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 Chasse à l'homme [juillet 09]

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Iris
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MessageSujet: Chasse à l'homme [juillet 09]   Ven 27 Juil - 21:14

Sans même prendre le temps de rhabiller, Iris s'enfuit dans le couloir. Sa joue lui cuisait et ce qui lui restait d'orgueil était révolté ; mais surtout, la peur serrait son ventre : et si l'autre se lançait à sa poursuite ?

Cela n'allait sans doute pas tarder. Sans parler de la Maquerelle qui lui ferait sa fête quand elle apprendrait ce qui s'était passé. A moins qu'elle ne prenne son parti... l'homme ne l'avait-il pas frappée ? Il lui avait tiré les cheveux si fort qu'elle avait crié pour qu'il arrête, et alors il l'avait cognée pour qu'elle se taise - de crainte sans doute que ses voisins de chambre ne devinent leurs ébats, à moins que ce ne soit encore un de ces dégénérés violents de nature. Sur ces entrefaites, elle lui avait fichu un coup dans les bijoux de famille qu'il n'était pas près d'oublier, et s'était carapatée sans demander son reste.

Était-ce le bruit de son cœur, qui battait la chamade, où avait-elle entendu la porte d'entrée grincer ?
Terrifiée à l'idée de se faire rattraper, Iris, parvenue à l'angle du couloir, ouvrit à la volée la porte de la première chambre qu'elle croisa et se rua, toute nue, à l'intérieur, en cette heure reculée de la nuit où les appartements des Nobles dormaient.
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Dim 29 Juil - 15:56


La journée avait été longue, et le début de soirée plus encore. Occupé à écrire son rapport quotidien pour son Duc, Taebryn avait éparpillé ses notes un peu partout sur le large plateau de son bureau en bois. Il lisait et relisait les rapports précédents, fronçant les sourcils, tirant des conclusions qu’il portait sur papier, avant de résumer l’ensemble sur le vélin de bonne qualité qui serait envoyé dès demain à la première heure par pigeon voyageur pour Castellonde.
Il se frotta le visage, fatigué, bien trop conscient qu’il ne se coucherait pas tant que tout ceci ne serait pas accompli, alors que dans le château, tous dormaient à poings fermés. Il porta son regard sur l’ouverture dans le mur qui lui indiqua que la nuit était clairement très avancée. La lune abordait la deuxième partie de son voyage dans le ciel.

Il se pencha alors en arrière et s’étira bruyamment, avant de se resservir un verre de vin aux épices. A peine avait-il reposé la bouteille que sa porte s’ouvrit à la volée, et que s’engouffra dans sa chambre, une jeune femme totalement nue. Surprit par cette apparition, il se leva d’un bond, et se cogna le genou sur son bureau. Le choc fit vaciller son verre de vin quelques secondes avant de s’effondrer sur le plateau, inondant ses papiers de son liquide rouge et liquoreux.
Etouffant un juron, il s’avança vers la jeune femme à grands pas, la dominant de toute sa hauteur, et il faut dire qu’il était très imposant.

- Par El, rugit-il, qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Qui êtes-vous et que faites- vous là ?

Il l’aurait bien mise à la porte si elle n’avait été nue, mais surtout, il remarqua malgré le faible éclairage des bougies qu’elle portait une marque sur la joue. Très certainement le témoignage d’une gifle ou d’un revers de la main.
Elle paraissait un peu perdue, mais dans son regard brillait une étincelle de défis comme si elle était juste contrainte de ne pas répondre et que dans d’autres circonstances, il en eut été autrement. Aussi comme elle restait muette à ce moment là, il chercha à se calmer en se frottant les tempes et recula en lui faisant signe de patienter. Il se dirigea alors vers un des coins de sa chambre et ouvrit une large malle en cuir, de laquelle il sortit une de ses chemises. Il jaugea rapidement la taille de son vêtement par rapport à la corpulence de la jeune femme, son regard se posant sur l’un puis sur l’autre à plusieurs reprises. Elle lui arriverait très certainement aux genoux mais peu importe, au moins elle serait couverte.

Il revint vers elle en prenant soin de se masquer la vue d’une main, tendant le linge de l’autre. Il était peut-être un peu tard pour se préoccuper de cela, mais il ne souhaitait pas lui manquer de respect ou passer pour un pervers, trop occupé à la mater plutôt qu’à soigner sa blessure. La situation devait-être déjà bien trop embarrassante et bien trop gênante pour elle.

Lorsqu’elle se saisit du vêtement, il s’avança un peu plus vers elle, suffisamment pour ne voir que son visage. Alors, du bout des doigts, il lui releva le menton et l’obligea doucement à tourner son faciès vers la lumière. Elle était belle, personne n’aurait pu dire le contraire, et cette beauté avait un parfum exotique car sa morphologie n’était clairement pas d’ici. Pourtant, d’un point de vu extérieur la scène faisait simplement penser à un Maître d’écurie jaugeant la blessure d’un mâtin.

La marque était bien liée à une gifle, mais une gifle portée avec force, plus pour blesser que pour humilier. Surement le fait d’un homme songea Taebryn. Et tout en pestant, il la relâcha avant de se diriger vers sa malle à nouveau. Mais de celle-ci, il sortit une boite en bois qu’il ouvrit à même le sol. Il regarda les différents pots et trouva enfin ce qu’il cherchait. Dos à elle, il lui lança sans aucune douceur apparente :

- Habille toi, et si tu le souhaites, j’ai quelque chose pour ta joue.
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Iris
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Mer 1 Aoû - 1:43

Iris avait espéré que dans la chambre, il n'y aurait personne. Ou plutôt non : elle n'avait pas espéré quoique ce soit, car elle n'avait pensé à rien. Elle ne voulait que se mettre à l'abri : et voilà qu'un espèce de géant, comble de malchance, se ruait vers elle, criant comme un diable !

- Par El, qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Qui êtes-vous et que faites-vous là ?

Le sens de ces paroles traça difficilement son chemin dans l'esprit de la jeune femme. Elle maîtrisait encore imparfaitement la langue de Cerf, et se méprit sur le sens d'un mot - bordel - qu'elle ne connaissait que trop bien. (Comment l'inconnu savait-il d'où elle venait ? L'avait-elle déjà croisé là-bas, sans le reconnaître ?)
Mais surtout, elle avait peur. Peur que les cris de Taebryn rameutent son poursuiveur. Peur de Taebryn lui-même, clairement menaçant. Se recroquevillant sur elle-même, Iris lui lança un regard venimeux.

Pourtant l'individu sembla reprendre ses esprits et s'éloigna de quelques pas, en direction d'une grande malle, d'où il sortit une chemise. Dans les regards qu'il lui jeta, ou évita - plutôt comiquement - de lui jeter, il n'y avait aucune trace de lubricité. Aussi Iris se détendit - jusqu'à ce qu'il lui attrape le menton dans une main. Elle mit un temps à comprendre qu'il observait sa blessure, et le rappel de celle-ci la mortifia.

- Habille toi, et si tu le souhaites, j’ai quelque chose pour ta joue lui-dit alors qu'il farfouillait à nouveau dans ses affaires.

Plus motivée par les convenances qu'une réelle pudeur, Iris passa rapidement la chemise de l'inconnu. Beaucoup trop grand pour elle, le vêtement l'habilla comme une robe courte aux manches tombantes.
Peu attentive à ce que faisait son bienfaiteur (qu'elle ne percevait pas vraiment comme tel), elle retourna vers la porte et se pencha pour observer par le trou de la serrure. Le couloir était désert et silencieux.

Rassurée, la jeune femme fit volte face et s'adossa à la porte, s'égarant dans de sombres pensées. Lui revint le visage furieux de l'homme qu'elle avait frappé. C'était un bon client, un habitué, assez riche pour se payer le privilège d'être "livré" à domicile. Il allait sans doute faire un scandale au bordel, réclamer son argent. Chatim la punirait-elle ? Perdrait-elle sa confiance, laborieusement acquise ? Pire, serait-elle chassée ? Devrait-elle alors tout recommencer ? A la lueur blafarde de la lune, la jeune femme envisagea les pires scénarii.

Abattue, Iris prit on visage dans ses mains; c'est alors qu'elle sentit la protubérance qui déformait désormais sa pommette. Avec ça, elle ne pourrait sans doute pas travailler pendant plusieurs jours. C'en fut trop : s'accroupissant contre la porte, elle se mit à pleurer.

Elle n'avait toujours pas prononcé un mot.



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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Mer 1 Aoû - 19:56


Taebryn cherchait dans sa petite pharmacie en bois un pot d’onguent qu’il avait ramené de Castellonde. A base de camphre et de d’immortelles, cette pommade était plutôt efficace contre les hématomes et les courbatures. L’odeur étant un peu forte toutefois, le jeune homme se permis d’ajouter quelques gouttes d’essence de rose pour adoucir le parfum. En bref, cela ferait surement l’affaire pour une Dame. Lorsqu’il se retourna, plutôt fier de sa mixture, il fut totalement désemparé de voir la jeune femme recroquevillée contre la porte.

Toujours silencieuse, elle pleurait, comme enfermée dans un univers auquel le béarnais n’avait pas accès. Avait-il été trop dur avec elle ? Il se remémora la façon dont il l’avait accueilli et la culpabilité d’avoir ainsi blessé la jeune femme commençait à le ronger. Certes il n’avait pas été tendre, mais quand même ! Elle était entrée ici sans prévenir…et complètement nue qui plus est. Ses notes étaient fichues, son parchemin aussi. A quoi s’attendait-elle ? Qu’il l’accueille les bras ouverts et la bouche en cœur ? A moins qu’elle ait cru à une pièce vide. Il ne l’avait jamais vu au château, ce qui confirma qu’elle était étrangère ici. Plus il réfléchissait à son attitude et plus la colère qui était issu de cette irruption impromptu se transformait minute après minute en faiblesse, en compassion face à cette tristesse qu’elle affichait. Etait-il vraiment la raison de cette peine ? Elle ne sanglotait pas, les larmes roulaient simplement, sur son visage masqué de ses mains. Elle avait enfilé sa chemise, et il dû s’avouer qu’elle la portait bien.

Il n’avait pas la moindre idée de l’identité de cette jolie et exotique brune, mais ce dont il était sûr, c’est que quelque chose n’allait par pour elle. Et intrigué, appelé par la curiosité, il en vint à vouloir l’aider et s’excuser.
Mais toujours décontenancé, il ne savait pas trop par où commencer. Elle lui paraissait subitement très vulnérable. Après s’être passé une main dans les cheveux, il s’approcha et s’accroupit à ses côtés. Sa main hésita à se poser sur son épaule pour la réconforter, mais il retint son geste, on ne touchait pas une Dame de la sorte.

-Allons allons, dit-il en essayant d’adoucir sa voix pour ne pas l’effrayer plus. Je ne voulais pas crier, veuillez me pardonner si je vous ai offensé, ou fait peur…ou que sais-je….


Sa voix mourut sur la fin, il était totalement perdu mais sincère, et lorsqu’elle leva des yeux pleins de buée vers lui, il remarqua que l’hématome avait pris un peu de volume.

- Il faut cesser de pleurer si vous voulez que l’onguent prenne, reprit-il avec un sourire qu’il voulait réconfortant. Ne bougez pas, je vais l’appliquer…hum cela risque d’être un peu douloureux.

Du coin de sa manche, il essuya la joue de la jeune femme, puis se mit à appliquer le baume du bout des doigts, en mouvements lents. Il n’osait pas appuyer de peur de lui faire mal et fut agréablement surpris par l’odeur qui se dégageait de sa préparation. Cette scène le ramena des années en arrière. Une fois, Acuité avait réussit à grimper dans un sapin du domaine, sous prétexte de ramener un oisillon de geais dans son nid. En redescendant, elle avait glissé sur la dernière branche et avait fait une chute, s’écorchant le front et les mains. Taebryn l’avait soignée et avait tenté de la consoler. Mais dès sa plus tendre enfance Acuité avait déjà un caractère bien trempé, et avait séché ses larmes toute seule, en menaçant le jeune garçon de ne rien dévoiler à son père de sa mésaventure. Ce souvenir le fit sourire quelques secondes, avant de penser qu’elle avait bien grandit et que désormais, le dialogue était plus difficile. En cet instant, c’était la première fois qu’il « prenait soin » d’une femme et qu’elle se laissait faire surtout.

Il remarqua alors que la belle le regardait fixement, et cela le ramena directement à la réalité. Gêné, il se racla la gorge et se releva d’un bond.

- Bien euh voilà. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il vous est arrivé, mais votre blessure devrait vite dégonfler, ma Dame.

Il lui tendit sa main pour l’aider à se relever, cette rencontre était surement la chose la plus surprenante qui lui était arrivé depuis le début de son séjour.
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Iris
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Dim 5 Aoû - 1:56

Bientôt, la proximité de Taebryn obligea Iris à reprendre ses esprits. Essuyant ses larmes d'un revers de manche, elle écouta l'inconnu s'excuser d'un méfait qu'il n'avait pas commis. Comme s'il s'était agi de l'autre, cela lui passa un peu de baume au cœur. Elle ne le fixa pas moins d'un air farouche, tandis qu'il lui appliquait de la pommade sur la joue.

Cela brûlait un peu, mais la régularité du geste finit par l'apaiser. Elle n'avait pas l'habitude de se laisser cajoler ainsi - hors cadre professionnel, s'entend - mais elle était lasse et il était sans doute plus aisé de se laisser faire que de repousser les attentions de l'inconnu. D'autant plus qu'elle comptait bien profiter de son refuge quelques instants encore...

Il avait l'air perdu dans ses pensées, puis gêné, lorsqu'il se releva soudain de toute sa hauteur. Se sentant bien minuscule et méprisable dans cette position, Iris saisit la main que Taebryn lui tendit et se releva prestement.
- Merci, dit-elle enfin, avec son accent outrîlien et une apparente sincérité - certes avare de mots : elle avait tout sauf l'intention de lui raconter "ce qui lui était arrivé". Pourtant, elle devait reconnaître qu'il se montrait bon avec elle, et surtout, désintéressé. Jusqu'où pourrait-elle pousser cet avantage ? Car elle devait désormais penser avec pragmatisme : qu'allait-elle faire désormais ?

Alors qu'un silence pesant s'installait, Iris envisagea les différentes possibilités. Elle n'avait guère envie de ressortir dans le couloir pour regagner Bourg-de-Castelcerf : l'autre pourrait facilement la rattraper, et sa tenue (ou plutôt son absence de tenue) n'était guère discrète pour regagner paisiblement ses pénates. Pouvait-elle pour autant demeurer ici ? Elle jeta un coup d’œil évaluateur à son hôte. Elle ne savait si elle devait se sentir plus ou moins en sécurité en sa présence, même si pour l'instant la première réponse s'imposait.

Enfin, elle se jeta à l'eau : qui ne tente rien n'a rien...
- Pouvez-vous me raccompagner au Bourg ?
Un coup d’œil au bureau, qui dégoutait encore, aiguisa ses doutes : il était audacieux de penser que l'homme accepterait de sortir ainsi au beau milieu de la nuit...
- Je peux attendre le matin, précisa-t-elle alors, comme à regrets : bien sûr elle préférait rejoindre dès maintenant l’atmosphère sécurisante du bordel, mais elle préférait encore passer la nuit ici que de rentrer sans escorte.

- Vous serez récompensé ajouta-t-elle encore, comme craignant la réponse, sans trop savoir au juste ce qu'elle promettait - ou plutôt en le sachant très bien, car elle n'était guère fortunée...
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Taebryn Ruderacine
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Mar 7 Aoû - 17:37

Muette dans un premier temps, la jeune femme sembla s’animer de parole n’ayant qu’un seul but : la ramener chez elle. Ses phrases s’enchainaient, d’abord pressante, elle se fit plus raisonnable pour enfin proposer au Béarnais de l’argent en échange de l’accompagnement. Son léger accent était charmant, exotique et donnait à la prononciation de ses mots une sensualité certaine.
Tout ceci le fit sourire, les mots de la brunette manquaient cruellement d’assurance contrairement à son attitude. Elle jouait les dames, demandant escorte, mais il était clair qu’elle n’était pas habituée à agir de la sorte. D’où sortait-elle ? Bien que cette histoire ne fût pas claire, Taebryn ne put s’empêcher de taquiner la jeune femme.

- Autre chose ? Demanda-t-il avec un sourire moqueur.

Mais avant qu’elle ne prenne la mouche, il se dirigea à nouveau vers sa malle de bois.

- Je vais vous raccompagner, mon honneur m’interdit de laisser une jeune femme à demi-nue se promener dans les couloirs.

Après l’irruption qu’elle avait faite, et les conséquences que cela avait apportées, il insista bien sur le fait que l’honneur seul, lui dictait sa conduite. Elle aurait bien mérité de se débrouiller seule.
Il trouva enfin ce qu’il était venu chercher, une grand cape avec capuchon qu’il ramena à la jeune femme.

- Enfilez cela, je ne tiens pas à ce que l’on me voit accompagnée d’une femme à demi-nue.

C’était vrai. Les murs du château avaient oreilles et yeux. Taebryn était en mission ici, il ne pouvait la compromettre à cause de rumeurs sur des relations (incestueuses peut-être) en pleine nuit. Son but était de rester discret, invisible. L’image du garde du corps un peu niais lui allait parfaitement. Personne ne prêtait attention à un homme un peu lourdaud, mais il savait pertinemment que les domestiques cherchaient tous ragots possibles, et l’image d’un homme surpris en pleine nuit avec une femme faisait vite jaser. Alors une femme à moitié nue….

Il ouvrit ensuite la porte, jeta un coup d’œil à droite et à gauche pour être bien sûr que personne ne guette, et tendit un bras vers la jeune femme comme pour lui indiquer que la voie était libre.
Alors quand elle fut à ses cotés, il baissa la tête pour lui chuchoter :

- Pour vous raccompagner ma Dame, il me faudrait savoir où vous vivez.
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Iris
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Sam 13 Oct - 17:15

Comme elle l'avait pressenti, l'homme se montra réticent à satisfaire sa prière. Pourtant, après l'avoir moquée, il marqua son assentiment. Dès lors, plus rien n'avait d'importance : sa sécurité garantie, elle se moquait bien que l'homme agisse de mauvaise grâce. Il ne lui était rien, et elle était déjà suffisamment préoccupée par elle-même pour se soucier d'autrui.

Son soulagement ne s'accompagna pas moins d'une certaine reconnaissance lorsque l'inconnu, avec des paroles crues (il insista sur sa nudité comme sur une tare), lui remit un manteau. Elle s'empressa de le passer et serra le tissu, sans apprêts mais doux, contre son corps. Il serait satisfait : la sombre étoffe et le capuchon rabattu ne laissaient pas voir grand chose de sa physionomie. Elle était prête à sortir.

Sur le seuil de sa porte, l'homme vérifia lui-même l'état du couloir. Désert. Avait-il compris qu'elle était poursuivie ? Ou bien se souciait-il, comme il disait, de son "honneur" ? L'honneur, elle n'avait pas oublié ce que c'était, mais pour sa part il ne lui en restait plus grand chose.
- Pour vous raccompagner ma Dame, il me faudrait savoir où vous vivez, chuchota-t-il.
Alors, elle attrapa sa large main, et l'entraîna d'un pas vif dans le couloir.

En cette heure tardive, angles et couloirs se succédèrent à la lueur vacillante des torches sans qu'ils croisent âme qui vivent, si ce n'est un gros matou angora et quelques domestiques, une fois qu'ils eurent quitté le calme quartier des appartements privés. Iris semblait connaître les lieux, bien qu'elle hésitât à quelques croisements ; elle choisit la voie la plus directe pour sortir du château, et bientôt ils émergèrent dans le Cour, à la lumière de la lune. Alors, seulement, Iris lâcha la main de Taebryn et rétablit entre eux une distance raisonnable. Parvenue à l'air libre, elle avait un peu moins peur.

Ils franchissent les portes du château sous l’œil mi-endormi mi-curieux des gardes en faction. Sur le chemin qui descendait au Bourg, Iris se retint pour ne pas courir. Elle se savait en sécurité désormais, du moins hors de portée de son agresseur, mais la perspective de s'abîmer dans le sommeil jusqu'au lendemain était par trop tentante. Elle tâchait de ne pas trop penser à ce qui se passerait le lendemain, quand la Maquerelle apprendrait ce qui s'était passé. Un seul coup d’œil sur sa figure suffirait à l'informer...

Ils n'eurent guère besoin de s'enfoncer dans le Bourg pour arriver à destination. Il n'était guère possible de se tromper sur la nature du bâtiment. Éclairé de mille couleurs, il s'entrouvrait encore, en cette heure avancée de la nuit, de nombreuses entrées et sorties. Les affaires de Chatim marchaient bien, et nul ne pouvait l'ignorer. En témoignaient la musique raffinée et les joyeux éclats de voix qui s'échappaient de l'intérieur.

Plus alerte que jamais, Iris s'empara à nouveau de la main de l'homme et l'entraîna prestement dans une ruelle qui menait à l'arrière du bâtiment. Les lieux étaient moins chantants : humides et relativement malodorants comme toute venelle de Bourg-de-Castelcerf, quoique moins sombres, les lumières de la façade teignant les visages d'ombres délavées. Là se dressait une porte modeste ; l'entrée que les clients ne verraient jamais, que seule empruntaient les travailleurs et, en l’occurrence, les travailleuses.

Iris en gravit les quelques marches et, posant sa main sur la poignée, sembla soudain se rappeler de l'existence de Taebryn. Faisant volte-face, elle abaissa son capuchon et saisit son manteau au col, semblant hésiter à s'en défaire. Mais il n'était pas à elle, et elle le laissa glisser sur ses épaules, le maintenant à hauteur de poitrine.
- Désirez-vous entrer ? murmura-t-elle d'une voix faible.

Il était, dans ces circonstances, difficile de se méprendre sur la nature de la récompense qu'elle lui offrait pour ses "loyaux" services.
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Taebryn Ruderacine
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Dim 4 Nov - 18:40

A peine avaient-ils franchi la porte qu’elle lui avait attrapée la main, pour l’entrainer dans cette course nocturne. Ils ne parlaient pas, se contentant juste de se fondre dans les couloirs du château, puis dans la cour, sans un bruit sauf celui de l’air mouvant autour d’eux. Dans d’autres circonstances, on eut cru un conte romantique, mais la réalité était bien moindre. Il ne s’agissait que d’un couple, créé sur l’instant pour secourir cette jeune femme nue.
Tandis qu’il courrait, Taebryn réfléchissait sur le comment du pourquoi il s’était trouvé dans cette situation. Après tout, il ne lui devait rien. Mais le visage amoché de la jeune femme avait eut raison de lui.

Une fois dans la cours, la petite main chaude qui le tenait fermement se relâcha avant de le quitter entièrement, alors il prit grand soin de masquer son visage lorsqu’ils passèrent la garde à moitié endormie, et ensemble, ils franchirent les grilles du château. Il se doutait que la jeune femme se sentait en sécurité désormais, plus proche de chez elle. Leur course se ralentie mais ils conservèrent une allure de marche relativement rapide. Elle se hâtait. Qu’est-ce qui pouvait bien l’attendre ? Un mari jaloux ? Un enfant affamé ? Les questions commençaient à se bousculer dans son crâne. Bien malgré lui, la jeune femme attisait sa curiosité.

Ils entrèrent dans le bourg et rapidement, bifurquèrent vers un bâtiment encore éclairé à cette heure tardive de la nuit. La musique et les rires parvinrent à leurs oreilles, mais Taebryn n’eut pas le temps de s’en préoccuper. La belle lui reprit la main et l’entraina à l’arrière, vers une porte bien plus modeste, bien plus proche de l’allure du bourg. Alors, prête à disparaitre à travers cette nouvelle porte, elle se retourna vers lui, tandis que ses mains effleuraient le col de la cape qu’il lui avait prêté, comme si elle allait s’en défaire. Alors, épaules dénudées, elle lui demanda :

- Désirez-vous entrer ?

Sa voix lui sembla faible, presque hésitante, comme si elle se sentait obligée de le proposer. Il la regarda tout d’abord interdit. Une courtisane, voilà ce qu’elle était. Il comprit que l’offre, équivalait à un paiement, et cette idée lui fit horreur. Son visage se fit plus ferme, et de ses deux mains tout aussi dures, il remonta la cape sur les épaules de la jeune femme, sans pour autant lâcher le col un instant. Son regard croisa le sien, il crut y lire de la surprise accompagnée d’une pointe de soulagement. Peut-être avait-il tort. Pouvait-on en être sûr avec ces actrices de l’amour ?

- Je reviendrais chercher mon manteau d’ici peu, de jour…précisa-t-il, comme si cela impliquait qu’il n’était pas client.

Alors il relâcha son emprise sans cesser de la regarder. Il recula d’un pas et s’inclina comme s’il saluait une Dame de la cour.

- Bonne fin de nuit et …pour votre joue tenez.

Il sortit de sa poche un minuscule pot de cet onguent qu’il lui avait appliqué plus tôt et le lui tendit.
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Iris
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Sam 17 Nov - 19:56

Pourtant perchée sur l'escalier, Iris ne dépassait Taebryn que de quelques centimètres. C'est donc sans difficulté qu'il remonta le manteau sur ses épaules, tandis qu'il refusait son offre :
- Je reviendrais chercher mon manteau d’ici peu, de jour…

Le bordel était également ouvert la journée mais Iris crut comprendre le sens de ses paroles. Rien d'étonnant de la part d'un homme qui n'avait pas montré depuis leur rencontre l'ombre d'un désir concupiscent. Mais étonnant de la part d'un homme tout court. Du moins, d'un homme tel qu'avait l'habitude d'en fréquenter Iris... si bien que la courtoisie de l'inconnu lui toucha le cœur.

Aussi, quand fut venu le moment de lui dire "merci", pour l'onguent, pour le manteau, pour le trajet, pour tout, elle préféra écouter son instinct. Il reculait, elle s’avança et, du haut de son minable escalier, posa sur ses lèvres un baiser délicat. Une seconde, deux, avant qu'elle ne disparaisse derrière la porte de service.
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Taebryn Ruderacine
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Dim 18 Nov - 20:23

Taebryn resta un instant immobile dans le noir, la main tenant le pot d'onguent toujours tendu devant lui. Il bredouilla quelque chose comme " au revoir", mais déjà, la belle avait disparu comme elle était arrivée : en une seconde.

Elle l'avait gratifié d'un baiser qui l'avait surprit. Il ne l'avait pas payé pour ça. Etait-ce une méthode pour le faire revenir? Ou pour l'inciter à rentrer finalement?

Sa connaissance des bordels étaient plus que limitée pour la simple et bonne raison qu'il n'en avait jamais fréquenté. L'idée même de toucher ou pire, d'embrasser une femme sans en avoir l'exclusivité le répugnait. Payer en plus pour ça? Par les couilles d'El, plutot crever que d'être un pareil pigeon.

Il quitta les lieux, et remonta le chemin menant au château. Reviendrait-il vraiment pour son manteau? Il ne savait pas trop que penser de tout ça.
Et puis, il ne connaissait même pas le prénom de la belle et puis fichtre, elle s'était pointé sans prévenir nue dans sa chambre tout de même.
Surement provenait-elle d'une autre chambre où l'homme qu'elle pratiquait ( ou qui la pratiquait) l'avait frappé. Comment oser frapper une telle beauté? Au fond de lui, l'idée de la venger naissait tendrement en son sein. Il pouvait aisément retrouver cet homme, et le punir de façon indirecte, avec une impuissance temporaire par exemple, qui lui couperait peut-être l'envie de frapper les putains qu'il s'offrait.

Tout cela l'énervait. Et pourquoi prendre la défense de la-dite putain justement? Cette beauté exotique lui retournait les sens. Il jura dans sa barbe.
Elle représentait tout ce qui le dégoûtait...pourtant il avait envie de la revoir.
Sollicitude? Curiosité? Attirance? Aucune idée. Il avait beau retourner la situation dans son cerveau il ne voyait pas pourquoi.

Aussi, lorsqu'il revint dans sa chambre, il rangea le pot d'onguent, nettoya rapidement son bureau et se coucha en marmonnant, bien décidé à ne pas la revoir de sitôt.


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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Ven 15 Fév - 15:23

Le bordel était encore plein malgré la nuit déjà bien avancé. De nombreux travailleurs venaient fêter une journée de travail enfin achevée, et de tout aussi nombreux voyageurs avaient accourus des villes et villages voisins afin de gouter aux plaisirs maintenant reconnus que pouvait procurer le la maison close de Châtiment. Le petit salon réservé aux filles de joie dans lequel Iris pénétra était donc désert à cette heure-ci: toute les filles étaient occupées, et n'avaient certainement pas le temps de s'asseoir sur l'un des divans pour bavarder entre elles de leurs clients de la journée. Seul un homme était présent, confortablement appuyé contre le cadre de la porte menant à la pièce principale du bordel. Iris ne l'avait pas remarqué d'abord: il se tenait tellement immobile qu'on le confondait aisément pour une ombre au sein de cet éclairage tamisé. Elle ne l'avait vu si rapidement que parce qu'il avait tourné une paire d'yeux gris dans sa direction.

Sven travaillait. Ce cadre de porte était son lieu favoris, car il pouvait presque tout guetter de là: il avait un bon œil sur les gens qui entraient par la porte principale (également sur ceux qui voudraient se faufiler par la porte de service), sur les salles du rez-de-chaussée et il pouvait entendre ce qui se passait dans une bonne partie des isoloirs et du balcon de l'étage supérieur. Repérer un cris inhabituel à travers ceux qui formaient "l'ambiance" de la maison close était probablement le talent que Sven avait développé le plus rapidement... La soirée avait été dure pour lui: tout le monde avait le sang chaud et un groupe d'ivrognes avaient décidés de venir dilapider au bordel le peu qu'ils n'avaient pas dépensés en alcool. Ils étaient ressortis presque aussi vite qu'ils étaient entrés, mais pas par la porte d'entrée!

Lorsque Iris passa le pas de la porte, le visage de Sven (qui avait instinctivement tourné les yeux dans sa direction) se teinta de curiosité, puis d'inquiétude. La jeune femme rentrait tôt, sans plus de vêtements qu'un manteau d'homme passé sur les épaules et paraissait visiblement découragée de s'être fait surprendre. Il s'était passé quelque chose, et elle voulait définitivement que cela reste enterré... Mais quoi? La réponse apparut, claire et évidente, lorsque le regard de Sven glissa sur la joue de l'outrilienne. Malgré la pénombre, la marque du coup qu'elle avait reçue était flagrante. Il serra les dent, ravalant le sentiment de rage vengeresse qui le prenait chaque fois qu'il était témoins d'une telle marque, les questions et les remarques... Elle n'avait pas besoins de cela pour le moment.

"Assied-toi... je vais faire du thé." dit-il en se dirigeant vers le petit poêle disposé dans un coin de la salle.

Il se saisit d'une bouilloire, qu'il mit sur le feu avant de se retourner vers la jeune femme. "Tu me racontera tout quand tu te sera réchauffée. Je crois qu'il y a un peignoir accroché là-bas, si tu veux enfiler quelque chose de plus chaud...".

le ton était bourru et l'intention maladroite... mais elle était là.

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Iris
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Dim 17 Fév - 13:02

Iris n'avait qu'une envie : traverser en coup de vent le petit salon pour disparaitre dans l'escalier qui la mènerait à son lit, et dormir, dormir jusqu'à ce que le soleil soit haut.
Par espoir, ou par naïveté, elle avait cru, à cette heure où la débauche battait encore son plein, ne croiser âme qui vive pour contrecarrer ses plans. Et pourtant, à peine franchi le seuil du bordel tomba-t-elle sur Sven, tapi dans l'ombre.

Sursautant légèrement, elle le toisa d'un regard farouche, l'air renfrogné de le découvrir là.
La plupart du temps, les filles étaient rassurées de sa présence virile, qui était pour elles gage de sécurité. Mais, en l'espace de quelques semaines, il s'était si bien coulé dans les murs que cette présence, discrète et pourtant permanente, devenait obsédante. Le point d'ombre principal était qu'elle ignorait dans quelle mesure il était les yeux et les oreilles de la Maquerelle. Car la maîtresse de maison ne le rétribuait-elle pas pour sa vigilance ?

Aussi, lorsque le Béarnais lui ordonna de s'assoir, de s'habiller, pour enfin "tout lui raconter", Iris n'y vit-elle point de marque de bienveillance. Alors qu'il se détournait pour préparer le breuvage, elle le poignarda du regard, secrètement soulagée d'être soustraite de la profondeur dérangeante ses yeux vairon. Contrairement à d'autres, l'Outrîlienne n'était pas effrayée par les cicatrices de son visage ; chez elle, les hommes, même parfois les femmes, avaient une apparence aussi rude. Mais ses yeux silencieux, froids, asymétriques, lui semblaient violer son âme, et elle les évitait autant que possible. Si bien que depuis que Sven était arrivé au bordel, jamais ils n'avaient eu de réelle conversation seul à seule.

Pourtant, en dépit de cette aversion déraisonnable, qui devait sans doute à la rancœur qu'elle portait en elle d'avoir été ainsi maltraitée, Iris s'assit sur le canapé désigné. Elle avait déjà commis suffisamment d'imprudences pour un soir ; elle n'allait pas défier un second tas de muscles, et encore moins celui là. Elle ne pouvait risquer d'irriter davantage Châtiment ; le bordel était désormais son seul toit, son seul foyer. Aussi fit-elle preuve d'une docilité que seuls contredisaient son silence obstiné et son immobilité.

Elle ne fit pas mine de s'approcher du peignoir. Elle était bien dans son manteau, trop grand pour elle, qui l'enveloppait toute entière et dont elle sentait le poids rassurant sur ses épaules. Le serrant un peu plus contre son corps, elle fixait un point non identifié devant elle en écoutant le sifflement croissant de la théière, puis le bruit du liquide renversé dans la tasse.

Lorsqu'elle saisit entre ses petites mains trapues le récipient que lui tendit Sven, la chaleur se répandit sur son épiderme et brisa la glace :
- Et pourquoi je devrais tout te raconter ? Tu vas faire quoi ? lança-t-elle avec son accent maladroit d'ailleurs, et la pointe de défi qu'elle n'était parvenue à effacer de sa voix.
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Dim 17 Fév - 16:59

Sven prit son temps afin de préparer la théière, qu'il remplie d'une des seules herbes qui lui plaisait bien: un mélange de camomille et de fleur du berger. Il n'était pas dupe: même dans son dos, il sentait encore l'attitude renfrognée et rebelle de l'outrilienne, ce qui ne manquait pas de l'étonner. Avait-il fait quelque chose de mal? Il eu un haussement d'épaule pour lui même. Elle avait toujours eu une attitude renfermée, après tout... surtout avec lui. Après avoir remplis deux tasses, il se dirigea vers le divan, et en tendit une à Iris. Il remarqua qu'elle détournait le regard, essayant avec habilité de le regarder sans croiser le sien. Décidément... soit elle était encore sous le choc de sa soirée, soit il avait fait quelque chose contre elle qu'il ignorait encore.

L'outrilienne brisa le silence, et ce beaucoup plus vite que le gardien de la maison close ne s'y attendait. "Et pourquoi je devrais tout te raconter ? Tu vas faire quoi ?" demanda-t-elle toujours sans le regarder. Sven soupira, et avança une chaise jusqu'en face du fauteuil pour s'y asseoir en califourchon juste en face d'Iris. Ses yeux retombèrent sur la marque de coup, et une petite idée de la raison de son attitude lui vint à l'esprit. En général, les filles n'avaient pas d'hésitation à lui rapporter les abus des clients.Châtiment... se dit-il. Elle devait avoir fait une gaffe monumentale pour qu'elle soit inquiète seulement à la présence du Béarnais

"Parce que m'apprêtais à sortir pour aller faire mon travail, expliqua-t-il sans laisser de place aux sous-entendus. Mais si tu t'es fait cette marque en déboulant les escaliers, comprends bien que je préfèrerais que tu me le dise tout de suite." Il prit une petite gorgée de thé brulant, et fit la grimace. Il l'avait encore fait un peu trop infusé... Il détourna les yeux du visage de la catin afin lui donner l'occasion de regarder ailleurs, et regarda le liquide fumant de sa tasse en continuant. "Châtiment est très occupée, ce soir... elle m'a demandé expressément de ne pas la déranger pour n'importe quoi. Je crois donc que je peux régler ce cas sans faire trop d'histoire. à moins qu'il ne se soit rien passé."

Les sous entendus étaient aussi subtils qu'un bataillon de saoulons chantant à tue tête. Sven anticipait déjà le moment où la maquerelle ne manquerais pas d'apprendre ce qu'Iris avait subie, et le réprimanderais de ne pas être monté l'avertir aussi tôt. Il releva lentement les yeux pour les planter dans ceux de la jeune femme, attendant une réaction quelconque de sa part. Il lui avait clairement laissé de nombreux choix, et il attendait simplement de savoir comment elle y réagirait.

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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Jeu 28 Fév - 17:02

L'homme s'était assis juste en face d'elle. Eh bien, il voulait qu'elle le regarde ?! Elle le regarderait. Il ne serait pas dit qu'elle avait peur de lui !
Elle vrilla dans ses yeux bizarres son regard buté, et attendit que la confrontation s'achève. Avec un bruit désagréable, elle absorbait à intervalles réguliers de petites gorgées de thé. Il était amer, mais cela ne la dérangeait pas ; c'est ainsi qu'elle l'aimait.

Pendant ce temps, Sven parlait. Très calme, il se justifiait. "Sortir pour aller faire son travail". Tout lui paraissait si simple !
Comme une main tendue, il lui offrit un échappatoire, mais elle préféra s'en moquer :
- C'est ça, lâcha-t-elle, laconique.
Tombée dans les escaliers... oui, cela vaudrait mieux, sans doute.

Pourtant, sous ses airs peu finauds, il sembla comprendre l'origine de sa réticence. Usant d'une excuse raffinée pour la réalité qu'elle recouvrait, tous deux le savaient (Châtiment était "occupée", sans nul doute avec un client), il lui proposa une sorte de pacte de confidentialité.
"Régler ce cas sans trop faire d'histoire"... mais était-ce seulement possible ? Sven avait bon cœur, elle le voyait à présent, mais il ne semblait pas saisir les subtilités de la situation.

Aussi, contredisant ses précédentes paroles, elle reprit, l'air las, moins mordant :
- Attends. Ce n'est pas un simple ivrogne que tu peux dégager à coups de pied. Il est au château, tu comprends.
Et ces quelques mots voulaient tout dire : que l'homme n'était pas sans influence, du moins pas sans argent. Qu'il faisait partie du réseau que la Maquerelle s'efforçait de tisser au Château pour importer dans les cercles du pouvoir ses activités les plus huppées. Que la chose était à la fois connue et officieuse, délicate, puisque le simple fait faire pénétrer ses filles à Castelcerf nécessitait de soudoyer la Garde.

Et qu'un petit incident pouvait compromettre ce marché à naître.
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Ven 1 Mar - 5:03

Les paroles d'Iris firent l'effet d'une douche d'eau froide à Sven, même s'il ne laissa échapper qu'un "Ah..." entendu. À la seule mention que le client de l'Outrilienne était un homme du château, la situation s'éclaira. À présent, il comprenais beaucoup mieux le désir de discrétion d'Iris, et son amertume face à une situation aussi délicate. Il plaignait sincèrement la jeune femme d'être ainsi tombée sur ce genre de client. L'esprit de l'ancien marin, peu habitué à régler ce genre de problème, était empêtré dans toutes les complications et les répercutions qu'une quelconque action envers le "noble" pourrait avoir. Mais, intérêts commerciaux ou non, Châtiment ne permettrais pas que du mal soit fait à la moindre de ses filles. "Mon nom doit porter sa signification à tout ceux qui oserons leur manquer de respect..." lui avait-elle dit un jour. Il allait donc faire son devoir, sans aucune hésitation.

Monter au château sur l'heure, enfoncer la porte de la chambre du noble et l'étaler sur le sol à coup de poing en lui disant de ne jamais plus oser faire appel à une fille du bordel n'était probablement pas une bonne idée: il allait devoir agir subtilement et avec doigté... ce qui était, à priori, loin d'être sa spécialité. Toutefois...

"Eh bien château ou pas, tout les hommes sont égaux lorsqu'ils se rendent au bordel." dit le Béarnois du ton le plus confiant qu'il pouvait adopter. "Il suffira d'être clair et civilisé. Mes poings ne sont pas mes seules armes après tout..."

Il termina sa tasse d'un trait, et se leva afin d'aller la poser sur le petit comptoir à côté du poêle. De nombreuses pistes d'action lui trottaient en tête, sans qu'aucune n'éveille en lui un coup de génie. Il devait y avoir un moyen... restait à trouver lequel. Il se dirigea sans hâte vers son grand manteau suspendu dans un coins de la pièce, et jeta un coup d’œil à Iris en l'enfilant.

"Si tu es rentrée au château ce soir, j'imagine que les gardes en fonction sont des "amis" de Châtiment?"

La question était claire, et il ne semblait attendre que la confirmation de l'outrilienne pour quitter la pièce. Il se doutait bien qu'à première vue il avait l'air d'une brute et que de le voir sortir ainsi n'avait sans doute rien de rassurant. Cette pensée le fit sourire. Même châtiment avait parfois tendance à oublier à quel point Sven n'était pas une nature brutale.
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Dim 24 Mar - 18:10

- Ah...
Enfin, Sven sembla prendre la mesure de la situation. Il réfléchit un instant, puis décida de ne pas en tenir compte, sous prétexte que "tous les hommes sont égaux lorsqu’ils se rendent au bordel".
Iris lui lança un regard lourd de sens. De fait, les hommes n'étaient jamais égaux. C'était même l'une des règles fondamentales du commerce - et que faisait Châtiment, que faisaient-elles, sinon du commerce ?

Il y avait les gueux, ceux qui n'avaient droit à rien, ou à pas grand chose ; et puis les fortunés, auxquels on sortait le grand jeu. Les premiers allaient, venaient, laissaient une pièce avant de disparaître, quelle importance pour ce qu'ils avaient à offrir ? il en viendrait d'autres le lendemain. Les seconds, il s'agissait de ne pas les laisser filer ; une fois attrapés dans les filets, ils rapportaient gros, et régulièrement, s'il vous plaît. Certains devenaient même de véritables habitués, s'entichant d'une fille en particulier, dans une grotesque parodie de romance. Pour Châtiment et les prostituées, c'était la clientèle rêvée, l'idéal à atteindre. Aussi les Oiseaux avaient-ils commencé à se déplacer au Château...

Iris garda donc une moue dubitative, y compris lorsque Sven déclara qu'il savait se débrouiller autrement qu'avec ses poings. A première vue, c'était pourtant son atout principal. Et elle avait du mal à l'imaginer face au Noble imbu de sa propre supériorité, peu disposé à se voir donner des leçons de civilisation... Non, vraiment, ça n'était pas dans ses cordes, et ses paroles suivantes ne firent que le lui confirmer :
- Si tu es rentrée au château ce soir, j'imagine que les gardes en fonction sont des "amis" de Châtiment ?

- Je ne sais pas
, répondit-elle.
Et puis, sans s’embarrasser de métaphores :
- Moi, je ne suis que la marchandise.
Elle n'avait pas à se soucier des détails de sa livraison. Et elle n'avait pas été assez curieuse pour s'en préoccuper. Elle suivait les consignes de Châtiment, faisait son travail, et tout allait bien. Ou presque...

Avec son long manteau, Sven avait l'air sur le départ. Elle avait vraiment un mauvais pressentiment.
Comme pour donner plus de poids à ses paroles, elle se leva, et lui fit face.
- Tu sais, je me suis déjà vengée moi-même, dit-elle d'un ton neutre.
C'était vrai. Elle l'avait frappé en retour, même si cela n'avait sans doute fait qu'accroître sa colère. Elle espérait qu'il serait assez malin pour en rester là. Sans quoi...

Elle frémit, et ne mentit pas tout à fait lorsqu'elle poursuivit :
- J'aurais besoin de toi, mais... plus tard, s'il revient. En attendant, je préfère que les choses en restent là. J'ai sommeil. Je suis fatiguée.
Ses propos s'illustraient sur son visage. Elle avait l'air abattu, et son visage s'assombrit encore lorsqu'elle se souvint, alors que son manteau flottait autour d'elle, qu'elle avait laissé sa parure au château, s'enfuyant sans rien sur le dos.

- Peut-être pourrais-tu seulement récupérer ma robe au château ? tenta-t-elle, au petit bonheur.
Les robes dont les apprêtait Châtiment valaient une petite fortune, et elle était certaine qu'une telle disparition ne passerait pas inaperçue. Or, inaperçue : c'est ainsi qu'elle voulait que demeure l'aventure.
C'était sans doute beaucoup demander à Sven, mais qui sait ? La gente masculine était très chevaleresque, ce soir, et peut-être, après lui avoir fait la grimace, la chance finissait-elle par lui sourire.
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Ven 29 Mar - 14:46

Son long manteau de cuir sur les épaules et sa main sur la poignée de la porte, Sven écouta attentivement le souhait d'Iris. "Je préfère que les choses en restent là...", disait-elle. "j'ai sommeil. je suis fatiguée."... puis, peu après "Peut-être pourrais-tu seulement récupérer ma robe au château?". Il se contrôla pour retenir un petit soupir de découragement, mais s'autorisa tout de même un sourire. Voir Sven sourire était toujours un spectacle rare, et toujours un peu dérangeant: les nombreuses cicatrices de son visage se mélangeaient aux rides créées par le sourire, si bien que son visage donnait l'impression de disparaitre, ne laissant qu'une bouche souriante, un amas de cicatrice et deux yeux gris. En d'autres termes, il aurait fait peur si ses yeux avaient exprimés autre chose d'un peu d'amusement.

Si elle s'était effectivement vengée comme elle prétendait l'avoir fait (et El sait qu'il faut s'y attendre avec une outrilienne!), il n'osait même pas imaginer dans quel état de trouverais la robe d'iris, ni même s'il la trouverait tout court. Mais ce prétexte lui donnait une excellente raison de se rendre au château, et peut-être même de rencontrer le noble. Pas pour le tabasser, ni même pour l'entretenir... non... simplement pour voir de quoi il avait l'air. Il posa une de ses grandes mains calleuses sur la frèle épaule de la prostitué.

"Je vais revenir dans quelques heures, si possible avec ta robe. Les choses en resterons là ce soir."

si j'ai mon mot à dire... compléta mentalement Sven. il doutait fortement pouvoir récupérer la robe et sortir tout simplement, mais il garda ses inquiétudes pour lui. Il poussa doucement le loquet, et entrouvrit la porte.

"Repose-toi. j'crois bien que t'en a besoins."

Il pivota, et se glissa hors du bordel comme une ombre qui se serait échappée.
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Iris
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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme [juillet 09]   Lun 1 Avr - 19:29

La paume du Béarnais étaient chaude et rêche. Par ce contact, il essayait sans doute de la rassurer. Ne devait-elle pas se satisfaire de ses paroles ?
- Je vais revenir dans quelques heures, si possible avec ta robe. Les choses en resterons là ce soir.

Ce soir, mais le lendemain ?
Elle s'interdit de penser à plus loin. Elle avait déjà obtenu plus qu'elle ne l'aurait espéré. Il lui semblait qu'elle pouvait faire confiance à Sven... Quoiqu'il en soit, elle n'avait guère le choix.

Elle aurait pu le remercier, mais il ne restait, dans son âme meurtrie et fatiguée, guère de reconnaissance. Elle avait déjà tout donné, c'est-à-dire pas grand chose, à l'homme qui l'avait raccompagnée.

Elle songea soudain au manteau qui lui couvrait les épaules. Elle aurait pu demander à Sven de le déposer... mais c'était sans doute abuser, et puis le Béarnais était déjà parti. Elle avait à peine eu le temps de lui donner quelques indications sur l'endroit où se trouvait la chambre, dans les vastes couloirs du château. Elle espérait presque qu'il ne la trouverait pas.

- Repose-toi. J'crois bien que t'en a besoin, avait-il intimé avant de disparaître.
Il ne croyait pas si bien dire.
Pesamment, elle se leva et s'éloigna vers les escaliers, laissant sur la table une tasse dans laquelle nageaient encore quelques feuilles de thé.

Quelques minutes plus tard, elle dormait d'un sommeil sans rêves, sans hommes, dans la bienséance du vide.
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Chasse à l'homme [juillet 09]

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