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 L'hiver vient [Septembre 09]

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Vainqueur Loinvoyant
Roi des Cinq-Duchés
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MessageSujet: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 2 Déc - 14:05

Il y a certains évènements que l'on ne peut se permettre de manquer, qui malgré leur apparente banalité prennent un caractère exceptionnel. La visite d'un cousin n'était finalement qu'une affaire de famille, quand bien même la lignée soit royale et les fonctions soient celles d'un Duc. Or les inimités entre Glace et Vainqueur n'étaient un secret pour personne, peu de personnes n'avaient haussé ne serait-ce qu'un seul sourcil en constatant que le Duc de Béarns ne s'était pas rendu à la fête des moissons de Cerf. Oh, toutes les excuses étaient bonnes : il devait administrer la fête de son propre Duché, il avait déjà sa fille sur place et il n'aimait pas vraiment les évènements mondains. Même si lui si pliait avec conformisme et discipline, contrairement au roi.
Ainsi, avoir l'occasion d'apercevoir les deux cousins dans leurs habits officiels, en train de s'échanger des salutations policées entourés de la crème de la noblesse, cela ne pouvait décemment pas se manquer, que l'on soit simple employé du château ou noble en déplacement depuis le fin fond du royaume.

Le jeune roi était assis sur son trône depuis maintenant une bonne demi-heure, la cérémonie commençant bien plus tôt pour lui que pour Glace car devant accueillir toute la Cour avant l'arrivée de son cousin. Heureusement pour lui, sa mère devait être dans un bon jour - voir toute sa petite famille se plier au jeu de la royauté n'y était sûrement pas indifférent - et elle prit ainsi sur elle de saluer ce grand monde comme il se devait. Vainqueur hocha sa royale tête en conservant un regard placide, totalement étranger à l'utilité concrète de l'évènement.
Son cousin arriverait, ils échangeraient des formules préconstruites où, avec de la chance, ils apprendraient peut-être réellement une ou deux informations, et se sera tout. On ne peut discuter véritablement devant un tel auditoire, on peut déclarer des lois ou rendre la justice visible aux yeux du public, mais préparer les décisions devaient se faire en amont, en comité réduit. Là, la noblesse s'amusait juste à s'impressionner elle-même, trouvait un prétexte pour se rassembler et parler entre elle pour nouer relations et échanges juteux. Le souverain des Six Duchés n'avait absolument aucun problème avec cette pratique, non, ce qui l'exaspérait était qu'ils aient besoin de lui pour cela.

- Le Duc de Béarns, Glace Loinvoyant, et son épouse la Duchesse Mésange Loinvoyant ! Faîtes place, s'il vous plait. Dès les premières syllabes, la foule s'était pressée sur le cordon formé par la garde royale, séparant le tapis de l'allée centrale menant au trône et au fauteuil de la reine-mère et le volume sonore était monté d'un cran. La page dut faire dans la simplicité pour se faire entendre.

Vainqueur dût se résoudre à sourire devant la joie de son peuple, en train d'applaudir et de pousser quelques hourras alors que le couple ducal se présentait à leur vue. Une simple couronne de métal cernant son front, conséquence de cette affaire non-résolue de vol, le roi avait sorti le grand jeu : des gants de soie brodés et une longue cape de fourrure d'ours travaillée dont les pattes reposaient sur ses épaules, des bottes dures mais propres avec un pantalon et une veste d'un noir simple, dont l'excellente qualité remplaçait les meilleures pomponneries.
Il sentit le regard de sa mère, assise à sa droite comme la véritable reine le fera un jour, et hocha la tête avant de prendre la parole. Tout se passerait bien.

- Au nom des Quatre-Duchés, nous sommes ravis de vous souhaiter la bienvenue à Castlecerf. Il est heureux de vous savoir parmi nous, et notre table est la vôtre pour toute la durée de votre séjour. Nous espérons que vous avez fait bon voyage.

Un bon petit roi venant de réciter sa leçon, voilà ce qu'il était. Brun devait être fier, après l'avoir sermonné et fait réviser jusqu'à tard dans la soirée pour que ces quelques phrases soient impeccables. A moitié en rigolant, Vainqueur avait sans succès demandé combien sa mère l'avait payé pour ces leçons mais il savait bien que son ami était bien plus respectueux de l'étiquette qu'il ne l'était lui-même. Restait à voir comment toute la branche Béarnaise de la famille allait maintenant réagir, car si le roi voulait bien jouer au bon élève, il était aussi surtout connu pour sortir de son rôle au quart de tour.


Dernière édition par Meneur de Jeu le Mer 16 Juil - 21:51, édité 2 fois (Raison : 6 pas égal à 4, Merci Flèche :))
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Cendre
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Lun 31 Déc - 18:56

Conformément à l'étiquette, le couple ducal s’avança sur le tapis rouge, suivi de ses gens. Invisible parmi eux, Cendre se tenait à une distance respectueuse de Mésange, propre à marquer leur différence de rang, mais assez proche tout de même pour lui porter secours si les circonstances l'exigeaient. La grossesse de la Duchesse commençait à se voir et elle se devait d'être là si sa maîtresse, déjà éprouvée par le voyage, venait à défaillir.

Vêtue de son plus bel habit, une robe simple mais bien coupée aux couleurs de la maisonnée, la jeune femme gardait les yeux rivés sur le sol, impressionnée par la foule et la cérémonie. Elle faisait ce que les domestiques savent faire le mieux : se rendre invisible aux yeux du monde. Transparente, et pourtant traversée par les tensions qui l’entouraient depuis que la maison de Béarns était arrivée à Castelcerf. Mésange et son inquiétude aiguë pour ses enfants, de sa fille Acuité au petit être qu'elle portait dans son ventre. Glace et... elle était bien en peine de dire ce que pensait Glace, et après tout elle préférait ne pas savoir.

Son séjour à Castelcerf l'avait éloignée de tout cela, et elle appréhendait ce retour à la normale, peut-être justement parce qu'il était bousculé de changements : l'enfant à naître ouvrant de nouvelles perspectives au couple et au Duché, la cohabitation de Glace et de Vainqueur, le "réveil" des Vifiers de Cerf... l'avenir était incertain, et donc, menaçant pour celle qui tenait avant tout à la sécurité, et vivait paradoxalement au cœur du danger.

Alors le Roi prit la parole, chassant ses pensées d'angoisse. Comme tous, Cendre l'écouta respectueusement ; comme tous, elle tourna ses regards vers son ombrageux cousin, le Duc Loinvoyant, dans l'attente de sa réponse à ces paroles de bienvenue.
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 10 Fév - 13:18

Glace n'était pas de bonne humeur. Pour quelle raison le serait-il? Parce que le voyage s'était merveilleusement passé? Parce qu'il appréciait les grandes cérémonies? Parce que son cousin avait tenu sa promesse et prit soin de sa fille?

Peuh! Que celui qui croyait l'une de ces foutaises aille se récurer les parties intimes avec des orties. Non, Glace n'était pas heureux. Pourtant, il jubilait.

Son enfant, son fils en devenir (il en était persuadé), voila qui justifiait le sourire glacé trônant sur ses lèvres alors qu'il avançait, conquérant, vers le trône de son royal cousin. La nargue au fond de l'oeil et le mépris aux coins des lèvres, il dressait la tête bien haute tout en s'approchant, le bras glissé à la taille de son épouse. Jamais on ne l'avait vu aussi proche d'elle et tout au petits soins, au point de sembler la mener en quelques pas d'une danse passionnée et grandiose vers un sommet hors d'atteinte pour les simples mortels. Sauf qu'ils n'étaient pas de simples mortels. Oh non, ils étaient bien plus que ça. Ils étaient tout ce que Vainqueur ne serait jamais.

Des monarques responsables, l'incarnation de la stabilité et de la pérennité. De digne représentant du sang Loinvoyant venu présenter leur progéniture en devenir. Glace n'était pas froid, ce jour-là. Il était de métal.

Déclame, à l'assemblée et d'un ton convenu:

- Tes paroles m'honorent, cher cousin. Et me réconfortent après ces jours de voyage. Il n'est pas de plus grand bonheur qu'une famille enfin retrouvée.

Après un sourire vers Acuité, qu'il s'était empressé d'embrasser, avec toute la dignité due à son rang, une fois descendu de la litière, il se tourna vers Bienséance:

- Ma tante, ma Reine - petite courbette - mes respects renouvelés. Qu'est-ce donc? Vous me semblez plus terrifiante que jamais. Auriez-vous encore gagné en sublime et en impétuosité?

S'avançant pour lui baiser la main.

- Je croyais convenu qu'avec les années, l'on perdait en beauté... On aura menti ou décidé de faire une exception.

L'affection qu'il portait à sa tante apparaissait à peine sous ses airs sarcastiques, mais la dame en question ne s'y trompa pas, le temps d'élever un sourcil sévère à son intention.
Mais le jeu s'arrêta aussi vite qu'il avait commencé tandis qu'il ouvrait les bras pour laisser Mésange s'envoler et se tournait vers Vainqueur, enfin.
S'incline, main sur le ventre pour mieux signifier un semblant de respect. Geste qui devait lui en coûter suffisamment pour lui arracher une grimace.

- Mon roi, me voici à vos ordres en votre demeure. J'aurais aimé m'y présenter plus tôt et assister aux festivités des moissons, mais des affaires urgentes m'ont retenues. J'espère que vous saurez me pardonner et entendre les nouvelles qui m'amènent aujourd'hui. Vous servir, au nom du peuple des Quatre-Duchés et de Béarns, et vous assister en sa gouvernance, dans ce but moi et ma dame sollicitons votre hospitalité pour l'hiver.

Qu'une dispute entre Vainqueur et Glace ai amené ce dernier à mépriser ouvertement sa capacité à gouverner n'était pas une coïncidence. Sous des apparences de flatteries, Glace moquait Vainqueur.
Et le pire était qu'il le faisait en se donnant des airs de preux chevalier et en prévenant qu'il n'était pas là pour quelques semaines seulement, mais bien pour plusieurs mois. Rude... Et le pire était encore à venir.

Se tournant vers sa femme pour mieux la couver du regard.

- Tu n'es pas sans savoir que le nord est un repère pour des êtres au caractère aussi dur que l'acier mais non moins passionnés. L'on y aime aussi fort que l'on se bat. Je me présente donc aujourd'hui avec de nombreux sujets à discuter, des mises en garde à proférer et de bonnes nouvelles à annoncer.

Se tournant vers l'assemblée, triomphant comme jamais on ne l'avait vu et tendant les bras vers Mésange et Acuité de façon à être correctement entouré.

- Vous me pardonnerez, je l'espère, de commencer par une annonce qui me touche de près. Ensuite, seulement, je pourrai redevenir l'homme de décision qu'il convient d'être en ma qualité de duc.

Ainsi qu'il l'avait mûrement réfléchit, qu'on ne s'y trompe pas, Glace marqua un silence et plongea son regard dans celui d'Acuité avant de sourire avec chaleur à sa femme:

- Ma dame porte un nouvel héritier pour le duché de Béarns. Plaise aux dieux que notre fille aie bientôt un petit frère à chérir.

Oh oui, Glace récitait bien ses lignes. Il faut dire qu'il répétait depuis des mois cette annonce, imaginant sans peine qu'elle serait suivie de viva et d'une explosion de joie le menant, telle un raz-de-marée, sur la trône, en lieu et place de son imposteur de cousin.
Mais il ne fallait pas rêver, n'est-ce pas? Il saurait se contenter des félicitations de rigueur.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Sam 23 Fév - 17:30

Sans doute plus que Vainqueur, Brun redoutait l'arrivée de Glace à Castelcerf.

Les deux cousins étaient terriblement complémentaires : les qualités de l'un faisaient défaut à l'autre, sans qu'il soit possible de les hiérarchiser. L'audace de Vainqueur, sa capacité à mener les hommes ; l'intelligence redoutable de Glace, son esprit calculateur. L'impétuosité de l'un, la froideur de l'autre. Deux caractères opposés, deux manières de gouverner, contre une certitude absolue : la légitimité de Vainqueur, fils de Prospère, à régner sur les Duchés.
Il était peu dire que le maître d'armes n'avait pas d'atomes crochus avec le Duc de Béarns. Cependant, il ne lui reprochait vraiment que sa tendance à mettre en cause cette dernière certitude. Derrière l'homme, il craignait le félon ; et il aurait été sot de sous-estimer pareil adversaire.

Pourtant les apparences devaient être préservées. L'accueil que réservait le Roi à son cousin devait être irréprochable, et il y avait veillé. Vainqueur avait pris la chose pour un souci de protocole et s'y était plié avec dérision, si bien qu'il se demandait dans quelle mesure son ami était conscient de la menace que pouvait représenter Glace pour son trône. Il n'avait pas voulu l'ennuyer avec ses sombres pressentiments, mais ils étaient bien là.

Pour commencer, la couronne n'avait toujours pas été retrouvée. Et voir Glace se présenter sur le tapis rouge, devant toute la Cour, face au Roi dénudé des emblèmes de la Royauté, n'était pas pour lui plaire. Il était sûr que les langues superstitieuses y verraient quelques présages, au-delà du ridicule évident de la situation : avait-on déjà vu un Roi perdre sa couronne ? Point n'est besoin de couronne pour celui qui "n'a pas de tête", se gaussait-on dans le Bourg !

Et puis, il se demandait bien pourquoi le Duc de Béarns débarquait en grande pompe, après avoir brillé par son absence au Tournoi des Duchés. L’inquiétude pour sa fille aînée avait-elle seule motivée sa venue ? Il aurait aimé le croire, mais il en doutait fort. Glace chérissait sans doute sa progéniture, mais ça n'était pas un grand sentimental : il savait que sa seule présence n'effacerait pas les blessures, et s'il se déplaçait de si loin, c'était pour une raison bien précise. Comptait-il tourner à son avantage l'agression d'Acuité ? Faire peser sur les épaules de Vainqueur la responsabilité de l'incident ? Faire valoir que celui qui n'était pas capable d'assurer la sécurité autour de son propre château s'apprêtait, en territoire ennemi, à mettre en péril la nation toute entière ?

Bref, le maître d'armes n'était pas tranquille, et c'est avec une appréhension dissimulée que, derrière Vainqueur, au milieu de la foule des courtisans dont les parfums alambiqués provoquaient chez lui un certain écœurement, il regarda la famille ducale s'avancer vers le trône.

Ses mauvais pressentiments se virent rapidement confirmés, et bientôt l'angoisse fit place à la colère. Car, après avoir répondu avec une hypocrisie mielleuse à l'invitation de Vainqueur, déjà Glace se détournait de son souverain pour mener à la Reine-mère une cour grotesque - qui eut mieux convenu à la véritable reine, celle qui n'avait pas encore sa place au côté de Vainqueur, alors que lui-même pressait son épouse contre lui comme une vulgaire courtisane. Le Duc s'attardait auprès de Bienséance et il était évident qu'il considérait que là résidait le véritable pouvoir. C'était faire passer Vainqueur pour mineur, et lorsqu'il retourna au Roi, ce fut bel et bien pour lui offrir - Par El ! - "assistance à la gouvernance".

Touché par l'insulte, Brun serra les mâchoires tandis qu'il digérait la nouvelle : le Duc comptait demeurer à Castelcerf pour tout l'Hiver. Il fut si consterné que les paroles suivantes de celui qui se flattait d'être du Nord, repère de vaillants guerriers, alors qu'il s'agissait d'une résidence imposée et qu'il n'avait pas daigné lever son armée, ne le firent même pas ricaner. Il crut avoir touché le fond lorsque le Duc parla de "mises en garde", mais coula plus profondément encore quand parvint la nouvelle :
- Ma dame porte un nouvel héritier pour le duché de Béarns. Plaise aux dieux que notre fille aie bientôt un petit frère à chérir.

Et, alors que Glace jouait au patriarche auprès de sa femme et de sa fille, il apparut au maître d'armes qu'il venait d'abattre, déjà, l'une de ses cartes : celle de la lignée préservée, alors que Vainqueur paraissait, soudain, bien seul sur le trône.
Aux chuchotements surpris, avides ou enthousiastes, il joignit un sinistre grincement de dents.


Dernière édition par Brun Braveterre le Sam 2 Mar - 16:41, édité 1 fois
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Sam 2 Mar - 10:46

Surprise ! Son cousin avait l'oeil pétillant et le sourire aux coins des lèvres. Une fois l'incrédulité passée, Vainqueur se targua lui aussi d'un aimable salut à destination de Glace, sans aucune arrière pensée et sans encore moins d'intellect utilisé pour percer les vraies raisons de la posture de Duc de Béarns. Le souverain commençait même à avoir des rêves de déridage et de joviale entente pour cette réception, le tout douché violemment par la face de métal reprise par son ducal cousin, une fois la tête tournée vers l'ensemble de la cour.

Royalement déçu, le roi ne retint absolument pas la moue qui lui barra les lèvres pendant la première partie du discours. Même le tutoiement passa sur lui comme s'il n'avait pas existé. Puis bon, peut-être qu'en fait ça se faisait de tutoyer le roi, histoire de donner l'impression de complicité, bla bla bla, Vainqueur sourit comme un benêt de façon à ce que même les gens tout au fond de la salle voient ses dents et sa bonne humeur - et non pas sa facticité. A Mésange, il avait à peine eut le temps d'adresser un coup d'oeil et un grincement de dents qu'il espéra agréable... Glace occupait la scène, et la froideur glaciale du protocole et des petits sarcasmes amicaux ne correspondaient pas bien aux embrassades franches propres à Vainqueur.
Le roi reprit un visage sérieux lorsque son cousin lui adressa de nouveau la parole, se tenant droit et "royal", dans ce "royal" là qui voulait dire impressionner une cour. Un peu guindé et pas trop dans son assiette donc, le jeune souverain des Quatre-Duchés but les paroles de son Duc. C'était tellement bien agencé qu'il se demandait même s'il devait y répondre quoique ce soit.

- Euuh... Un toussotement arriva dans son dos, signifiant sûrement quelque chose, mais Vainqueur aurait bien aimé un truc un peu plus explicite pour l'aider là. Il n'est jamais sage de refuser de l'aide quand elle est sincèrement donnée, donc ouais grav...ahem, oui c'est avec plaisir cher... - cousin ? Duc ? - cher Duc que vous et votre épouse pourraient séjourner au château. Pas trooop mal, non ? Le roi tourna ses yeux un instant vers Brun lui demandant de le rassurer un instant, et ne préférant pas chercher le soutien dans le regard de sa mère, sûr d'y trouver des furies de reproche : 'tain, il avait failli dire "ouais grave !", il s'était arrêté juste avant la fin.

La présentation de Glace continua vers des choses un peu plus concrètes : le problème vifier ne pouvait plus vraiment être ignoré depuis le tournoi et Béarns en était l'épicentre initial à ce qui se disait, les mises en garde il espérait vraiment qu'elles ne concernaient pas son augmentation fulgurante des dépenses militaires, les bonnes nouvelles...quelles bonnes nouvelles ? Celle que l'assistance à gouverner veut dire se coltiner toute la paperasse pendant que lui pourra aller guerroyer tranquille ? Vainqueur, même éternel optimiste, n'en espérait pas tant.

Mais crache le morceau bordel au lieu de nous faire poireauter !! Moi aussi j'ai trop envie de savoir ce que c'est cette bonne nouvelle triomphante ! Accouche Glace ! Une annonce qui "te touche de près" alors que t'es le type le plus inapprochable que je connaisse, ça a de quoi faire monter le curseur de curiosité !

La nouvelle laissa tout le monde sur le carreau. Vainqueur se pencha en avant les yeux grands ouverts, scrutant tour à tour son cousin et sa femme, puis portant un regard très dubitatif vers Acuité avant de constaté que l'assemblée était bouche béé ne sachant elle-même trop comment réagir, et même derrière quand il regarda Brun et sa mère, pâles tous les deux comme si le futur Loinvoyant était le rejeton d'un prophétie démoniaques du fin fond des mers où El seul sait où c'est.
L'effet, ça il y a en avait donc. Du bruit par contre, c'était un calme plat. Tout un chacun attendait de voir comment son voisin réagirait en premier. Et dans l'immobilité générale, le roi reprit le premier ses esprits.

- Putain mais c'est ultime ! Glace, Mésange ! Il sauta d'un bond les quelques marches le séparant du couple, et les prit tous les deux par les épaules pour les serrer contre lui. Collant son front contre celui de Mésange, il lui demanda dans un chuchotement plein d'enthousiasme un "non sérieusement, c'est vraiment vrai ?" même si tout dans son ton affirmait qu'il y croyait déjà. Il embrassa chacun d'eux sur les deux joues et, des étoiles plein les yeux, se tourna de nouveau vers la cour, son cousin et sa femme à ses côtés.

- Pour une bonne nouvelle, ça s'en est une ! Je suis si content pour vous ! Castlecerf, un héritier pour Béarns ! Quelques applaudissements et deux ou trois hourras. Vainqueur enragea et fit un des trucs qu'il savait le mieux faire : gueuler plus fort encore. Je dis : Castlecerf !! Un nouveau Loinvoyant !!! Il adorait rugir ce mot-là plus que tout autre, et cela prit quelque peu. Dans une absence de retenue pour la plus basse noblesse, dans un conformisme plus digne pour le reste.
Le roi avait son grand sourire de prédateur lui barrant les lèvres, comme à chaque fois qu'il voulait conquérir une foule, qui marchait miraculeusement bien sur ses troupes et désastreusement mal sur ses sujets timorés. L'effet était ici mitigé, mais l'enthousiasme du roi et sa sincérité ne voulaient être couchés pour si peu. Même sa mère, et même Brun, qui restaient pâles, et même ces cons dans l'audience qui avait un regard sceptique, bande d'intellectuels qui réfléchissent trop ! Vainqueur n'avait aucune envie de se prendre la tête avec la politique, comme si les intrigues pouvaient rendre un tel évènement malheureux, non il ne serait pas le même roi que son paternel à tout planifier à tout rationaliser ! La femme de son cousin était enceinte : Vainqueur se réjouissait d'une bonne nouvelle dans sa famille, il y en avait sincèrement trop peu pour les négliger.
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Acuité Loinvoyant
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DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Mer 6 Mar - 20:52

Tête légèrement inclinée vers le bas, dos droit, mains jointes, le regard porté au-delà de ses propres pieds, voici ce que l’on attendait d’elle en un tel évènement : Respecter l’étiquette à la lettre. Depuis petite, elle avait bien appris. Son propre père, la sermonnait pour tout manquement depuis ses quatre printemps.
Aussi, devant cette entrée en grande pompe de sa famille directe, elle mit un point d’honneur à ne commettre aucune erreur et chaque détail comptait pour elle. De sa tenue sobre, à sa posture, jusqu’au peigne arborant les couleurs de Béarn dans ses cheveux parfaitement maitrisés.

Acuité se doutait bien que certaines marques de son agression s’affichaient encore, mais avec l’aide de Cendre et de Brume, elle avait réussi à en camoufler les plus visibles, tant et si bien que la jeune femme était persuadée que nul dans la foule ne ferait de commentaire à ce sujet.

Taebryn suivait, un peu plus loin, au milieu de la cour de Béarn qui avait fait le déplacement pour cette rencontre aux sommets. Et le discours entre les deux cousins tenait tous les visages en haleine. Il était de notoriété publique que ces deux là ne s’entendaient guère. A ses oreilles, résonnaient encore les mots de son père à l’encontre de Vainqueur, à l’encontre du Roi.

Toujours en finesse et sans aucune marque de félonie, les propos de Glace étaient toujours réfléchis et excessivement bien choisis. Et depuis petite, on lui instillait que Vainqueur pouvait remercier l’étoile de sa naissance pour sa place sur le trône, mais qu’il n’était pas apte à gouverner proprement les Duchés. Si ces mots à proprement parler n’avaient jamais été prononcés, c’est pourtant la signification de tous ces discours qui en ressortait.

Pourtant, depuis son arrivée à Castercelf, Acuité avait pu juger par elle-même du comportement de son grand cousin. Certes, il n’avait aucun point commun avec son père le Duc implacable, mais il n’était pas mauvais pour autant. Juste moins réfléchi, moins calculateur très certainement et excessivement passionné . Tandis que Vainqueur donnait l’impression de vivre au jour le jour, Glace semblait planifier la moindre seconde de sa vie et de celle de ses proches.

Pourtant, lorsqu’il prenait la parole en ces moments solennels, on ne pouvait qu’admirer cette aisance dans les mots, les paroles et tout un chacun buvait ses phrases comme s’il était l’envoyé d’Eda en personne.
Elle-même releva la tête face à l’éloquence et au parlé lourd de conséquences que le Duc annonçait.

Plusieurs fois, il posait son regard sur elle, et si dans les premières minutes elle pensait qu’il recherchait à travers sa personne un soutien, elle comprit rapidement qu’il ne faisait que lui montrer, comment l’on s’adresse au peuple. Il agissait comme le Roi en personne informant sa cour des projets pour l’hiver.

Sans vraiment savoir pourquoi, elle en fut presque gênée vis-à-vis de Vainqueur. Etait-ce parce qu’elle le connaissait mieux désormais et qu’elle appréciait l’homme qu’il était ? Ce caractère entier qui le composait l’avait touché, tout comme sa familiarité et son besoin de ne pas s’entourer de chichis. Acuité avait reconnu en lui, un membre de sa famille et un comportement qui ne résonnait que trop, en écho à son manque d’affection.
L’embrassade toujours réservée que son père lui avait donnée à sa descente de litière lui semblait bien feinte en comparaison.

En dehors de ses sentiments, elle se demanda si ces sensations n’étaient pas exacerbées par le clan d’Art. Après tout, le Clan était formé pour être fidèle et loyal à Vainqueur et peut-être voyait-elle dans les mots de son père, ce qu’il ne disait pas et qu’elle pouvait aisément traduire par « j’ai bien plus ma place sur ce trône que toi ». Cela l’inquiéta un peu.
Si la propre fille du Duc pouvait nourrir de telles pensées, alors tous ceux qui étaient présents le pouvaient aussi. Serait-il considéré comme félon ?
Inquiète, elle porta son regard au-delà de Vainqueur et aperçu le Maître d’Arme, blême. Cela suffit à lui confirmer ses angoisses.

Bonne actrice, elle recomposa son visage, arborant un sourire tandis que celui de Vainqueur semblait plus surfait que sincère. Bon sang…lui et sa franchise, on voyait qu’il n’était pas à l’aise. Et puis, son père envoya le coup de grâce. Il annonça à l’assemblée la grossesse de sa mère, l’héritier à venir arrivait comme un nouveau couperet prêt à s’abattre sur la nuque du Roi. Elle était déjà au courant et ne prit même pas la peine de mimer l’effet de surprise, mais son sourire s’élargit au double.

Dans cette bonne nouvelle, elle ne voyait que le bonheur de sa mère qu’elle savait délaissée depuis longtemps. Ses parents, bons acteurs eux aussi, ne pouvaient tromper leur propre fille. Aussi, cette grossesse s’inscrivait dans l’esprit de la jeune femme comme une renaissance dans leur couple. Elle en était ravie, tout comme elle souhaitait vivement que son père détourne un peu l’attention envers elle, pour la porter sur le nouveau-né.

Ainsi, elle pourrait peut-être mener sa propre vie, en tant que Loinvoyant bien entendu, mais également en tant que membre du clan d’Art de Vainqueur. Libre de vivre sa vie...de faire ses propres choix. Serait-ce seulement possible un jour?

Elle posa alors son regard sur Vainqueur, afin de voir la réaction qu’il affichait devant cette annonce. Surprise, elle se rendit compte qu’il la regardait également, quelque peu dubitatif. Le sourire de la jeune femme se fit plus franc face à son grand cousin et elle hocha doucement la tête comme pour lui signaler que « oui, Vainqueur, ce n’est pas une blague ! ».

Déjà, il se tortillait sur son trône, cherchant sur les regards de chacun s’il était le seul à bien avoir entendu. Et puis, il explosa comme elle pouvait s’y attendre, avec tout le manquement d’étiquette possible mais avec tout le cœur qu’il possédait. Il paraissait véritablement heureux.

Réveillant la foule de sa voix forte, il la fit s’élever pour l’obtention de cris de joie et de hourras. Eda seule savait à quel point il était doué pour faire ça. Elle se joignit à la cohue, non sans une pensée inquiète pour son grand cousin.

Ne voyait-il pas que Béarn portait déjà deux héritiers alors que lui-même n’était pas encore marié ? Le peuple exigerait bientôt de lui l’assurance de la pérennisation de la lignée de Cerf. Le peuple exigerait un mariage et surtout un héritier. Ses projets de guerre tombaient peut-être un peu mal dans un tel moment, car s’il lui arrivait malheur, qui prendrait le relais ?

La réponse lui apparut aussi clairement que si on la lui avait écrite à l’encre. Lentement, le doute s’insinua en elle comme un poison virulent : son père.
Ses perspectives d’avenir changeraient forcément et en une fraction de seconde, elle aperçut une vision de ce futur qui lui fit subitement horreur. On la marierait très certainement de force et elle finirait comme toutes ses nobles, servant de joyaux à leur fief juste par leur présence.

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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Sam 9 Mar - 14:04

Le trajet n'avait pas été de tout repos. Malgré toutes les précautions prises pour le confort de Mésange et de l'héritier à venir, il n'avait pas été rare que la Duchesse de Béarns soit prise de nausées, heureusement suffisamment bénignes pour ne pas avoir à arrêter le convoi. Même si ses rapports avec Glace étaient plus étroits que jamais, elle ne tenait pas à le contrarier par sa faiblesse alors qu'il se préparait à une rencontre d'importance.
Bien que ne s'intéressant pas à la politique à l'échelle du Royaume, Mésange savait en effet combien cette journée était importante pour son époux. Annoncer sa présence à la Cour, marquer les esprits... ses ambitions étaient nombreuses. Et la plus importante de ses nouvelles était sans aucun doute la grossesse de sa femme et le futur héritier de Béarns.

Pour sa part, Mésange était simplement ravie de porter un enfant. Elle le chérissait déjà, et peu lui importait son sexe ; mais elle savait que Glace désirait ardemment un fils pour reprendre les rênes du Duché après lui. Depuis qu'elle lui avait annoncé sa grossesse, il était au petits soins pour elle et lui permettait de rester à ses côtés alors qu'il gérait ses affaires quotidiennes. Le Duc prenait ça pour une lubie, mais sa femme était très sérieuse : elle s'efforçait de comprendre ses décisions et tentait parfois de les adoucir.

Aujourd'hui cependant, Mésange se tenait sagement aux côtés de Glace et le laissait jouer la scène qu'il avait dû répéter des dizaines de fois. Le bras de son époux à sa taille la guidait autant qu'il la soutenait, et elle n'avait qu'à se laisser emporter sans avoir à craindre de s'effondrer. De toute façon, elle respirait mieux depuis qu'elle était sortie de la calèche.
Sans écouter les paroles calculées de son mari, la Duchesse coula un regard vers sa fille et lui sourit tendrement. Elles n'avaient pas eu le temps d'échanger plus qu'une brève étreinte et quelques mots, mais cela lui avait fait plus de bien que tout l'air frais de Castelcerf. Acuité lui avait terriblement manqué, et les lettres qu'elles avaient échangé ne suffisaient pas à combler le vide que Mésange ressentait en pensant à sa fille chérie. La nouvelle de son agression l'avait proprement terrifiée, mais désormais Acuité semblait ne plus en porter de séquelles. Elles auraient tout le temps d'en discuter une fois la cérémonie achevée...

Le silence soudain de la Cour apprit à la Duchesse que la nouvelle avait été annoncée. Elle reporta alors son attention sur le roi Vainqueur, curieuse de voir sa réaction. Un instant tétanisé, il dévisagea ensuite ses proches avant de littéralement exploser. De joie.
Avant d'avoir eu le temps de s'en étonner, Mésange se retrouva dans les bras de Vainqueur, dans une étrange étreinte partagée par un Glace qui devait être aussi abasourdi que sa femme. A la question du Roi, elle ne put que hocher la tête en silence, mais déjà il la lâchait pour s'adresser à son peuple.
Et quelle éloquence ! Il obtint vite des réponses à ses cris enthousiastes, et Mésange ne put s'empêcher de sourire largement. La joie du jeune Roi était communicative et ils partageaient le même bonheur.
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Mar 30 Avr - 17:50

Le matin se levait, soleil doré qui doucement venait éveiller l'environnement alentour, de rares fleurs ouvraient leurs stomates, certains oiseaux plus matinaux que d'autres frémissaient dans la fraicheur de la rosée élevant leurs chants singuliers qui perçaient au travers du vent. S'en suivait alors le réveil orchestré du château, d'abord les domestiques, les commis … puis les dignitaires de notre royalissime gouvernance … Des pas s'affolaient dans les couloirs et des échos de voix remontaient jusqu'entre les fondations de pierre qui formaient la pièce au sein de laquelle notre indéfectible tourbillon se reposait … D'ordinaire, elle serait restée là, à ouvrir ses esgourdes, espérant capter quelques brides de conversations, ainsi lourdement affalée entre deux couvertures, un oreiller rapiécé, une poupée de bois creuse et un mustélidé chaudement enlacé sous sa robe de nuit, juste contre sa poitrine. Aurait alors du vaguement s'évoquer en son esprit délurée l'idée de se lever, projetant d'aller faire un tour dans les écuries en passant par le toit nord, puisqu' à cette heure ci, la garde y est moins nombreuse. Ensuite ? À ne point en douter, cette féniasse se serait irrémédiablement assoupie! Mais pas ce matin-ci.

Notre démon affaissée entrouvrit ses fines paupières, non sans lâcher un grognement, les éclats fourbes de cette lumière livide se glissant entre elles dans une sournoise bourrasque des plus aveuglante. Elle les referma instantanément, fronçant des sourcils, grondant à nouveau dans un sombre marmonnement *Satané soleil* et se retourna fiévreusement à plat ventre sur la litière de son lit, ou du moins, son équivalent; étouffant son visage rondelet contre l'oreiller, ceci en soupirant de manière exagérément exagérée, une mèche bouclée s'en souleva pour retomber à plat dans l'entropie roussâtre de sa crinière … Avant de se rendormir, il était temps d'effectuer la prouesse mentale du jour et de se lever !! Debout feignasse Arriva alors, une légère secousse à l'encontre de son épaule gauche, puis une pression, d'abord douce, sans accrocs ... Puis qui se fit plus pressante, mordante, la secousse se mua en un désordre frénétique et une ignominie odorante pointa sa truffe pointue pour planter vigoureusement ses canines dans sa chair fraiche et à l'air !

- Aie !

Soli roula sur le côté, découvrant la source abjecte de ce mal soudain, et arracha promptement cette écœurante chose de sa frêle corpulence pour la lâcher mollement à terre dans un '' Pouf '' qui souleva un nuage voletant de particules grisâtres. Ce second démon, être innommable et myrmidon, gisant alors sur le sol se releva en poussant un feulement méphistophélique! Manifestant entre autre un mécontentement évident dans la direction de notre espiègle rouquine, qui dénigrant cet appel se contentant de lui répondre de sa langue, se retenant d' imiter ce même feulement aigre que la bestiole duveteuse venait d' odieusement proférer à son encontre. Une succession de '' Pout-pout-poout '' plus ou moins aiguë s'échappa de l'animal. Il ne fallait guère plus pour exciter le caractère mutin de l'animal ... L'immondicité entama une course leste au travers de la petite salle, dans le seul son de ses feulements, et tout ce cirque pour ? Pour venir arracher un orteil à cette chose rosée et orangée qui ramena sèchement sa jambe sur elle même, s'armant d'un oreiller dans l'attente de nouvelles représailles .

-Va t'en, ou j'mords !

Soli claqua des dents d'un coup sec, ce qui n'eu pour réaction d'exacerber d'autant plus le degré d'excitation de ce … truc ! aux canines acérées qui tressauta avec toute la légèreté qui se vouait à son espèce. Ce fut en l'avisant d'un oeil revêche que notre bâtarde lui envoya le projectile, agacée, l'orteil douloureux, pour balayer l'animal du long de la pièce. Chose promise chose due … Son premier sourire de miel du jour se dessina enfin sur ses traits, tandis qu'elle étendait nuque et menton par delà le lit dans l'espoir d'y apercevoir le furet ressortir du coussin ... Un air contrit s'illustra sur son minois. Prodiguant un effort surhumain dans l'espoir de fournir suffisamment d' ATP à ses muscles pour se lever et tenir sur ses deux pattes sans s'effondrer, ses pieds nus touchèrent le sol, s'approchèrent du traversin avec prudence! Défiance! Et méfiance! Mais non sans inquiétude pour cette petite chose qu'elle adulait. Sa gauche se saisit du tissus dans un premier temps, ce ne fut qu'ensuite, qu'elle tira vivement dessus pour découvrir l'animal qui lâcha à nouveau un cris étouffé s'enfuyant à toute jambe de sa danse aérienne pour se cacher sous le lit, pleutre qu'elle était ! Prête à surgir sur ses pieds si jamais …Ô grand malheur, l'humaine osait s'y approcher … Aussi désirable soit elle, l'éventualité de voir ses doigts être éviscérés par ses longuettes canines ne pourrait aboutir ce jour-ci ...

Pressée, la demoiselle attrapa une bourse qui reposait sur le bord glacé d'une fenêtre, y piocha dedans et envoya ensuite un morceau brunâtre vers la bestiole qui sauta dessus sans la moindre hésitation, le ramenant dans le coin le plus sombre et austère des dessous de lit !! Là où gisait un trésor que tout mustélidé convoitait!!! Là où, tout être humain y verrait une souillure abjecte et répugnante, si ce n'était véreuse et porteuse de germes … Délaissant donc Sa Majestée, notre demoiselle se tourna vers la table où le soir même, elle avait abandonné quelques habits qu'elle ne se fit guère prier afin de les revêtir. C'était que notre engeance des basses terres était pressée!!

La Famille enfin allait se retrouver ! Toute! Ne pouvait elle s'empêcher de penser en s'émoustillant pleinement, gloussant de vive voix alors qu'elle tirait sur une robe verte pour y laisser dépasser toute l'épaisseur d'une énorme tignasse ambré. Mais avant tout! Son estomac criant famine! Il était temps d'aller se restaurer. La rouquine attrapa une ceinture à laquelle était raccrochée deux bourses et une épée de bois, s'attacha la perruque par prévenance … Intime réflexe escompté au mauvais souvenir d'un de ses dernier passage dans un tunnel condamné … s'empara de sa poupée creuse qu'elle plaça dans son dos restant accrochée par sa ceinture qui étranglait son cou, et tendit sa main vers le lit, sous lequel la petite tête de furette ornée de deux yeux perçants d'un noir d'onyx l'observait. La bestiole reconnue l'appel, et s'élança sans hésitation vers sa main, s'y projeta, grimpa vigoureusement le long de son bras s'accrochant de toute ses forces à l'aide ses griffes, puis se fourra à sa place. C'est à dire, lovée contre sa nuque, ses pattes arrières reposant sur l'omoplate de sa maitresse, et sa truffe pointue furetant l'horizon. Avant de s'approcher de la fenêtre puis de se hisser sur son rebord, Soli se pencha vers le vide pour y jeter un coup d'oeil -personne en vue- puis vers la furette, affichant un air inhabituellement impérieux:

-Mademoiselle Prospère. Tu ne bouges pas !

Elle lui fourra une dernière friandise dans le bec, inclina de la tête avec sérieux sans lâcher son regard, et se laissa tomber, pour atterrir sur la toiture ses mains touchant le sol, ses jambes légèrement repliées, puis s'élança au travers du toit sans perdre une seconde après avoir jeté furtivement ses amandes dorés vers les palissades en état d'alerte ... Il apparaissait évident que sauter de dix mètres sans rien pour se rattraper n'avait en soit, rien de bien silencieux. Arrivant en bord de toiture, la bestiole passant alors dans sa manche, tandis que Soli se contorsionnait tête en bas, pour arriver sur un balcon sur lequel une sorte de grille s'enfonçait dans le mur. L' épouvantail y agrippa ses doigts et tira dessus en serrant des dents, usant de sa force de … de chaton, pour l'extirper du mur sans bruit, jeta un dernier regard puis glissa à quatre pattes dans le noir, non sans oublier de refermer la grille.

Malgré le noir régnant dans ces vieux dédales de couloir, la Miss savait se repérer aisément: On compte jusqu'à quatre cents en allant tout droit, puis on va à droite, on compte jusqu' à trente, ensuite on descend dans la voie de droite, et à gauche sur cinq cents genoux … Et ne pas oublier de baisser la tête aux deux cents vingt-troisième au risque de se cogner contre la poutre. Pas facile à voir dans les ténèbres qui y régnait. Elle passait donc … Chantonnant une bluette qui se répétait dans un canon sordide entre les échos des parois moisies des murs qui l'encadraient … retirait une toile d'araignée qui s'empêtrait sur ses rousseurs et l'essuya sur ma robe sans faire de politesse, tout en virant le gros cafard mort qui s'y était accroché. Soli continuait son chemin, son refrain passant dans un Lalalaaa infini, jusqu'à qu'un rat énorme lui bloque le chemin. Rongeur dont le regard rougeâtre n'en finissait pas de percer l'ombre du tunnel.

D'un geste acre, la rouquine lui fit signe de dégager en levant la main avec un mine emprunte à la ire, lui intimant à virer de là, s'il ne souhaitait tâter de mon pied!! Le rat ne broncha pas d'outre mesure pensez vous. Normal. Il demandait sa redevance, un droit de passage pour emprunter son couloir. Encore un qui avait autant d'audace que le plus honteux des crieurs de rues … Elle rabaissa sa main en soupirant, ses sourcils se courbant dans un air désespéré par tant de harcèlement ...

Elle lui envoya une de ces même bouchée noirâtre qu'elle avait offert au mustélidé plus tôt. Sans prendre le temps de le renifler, le gros rongeur s'en empara et se faufila avec dans une gouttière … Soli de son côté poursuivit son chemin, pensant avec fiel au dur et intense travail qui l'attendait … Débarquant devant une nouvelle grille, la jeunette fit silence sondant de par son acuité auditive l'activité qui régnait en ce lieu : Rien n'indiquait l'existence d'un quelconque présence … Elle ouvrit la grille, y en ressortit pour se retrouver sous une table où elle se glissa entre un banc pour se redresser tête haute et victorieuse en plein milieu des cuisines, et désertes qui plus est ! … Et quel spectacle s'étendait ainsi devant notre bâtarde !

Merveilles visuelles et olfactives ! À perte de vue se succédaient des plats les plus riches et les plus délicieux que mon regard stupéfait, et surtout affamé, n'avait encore pu contempler … La furette descendit d'elle même de son épaule et sauta sur la table, sa corpulence leste et longiligne finissant par se perdre au milieu des plats … De son côté, Soli fit le tour, ramassa deux morceaux de viande destinés au mustélidé, et atteignit enfin la table d'intérêt …
Aujourd'hui était un jour spécial, oui ...

Ses amandes d'or s'éclaircirent d'une lueur d'appétit. Notre démon sur patte étendit son index vers le premier dessert à sa portée, et avec une lenteur religieuse y déposa le bout de son doigt pour y pêcher une généreuse lampée de crème pâtissière. Délicatement sucrée ! Le fourrant sans attendre dans son bec qui s'éveilla d'un air d'aise ... Hmmm … Les cuisinières avaient bien fait leur devoir! Elles avaient de quoi être fière, pensa t'elle en exécutant le même geste vers un énorme gâteau au chocolat qui baignait dans une sauce à la teinte étrange, mais dégageait une abondante flatulence fruité … Mmmh de la poire surement … Soli fit claquer ses babines avec une forte sonorité en levant le bout du nez en l'air, dans une mine à la fois rêveuse et concentrée, qui n'illustrait que son implication à déguster avec conscience et d'annoter au mieux ces ineffables pâtisseries destinées aux repas de bienvenue du Duc de Béarns. Ce Glace devrait se ramener ici plus souvent songea notre rouquine narquoise, en dessinant un bonhomme qui sourit sur un autre dessert de couleur brun. Du café sans doute ? Yeark ! Alors qu'elle regardait son dessin en penchant de la tête d'une mine satisfaite, se grattant la joue, pour y étaler une petite tâche de chocolat sans s'en rendre compte, puis y trempa une nouvelle fois son doigt … Quand un cris éhonté s'éleva dans son dos …

- Ouups …

Écarquillant ses prunelles de surprise, notre lutin aux amandes de miel plongea sous la table manquant de peu un rouleau à pâtisserie qui venait de choir honteusement sur sa tête, et ressorti de l'autre côté roulant en boule, riant aux éclats, entendant son nom être scandé avec force. En se relevant, minaudant toujours, alors qu'un plat tombait afin de couvrir sa fuite, Elle se rua entre les portes de la cuisine, bousculant au passage deux domestiques encore surprises. Pour la discrétion, faudra repasser ...

La miss sortit en trombe et une fois hors de vue de toute âmes qui auraient eu le désir de l'admonester, elle poussa sur un mur s'y accolant de dos, dont la parois commença à tourner sur elle même, passa entre la fissure qui venait de s'ouvrir et le mur puis ... Hop! Disparue la gourgandine! ... Ravie d'échapper aussi facilement à tout répression imminente, notre épouvantail exécuta une petite danse de victoire, valsant sur soi même ou dessinant une pirouette. Et la furette partie en vadrouille ? Roooh ... Bah quand elle aura faim, elle reviendra!

Mais trêve de rêverie ! Allons donc nous préoccuper de ce qui présentement importait ! La voilà donc qui parcourt à nouveau les galeries infinies et, bien plus tard, la voici débouchant de l'arrière d'un tableau si vieux et laid à son goût qu'on n'y prêterait guère attention. Sans éveiller de regards, Soli s'installa sur un tabouret qu'elle avait placé là, depuis un bon moment, montait dessus et plaçait ses amandes au travers de deux fentes afin de parcourir la salle du regard. Quelle salle ? Ben celle du Trône évidement ! Ben ouaip.

Il y avait rarement autant de monde d'habitude, la pièce était pleine à craquer, c'était à se demander comment la garde était parvenue à préserver l'espace vitale pour que Monsieur Le Duc de Béarns et sa clique puissent se pavaner en leur centre, avec l'aisance qu'ils estimaient eux même être nécessaire à leur altière dignité ... La rouquine avait d'ailleurs du mal à voir ce qui se passait au travers des fentes et de cette masse grouillante de monde. Raaagh! C'est qu'ils osaient lui gâcher la vue ! Pff ! Elle se plaça sur la pointe des pieds, espérant alors obtenir une meilleure vue ... Rien à faire ... Pfff !!!

Dans un air rageur, elle s'assise dans l'ombre sur son tabouret de fortune, posa mon coude gauche sur un genou, et y enfouie sa joue de sa mine boudeuse, ses pieds se balançant fiévreusement dans le vide. Néanmoins, le silence régnait, puisqu'elle étendait sa vigilance pour entendre ce qui se tramait dans la pièce, à défaut de pouvoir zieuter à volonté ... Bah ... de vulgaires mondanités s'échangeaient dans un spectacle sans limite qui n'avait que pour objectif d'exacerber la superbe suffisamment enorgueillie de nos aimables invités. Quoique, un brin d'amusement la côtoya lorsque qu' une voix au fiel sans timbre mais savamment apposé minauda devant la Reine. Soli se releva sur le bout des pieds pour voir à temps le Duc effectuer un baise main à cette dernière dont elle devinait plier sous aucune mesure devant tant fatuité calculée ...

- Léche bottes ...

Finit elle par lâcher en se rasseyant sur ma chaise de fortune, après les avoir tout deux jaugés de ses éclats mordorés, alors que des cris de joies commençaient à s'élever au travers du mur … Magnifique un rejeton de plus dans la famille, songea t'elle avec une pointe de jalousie non réprimée. Désireuse de dépasser sa rancune, Soli se saisit sombrement de sa poupée creuse, y fourrait ma main gauche, la considéra un instant, et soupira avant de prendre un air revêche et révoltée ...

- Je dis : Castlecerf !! Un nouveau Loinvoyant !!! Gnaaagna gna ...

Répéta t'elle alors dans une voix exagérément grave et odieusement caricaturale, en faisant mouvoir la mâchoire de la poupée, bougeant à peine les siennes. Notre mutine rouquine batta des pieds dans le vide, son petit et mystique sourire carnassier s'étirant doucement, ses amandes habitées par une étrange lueur rêveuse ...

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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Mar 7 Mai - 21:00

C'est avec un pincement au coeur, sans aucun doute de la jalousie, que Glace accueillit la réaction de son cousin.
Pour rien au monde il ne l'aurait avoué, même pas à lui-même, pourtant Glace enviait Vainqueur et sa facilité à enflammer les foules. La sensation lui dévorait les entrailles, aussi insidieuse qu'un ulcère et lui coupant le souffle de rage. D'un vent glacial, il balaya cette émotions malvenue. De pensées acides il en dissout les restes. Impulsivité que tout ceci! Enthousiasme puérile et malvenu! Piaillements stridents pour l'oreille raffinée! Que ne pouvait-il être roi à sa place pour mener la danse et leur montrer, à tous, ce que signifiait être noble?

Point d'orgue de toutes ces exagérations, son regard finit par tomber sur une chose au raz du sol. Aux cheveux roux et à l'allure dégingandée. Aberrations dans une salle du trône, preuve que l'insoutenable était entrain de se produire et que plus rien de ce qu'il attendait de cet instant ne pourrait se réaliser.

Tant pis. La mâchoire serrée se rompre, Glace prit une décision. S'il fallait composer avec l’innommable. Ainsi soit-il! D'un baiser déposé sur les cheveux de sa mie, il conclut le pacte.
Se redressant, mains présentées en signe de paix.

- Allons, allons... Se fit-il entendre difficilement. Vous commencez à me connaître, mon roi. Qu'une occasion de se réjouir se présente et j'en ferai une occasion de se montrer sérieux au delà de l'entendement.

Un semblant de calme retrouvé bien qu'au fond de la salle il soit toujours difficile de taire les commentaires.

- Vous comprendrez surtout l'état dans lequel se trouve ma dame après ce long trajet qui nous a mené de Béarns en Cerf.

Souriant à Mésange pour mieux la couver de toute son attention et de son amour, prononce ces mots pour le cercle réduit de sa famille:

- Oui, réjouissons-nous, mais pour l'heure, je dois prendre soin de ma famille et savourer ces heures de retrouvailles.

A tous, développant des trésors de mesure pour leur adresser des paroles enthousiasmantes:

- Bientôt. Viendra le temps de penser au royaume. En attendant, je dois avouer avoir d'autres priorités. Mon estomac, pour commencer...

Une blague, ou ce qui y ressemblait vaguement, voila ce qui venait de s'échapper des lèvres du duc de Béarns. Rares furent ceux à s'en rendre compte et à décocher un sourire.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 9 Juin - 16:37

Il n'en revenait toujours pas vraiment. Ses rapports avec son cousin étaient distants au mieux, inexistants si l'on voulait se rapprocher plus de la vérité. Les relations d'un Roi à son Roi formait le seul véritable lien qu'ils avaient, et Vainqueur était le premier à concéder que Glace prenait sa position bien plus au sérieux que lui, laissant la balance de leurs échanges totalement déséquilibrées. Le choc d'une telle nouvelle, heureuse et désintéressée, lui faisait bien vite oublier que le Loinvoyant de Béarns avait encore plusieurs sujets à étaler et nombres d'intrigues à mener.
Le Duc s'adapta en conséquence et amena habillement la foule à entendre uniquement ce qu'il désirait lui dire, alors que Vainqueur restait lui aussi sans réagir tel le plus commun des membres de l'assemblée. Quoi, c'était donc déjà fini ? A peine le temps d'avoir dit deux "hourra !" et un "yippie !" et on pouvait remballer nos bagages, après avoir entraperçus la famille royale pendant ces cinq petites minutes ?
Vainqueur, le regard perplexe et en train de se gratter la tête, totalement hors de son rôle, ignorant ses sujets pour simplement tenter de comprendre Glace, répondit avec une nonchalance évidente.

- Déjà ? Euh... ben, ouais. Oui (finit-il par se reprendre lui-même), allons donc festoyer cousin ! Et vous, chers amis, les cuisines de Castlecerf sauront vous faire la fête et vous rassasier. En l'honneur du Duc de Béarns, pourvoyeur en bonnes nouvelles inespérée face au climat frileux... des...vi...fiers... finit par réussir à conclure, fondant sur le regard de braises de sa mère. Comment son fils pouvait-il être autant franc pour placer les craintes à oublier dans la phrase supposée les faire passer au second plan ?

* *
*

La subtilité rattrapa le tableau suivant, et le petit commité de la famille Loinvoyant, de leurs servants proches et des invités pour l'occasion, se retrouva autour d'une table dans un salon coquet, visiblement apprété par Bienséance elle-même. L'entrée avait été une délicieuse mise en bouche ponctuée d'une apéritif fruité pour dénouer les langues, et les sujets fleuris tels que le beau temps et les potins de noblesse sans importance finir de donner des couleurs au début de repas. Le reine-mère arrivait à entretenir la conversation, mettant chaque groupe à l'aise, malgré un Vainqueur l'interrompant régulièrement pour en place une, transformant les potins de château en potins de caserne à la première occasion, sans véritablement succès toutefois pour être au centre des attentions.
[[[[-------- petit final optinnel pour "lancer" un sujet de conversation et ne pas faire une simple description, libre à vous de l'ignorer si vous préférez avoir l'initiative ou souhaitez un autre thème ------]]]]
Les plats de résistance arrivèrent alors que le souverain commençait à se lasser de ses essais infructueux pour réhausser la conversation vers un sujet qui l'intéresserait plus, lui. Les viandes lui donnèrent des idées bien plus mordantes, et entre deux bouchées, il applatit ses pieds dans le débat.

- N'empêche, c'est fou comme tout semble s'enchaîner vite dernièrement. Entre le vol de ma couronne, notre petite escapade préliminaire en Chalcède pour leur montrer les crocs après qu'ils nous ait mordus et le bordel du tournoi - enfin, ça c'est annuel vous me direz, même si là, ça a failli se finir bien plus mal que prévu. Et maintenant on aura un Lonvoyant en plus, c'est comme si le monde entier se métamorphosait en quelques mois. Et avec des vifiers en prime maintenant, dépuis qu'ils ont foutu une belle panique lors d'une épreuve de relais. Ils paraient qu'ils s'agitent aussi en Béarns. Vous croyez qu'ils veulent quoi ? questionna-t-il plutôt naïvement, visiblement heureux d'avoir un auditoire aussi large pour l'ouverture des points de vue, et aussi proche de lui pour une franchise hors des jeux de pouvoirs.
[[[[-------- n'hésitez pas à participer avec n'importe quel personnage, je pense par exemple à Soli, Brume ou Acanthe, il y a toujours moyen de les installer à la table d'une manière ou d'une autre ------]]]]
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 23 Juin - 23:42

- Euh... Il n'est jamais sage de refuser de l'aide quand elle est sincèrement donnée, donc ouais grav... ahem, oui c'est avec plaisir cher... cher Duc que vous et votre épouse pourraient séjourner au château.
Vainqueur lui lança un petit coup d’œil, comme cherchant des encouragements, et Brun s'efforça de faire bonne figure. Mais ça n'était pas chose facile lorsque l'on comparait le désordre spontané des propos royaux avec l'éloquence impeccable du Duc de Béarns.

Le Roi n'était pas à l'aise dans les situations protocolaires, c'était évident. Vainqueur ne savait pas faire semblant ; c'est ce qui faisait de lui un politicien maladroit, et un être humain exceptionnel. Car la sincérité avec laquelle il accueillit la nouvelle, politiquement sensible, n'était-elle pas touchante, pure en un mot ? Les calculs ne se pressaient pas dans un esprit retors : il accueillait avec une joie naturelle la naissance de ce nouvel être innocent, lié par le sang. Face aux hourras populaires, Brun était fier et désolé à la fois.

Et rageur. Glace lui sortait par les yeux. Glace se souciait de sa femme, certes : elle était enceinte et elle avait fait un long voyage. Mais prenait-on ainsi congé de son roi ? En arguant de son estomac ? Le Duc se comportait comme en terrain conquis, et il avait manifestement l'intention de planter le camp pour tout l'hiver. Cette nouvelle, presque plus que la précédente, le mortifiait. Il faudrait supporter son arrogance pendant des mois et subir ses velléités de "penser au Royaume". Il se satisfit un instant de n'être que le maître d'armes, et suivit docilement les convives jusqu'au festin.

Le repas n'avait manifestement rien d'improvisé, au vu du faste déployé. On reconnaissait bien là la prévoyance de Bienséance. Découragé d'avance face aux innombrables fourchettes, le maître d'armes dégusta en silence les petits fours et petits pâtés de ci et de ça, un sourire distrait sur les lèvres. Rien ne retenait véritablement son attention : il n'était question que de mondanités, malgré les efforts de Vainqueur pour donner un peu de tripes à la conversation fleurie. Efforts stériles jusqu'à ce que, entre deux bouchées de viande, le Roi mette les pieds dans le plat.

La liste des récents événements n'était pas bien brillante, si ce n'est leur excursion en Chalcède, qui avait été un succès, ou du moins avait rempli ses objectifs. La couronne perdue et pas encore retrouvée, en dépit de tous leurs efforts ; ce nouveau rejeton mal à propos, quoiqu'en dise le bon cœur de Vainqueur ; et bien sûr, les Vifiers.
- Il parait qu'ils s'agitent aussi en Béarns. Vous croyez qu'ils veulent quoi ? finit innocemment le Roi - et, du tac au tac, pour ainsi dire sans réfléchir, Brun répondit :
- Vengeance. Ils veulent vengeance, comme ils l'ont écrit en toutes lettres. Contre les mauvais traitements qu'ils subissent dans une certaine partie du Royaume, sans doute.

Et, sans équivoque, son regard se tourna en direction du Duc. Les fourchettes, alors, devinrent alors étonnamment sonores.
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Sam 13 Juil - 0:20

Si Glace avait calculé chacun des mots de son discours pour y mettre fin rapidement et contrôler au millimètre l'avancée de cette soirée? Si peu!
Et pour cause, il n'avait aucune envie d'aborder le sujet du Vif dans un environnement et en une compagnie si peu maîtrisée.  
D'un hochement de tête pareil à une révérence, le duc remercia son souverain pour les dispositions prises à son égard. Quelques temps plus tard, Glace et sa dame étaient fin prêts à dîner et se présentaient à table. Tout se déroulait très cordialement, chacun prenant des nouvelles des autres ou discutant des dernières tendances à la cour. Glace, quant à lui, prenait le temps de raconter son trajet et combien les routes étaient sûres.
Puis, sans crier gare, la conversation prit une toute autre tournure. A l'initiative de Vainqueur... Ce qui était surprenant, dans une certaine mesure, mais quand on connaissait sa maladresse, il ne fallait véritablement s'étonner de rien.
Ainsi, on le lançait sur le sujet du Vif. Et au fidèle chien de garde de Vainqueur d'en remettre une couche.

Sarcastique:

- Vous semblez bien renseigné, sir Braveterre, pour un maître d'arme.

Inutile de s'attarder. Au reste de l'assemblée et profitant du silence pour parler d'une voix basse.

- Est-ce donc ce que l'on murmure hors des frontières de mon duché? Que je suis un bourreau de vifier? Voila une façon bien originale d'entamer une discussion autour d'un sujet sensible.

A Vainqueur, plus magnanime mais non moins guindé:

- Ce qu'ils veulent, je l'ignore. Les vifiers sont d'étranges individus. Ils se cachent, se considèrent comme des êtres à part, puis réclament qu'on les prenne en compte au même titre que le reste du peuple. J'avoue que ma venue n'est pas désintéressée. C'est quelques lumières que j'espère pour appréhender ce dilemme.

Reprenant sa fourchette pour porter une bouchée à ses lèvres, marque une pause:

- Saviez-vous que deux de mes hommes ont été massacré, au bas mot, par des vifiers? La violence dont ils font preuve me fait peur autant qu'elle me questionne...

La fin de sa phrase laissée en suspend, Glace ouvrait la porte à des discussions enflammées. C'est du moins ce qu'il espérait à évoquer les réactions extrêmes des vifiers.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Mar 16 Juil - 18:05

De façon minutieuse, son père menait la danse. Chacune de ses paroles ne laissait d’autre choix aux invités et aux hôtes, que d’accepter ses requêtes, les unes après les autres. C’est ainsi, avec une facilité déconcertante, que l’assemblée se dirigea dans un salon à l’écart de la grande foule pour un repas bien mérité.
Même si tout le royaume était convié, la famille royale et leurs proches se retrouvaient donc à festoyer ensemble, dans une intimité rudimentaire.

Il n’en fallut pas plus à Vainqueur pour évoquer tous les derniers problèmes qu’avait encouru le duché ces derniers mois. Vol de la couronne, Chalcède, fête des moissons et vifiers, il n’eut aucune gêne à parler de ces sujets pourtant sensibles. Encore une fois, son comportement naturel dénotait trop fortement avec la retenue parfaite de son père.

Elle fut soulagée cependant qu’il n’aborda pas l’incident dont elle avait été victime. Et machinalement, elle passa une main douce sur son arcade et son cou, comme pour se rassurer, avant de reporter son attention sur le fil de la conversation.
Les vifiers étaient au cœur de tous les mots. C’était un sujet qu’elle connaissait bien mal, alors elle se força à écouter attentivement les dires de tout un chacun.

Cependant, la tension palpable qui envahissait la pièce petit à petit n’était pas liée  au sujet en lui-même, mais plus à une mésentente entre deux partis. Son père et le Maitre d’Arme avaient entamé une sorte de duel verbal qui ne lui échappa pas.
Elle posa un regard empreint d’empathie et d’inquiétude envers Brun : il ne pourrait pas gagner, même avec toute la volonté du monde.
Son père était un adversaire bien trop fort, pour Vainqueur, comme pour lui.

Elle devait agir, avant que la situation ne dérape, car elle avait bien remarqué le visage fermé qu’arborait à présent l’homme qu’elle aimait, et son père semblait se jouer de la discussion, comme du jeune homme. Ne manquait plus que Vainqueur ou Bienséance ne s’en mêle et on courrait à la catastrophe.
Elle avait beau chercher, aucune parole intelligente ne sortirait de sa bouche en un tel moment. Le sujet était trop vague pour elle. Alors il fallait trouver autre chose. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, puis sur la table, à l’affut du moindre indice pour trouver une idée.

D’un mouvement de la tête, elle fit signe à l’un des domestiques de lui remplir sa coupe, et faisant mine de l’attraper pour la porter à ses lèvres, l’objet lui « glissa » de la main et rebondit sur la table en un « cling », déversant sa grande quantité de liquide sur son voisin, Taebryn.
De surprise, il poussa un cri rauque avant de se redresser, et les pieds lourds du bois de sa chaise raclèrent le sol en un bruit qui attira tous les regards. Au même moment, Acuité, en bonne actrice, feignait l’accident et la honte.

- Oh, lança-t-elle, Taebryn je suis désolée, vraiment…mes doigts ont dû glisser….Tu devrais vite aller te changer avant que tes vêtements ne soient gâtés.

Elle parlait fort exprès, et si certains n’avaient pas vu l’accident, tous avaient été interrompus dans la discussion en cours. Taebryn grimaça et quitta la pièce en s’excusant auprès des convives.
Acuité donnait le change paraissant confuse de sa maladresse, tortillant ses doigts entre eux tout en arborant un sourire gêné à la ronde.

Certains dans l’assemblée s'en amusèrent, sans pour autant manquer de respect à la Loinvoyant, d’autres restèrent perplexes. Et tandis qu’une servante épongeait le surplus, Acuité reprit après s’être raclé la gorge :

- J’ai entendu dire que le Sire de Raguelon souhaitait faire construire un théâtre dans le bourg ?

Elle espérait ainsi, que les discussions s’orientent vers des sujets plus tranquilles et même si les vifiers revenaient au devant du tableau, au moins avait-elle réussi à obtenir une petite accalmie pour le Maître d’Arme et pour Vainqueur.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Ven 19 Juil - 19:55

S'il y avait bien une chose que reconnaissait Vainqueur, c'était que son cousin était un enfoiré, mais un enfoiré intelligent. Le souverain des Duchés apprécia d'une moue les paroles du Duc de Béarns tout en hochant la tête. Des hommes désirant à la fois marquer leur exception et leur banalité, c'était une manière extrêmement claire et juste de résumer l'affaire.
Même que pour le coup, les avis de Brun passaient pour moins glorieux qu'ils ne l'étaient d'ordinaire. M'enfin, ça c'était peut-être à cause de l'ambiance et du dîner, il n'était pas habitué à tout ce beau monde et il ne s'ouvrait le plus souvent uniquement que quand ils discutaient tous les deux.

Vainqueur était donc un auditeur attentif, bien désolé d'entendre Glace terminer pour récolter les avis alors qu'il avait surtout envie d'en savoir plus sur ces gardes et sur ces violences. Mais ce fut un raclement de chaise qui lui répondit.
Le jeune roi en était complètement dégouté : ce pauvre naze avait le vraiment le chic pour lui sortir par les narines, même quand il n'y était a priori pour rien. Il accorda un regard totalement blasé à Taberyn lui signifiant, peut-être ou peut-être pas, qu'il l'autorisait à quitter la table.
Et Acuité qui jouait les débiles maladroites alors qu'elle savait chasser comme pas deux. Bah, il préféra se taire : il y avait déjà eu une tâche dans ce repas au final.

Etrangement, les regards se tournèrent vers lui suite à la question d'Acuité. Non, plus précisément, les regards s'étaient tournés vers Bienséance qui elle avait ensuite tourné la tête vers lui.

- Bah euh, p't-être j'en sais rien moi. Il gère les finances du royaume de toute façon, s'il veut un théâtre il peut le construire, faut bien investir dans la ville puis c'est sympa un théâtre. Il a besoin de moi pour ça ? lança Vainqueur à sa mère qui, plus rigide que qu'une statue de marbre signifiait clairement dans son attitude la réponse à cette question.

- Ouais enfin du coup il ferait mieux de m'en parler à moi plutôt que de tourner autour du pot. S'il est Financier Royal et pas quelqu'un d'autre, c'est bien parce qu'il est doué à ça non ? J'ai pas l'habitude de dire non à mes conseillers, ils savent ce qui est bon pour le royaume généralement. Bref, tant qu'il me laisse des sous pour ce que moi j'ai envie de faire, il peut l'avoir son théâtre. C'est une bonne idée un théâtre de toute façon. Non ?

Vainqueur jeta un regard à sa mère avec une pointe de défi : elle lui laissait une question pareil, elle s'attendait à quoi ?
D'un côté, la Reine-mère s'enfermait dans un mutisme énervé devant la simplicité des raisonnements de son fils qui croyait que le royaume se gérait tout seul et de l'autre, Vainqueur affichait qu'il n'en avait vraiment rien à foutre d'un bâtiment en plus ou en moins, laissant l'assemblée décider pour lui.
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Jeu 29 Aoû - 11:51

Après les cris de joie, un silence relatif. Glace avait rapidement fait taire l'assemblée de son enthousiasme si mesuré, mais Mésange ne s'en préoccupait pas. Toute à la présence de sa fille retrouvée, de son époux qui déployait pour elle des trésors de tendresse et de son bébé à venir, la Duchesse se sentait comblée. Elle accueillit néanmoins avec soulagement la perspective du repas, qui lui permettrait de s'asseoir tout en gardant les êtres chers à proximité.
Ainsi posée, Mésange profita tranquillement des mondanités, sans vraiment y participer. Les potins concernaient en majorité la noblesse et la bourgeoisie de Cerf, et elle ne toucha à aucun apéritif alcoolisé en raison de sa grossesse. De temps à autre, elle posait de doux regards sur Acuité qui lui faisait face, réservant toutefois ses innombrables questions à un moment plus intime.

Mais un dîner d'une telle importance ne pouvait se dérouler sans qu'aucun sujet fâcheux ne soit abordé. Ce fut le roi Vainqueur qui, le premier, mit les pieds dans le plat et aborda le thème des Vifiers. D'une oreille attentive, Mésange écouta la suite du débat : elle était curieuse de savoir comment ces sorciers étaient perçus à la Cour. Chez elle en Béarns, elle était horrifiée de la manière dont ils étaient traités en parias, et dont son époux aggravait les choses. Comme s'il l'avait entendue, Glace intervint, ses propos pleins de venin installant une sorte de tension entre les convives.
La Duchesse jeta un coup d’œil désolé à sa fille : à peine arrivé, son père provoquait déjà un éclat. Mais Acuité ne lui rendit pas son regard, toute occupée à demander du vin puis à... échapper sa coupe maladroitement ? Voilà qui ne lui ressemblait pas. La distraction ainsi provoquée permit cependant de ménager une pause dans la conversation, que la jeune blonde emplit rapidement d'un sujet inoffensif.

Soulagé de ce changement, le cœur de mère de Mésange nota cependant la maladresse inaccoutumée d'Acuité. Trop inaccoutumée pour être innocente. Souhaitait-elle simplement changer de thème avant que l'atmosphère ne devienne trop pesante ? Ou bien désirait-elle préserver certaines personnes, son grand cousin ou ses partisans, des foudres paternelles ? Il faudrait qu'elle mène sa petite enquête, plus tard, en privé.
En attendant, la Duchesse comptait bien profiter de ce nouveau sujet pour se changer les idées et pourquoi pas, participer un peu à la conversation. Un théâtre, en voilà un projet qu'elle aurait aimé accueillir en sa demeure ! Généralement, les artistes n'étaient que de passage à Castellonde, pour quelques semaines ou quelques mois tout au plus. Alors, au discours quelque peu embrouillé de Vainqueur, elle répondit avec enthousiasme :

- C'est même un projet très intéressant ! Pouvoir profiter des spectacles tous le long de l'année et non simplement lorsque des troupes itinérantes se décident à venir, voir émerger de nouveaux genres, de nouveaux talents, avoir des décors plus ambitieux... Cela me parait en tous points une excellente idée !

D'un sourire au Roi, Mésange conclut son petit discours. Puis, un ton plus bas mais avec autant de ferveur, elle s'adressa à Acuité :

- Si tu connais bien messire de Raguelon, pourrais-tu me le présenter à l'occasion ? Je pense que son projet mérite d'être soutenu, et quoi de mieux pour occuper les longs mois d'hiver à Castelcerf que d'aider à développer l'Art ?


Dernière édition par Mésange Loinvoyant le Ven 17 Oct - 9:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Ven 13 Sep - 11:02

Songe se trouvait actuellement à castelcerf afin de visiter le duché de cerf, mais aujourd'hui il devait remplir sa part du contrat passé avec son père. Cela ne l'enchantait guère de devoir lui obéir, mais ayant tout de même une certaine fierté, il ne pouvait pas le décevoir, du moins pour cette fois. Son père lui avait permit d'aller quelques jours au duché de cerf à la seule et unique condition qu'il aille rencontrer des personnalités durant une soirée en étant le porte-parole du duché. Songe avait bien evidemment accepté, mais à vrai dire, il ne voulait toujours pas se rendre à cette soirée où ils vont parler des problèmes sur les duchés.

Le soir où cette soirée avait lieu, Songe réfléchissait toujours et bien qu'il soit en retard, il s'en moquait un peu. Il devait peser le pour et le contre. S'il obéissait à son père, il pourrait surement faire une dérogation pour une prochaine sortie, mais s'il lui désobéit, des disputes habituelles seront sans aucun doute à envisager. Que ce soit l'un ou l'autre, rien ne changera de son quotidien, hormis le petit plus de la première solution. Néanmoins, connaissant un peu son père, il se dit qu'il trouvera une solution pour l'emmener dans le chemin qu'il trace pour lui. Songe soupira, il n'était qu'un jeune homme qui souhaite s'amuser et vivre en paix hors des propos des duchés. Malheureusement, il est toujours en plein dedans.

Songe ne voulait pas y aller, mais ne voulant pas non plus rester à rien faire, il décida s'y aller. Au moins, il pourra manger et cela sera plus animer que la chambre où il est actuellement. Se levant de son lit, il met des habits que sa mère lui avait préparé à son égards. Un pantalon marron simple, mais noble ainsi qu'un haut vert légèrement foncé ceinturé avec une ceinture en cuir autour de sa taille. Il se coiffa un peu par la suite après s'être lavé le visage et se regarda en espérant ne pas trop faire tâche par rapport aux autres dignitaires. Enfin, Songe s'en moquait un peu, si cela ne leur plaît pas tant pis.

Songe quitta sa chambre et prit la direction des festivités diplomatiques. Il lui fallut un eptit moment avant d'atteindre la porte en question donnant sur la salle. Il inspira un grand coup avant d'expirer et poussa la porte en rentrant.

- Songe Lunabille vient présenter ses respects au nom du duché de Rippon.
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 15 Sep - 21:43

Pendant ce temps là …
Dans le fructueux imaginaire d'une citrouille rousseâtre, les projets d'entreprises pullulaient à s'en tordre la raison. Ayant terminé d'épier la salle du trône dans son intarissable quête de ragots et autres interprétations broussailleuses en tout genre, Soli, l'esprit serein en toute relative, se frotta les prunelles, sorti de sa caverne et s'en alla embraser ses nouvelles perspectives, déterminée à poursuivre l'accomplissement de ses odieux ouvrages...

Quoi de mieux que les festins afin de rester au jus? Aaah ça! Les repas étaient toujours des moments très instructifs!! Par malice, Soli n'aurait pu se résoudre à offenser son assistance par son absence. Oui! Un tel événement méritait dûment sa présence! Mais encore et surtout, son acuité auditive ...

Ayant remballé ses artefacts dans un coin, ayant pris la peine de rassembler sa tignasse, fait mémorable qui par ce simple geste, pourtant quotidien pour nous autre mortel, la rendait tout bonnement méconnaissable, et ayant pris le soin d'effectuer un détour vers la buanderie des domestiques, Mademoiselle venait de revêtir l'habit d'une servante, c'est en arrivant dans les cuisines, siège de banditisme révéré par notre rouquine, qu'elle se fondit dans cette masse fourmillante qui oeuvrait à leur propre basses-oeuvres.

Qu'importaient ses dernières et matinales fantaisies? Soli s'en doutait, personne ne prendrait la peine de la regarder, ni les employés bien trop occupés, ni la royauté, leur nez ainsi pointé dans leur assiette. Nul ne la remarquerait. Ou du moins, l'espérait'elle. Oui puisque  au sein de cette assemblée suffisante, Soli ne redoutait que deux personnes, néanmoins, affublée telle qu'elle l'était, notre espiègle avait bon espoir de rester méconnue, d'ailleurs, comptait'elle sur la surprise que sa présence conférerait afin de s'éclipser à toute enjambée, si jamais ô malheur infernal! Notre crapule se faisait repérer ... Néanmoins, l'intarissable appétence envers son devoir appelait son avidité fouinarde! Quitte à finir au cachot … Moui ...

Entre trois ordres conférés par les intendants, ce fut avec humilité que Soli s'empara d'un plat aveuglément offert par une cuisinière débordée, et hop! Voilà qu'on lui ouvrait porte béante, l'accès au salon. Que dis-je? Au Salon chichement parée par sa révérence Bienséance ! Quoique très discrète en son rôle de soubrette, notre démon émit un faible gloussement dans le fond de sa gorge, ravala l'esquisse de son sourire et sa quenotte aiguisée, puis s'avança le plus modestement du monde vers les convives affamés, déposa le plat avec douceur sur la table, prenant en outre, le soin de rester en dehors du champ de vision de Môman, la Reine-Belle-Mère et de sa royale engeance, le Roi, qui d'ailleurs s'exprimait sur ce bourbier qu'était la question des vifiers dont il semblait maîtriser les tenants et les aboutissants avec le charme! L'élégance! Et l'éloquence! qu'elle admirait pleinement chez cette grande perche ...

Soli, ni vue, ni connue repartit dans un coin de la salle, un plateau en main et l'oreille aux aguets pendant qu'elle faisait mine d'attendre un appel à son assistance. Elle observa de son regard mordoré les invités se délecter des mets et plats préparés qui pullulaient devant leur bec affamés, tandis que ses esgourdes décuplées pêchaient ici et là, des bribes de conversations …

Les vifiers? Voilà des âmes pour le moins intéressantes! Sans en être, Soli ne comprenait guère pourquoi tout le monde en faisait des tonnes sur ce sujet. Fallait pas se fermer des portes par ignorance. Ce simple fait relatait d'une pauvreté d'esprit pour le moins déprimante et relevait d'un prosélytisme aguerri. Sans en être, Soli était persuadée que le Vif n'avait de malsain que ce que l'audition influençable voulait bien croire envers les prêcheuses paroles qu'un tiers aimable en colportait. De fait, on ne pouvait leur en vouloir de se faire entendre. Notant les remarques et les timbres employés,  notre lutin infiltrée regretta que la discussion n'eu guère le temps de s'approfondir ou bien de découler sur des projets concrets lorsqu'elle émit un bref sursaut ...


Une intendante lui faisait signe d'aller vers la table, vers une de ces extrémités certaines dont le coin était dangereusement occupé par la noblesse Loinvoyant. Aaah! Non mais …. C'est pas vrai! Elle l'a fait exprès! Pesta t'elle en silence, alors que son regard se jetait  désespéré sur une autre domestique d'allure blasée, qui semblait neutre quand à cet appel à l'aide muet, et résignée, Soli alla attraper de manière invisible et placide une serviette ainsi qu'un verre pour aller nettoyer le miasme du vin déchu, tête baissée …

Toi, belle altesse! Tu ne perds rien à m'attendre!
Soli se tint le plus modestement du monde aux côté de la jeune Acuité, épongea le liquide éparpillé,  de façon à ce que sa présence ne soit une gêne pour personne, ou que l'on daigne poser d'attention sur sa modeste incarnation, jusqu'à ce … qu'un mot inhiba soudainement ce maintient transparent qu'elle s'efforçait de contenir ….

La nouvelle ne fit qu'un tour dans son esprit tiraillé qui tilta sous cette douce promesse: Un théâtre? Mais … Mais ça serait génial! Pensa t'elle, son minois dressée avec énergie de l'espoir sur un Vainqueur inégal, espérant avec fièvre que celui accepte cette requête pour le moins admirable de la part d'un haut placé! À l'entendre, la rouquine en aurait piétiné d'impatience! Pourtant, sans se mouvoir d'un iota, l'attention de notre bâtarde fila du Roi à la Duchesse dont la teneur de la réponse prononcée au Roi ne pouvait que ravir sa petite frimousse aux mirettes d'or pétillantes et qui, une fois que la dame en question eu changé de sujet, croisa un oeil situé en bout de table … Chose qui la laissa d'abord muette, ses lèvres inspirèrent une bouffée d'air telle une enfant prise  en flag' et ...

Et notre démon reprit des couleurs. Sans quitter du regard son semi-frangin, Soli ramassa le verre d'une main, le remplaça par un bien propre qu'elle avait récupéré sur un plateau, et accorda à sa Majesté un large sourire dont les blanches quenottes découvertes aurait tout aussi bien pu lui entonner:'' La volaille sié t'elle à sa Royaumé?'' dans un susurre audacieux ou effronté. Toutefois, l'échange ne s'arrêta point ici, cette grande perche ne semblait guère décidé à détourner l'oeil de sa mutine personne, et ça Soli ne pouvait le permettre! '' Mais qu'est ce t'as à me reluquer? Détourne le regard!'' Il allait mettre à sac toute son opération! La mesquine inclina très légèrement sa tignasse en avant, plissant ses prunelles dans un regard profond et ténébreux, mais surtout impétueux qui aurait pu mettre en doute la légitimité du Roi sur son propre siège, puis fustigea en silence: Et tient ta langue!

Sur cela, une annonce trancha cette audience. Oh joie! Notre fouineuse, sans perdre le nord, en profita pour tourner le dos à Vainqueur, un plat vide dans les mains, tête basse et commença ensuite à dévaler la salle, trop heureuse de s'en tirer à si bon compte. Sa régence n'allait tout de même pas en faire tout un plat pour si peu … Pas devant sa mère ...
Non?


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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 6 Oct - 0:14


Bienséance, Reine-Mère

L'entrée du Duc de Béarns avait été fracassante, et Bienséance avait prévu d'arrondir les angles autour d'un repas à la fois intimiste et mondain. Les mets les plus doux avaient été sélectionnés d'avance pour adoucir les langues et restaurer les jambes fatiguées par un long voyage, ou même par une courte station debout dans la salle du trône. On n'était ni trop ni trop peu. Assez pour éviter les querelles de famille, assez peu pour se délivrer des circonvolutions infinies du protocole. Elle se chargeait du reste.

Mais c'était sans compter le talent de son fils unique pour ruiner toute entreprise nécessitant d'autres ressources que bravoure et harangues. Après avoir énuméré toutes les faillites récentes de la couronne, couronne qui justement avait disparu (sans doute diluée dans des vapeurs d'alcool), il lança la conversation sur le sujet corrosif des Vifiers de Béarns. L'affaire nécessitait bien sûr d'être débattue, mais le moment était mal choisi, et il fallut la maladresse d'Acuité pour désamorcer le combat de roquets qui s'entamait une fois de plus entre son fils, flanqué de son meilleur ami, et son neveu. Elle retint un soupir las, qu'elle changea en un sourire à l'attention de la petite Duchesse. Du théâtre. Voilà un sujet qui convenait.

Vainqueur s'empêtra à nouveau, Mésange fit preuve d'enthousiasme. Elle était radieuse et, malgré les inquiétudes que lui inspirait l'annonce de sa grossesse, la Reine-Mère ne pouvait s'empêcher de se réjouir pour elle. Glace était un homme brillant mais il n'était sans doute pas un époux facile, et Mésange méritait bien le bonheur d'être mère. Quoiqu'il en soit, Plaisant venait apparemment de trouver son mécène.

- Je me ferai un plaisir de vous le présenter moi-même, très chère, répondit Bienséance à laquelle les paroles entre mère et fille n'avaient pas échappé.
En effet, comme le dit Vainqueur, c'est une bonne idée qu'un théâtre.
Et elle hocha la tête en direction de son fils, comme s'il venait de prendre la décision qui s'imposait. Elle ne faisait ainsi qu'entériner la volonté royale.

Sur ces entrefaites, le jeune héritier de Rippon pénétra dans le salon comme un cheveu sur la soupe.  Ses salutations cérémonieuses n'expliquèrent pas son retard, ce que la Reine-Mère s'abstint bien de relever. Il était question de bichonner les Lunabille durant leur séjour à la Cour. Elle était déjà pleinement satisfaite de Sérénité. Raki serait plus dur en affaires ; en ce négociant conscient des tords qui avaient été faits à son autorité, elle trouvait un adversaire à sa mesure. Songe, lui, était quasiment invisible, ce qu'on lui pardonnait en vertu de son jeune âge.

- Bienvenue à vous, Songe Lunabille, l'invita-t-elle donc avec le mince sourire qui ornait presque toujours ses lèvres.
Venez partager avec nous ce modeste repas. Prenez donc place entre ces deux fleurs.
Et, de sa main fine, elle désigna la place qu'elle lui avait réservée : un fauteuil restait vacant entre celui de sa sœur Sérénité et celui d'Acuité Loinvoyant.
Une coïncidence qui ne trompa personne - ou du moins, pas grand monde.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Mar 8 Oct - 16:59

La tablée allait de mondanité en mondanité, jouant à qui parle de manière la plus claire et la plus sensée. Sans faire de vague. Dans une amabilité parfaite. Avec des personnes aussi personnelles que leur rôle social leur imposait.
Génial, tout simplement génial. C'était le moment du repas entre nobles où Vainqueur commençait à se servir du vin pour cacher son ennui et que tout allait soit pour le mieux - s'il commençait à somnoler - ou pour le pire - si cela l'encourageait encore plus à traiter ses convives comme des sujets d'amusement.

Or, il s'arrêta miraculeusement à mi-parcours, son verre rempli à ras-bord de vin rouge à peine posé sur ses lèvres. Dans son regard, la petite servante de tablée venait de prendre une toute autre couleur : c'était Soli. Et il ne la reconnaissait que maintenant ?

Le souverain pouffa en constatant le visage horrifié de la folle rouquine lorsqu'elle se sut découverte. Et il s'excusa en silence auprès de Mésange pour avoir conclu son intervention d'un rire qui ne lui était finalement pas destiné.

Mais il conserva son sourire.
Prenant un certain plaisir à suivre discrètement Soli du regard (assez pour que cela l'énerve, mais pas assez pour griller véritablement son déguisement aux yeux des autres), Vainqueur savourait son intervention salvatrice. Comme quoi, les plaisanteries de l'espiègle en chef du château pouvaient avoir du bon lorsqu'elles étaient la seule distraction potable à la ronde.

- Oui, bienvenue Songe. Il n'avait même pas tourné la tête pour regarder le jeune Lunabille arrivr. Il s'amusait tout seul à sourire dans le dos de la servante s'en allant sur la pointe des pieds.

- Oh, que suis-je maladroit, improvisa le souverain en surjouant affreusement sans le vouloir alors qu'il imitait l'intervention de sa cousine : à savoir, laisser malencontreusement tomber son verre rempli de vin. Par terre cette fois, n'ayant plus Taebryn sous la main. Domestique ? Domestique ? Oui, vous là-bas, s'il vous plait. Je suis sincèrement désolé. Il claqua même des doigts pour l'appeler.

Comme le temps et les paroles se figèrent face à cette nouvelle interruption, chacun put entendre et admirer distinctement les petits pas de Soli se rapprocher jusqu'aux côtés du roi. Chacun, dont Bienséance, à qui Vainqueur offrit un sourire compatissant. Oui oui, c'est bien elle et non non, je vais en faire à ma tête quoique tu en penses.

Finalement, le souverain n'attendit même pas qu'elle ait fini de nettoyer le sol. Il la prit par une épaule et la tint à côté de lui pour faire face à l'assemblée présente, en lui murmurantquelques mots.

- Qu'est-ce que tu fais ta timide, vraiment. Avant de se tourner vers les convives, un sourire sur les lèvres et une humeur bonne enfant dans la voix. Les plus anciens d'entre vous la connaisse déjà sûrement, et pour les nouveaux au château, voici Soli. Elle est là depuis Prospère et elle n'a pas arrêté de parcourir les recoins de CastleCerf pour faire mille-et-une plaisanteries. Si vous comptez rester un brin, autant vous habituer dès maintenant à sa présence. Hey, z'avez l'air d'avoir le même âge avec Songe en plus. Il se tourna vers Soli pour en être sûr, parce qu'en fait si elle était déjà comme ça depuis la mort de Prospère il y a 9 ans, plus les années avant et...Bah. Enfin on dirait.

Le souverain poussa son assiette dans sa direction avec un "T'as faim ?" et chercha une chaise en trop du regard, sans en trouver. A défaut, il lui glissa quelques mots à l'oreille : Dis un truc, sinon personne va oser ouvrir la bouche, et en plus faut mettre Songe à l'aise vu qu'il était en retard.
Étrange comment cette fillette tant détestée était pourtant la personne la plus familière qu'il trouvait à cette table. Depuis le temps qu'ils étaient au château, même s'ils s'évitaient, ça créait quand même quelques trucs.
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 24 Nov - 17:11

C'est tout naturellement que Cendre avait suivi Mésange jusqu'à la salle à manger. Bien sûr, elle ne prendrait pas part au repas de la famille royale et assimilés. Elle se tenait derrière sa maîtresse, suffisamment éloignée pour ne pas gêner le passage de ses collègues domestiques qui assuraient le service, et suffisamment proche pour pouvoir assister la Duchesse à la moindre occasion. D'aucun auraient trouvé cette position inconfortable, mais elle y était accoutumée, et appréciait même cette position de retrait qui lui permettait d'observer l'assemblée sans être remarquée.

Le tout commença fort innocemment, mais on en arriva bientôt au "sujet" des Vifiers, et la servante sentit ses épaules se tendre. Mais cette appréhension première ne fut rien en comparaison de la rage froide qui l'envahit lorsque Glace s'exprima sur la question.
- Les vifiers sont d'étranges individus. Ils se cachent, se considèrent comme des êtres à part, puis réclament qu'on les prenne en compte au même titre que le reste du peuple. J'avoue que ma venue n'est pas désintéressée. C'est quelques lumières que j'espère pour appréhender ce dilemme. Saviez-vous que deux de mes hommes ont été massacré, au bas mot, par des vifiers ? La violence dont ils font preuve me fait peur autant qu'elle me questionne...

Elle avait le cœur au bord des lèvres. Tant de perfidie la révulsait. Bien sûr, qu'ils se cachaient, puisqu'on les massacrait ! Ils ne voulaient pas être des êtres à part, mais justement avoir le droit de vivre comme tout le monde. De vivre, libres et surtout en un seul morceau, au même titre que le reste du peuple ! Mais bien sûr, par les lèvres du Duc de Béarns, les victimes devenaient les fauves qui massacraient les pauvres gardes de Castellonde. Sans mentionner, bien sûr, qu'il s'agissait là d'un geste de représailles contre la dernière tuerie... celle d'Ondin, fils de Brasier qui moisissait depuis des mois à la Cour dans l'attente d'une entrevue royale, alors qu'il ne fallait que quelques heures à Glace Loinvoyant pour verser son venin dans l'oreille du jeune roi.

Elle se rendit compte qu'elle fixait le Duc avec une haine peu dissimulée lorsqu'Acuité fit diversion. Du vin fut renversé, des hautes paroles lancées, et le beau monde reprit sur un sujet plus doux. Passa, simplement, à autre chose. Mais elle n'y arriva pas. La haine fit place au dégoût lorsqu'elle se souvint des rapports qu'elle avait pu entretenir avec pareil individu. Et à quoi cela avait-il bien pu servir ? En quoi leur cause avait-elle progressé ? Elle n'avait récolté que des renseignements minables, bientôt édictés en décrets publics, et à présent des fanatiques tels que Faucheur et sa clique traînaient leur intégrité dans la boue. Autant se jeter soi-même dans le caniveau. En vérité, elle n'était jamais sortie de la rue.

Elle n'entendait les conversations que d'une oreille et aperçut vaguement Soli, la petite servante qui semblait maintenant au centre de l'attention générale. Par un quelconque retournement de situation qui l'avait menée jusque sous le bras du roi, tous la dévisageaient, attendaient ses paroles. Eh, bien qu'ils la regardent, qu'ils la dévorent des yeux ! Cela lui fournirait l'occasion de s'éclipser sans se trahir, car, dans l'état où elle était, elle ne pouvait demeurer dans cette pièce. Sans un froissement de robe, elle disparut dans la pièce attenante, à la suite de Taebryn.

La tunique écarlate, l'homme de main contemplait d'un air sombre l'étendue des dégâts. Maudissant et bénissant à la fois sa présence, qui lui refusait le réconfort de la solitude mais fournissait l'excuse parfaite à sa disparition, Cendre s'approcha de lui et tenta de dire quelque chose. Mais des larmes brûlantes lui montèrent aux yeux et elle ne put que s'indigner, tâchant ainsi de masquer la cause réelle de son émoi :
- Laisse-moi t'aider ! C'est intolérable... Je... je suis sûre qu'elle l'a fait exprès !
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Taebryn Ruderacine
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 24 Nov - 17:43

Maudite soit cette bécasse d'Acuité!!!
Il avait étouffé le juron entre ses dents, mais il ne rêvait que d'une chose : la gronder comme il le faisait si bien alors qu'elle n'était qu'enfant.
Faisant sans cesse les pires bétises dès que son père avait le dos tourné, le laissant se faire accuser à sa place. Combien de coup de bâtons avait-il reçu , combien de privation de repas avait-il subit? Et aujourd'hui ça. Humilié devant tout le monde.

Il était sorti sans mot dire, sans même se soucier des regards posés sur lui. Encore une fois, Acuité n'en avait fait qu'à sa tête. Semant la pagaille, faisant diversion pour "protéger" cet homme. Maudit soit-il lui aussi!
Il devrait bien parler au Duc de cette relation ambiguë. Il se doutait bien que le Maître d'Arme n'avait cure de la jeune femme, mais parfois, son comportement prêtait à confusion, et cette tête de linotte d'Acuité, tellement naïve et ignorante en matière d'amour se laissait berner.

Ah il enrageait devant l'ampleur des dégâts. On l'avait envoyé ici dans le but d'espionner le château à travers les yeux d'Acuité, jouent les domestiques, les chaperons. Et au final qu'avait-il gagné?
Une réputation détestable, un coup de poing du Roi en personne, une très solide remontrance à venir lorsque Glace lui demanderait de rendre des comptes sur l'accident de sa fille.
Oh bien sur, peu lui importerait alors qu'Acuité ai agit sur son seul coup de tête comme toujours. Il serait alors massacré pour ne pas l'avoir correctement protégé.

Et à présent, il était là, dégouttant de vin entrain de marmonner comme un vieillard au sujet de cette femme qu'il connaissait depuis l'enfance et qu'il commençait à détester autant qu'il l'aimait. L'exaspération prenait de plus en plus de place dans son coeur. L'amour et l'obstination dont elle faisait preuve le rendait malade.

La voix de Cendre le tira rapidement de sa rêverie.

- Laisse-moi t'aider ! C'est intolérable... Je... je suis sûre qu'elle l'a fait exprès !

Et tandis qu'il essuyait le surplus de liquide, il s’esclaffa avec ironie.

- Bien sur qu'elle l'a fait exprès....
Pour détourner l'attention loin de Brun Braveterre...songea-t-il presque immédiatement.

Cendre s'avança avec un nouveau torchon propre et il la contempla quelques instants. Tant de sollicitude ne lui ressemblait pas, du moins pas à son égard. Ils se côtoyaient depuis longtemps mais n'avait jamais été proches. C'est alors qu'il remarqua les yeux brillants de la jeune femme. Il l'a cru sur le point de fondre en larmes.

Surpris, il leva un sourcil avant de reprendre d'un ton plus calme.
- Ne te mets pas dans un état pareil. Ce n'est rien. D'ailleurs, ne devrais-tu pas être auprès de la Duchesse à l'heure qu'il est au lieu de t'occuper d'un domestique raté?
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Cendre
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Dim 15 Déc - 15:07

- Tu n'es pas un domestique raté ! s'écria Cendre avec véhémence, comme si elle défendait son propre cas.
Un ratage. Elle avait besoin de croire que tout cela n'était pas qu'un gigantesque ratage. Mais les faits jouaient contre elle...

Elle essuya ses larmes d'un geste rageur - en colère contre Glace, toujours, et surtout contre elle même, de s'être laissée aller ainsi, de se révéler encore devant Taebryn. Il lui faisait face, avec ses larges épaules, et elle avait envie de se blottir dans ses bras pour pleurer de tout son soûl. Ce faisait si longtemps qu'elle n'avait pas partagé une étreinte sans arrières-pensées, depuis que Nord était parti pour ne plus revenir. Elle était si seule ici, loin de Flair dont la présence complice comblait toutes les absences.

Mais Taebryn était de l'autre camp, il servait Glace avec un étrange dévouement et on le savait anti-Vifier notoire. Elle était bel et bien seule et elle manquait à son devoir, comme il le lui rappelait sans douceur. Les yeux rougis mais les joues sèches, elle se recomposa un sourire, et s'éloigna en silence vers la porte. Elle se se sentait pas prête à rentrer encore, mais observa de loin la scène. Mésange observait Soli avec curiosité. Aucun mot encore n'avait été prononcé.
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Lun 23 Déc - 0:23

Que le sujet du Vif s'éloigne, Glace y reviendrait. Il avait tout son temps et bien plus encore. Un hiver entier, coincés entre ces murs pour débattre et convaincre. En présence de ce vieux fou de Brasier Vifargent de préférence. Lui était le véritable adversaire, celui qu'il faudrait renverser pour remporter la partie.

En attendant, que la danse des faux semblants prenne place, il n'en avait que faire, trop occupé à déguster une gorgée de vin aux frais du roi. Santé!

Par dessus son verre, Glace contempla une dernière fois Vainqueur et son acolyte, Brun Braveterre, avant d'en revenir à sa fille et à la conversation sur le théâtre. Une interruption, rien d'autre, et des plus grossières qui plus est. Acuité avait encore tant à apprendre. Cette pensée déplaisante ne l'empêcha pas d'y aller de son petit commentaire sur les théâtres, trouvant qu'il avait toujours pensé qu'il était du devoir de la capitale d'un royaume d'avoir un lieu d'échange et de savoir autour des pratiques artistiques.
Le genre de commentaire qui donnerait envie de lui arracher la tête à la petite cuillère, ça va sans dire.


Ô oui, ce soir, le Glace des grandes occasions était de sortie. Tel que Mésange ne l'avait pas vu depuis longtemps. Tendu à l’extrême, il ne laissait aucun geste lui échapper, parlait haut et clair et se montrait aussi averti qu'éclairé. Plutôt mourir que de laisser paraître le contraire.
Tout juste se permit-il un petit écart en glissant une main sous la table et en la posant doucement sur le genou de sa femme. Quant à savoir ce que signifiait la pression qu'il y imprima légèrement? Peut-être lui accordait-il son soutien ou le recherchait-il... Allez savoir! Lui même ne le savait sans doute pas. En tout cas cette pression augmenta à l'entrée en scène de Soli.

Si, quelques secondes plus tôt il se lançait dans une anecdote sur un barde qui s'était ridiculisé à sa cour, il se coupa soudainement et darda un regard noir sur le bout de la table.

Qu'amenait-on à sa table?!

- Si j'avais su, j'aurais amené mon mendiant de compagnie, se gaussa-t-il, n'en croyant pas ses yeux. Qu'est-ce, mon cher cousin, que ce nouveau passe-temps?
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Mer 21 Mai - 19:17

Au lieu d’Acuité, ce fut Bienséance qui lui répondit. Qu’à cela ne tienne, mère et fille aurait bien du temps par la suite pour discuter à loisir, et la reine-mère devait être tout aussi soulagée qu’elle du changement de sujet. Aussi, un sourire aimable aux lèvres, Mésange répondait : « Ce serait avec grand plaisir, je vous remer… », quand elle fut interrompue par l’arrivée d’un jeune noble qu’elle reconnut comme étant le cadet de Rippon.

La Duchesse fronça un peu les sourcils ; elle espérait bien qu’Acuité ne se présentait pas avec ce genre de retard aux dîners officiels en son absence. Son expression se radoucit en pensant à sa fille chérie, qu’elle couva un instant du regard. Qu’importait après tout : le petit n’était pas l’héritier et avait encore le temps de découvrir les usages de la Cour. D’ailleurs, la Reine elle-même ne semblait pas lui en tenir rigueur – ou avait habilement choisi de le ménager –, et le salua gracieusement avant de l’envoyer se placer entre sa sœur et Acuité.

Mésange leva les yeux vers Bienséance, comme pour l’interroger sur ce choix. En son for intérieur, elle savait bien qu’il n’était pas là question de hasard ; mais une alliance entre Rippon et Béarns était-elle vraiment au goût du jour ? Avec l’appui de la reine-mère, qui plus est ? La Duchesse se promit de se renseigner à ce sujet rapidement, auprès de son époux pourquoi pas. Elle avait en horreur l’idée que sa petite fille puisse sceller de la sorte une liaison politique…

En parlant de Glace. Semblant faire peu de cas du changement de conversation, il avait exprimé une opinion favorable – ! – au sujet du théâtre, et se lançait à présent dans le récit de diverses anecdotes inoffensives… une main discrètement posée sur le genou de sa femme. Mésange avait accueilli le geste avec un petit sourire en direction de son assiette, se retenant toutefois d’ajouter ses propres doigts à l’édifice de chair. Il aurait certainement eu en horreur cette démonstration de sensiblerie, d’autant plus que si cette main était là, n’était-ce pas autant pour témoigner de l’affection à sa moitié que pour se raccrocher à elle en ce dîner qui commencer à traîner en longueur ?

À traîner en longueur, oui. Bien que n’ayant pas beaucoup mangé, Mésange commençait à ressentir une certaine douleur poindre depuis son estomac. La chaleur ambiante l’oppressait également et, l’air de rien, elle se débarrassa d’un châle – qu’elle posa sur ses genoux, Cendre n’étant étrangement pas là pour le récupérer – tout en fixant le Roi. Vainqueur semblait s’être lancé dans un drôle de numéro, présentant à l’assemblée une petite rouquine affublée des vêtements de la domesticité.

La main de Glace se referma sur le genou de sa femme et sa bouche se tordit comme il répondait vertement au Roi, mais elle n’entendait rien, les oreilles emplies d’un bourdonnement sourd. Sa tête semblait bourrée de coton, et ce fut avec efforts qu’elle ouvrit la bouche pour articuler :

– Je, je… fit-elle dans un filet de voix, les phalanges crispées sur le bord de la table dans une tentative désespérée de se retenir. Glace, aide-moi…

Mésange était vaguement consciente que tous les regards étaient maintenant braqués sur eux et, avant de s’effondrer dans les bras de son époux, eut le temps de songer au tort qu’elle lui faisait en se donnant ainsi en spectacle.


Dernière édition par Mésange Loinvoyant le Ven 17 Oct - 9:56, édité 2 fois
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   Mer 21 Mai - 21:04

Cette fille...la rouquine, elle la connaissait. C'était elle qui lui avait indiqué que l'arc venait de Brun Braveterre. Elle ne comprit pas pourquoi Vainqueur s'amusait ainsi à la titiller devant les autres. Ce n'était pas son genre de malmener un domestique comme cela. A moins qu'elle ne soit autre chose qu'une simple domestique?

Elle était entrain d'y réfléchir quand sa mère bascula soudainement, inconsciente.

- Mère!! lâcha-t-elle dans un cri.
Elle se précipita à ses côtés, se levant dans bond sans même se soucier de sa chaise qui tombait lourdement sur le sol.

Acuité regardait, incrédule, la fatigue sur les traits tirés de sa mère gisant dans les bras de son père. Elle se rendit alors compte que Cendre n'était plus là, ni Taebryn.

Inquiète, elle les chercha du regard à travers toute la pièce, et au milieu des murmures d'effroi, elle appela d'une voix forte.

- Cendre!!! Taebryn!! Nous avons besoin d'aide ici!

Agitant sa serviette au dessus du visage de sa mère, pour lui donner un peu d'air, elle attendit, que les domestiques de sa maison prennent le relais.
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MessageSujet: Re: L'hiver vient [Septembre 09]   

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L'hiver vient [Septembre 09]

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