Mais d'une moue butée, la miss lui montra qu'elle acceptait le défi, et d'un coup d'oeil, elle vérifia si son petit manège avait eu l'effet escompté. Alix? Plus de Alix! Un peu soulagée, même si elle savait que le jeune homme devait encore l'attendre devant la porte et qu'il lui faudrait passer un bon petit bout de temps ici avant qu'il ne se lasse, elle se mit à la recherche d'une occupation.
Sans parler.
Héhé.
Elle savait ce qu'elle allait faire. Jouer au roi du silence avec Briss. Un défi de taille, puisque le monsieur était sourd muet. Tien, et justement, il y avait quelqu'un qui essayait de communiquer avec lui. Un vieux qu'elle connaissait pas et qu'avait les cheveux argentés.
Ni une ni deux, elle lui tapota sur l'épaule pour attirer son attention.
Puis, de quelques gestes (puisqu'elle avait décidé de prouver qu'elle pouvait ne plus parler pendant plus de dix minutes...), elle lui fit comprendre que le gars, là, il parlait pas. Pour l'instant, ça allait, on pouvait comprendre ce qu'elle racontait. C'est quand elle se lança dans une grande explication à base de: tous les autres parlent, vous avez vraiment pas eu de chance de tomber sur le seul qui parlait pas. Là, Brasier pouvait se sentir pomé. Flèche, quant à elle, s'amusait follement.
Et elle n'était pas la seule. DU coin de l'oeil, deux trois personnes observaient son manège et le nouveau venu, un sourire moqueur aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Lun 31 Jan - 15:13

Brasier n'était pas du genre à se laisser détourner de sa route, et encore moins à se laisser impressionner. Ours dans l’âme, il avait la stature et le tempérament associé à son animal totem, et personne n’aurait pu en douter. Aussi, quand il s'était rendu compte que son interlocuteur ne répondait pas à sa question, pourtant simple, il n'avait pas perdu de temps en conjectures et, d’un grondement de bon de gorge, avait manifesté son mécontentement. Le regard sombre, il s’était mit au devoir de balayer l’assemblée à la recherche d’un individu un peu plus coopératif quand il était tombé sur une drôle de petite bouille.
Surpris, il fallait bien avouer qu’il l’avait été, juste le temps de se reprendre pour mieux passer à autre chose. Inutile de se demander 15 ans ce que pouvait bien fabriquer une gamine de cet âge dans ce genre d’endroit. Tout pouvait arriver et ça, c’était quelque chose qu’on ne pouvait pas remettre en question. Sans oublier que les gamins, il avait appris à ne pas perdre leur temps avec. C’est qu’ils avaient des choses à raconter, mais que la grande majorité était parfaitement inintéressante ; et le père Brasier, il n’était pas du genre patient. Et ce n’était pas peu que de le dire.
Sauf que la gamine faisait vraiment des trucs bizarres. Elle ne disait pas un mot mais lui adressait des signes. Sourcils froncés, brasier arrêta son regard sur elle le temps de comprendre ce qu’elle racontait.
Le gars, là, il ne parlait pas. Jusque là, ça allait. Mais c’était après que ça se corsait. Sans oublier que deux sourds dingues dans une même pièce, ça commençait à faire beaucoup.

- Il n’y a donc personne de normal ici ?! S’offusqua le monsieur.


C’est qu’il commençait de désespérer. Trouverait-il un jour les renseignements qu’il cherchait ?
Ayant perdu toute l’amabilité qu’il s’était forcé jusque là à afficher, Brasier repoussa la demoiselle de côté pour mieux passer.

- Allez, pousse-toi gamine, j’ai à faire.

Et sans se soucier qu’elle se pousse de côté ou pas, il poursuivit son chemin.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Dim 6 Fév - 22:54

Quel gueusiaud sans manières! Flèche n'en croyait pas ses écoutilles, bouche grande ouverte et yeux comme des billes alors que le vieil homme avait manqué l'écraser. Heureusement qu'elle s'était poussée dite donc. Sinon elle aurait bel et bien finie aplatie à ce qu'il semblait.
Le rustre!

"- Mais..." se contenta-t-elle de protester tout en négociant quelques pas de côté, empressée et perplexe. Sur le moment, les mots lui manquèrent, mais ils ne tardèrent pas à faire leur apparition, en rafale.

"- Vous pourriez faire attention, grosse brute. C'est qu'il faudrait voir à pas prendre mes pieds pour les fesses à Chatim'!"

ça, c'était pour la partie prononcée à haute et intelligible voix. Pour le reste, elle se contenta de ronchonner juste avant de conclure:

"- Et surtout, vous excusez pas, y a pas mort d'homme après tout."

Le tout saupoudré de ce qu'il fallait de second degré pour ne laisser aucun doute à qui que ce soit dans l'assemblée sur le fond de sa pensée. Fini le mutisme et les bonnes résolutions. La demoiselle étai vexée comme un pou de s'être faite évincer de la sorte.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Mer 16 Mar - 19:45

Cette fois, c'était à Brasier d'être étonné. La mioche parlait?! ça voulait dire qu'elle avait fait exprès de garder le silence tout ce temps? Mais qui faisait ça?! Certainement pas quelqu'un de sain d'esprit. Sourcils froncés et regard noir, l'homme lui accorda un regard en coin sans, pour autant, lui accorder plus de crédit qu'avant.
Flèche n'avait fait que le conforter dans son jugement: les enfants étaient source de nuisances, voila tout. Là où ça devenait vraiment dangereux pour la demoiselle, c'est quand elle se mit à réclamer sa part de respect. Alors, quelque chose se mit à gronder, très profondément. ça montait doucement mais surement, lent bouillonnement qui ne s'arrêtait jamais vraiment ni ne parvenait à ébullition. Ce qui valait mieux pour Brasier quand on y réfléchissait. Après tout, on n'explosait qu'une fois.

"- A toi de savoir où est ta place, ne penses-tu pas?"

La réplique avait émergé tel un grondement sourd et dangereux, promesse prononcée à demi mots d'un courroux à venir plus destructeur que la pire des tempêtes d'hiver. Si Flèche avait un tant soit peu d'instinct, elle ne piperait mot et, plus, tirerait nombre de leçons de cet affrontement.
Expert en la matière, Brasier avait, de plus, déployé son vif, transmettant par son intermédiaire toute l'autorité qu'un loup dominant impose à un louveteau téméraire.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Dim 24 Avr - 20:00

Pleine de défi, Flèche redressa le menton et fixa Brasier un instant. Que pouvait-elle se permettre exactement avec ce nouveau venu? Peu de choses, sans aucun doute, c'est qu'il n'avait l'air de ne pas rigoler.
Sauf que Flèche n'avait pas un ego de pacotille. Elle se savait intouchable; et pour cause, elle était la plus rapide de tout Castelcerf! Qu'il essaye un peu de l'attraper pour voir.
Voila ce que disait son petit reniflement dédaigneux une fois son choix fait.

"- Ma place elle est là où j'me pose, le vieux."

Et même qu'en réponse au touché de vif digne d'un loup alpha que l'homme lui envoyait, Flèche répondit par un joli pied-de-nez de jeune louveteau qui ne sait pas à quoi il se frotte.

"- J'vois bien que t'es nouveau, alors je t'excuses. Mais t'vois, cette taverne, c'est un peu chez moi. Alors s'tu veux pas te r'trouver tout nu dans la rue sans l'sous, va fallair mieux qu'ça."

Sur ce, elle n'avait pas manqué de prendre une pause avantageuse, du genre torse bombé et main posée sur la table pour mieux prendre l'air décontracté. Avec ses trois pommes de haut, il y avait de quoi rie, pas de doute. Mais fallait avouer, aussi, que son aplomb laissait songeur. Tout comme les regards qui se tournaient de plus en plus nombreux vers le vieil homme et la jeune fille. Ils étaient attentifs et pas suffisamment moqueurs pour décrédibiliser totalement Flèche. Non, aussi étonnant que ce soit, l'assemblée soutenait le délire de la petite voleuse en herbe.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Mar 21 Juin - 14:52

Bougre de mioche. Elle avait le vif, il pouvait le sentir à sa façon d'y répondre comme si elle avait parfaitement compris de quoi il s'agissait. Mais, ignorante des pratiques du lignage, elle n'avait même pas fait mine d'accorder un peu de respect à Brasier. Inacceptable! Ne se rendait-elle donc pas compte qu'elle se trouvait en face d'un maitre en la matière? Qu'elle lui devait écoute et bonnes manières?

Peut-être Brasier aurait-il du prendre le temps de calmer sa colère et de raisonner la gamine, mais il n'en avait ni l'envie ni la patience. D'une poussée de vif bien sentie, il étouffa les sensations de Flèche et étourdi son esprit. Juste le temps de s'avancer et de la saisir au collet.

"- Mieux que quoi, jeune fille? Mieux que des promesses que je m'en vais tenir avec plaisir si tu as le malheur de rester dans mes pattes?!"

Ses paroles avaient claqué, ainsi que ses crocs, à deux doigts du visage de l'enfant. Son intention n'était nulle autre que du lui apprendre le respect par l'intimidation. En la matière, il ne servait à rien de faire durer le plaisir, aussi libéra-t-il la jeune fille rapidement, non sans la repousser un peu brutalement. Nul doute que le contact avec le bois dur de la table dans ses reins ferait un peu réfléchir la gamine.

A l'assemblée:

"- Maintenant que j'ai toute votre attention... Je m'en viens de loin pour solliciter l'attention de notre roi. N'y a-t-il personne pour me dire comment il se porte avant que je n'aille me jeter dans sa gueule?!"
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Mer 6 Juil - 12:49


Rask reposa sa choppe de bière vide sur la table avec un claquement sec - presque inaudible dans le brouhaha des conversations de la taverne. Ses deux collègues le rattrapèrent peu après, leurs gobelets lançant des écumes de mousse dans les airs.
- J'y crois pas Rask ! T'es qu'un putain de soiffard moi j'te l'dis. J'y crois pas, merde, moi qui ai promis à Gladys que je ferai des économies ce mois-ci. Le dernier garde à avoir terminé sa chopine rouspétait tout en comptant quelques pièces, visible pour payer la nouvelle tournée.
- Range tes pièces mon ami. Lora est là aujourd'hui. Aucun d'entre nous n'aura à payer une seule pinte moi j'vous l'dis. Le grand brun nettoya sa moustache de mousse blanche d'un revers de manche et en profita pour adresser un clin d'oeil à la seule fille du groupe.
Ses longs cheveux sombres et raides lui aurait donné un air extrêmement sensuel couplé à ses yeux bleus, si ceux-ci n'étaient en train de foudroyer Rask.
- J'ai jamais dit que je jouais, moi. La voix était tout à fait calme, bien que peut-être un peu blasée. La situation ne devait pas être étrangère à la bande d'amis, et pourtant Rask continuait à la taquiner de la sorte. Loranys reprit une gorgée de brune, savourant les saveurs explosant dans son palais. Elle n'avait bu qu'un dixième de sa choppe, deux petites gorgées.
Le sérieux de la jeune femme laissa un instant les hommes se regarder entre eux, histoire de trouver dans leur cerveau une idée pour relancer la conversation. Les yeux de Rask pétillèrent de lubricité alors qu'une pique sûrement pas venue de son cerveau le démangeait.
- T'inquiète Lora, je plaisantais. On t'en veut pas, tout le monde sait que tu es super lente quand il s'agit d'avalAIE ! Putain c'était mon tibia ça, merde Lora !
La garde ferma les yeux. Elle n'écoutait plus. Le "slrrp" de sa bière fut sa seule réponse. Mmmh, délicieuse.

***

Rask était extrêmement concentré. Il fallait bien que son attention aux détails serve à quelque chose, même quand il n'était pas en service. En l'espèce, le garde fixait un vieux bonhomme - quoique assez vigoureux pour son âge - et sûrement une des plus célèbres enfants des rues - et à coup sûr La plus habile pour embêter les gardes - Flèche.
Le garde au charme indomptable, comme Rask essayait de s'auto-surnommer lui-même sans que cela prenne racine chez les autres gardes, envoyait le plus d'ondes positives possible sur la gamine. Ses deux amis commentaient en fond sonore comme s'ils étaient en train d'assister à une course de coqs le premier dimanche du mois sur les docks. Rask se fichait éperdument de ce qu'ils disaient.
Allez Flèche ! Allez t'es la meilleure ! J'ai mis 10 putain de cuivre sur toi que t'arrives à faire sortir le vieux de ses gonds en moins de 10 minutes !!

Un cri de victoire et plusieurs malédictions rageuses fusèrent de la table lorsque Flèche fut agrippée comme un animal. Rask rigolait à sa bonne fortune et leva sa choppe pour trinquer avec Lora, donc la chaise était vide. La garde, même de repos, s'était levée sans attendre, la main sur la poignée de son épée, le regard dur et les pas fermes vers le vieil homme agrippant la gamine et beuglant assez violemment. Loranys foudroya l'étranger du regard alors que Flèche se retrouvait projetée contre une table. Elle ouvrit la bouche.
- . Rask venait de poser une main sur son épaule, et lui signala de laisser courir. Un rappel à l'ordre serait plus désastreux que l'inaction, surtout contre quelqu'un qui venait de subir les plaisanterie de Fléchette.

- Le Roi se porte bien.
Rask sourit. Il n'avait jamais douté que Loranys conserverait son calme. Elle répondait comme si de rien était à l'homme qu'elle avait voulu remettre à sa place juste une seconde avant. Et... il lui jeta un coup d'oeil : non, elle n'avait absolument pas l'intention de développer.
- Ahem, kof kof, oui notre Roi est dans de bonnes dispositions en ce moment. Cela fait un moment qu'on ne l'avait vu aussi actif et il doit sûrement avoir pas mal de dossiers sur les bras. N'empêche qu'il a de nouveau son sourire de guerrier aux lèvres, et c'est pas nous ses gardes qui allons s'en plaindre.
De Béarns hein ? Sacrée longue route, surtout pour tomber sur la demoiselle. Bien des peines pour venir en Cerf, mais je pense pas que ça suffise pour vous accorder un entretien avec la royauté... à moins que vous ayez un poil de sang noble sous votre fourrure, m's'gneur.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Sam 16 Juil - 19:21

Choquée par l'impact de Vif et incapable de comprendre de quoi il s'agissait, Flèche accusa le coup comme elle put. C'est la morsure du bois dans son dos qui lui redonna tous ses sens
Que c'était-il passé? L'homme l'avait saisit à la gorge et projeté contre la table, ça, elle pouvait le dire, après coup. Mais comment avait-il pu l'atteindre et, plus que ça, agir sans qu'elle ne s'en rende compte. A croire qu'il se déplaçait plus vite que Flèche ne pouvait le percevoir! Incroyable! Et effrayant...

C'est presque avec soulagement, pour une fois, que Flèche accueillit l'intervention de la garde. De quoi lui laisser le temps de rester scotchée, yeux écarquillés sur Brasier à ne pas pouvoir s'en détacher.

Entre peur et fascination, elle ne savait décidément pas faire son choix. Dans quelques minutes, peut-être que ça irait mieux.

En attendant, peut-être pouvait-elle recommencer à respirer? A grand peine, Flèche avala une goulée d'air.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Mer 20 Juil - 0:37

Voyant qu'il avait marqué un point auprès de la sale gosse, Brasier redressa les épaules pour mieux laisser s'écouler la tension qui s'y était accumulée.

Tant pis pour le " Hey, la Môme, tu t'débines?" venu de nul part et de partout à la fois avec sa dose de moquerie. L'homme savait que la Môme en question ne réagirait pas à la provocation. D'autant plus qu'il avait mieux à faire, dans l'immédiat. Une présence venait de s'imposer à lui entre toutes et à peine tournait-il la tête de côté qu'une voix l'interpellait dans son dos pour confirmer qu'on lui accordait enfin un peu d'attention.

"- Ce n'est pas trop tôt..." ronchonna-t-il tout en enregistrant que le roi se portait bien.

Il en profita aussi pour se positionner avec plus de confort. C'est qu'il lui avait fallut plusieurs semaines de marche pour venir de son comté de Béarns et que le poids des kilomètres parcourus se faisait chaque minute passée debout un peu plus sentir. Le temps d'écouter l'homme s'exprimer à la suite de la jeune femme, et Brasier plaçait ses deux mains à plat sur le sommet d'une chaise.

S'il avait du sang noble? Ha! Sans prendre la peine de répondre à cette question superflue et se contentant en la matière de renvoyer un regard suffisamment soutenu pour qu'il ne perdure aucun doute à ce sujet, Brasier désigna du menton la table des gardes.

"- Vous auriez une place pour accueillir un voyageur assoiffé?"

Et il y avait de la chaleur dans cette question là.
C'est qu'au delà de cet air de dignité guindée qu'il pouvait affecter à volonté, le comte gardait toujours sa jovialité et sa bonté naturelle sous le coude. Un vieux bourru le père Brasier!
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Dim 14 Juil - 11:44

Bien content de sa petite pique face au vioque, Rask n'en fut qu'encore plus décomposé lorsqu'il comprit. L'air de rien, Brasier fit ce que seuls les nobles - et peut-être les arrogants salauds - savaient faire le mieux : ignorer les questions qui ne les intéressaient pas et désigner les choses du monde comme si elles leur étaient acquises. Chaleur ou pas chaleur dans le question, le garde eut la gorge sèche et répondit un "ouais" étouffé, sa vois encore dans son estomac avec la peur d'avoir bourdé.
Loranys n'avait pas rouvert la bouche de tout l'échange, l'air toujours égal. Elle avait conservé un instant ses yeux mi-clos sur la personne du voyageur, comme si elle souhaitait jauger s'il présentait ou non encore une certaine propension à la colère. Puis elle s'était tout simplement contenté de les accompagner de nouveau à la table, ne consacrant qu'un même regard en coin à Flèche, décidant intérieurement que la gamine était sûrement plus qu'à moitié responsable des ennuis dont elle venait de réchapper. Rask savait faire la conversation pour deux, et même qu'il jouait au bon roturier en invitant le nobliau de Béarns à leur table.

- Y nous reste encore deux bons pichets de blonde, et votre chope devrait pas tarder à arriver. Si vous voulez de la brune, va falloir commander parce qu'ici y a que Lora qui boit ça, et elle tient à son verre, commença Rask, de nouveau plus à l'aise une fois entouré de ses camarades.
- Rask, t'invites à la table le vioque qui vient de me faire perdre 10 cuivres ?! T'as foutrement aucun respect mec.
- Bon, ça c'est Girault, pas une bonne journée pour lui jusque là mais suffit de lui payer des coups à boire pour que ça passe, continua le garde pour l'amadouer avec un clin d'oeil.
- Je r'joins Gi, j'ai pas envie de passer not' journée de repos à taper la discutte à un gars qu'on connait pas, renchérit le dernier et quatrième membre de la petite troupe.
- Moi si. Tous les yeux de la tablée se tournèrent vers la muette du groupe qui venait d'ouvrir la bouche. Ce noble est nouveau en ville, on ferait donc mieux d'en savoir plus sur lui. Il a sûrement des affaires en cours, ce qui est encore plus intéressant. Et enfin, il peut nous apprendre des nouvelles extérieures.

L'instant se suspendit dans les airs, alors que Loranys reprenait une gorgée de Brune comme si ces quelques mots lui avaient autant asséché la gorge qu'un long discours. Le fait est que la situation était tout de même assez exceptionnelle.
- Ok, trois phrases complètes avec des verbes en plus. Moi je dis que rien que ça, ça vaut l'respect le vieux. s'employa à annoncer le garde dont le nom n'avait pas été encore prononcé, en rabaissant ses deux mains sur la table pour accorder le geste à ses paroles.
- Clair que c'est quelque chose. Hey, Rask on avait pas un pari qui trainait sur ça ?
- J'sais pas, t'avais déjà vu Lora parler autant depuis le début de l'année toi ? Foutrement aucune idée mon pote. Enfin, ça sert à rien d'inviter un type à la table s'il peut pas en placer une. C'est quoi cette histoire d'audience alors ? Vous préféreriez pas voir la matrone plutôt ? Vainqueur, l'est cool mais il gère que dalle.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Lun 15 Juil - 21:41

Restée plantée à la même place depuis quelques minutes et dans la même position, Flèche se secoua finalement, tout ça pour faire un unique pas en arrière et regarder autour d'elle. Alors, elle fit un terrible constat: le monde n'avait pas changé tandis qu'elle se sentait sous le coup d'une révolution intérieure.
Le monde était décidément trop injuste.

Vexée mais incapable de se défaire de cet homme qui l'avait tant marqué, la miss en revint à Brasier, cherchant comment rester dans son entourage sans pour autant retourner sous les feux de la rampe.

Citation :
- Rask, t'invites à la table le vioque qui vient de me faire perdre 10 cuivres ?! T'as foutrement aucun respect mec.

La réplique avait des airs de bouée de sauvetage. Flèche s'en saisit sans demander son reste et vint, pour la peine, se fourrer entre l'homme qui avait parlé, Girault de son prénom, et son voisin, Rask de toute évidence.

- T'avais parié pour moi...? Demanda-t-elle d'une toute petite voix une fois qu'il fut évident que toute la tension accumulée s'était évaporé comme alcool au soleil.
Sûrement qu'il nierait en bloc, mais ce n'était pas grave. Flèche avait déjà eu la certitude qu'elle recherchait.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Lun 22 Juil - 15:33

- Gné ? Non pas "pour toi", on était sûr que t'allais te faire rétamer contre notre cher noble à la carrure d'ours, c'qu'il en impose des masses pour son âge. J'ai par contre parié que t'arriverai à l'énerver vu comment t'es douée pour casser les pieds des gens p'tite voleuse, gratifia Rask en guise de réponse avec un sourire d'ange avant de l'ignorer de nouveau.

Flèche n'avait en effet ni une propension à se bourrer la gueule à la bière avec lui, ni une poitrine bien développée. Rask, devoir de réponse et de politesse accompli, se retourna donc pour écouter Brasier, vachement plus intéressant... même s'il ne répondait en fait lui non plus aux deux attributs précités. Bah, le fait est qu'il en oublia même de chasser l'adolescente terrible de la table.
Lora, fidèle à son habitude, sirotait sa brune l'air de rien mais ses yeux étaient partout.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Lun 5 Aoû - 18:09

Qu'on discute à son sujet et, plus précisément, sur son manque de politesse, Brasier n'en avait cure. Sa patience était à bout et les stocks ne seraient pas rechargés de si tôt.

Sans tergiverser, il s'assit au milieu des gardes et fit signe pour qu'on apporte sa bière. A l'intervention de Lora, il posa sur elle un regard sombre et indéfini. Qu'on l'accepte pour ce genre de raison, ça lui convenait. Mais pour dire vrai, il aurait accepté n'importe quelle raison.

Force de la nature mis en mouvement contre son gré et pour protéger les siens, Brasier était difficile à arrêter ou, même, à dévier de sa trajectoire. A grand peine il s'exhorta à répondre aux questions qu'on lui posait, ce qui ne l'empêcha pas de digresser sensiblement:

- Sire Brasier de Béarns. Voila bien 20 ans que je ne suis pas monté à la cour. Vous dites que le roi n'est pas celui qui tient les guides du royaume?

Une barre soucieuse au milieu du front, il se tourna à nouveau vers Lora:

- Vous avez deviné juste, jeune femme. Je sais les tourments qui touchent Rippon et nos frontières, mais des victimes fleurissent sur nos terres que nos seigneurs ignorent. je dois absolument m'en entretenir avec qui de droit.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Mar 13 Aoû - 14:22

- C'est pas exactement ça...mmm... Disons plutôt qu'il a pas grand chose à foutre et...
- Ouais mais ça, il le dit pour qu'on le plaigne. Girault était définitivement de mauvaise humeur.
- Parce que ça marche de dire que t'as de la thune à plus savoir qu'en faire et qu'en plus tu bosses pas ? renchérit le garde sans nom et sans neurone.
- C'est clair que j'échange ma place avec la sienne quand il veut ! Mais bon, c'est surtout la reine-mère qui se coltine les petits problèmes du royaume lorsqu'ils n'ont pas déjà été traités par les conseils, les commissions et tous les autres trucs mis en place par l'ancien roi, Pépère. Un noble barbu dans une taverne du peuple, ça s'offusque pas pour si peu non ? Non ? Rask palit un instant.
- "Pros"-père. Slurp. Lora était heureusement toujours là pour venir à sa rescousse.
- Ouais pardon. Notez vot' seigneurie Braisillante que ça marche plutôt bien en général. Sûr que Vainqueur pourrait  y mettre son grain de sel s'il le voulait, mais pour ça faudrait déjà qu'il arrête de passer tout son temps avec Brun et qu'il détache ses fesses de l'armée. Hey, Rask sourit tout seul alors qu'il avait réussi à caler Brun, Vainqueur et fesses dans la même phrase. Sûr qu'il fallait être dans le ton des rumeurs du moment.
- T'es fou ? C''est grâce à Vainqueur si on est plus en manque d'effectif et que notre solde a augmentée. Même que la refonte de nos équipements est en chantier ! Ca serait pas arriver avant perpète du temps de Prospère ça. Vainqueur, il est super actif. dixit le garde toujours inconnu pour le moment, exemple type de ce qu'une augmentation de salaire peut avoir l'effet d'un lavage de cerveau.
- Et avec tout ça, on arrive toujours pas à chopper des pauvres gamins de rues, alala quelle honte. dévia Rask en tapotant la petite tête de Flèche sans lui demander son avis.
- Si vous ne laissez pas le Sire parler, autant ne pas avoir cette discussion. Nos terres ? Je suis jamais sortie de Cerf, alors des nouvelles de Béarns, je prends. Le Duc de là-bas ne laisse pas vraiment beaucoup de choses filtrer de sa gestion. Elle eut la politesse d'arrêter de siroter sa bière pour attendre la réponse du Sire.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Ven 8 Nov - 17:03

Attentif, Brasier gardait ses oreilles grandes ouvertes à toutes les remarques, plus ou moins futées, qui fusaient à travers l'assemblée. Les derniers événements, son long voyage et son absence de 20 ans de la capitale l'avaient rendu avide de nouvelles.
A grand peine, et parce que le silence s'était fait dans l'assemblée, brasier se décida à prendre la parole.

- Pour les mêmes raisons, je suis preneuse de toutes les nouvelles que vous pourrez m'apporter, jeune femme. Le duc de Béarns tient son duché d'une main de fer. Sa garde, en particulier, est des plus active et ne laisse que peu de place aux petites gens qui aimeraient bien vivre leur vie tels qu'ils l'entendent.

Tant la main et attrappe à pleine le main le couteau pour se trancher un bout de saucissaille.

- Apparemment, votre chef s'occupe de ce qu'il connait. Le notre, il s'occupe de tout. Et si on a le malheur de dire qu'on est pas content, ...


Pour la suite du récit, il se contenta d'une illustration visuelle à base de couteau passé sur la gorge.
Brasier savait parlé à son auditoire.

- je vous parle pas d'exécution sommaire, hein. L'est plus fin que ça le monsieur. Les gens, il les pousse à bout jusqu'à ce qu'ils fassent tout un tas de bétise et qu'ils se fassent passer eux mêmes pour les méchants. Et ça, ça devrait pas être permis tant de mesquineries.

Tout en parlant, Brasier avait coupé quelques tranches et les remis au milieu.

- Pas vrai? qu'il finit en s'adressant au tout venant.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Sam 23 Nov - 15:20

Les visages étaient attentifs, les bières gentiellement posées sur la table pendant que le vieil ours parlait. La noblesse en imposait toujours, même quand elle était bien caché sur un air de campagne et de voyage. Ou alors, c'était l'habitude des gens du commun a écouter les supposés plus grands qu'eux.
Ils ne purent donc rater aucune des paroles du Sire Brasier. Et leurs sourires alors se changèrent en diverses grimaces, même si aucun n'ouvrit vraiment la bouche pour répondre.

Rask, dont la sociabilité un peu trop poussée lui faisait prendre conscience que l'humeur tournait, fit quelques efforts pour détendre le tout. A coup de petits coups de coudes, de légers éclats de rire pour illustrer les propos du vieil homme et les rendre moins tranchants ou encore en lançant des "Ces Béarnais alors" pour bien faire le distingo.
Car l'audience n'était pas la plus objective sur le sujet : après tout, ils étaient eux aussi des gardes, et sans être des maniaques du pouvoir, ils préféraient quand la populace marchait droit.

- Tant que le Duc agit dans les domaines et avec les pouvoirs qui lui ont été attribués par le Roi, mesquines ou non, ça reste avant tout des mesures légales. Répondit Lora la première, de son ton de commentaire distant, avançant des faits sans y apporter d'opinion.
- Par El...
- Pas encore, pitié...
- Quand j'étais en formation, je m'étais toujours posé la question si les problématiques de procédures, les lois et tout le reste, ça deviendrait pas plus intéressant si ça avait des nichons et une belle paires de fesses. La réponse est malheureusement non.
- Mais qu'est-ce que j'ai dit ?

L'assistance de gardes, Lora exceptée, partit d'un rire convenu. Et ainsi détendus, ils se jettèrent tranquilement sur le saucisson les uns après les autres, prêt à discuter de bon coeur de nouveau.

- Bon, certes il parait que les gardes de Béarns sont plutôt craints, mais c'est pas forcément une mauvaise chose, non ?
- Pas sûr, faut trouver le juste milieu entre la répression et la dissuasion. On est pas dans un état policier tout de même.
- 'tain j'le savais, j'étais sûr que t'étais une tronche aux cours théoriques. Bouh !
- Non mais imaginez un peu : si Vainqueur faisait pareil, à vouloir éradiquer le crime partout même là où il n'y est pas encore, ça craindrait non ?
- Non. Ce serait même...
- On s'en fout de ton avis Lora, on sait très bien que tu mettrais ta mère en prison si elle enfreignait la moindre loi.
- Ben oui. C'est normal non ?
- Non ! La réponse fut unanime, concluant de nouveau l'échange d'un éclat de rire.

- C'est compliqué pour nous, comprenez m'sire. On est là pour protéger le royaume - enfin, Cerf seulement mais élargissons. Sauf que si la paix du roi et celle du peuple ne correspondent plus, on défend laquelle hein ? Sûr que je suis content de pas être en Béarns pour pas avoir ma morale qui déconne. Au final, j'sais pas quoi vous dire sur Béarns, j'pense que j'suis un bon petit soldat en fait. Allez voir Vainqueur et dîtes nous ce qu'il en pense, moi j'en penserai pareil. S'il était sidérant de voir à quel point Rask pouvait enchainer les mots les uns aux autres sans pour autant vouloir vraiment dire quelque chose d'intéressant, il allait finalement, après une petite pause, lancer une jolie petite question.

Vous pensez réussir à le convaincre de prendre des actions contre son Duc ?
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville [ avril - 16H]   Ven 27 Déc - 14:55

Ce qui rassurait Brasier en l'instant présent, c'était le naturel avec lequel cette petite troupe de gardes s'exprimait. Il n'y en avait rien de dissimulé ou de dissimulable dans cette façon qu'ils avaient de discuter tranquillement autour d'une table, d'une bière et d'un bon sauciflard.  En conséquence, Brasier ne s'attendait pas à craindre l'homme qui leur donnait des ordres, quand bien même il se trouverait une dizaine d'intermédiaire entre le roi et ces gardes.
Respect et liberté soufflaient sur cette assemblée, venus tout droit de son commandement.
Quand on se tourna vers Brasier avec une question sensible à lui présenter, le comte avait déjà obtenu toutes les réponses qu'ils désiraient et n'avait plus qu'à savourer sa bière en bonne compagnie. ce qui ne pouvait que servir son dessein, qui plus est.

- Je n'ai pas prévu quoi que ce soit.

Ce disant, Brasier s'adossa pesamment contre le dossier de son siège et souffla un bon coup pour mieux relâcher la tension qui durcissait ses épaules.

- Je suis venu informer mon roi d'une situation qui, à mon sens, n'a pas été suffisamment relayé à sa cour. N'en déplaise au duc de Béarn, c'est mon devoir de comte.

Une idée folle venant de germer dans son esprit quelque peu fatigué, Brasier se redressa soudainement et s'appuya à la table.

- Je viens aussi discuter d'un sujet qui concerne le royaume tout entier: le Vif. En avez-vous entendu parler?

Brasier scrutait les visages attentivement. Déjà il en voyait se fermer, prudents ou révulsés. Comme partout, le Vif divisait.

- On en parle à travers tout le pays et je suis venu rétablir la vérité à son sujet.

Avec ça, pour sur, on se sentirait obligé de s'exprimer pour rétablir Sa vérité. En quelques minutes seulement il saurait tout ce qu'il y avait à savoir de l'opinion qu'avait les cerviens à l'égard de sa magie. Mieux valait qu'il s'accroche en tout cas. ça allait faire mal.
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