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 Brigands ! [08/09]

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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Brigands ! [08/09]   Lun 25 Juin - 23:40

Les festivités de la fête des moissons s’étaient achevées peu à peu. Chacun avait repris le libre cours de sa vie ; saltimbanques et participants avaient retrouvé les chemins qui les avaient menés jusqu’ici. Acuité en avait fait de même,  les récents évènements l’avaient quelque peu démoralisée. D’abord il y avait eu le rejet de sa personne par le Maitre d’Arme, qu’elle n’arrivait toujours pas à haïr, puis cette regrettable méprise de la part de Taebryn qui lui avait collé une frayeur bleue. Elle l’avait toujours vu comme une sorte de protecteur que lui avait attitré son père, mais depuis cet incident, elle le voyait comme quelqu’un qui pouvait s’avérer violent, et ce, même envers elle.
Aussi, ces derniers jours, la jeune femme cherchait la solitude et passait son temps à esquiver les gens de la cour, les ménestrels et autres spectacles de marionnettes, cherchant son salut dans la réflexion. Toutes les excuses avait été bonnes pour rester enfermée dans sa chambre. Elle ne sortait que pour ses cours d’Art, auxquels elle assistait sans grande gaité de cœur.

Et puis ce matin, après une nuit agitée, elle s’était levée aux aurores et en avait profité pour se faufiler en dehors du château et surtout, en dehors de la vision de Taebryn, afin de faire ce qu’elle n’avait malheureusement pas pu faire depuis un très long moment : chasser.
Elle ne comptait pas s’aventurer très loin, et peu lui importa qu’elle rentre bredouille ou non. Elle souhaitait juste partager un moment avec Rousseplume, qui ne lui poserait aucune question. Aussi, elle avait enfilé son traditionnel pantalon de chasse, et avait noué ses cheveux en une natte épaisse qui plongeait au devant de son épaule gauche.
Avant d’arriver aux écuries, elle avait pris le temps de chaparder deux petits pains au miel et quelques morceaux de viande fraîche pour son crécerelle.
Le garçon d’écurie la gratifia d’un bonjour amical, appuyant sur le fait qu’il ne l’avait pas vu depuis longtemps et qu’il était ravi de la retrouver ici. Elle lui répondit avec un sourire, comme à son habitude, puis lui demanda de sceller Robuste, tandis qu’elle s’occupait de Rousseplume.
Sans un mot de plus, pour ne pas déranger les écuries encore un peu endormies, ils se mirent chacun à exécuter leur ouvrage. Elle caressa longuement la robe de son faucon avec un plaisir non feint, et ce dernier piailla à plusieurs reprises, comme excité par cette sortie.

Alors, arborant sa tenue de chasse, carquois au dos et arc à la scelle, elle sortit de l’enceinte du château, Rousseplume au bras. Enfin, lorsque les vastes plaines bordant l’autre côté de la forteresse s’étendirent sous les sabots du jeune hongre, elle retira le capuchon du faucon et lui fit prendre son envol. Il fit quelques larges tours au dessus d’elle, puis pris la direction des plaines, plus loin.
Acuité tapota l’encolure de Robuste, et l’intima à un petit trot tout d’abord, avant de le laisser s’exprimer en un galop effréné.

Il était bon de se laisser porter ainsi dans le vent. La température était agréable et Robuste était confortable. La liberté, ce n’était pas tous ces dîners, ces cours d’Art, ses entretiens diplomatiques, cette gestion d’un domaine, c’était juste ça. Etre soi-même, n’était-ce qu’un instant, ne penser à rien d’autre qu’à ce si juste moment où la nature nous offre la perfection. L’appel de Rousseplume la rendit à la réalité. Aussi, elle bifurqua sur la droite, dans la direction indiquée, tandis que le faucon revenait vers elle. Elle leva le poing pour récupérer son animal, et fonça droit devant vers un petit fourré. Aussitôt, un couple de perdrix rouge s’envola dans un bruissement d’ailes. Acuité, un sourire aux lèvres, lança son crécerelle qui s’éleva dans les airs à la poursuite d’un des deux. La vitesse à laquelle l’oiseau fendait l’air était toujours aussi impressionnante, même après toutes ses années. La chasse en vol offrit un ballet des plus gracieux et pendant que Rousseplume était à l’œuvre, la jeune femme sorti son arc et cibla le deuxième volatile qui tentait de fuir. La première flèche fusa et passa juste à côté de sa cible. Aussitôt, Acuité se saisit d’une deuxième flèche, qui elle, fit mouche dans l’aile gauche. Le faucon avait déjà  amené sa cible au sol, et attendait en piaillant que sa maîtresse vienne la récupérer. Acuité s’avança, puis une fois à portée, descendit de cheval. Elle échangea le volatile contre un morceau de viande en félicitant son oiseau de proie. C’était une belle femelle qu’elle déposa dans les fontes de son cheval. Elle continua son chemin bien plus loin, pour récupérer le mâle. La hauteur de la chute l’avait achevé. Elle récupéra sa flèche et déposa l’oiseau avec sa promise.

Elle continua sa route, remontant le long de la colline. Avant de passer de l’autre côté, elle jeta un coup d’œil à la forteresse. Les dernières lumières étaient éteintes depuis longtemps à l’heure qu’il était, beaucoup devait déjà s’affairer au château.
Elle savait qu’en bas, un autre bois se déroulerait sous ses pieds et une autre colline déboisée derrière, c’est là-bas qu’elle comptait se rendre. Aussi, Rousseplume au bras, elle s’aventura dans les bois.


Dernière édition par ACUITE LOINVOYANT le Dim 29 Juil - 15:57, édité 1 fois
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Sam 7 Juil - 16:54

Brun prenait cette chasse vraiment très au sérieux. Il avançait sans bruit, inspectant et furetant en quête d'une piste pour ses sens entrainés. Vainqueur, lui, avait quelques doutes sur la tentative mais Brun réussissait à les dissiper les uns après les autres.
Ils s'étaient levés diablement tôt - c'était pour éviter qu'on ne les voit sortir rien que tous les deux et que la ville jase encore pendant des mois, avait dit Brun. Ils avaient pris des arcs - parce que sans chiens et chevaux, c'était impossible de s'amuser avec une vraie lance, ce à quoi Vainqueur dépité n'avait pas osé demandé pourquoi donc ils n'avaient pas pris chevaux et chiens en premier lieu. Et surtout ils avançaient dans la forêt depuis maintenant une bonne demi-heure alors que Brun était encore plus muet que la carpe qu'il pouvait être habituellement - et à ça, il ne répondait rien bien évidemment !

Vainqueur réprima un bâillement et se força à ne pas trop se laisser distancer par son ami. Le maître d'armes jouait très bien la comédie, totalement concentré sur sa tâche, communiquant avec lui par gestes et uniquement pour lui dire "stop", "à gauche", "à droite", "chut"... Typiquement l'attitude qu'il pouvait avoir quand un sujet le tracassait, qu'il trouvait une excuse pour lui en parler seul à seul et qu'une fois toute la scène mise en place il n'osait plus se lancer véritablement.
Vainqueur sourit en soupirant, bon joueur il allait lui laisser encore une petite dizaine de minutes... après ça, aussi loin du château, avec aucune âme qui vive à la ronde, Brun n'aurait sincèrement plus aucune excuse.

- Raah stop ! Le roi avait peur que si jamais ils continuaient comme ça Brun ne se transforme en chasseur muet pour le restant de ses jours. On a fait toute la putain de plaine à pied pour aller dans ce bois perdu, assieds-toi sur cette pierre et dis-moi ce qui ne va pas. Promis, je te mange pas et j'en parle à personne.
Vainqueur ne put s'empêcher de penser qu'ils se comportaient parfois sérieusement comme des gamins, mais c'était Brun et on ne changeait pas les recettes d'une vieille amitié. Ils se connaissaient mieux que personne.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Sam 14 Juil - 1:19

C'est sûr, il l'avait entendu ! Un léger froufroutement de par ce branchage-ci !
Aussi silencieux qu'un chat, qu'une carpe ou qu'une libellule (c'est selon), Brun encocha sa flèche et s'éloigna à grand foulées vers l'angle qui lui fournirait une ouverture propice. Le petit œil sphérique de l'oiseau se tourna vers lui en un gloussement outragé, et son corps dodu amorçait déjà l'envol quand la corde de l'arc se tendit et...

- Raaaaaah stop !

La flèche fusa et vint piteusement se planter dans la branche voisine, tandis que le volatile s'échappait en criant à ses congénères qu'il n'était pas bon de se reposer la couenne par ici. Abasourdi, Brun reporta son attention sur son compagnon de chasse (?) qui éructait :
- On a fait toute la putain de plaine à pied pour aller dans ce bois perdu, assieds-toi sur cette pierre et dis-moi ce qui ne va pas. Promis, je te mange pas et j'en parle à personne !

Il y eut comme un silence gêné.

Par obligation morale (question d'honneur), Brun s'appuya négligemment au tronc de l'arbre et répondit d'un ton "dégagé" (en réalité, on l'aurait plutôt dit coincé entre deux racines) :
- Je ne vois pas de quoi tu parles. La chasse à pied est un très bon exercice pour le cœur, tu le sais bien, en plus cela aiguise l'attention et...

Ses yeux venaient de croiser ceux de Vainqueur et il sentit qu'il ne pourrait tenir plus longtemps. Si bien que dans un dernier recours, il reporta son attention sur sa flèche, plantée là haut, et envisagea une seconde de gripper l'y chercher, ce qui lui ferait gagner au moins deux bonnes minutes. Puis son regard retomba sur la pierre en question et il se résigna à en venir au fait. Sa tentative d'enrober le sujet dans une expérience ludique et fraternelle avait une fois de plus pitoyablement échoué, et il se retrouvait au pied du mur, à défaut de poser son cul sur ce maudit rocher.

- Eh bien... hem... puisque tu insistes... il s'agit de ta cousine.
- Acuité jugea-t-il bon de préciser après un silence supplémentaire. Il s'absorba un instant dans la contemplation passionnée de la plaque de lichen qui avait le malheur de se trouver sous ses doigts, avant de reprendre avec précaution :
- Je ne me l'explique pas, mais il s'avère... à moins d'une méprise quelconque... qu'elle semble avoir une sorte de... d'inclination pour moi.

Le morceau étant lâché, le maître d'armes respira mieux et poursuivit d'un ton plus volubile, mais aussi plus irrité :
- Or plusieurs personnes semblent être au courant. Son garde-chiourme, Taebryn, est allé s'imaginer je ne sais quelles excentricités nous concernant... le genre qui ne sonnerait pas bien aux oreilles de Glace Loinvoyant...
Visiblement contrarié, voire soucieux, il reprit dans un soupir :
- Je voulais t'en parler avant que ce genre de rumeur ne te parvienne... Après tout, il s'agit de ta cousine...

Et Brun attendit anxieusement la réaction de son ami, tandis que là-haut, sur la branche, sa flèche l'appelait de tout son coeur...
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Dim 15 Juil - 19:49

Les rayons de lumière avaient du mal à traverser les frondaisons dans cette partie des bois. C’est donc dans la pénombre relative du début de la journée, qu’Acuité s’aventura au milieu des arbres et des buissons. A l’affût du moindre bruit, prête à chasser de nouveau, elle guettait lapins et faisans. Robuste avançait, confiant, esquivant les troncs et les dénivelés. C’est donc tout naturellement mais peut-être un peu tardivement, qu’elle se rendit compte du silence qui régna subitement en ces lieux. Interloquée, elle profita d’un espace un peu plus clairsemé pour faire prendre son envol à Rousseplume, mal taillé pour les bois, sachant pertinemment, qu’elle retrouverait le faucon plus tard. Seulement guidée par le mouvement des oreilles d’un Robuste alerte, elle continua à s’enfoncer parmi les fagacées.

C’est en arrivant dans une petite clairière, qu’elle le vit. Le corps d’un homme allongé sur le sol face contre terre. Elle s’apprêtait à descendre de sa monture, afin de vérifier l’état de santé du malheureux quand une autre personne surgit depuis le côté. Acuité sursauta, surprise de cette présence soudaine. L’homme qui venait d’arriver était grand et carré et elle vit qu’il était mal rasé lorsqu’il se tourna vers elle. Son expression ne reflétait aucunement l’amabilité et sa tenue crottée indiqua à la jeune femme qu’il ne devait être qu’un campagnard.

- Tiens donc…lâcha-t-il en se grattant la barbe. Une invitée.

L’atmosphère sembla se refroidir instantanément, et le mouvement de recul que fit soudain Robuste en soufflant présageait le danger. Acuité ne se démonta pas, elle redressa le buste et de toute sa hauteur demanda :

- Qu’est-il arrivé à ce malheureux ?

Elle tenta de se persuader que comme elle, le gaillard était tombé sur cet homme déjà mort, mais une petite voix au fond d’elle lui souffla, que l’individu n’était pas étranger à cet « incident ». L’homme se racla la gorge et fit mine de réfléchir avant de reprendre :

- …et bien, jeune fille, nous avions besoin de ses possessions. Et à ce sujet, vous me semblez bien apprêtée….

Le ton était envieux et lourd de sens. Acuité se tendit sur sa selle, et commença lentement à faire reculer Robuste. Mais la croupe du cheval buta contre autre chose tendit que la blonde répéta machinalement un « nous ? ». Elle fit un bond, en même temps que son cheval. Derrière elle, deux autres hommes avaient surgit et lui barraient la route. Au même moment d’autres encore sortirent à droite et à gauche et la jeune fille se rendit vite compte qu’elle était totalement encerclée. Tous la regardaient avec un sourire carnassier et leur expression en disait long. Elle n’en croyait pas ses yeux, des brigands organisés et si près de Castercelf ! Impossible.

- C’était un piège, dit-elle froidement.

L’homme éclata de rire à gorge déployée et plaça ses poings sur ses hanches, fort satisfait de sa personne. Ils étaient huit au total. Huit grands gaillards face à une jeune fille seulement armée d’un poignard de chasse, dont la portée était très courte et d’un arc, dont la portée était au contraire bien trop longue pour ces bois. Néanmoins, Acuité était une Loinvoyant et en tant que telle, elle jouissait d’une bravoure et d’une témérité fortement améliorées lorsque l’adrénaline courrait dans ses veines.

- Mes éclaireurs vous ont vu entrer dans les bois tandis que nous en finissions avec celui-là.
Il donna alors un petit coup de pied au corps sans vie.
- Vous êtes une cible parfaite, demoiselle.

- Presque parfaite, lâcha-t-elle pour répondre à ses grands airs. Je n’ai rien sur moi.


Et comme pour prouver ses paroles, elle tendit les bras en avant et leva la tête, pour montrer qu’elle n’avait ni bijoux, ni bourse hormis celle rempli de viande pour son faucon.
Les hommes autours d’elle trépignaient, elle les sentait s’agiter.
L’homme qui semblait être leur leader sourit en secouant la tête, comme s’il s’apprêtait à reprendre une enfant qui venait de faire une erreur de français.

- Je vois au contraire un cheval, une scelle de bonne facture, de belles bottes en cuir, un poignard de chasse, un grand arc, de longs cheveux blonds ; ce qui est plutôt rare par ici et….je gage que vous possédez également un pucelage.

Acuité serra les dents devant la liste trop longue à son goût. Tout ceci ne présageait rien de bon. Seule ici, au milieu de ses hommes organisés, elle n’avait presque rien pour se défendre. Mourir était une chose que l’on pouvait faire dignement, le viol ne pouvait prétendre à ce luxe et il était hors de question qu’il lui arrive l’un ou l’autre. Elle était une héritière Loinvoyant, il était intolérable que cette racaille ne l’approche. La peur et la colère, commençait à se mêler à son sang déjà chargé en adrénaline. Son cœur battait fort et vite, elle était prête à bondir, à charger pour s’enfuir. Voilà la seule option qu’il lui restait. Se servir de son avantage : son cheval.
Tandis qu’elle réfléchissait à ses possibilités de fuite, elle entendit :

- Guetty, attrape-la.

L’homme le plus proche sur sa gauche se jeta alors sur sa jambe pour la faire basculer et l’obliger à mettre pied à terre. Robuste piaffa sur le côté et Acuité tenta de se débattre. Elle entendait les rires des autres hommes tout autour d’elle, tellement sûrs d’arriver à leur fin. Etait-elle une distraction ? Ces vautours étaient entrain de se repaitre de son malheur, ils s’amusaient avec sa vie. Le dénommé Guetty détourna son attention une seconde pour s’esclaffer avec les autres et se fut une seconde de trop pour lui. Rapide comme l’éclair, Acuité se saisit de son couteau de chasse et fendit l’air jusqu’à trouver un obstacle. Une giclée de sang lui fouetta le visage en réponse à l’entaille de la joue de l’homme qu’elle venait d’ouvrir, de la bouche jusqu’à l’oreille. Dans un hurlement de rage et de douleur, il la lâcha pour attraper sa peau pendante et dégoulinante, à la stupéfaction générale.

Elle profita de cette diversion pour faire demi-tour à Robuste afin de tenter de fuir, poussant les autres à grands coups de pieds et aidée par les épaules larges de son cheval. Un des hommes sur le passage la frappa au bras et la douleur lui fit lâcher le poignard qui rebondit sur le sol, inaccessible désormais.
Robuste se mit au petit galop, toujours trop gêné pour véritablement se lancer dans une course.
Et tandis qu’Acuité entendait le cri rageur du chef de groupe au loin, un autre homme sauta sur l’encolure de sa monture et si accrocha. Elle poussa Robuste à accélérer, le talonnant autant que possible et l’encourageant de sa voix. Mais le cheval perdait ses appuis avec un tel poids sur l’encolure et ne pouvait pas obéir comme convenu. La Loinvoyant se mit à frapper l’homme où elle le pouvait, mais ses coups étaient comme de la grêle de printemps sur un massif rocheux. Heureusement, elle creusait l’écart avec le groupe qui s’était mis à les poursuivre sur le terrain boisé et accidenté. Le parasite était aussi agile que musclé, il esquivait les troncs d’arbres avec une facilité déconcertante sans relâcher sa prise sur le quadrupède.

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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mar 17 Juil - 11:33

L'image d'un Brun tentant d'être négligé est délicieusement exquise, surtout accompagnée d'âneries telles que la chasse à pied bonne pour le coeur - vraiment bien trouvée celle-là !. Vainqueur connaissait toutefois ce petit jeu par coeur et n'en fut pas ému outre-mesure : il haussa simplement un sourcil, l'air quelque peu blasé.

Il s'agissait donc de sa cousine. Vainqueur était toujours un peu perdu et, perplexe, il croisa les bras devant lui. L'indication comme quoi c'était Acuité ne l'aida définitivement en rien, et l'esprit du roi tenta rapidement de balayer quelques nouvelles véritablement graves dont il savait que Brun, tout gêné qu'il pouvait être, était avant tout un homme sérieux. Il lui en aurait parlé avant. Par les mystères des mers d'El, qu'est-ce qu'il allait lui dire ?

Inclination
Ah... Vainqueur gratta la barbe de sa joue alors que Brun se décidait à continuer. Une grimace soucieuse finit enfin par lui barrer les lèvres à la mention de Taebryn et Glace, qui en effet était un problème et l'air sincèrement troublé de Brun finit par lui ôter l'envie de lui lancer des piques sur son charme incontrôlable de la gente féminine.

- Et de mon ami de toujours ! J'espère bien avoir une imagination plus grande que celle de mon cousin Glace, mais ni une rumeur ni des racontars ni toutes les langues du monde ne pourront me faire douter de toi.

Comme Brun semblait vraiment ne pas vouloir s'asseoir, Vainqueur décida de prendre lui-même la pierre comme fauteuil. Il sourit en ajoutant un "Merci de m'en avoir fait part", bien qu'il sentait au fond que la situation le gênait plus que lui.

- Qu'est-ce que tu comptes faire alors ? Tu as clarifié la situation avec ce Taebryn ? Bah, de toute façon, à part le faire enrager lui et Glace et les pousser à m'envoyer quelques courriers ou appels d'Art à moi ou à ma mère, rien de bien grave n'en sortira.

Le roi fronça les sourcils, se rappelant que Brun côtoyait Acuité lors des cours de tir à l'arc. Là, cela devait être plus délicat pour Brun.

- Tu vois ma petite cousine plus souvent que moi finalement, donc ça nous avancera peu de te dire que de mon côté, j'avais rien remarqué du tout. Mais maintenant que tu penses savoir ce qu'Acuité ressent, tu veux mettre les points sur les "i" ? Laisser couler en espérant que son inclinaison pour toi s'apaise ? C'est qu'un amour de jeunesse de toute façon, non ? C'est normal à son âge, 13 ou 14 a... mmm, je crois me souvenir qu'en fait elle en a 17. Vainqueur s'attacha à retravailler l'image mentale qu'il avait d'Acuité, soit le temps passait définitivement trop vite soit il devrait éviter à l'avenir de laisser s'écouler une décennie sans voir des membres de sa famille.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mer 18 Juil - 1:04

Cette fois-ci, Vainqueur n'éclata pas de rire. Mais Brun n'eut pas le temps de s'en inquiéter, au vu de la déclaration que lui fit son ami.
Il aurait dû le savoir, mais cela le soulagea tout de même. Même après toutes ces années, et l'amitié indéfectible de Vainqueur, devenu le Roi lui-même, il avait toujours tendance à craindre pour sa position. Il ne pouvait rien imaginer de pire que de se voir écarté de Castelcerf pour une stupide affaire de mœurs, dans laquelle il n'avait même pas trempé... Entendre Vainqueur relativiser ainsi les choses ("quelques courriers ou appels d'Art" sanctionnant un "amour de jeunesse") lui remit l'estomac en place. Si bien qu'il en oublia presque de répondre...

- Pour Taebryn, eh bien... se ressaisit-il après quelques secondes, comme dans ses pensées. Je crains de l'avoir reçu un peu cavalièrement. Lui-même n'y est pas allé de main morte ! Je me demande quel rôle il joue réellement au château ; il me paraît un peu trop zélé pour un simple serviteur. Quant à Acuité...
Quant à Acuité, il n'y avait pas réfléchi. Sa priorité jusqu'ici avait été d'en parler à Vainqueur. Il aurait volontiers apaisé les choses avec la jeune fille, qu'il avait manifestement offensée, mais la visite de Taebryn lui avait ôté toute envie de conciliation.
... je ne suis pas sûr que la question se pose : elle m'évite comme la peste à présent.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mer 18 Juil - 11:46

Enfin, les bois disparurent et la vallée s’étendit à nouveau devant eux.

Acuité hurla un « à l’aide !!! » qui se perdit dans l’immensité du ciel, et dans la minute qui suivit, tout bascula. Son agresseur tira subitement sur les rênes et sur la muserolle de Robuste, ce qui enroula la tête de l’animal vers le bas. La prise agissait comme une martingale beaucoup trop serrée et bientôt le nez du cheval toucha son poitrail. Le mouvement et la vitesse stoppée net fit passer Acuité par-dessus l’encolure et elle retomba lourdement sur le dos quelques mètres plus loin dans un crac retentissant. Elle ressentit une vive douleur, là où une partie de l’arc s’était enfoncé. Son premier réflexe, fut de se relever aussi vite que possible et de se mettre à courir tout en se dégageant de l’arc et du carquois qui la gênait dans sa course.

Mais l’homme la rattrapa aisément en la plaquant au sol. Elle s’effondra le souffle coupé par le choc, tandis que carquois et arc brisé furent projetés un peu plus loin. Robuste était déjà reparti, l’écume aux lèvres, hennissant à droite à gauche, quelque peu désorienté. Acuité rugit et tenta de se trainer au moins jusqu’à son carquois, mais l’homme avait plus de force et était bien plus grand qu’elle. Elle se tortillait comme un vers, agrippant la moindre touffe d’herbe sèche, la moindre parcelle de terre qui lui permettrait d’avancer. Plantant ses doigts meurtris dans le sol, s’y agrippant de toutes ses forces, elle n’avançait que de trop peu.

A nouveau elle appela à l’aide, mais en y joignant un ordre mental sans grande conviction. Artiser dans la concentration était une chose, mais lors d’une agression... Elle espéra juste y arriver et qu’un artiseur du clan l’entende. Toutefois, son art n’était pas encore très au point. Il lui était facile de recevoir un message, pas d’en transmettre. Résignée, elle comprit qu’elle était définitivement seule et redoubla d’efforts pour se sortir de se mauvais pas.

L’homme la retourna, et elle se retrouva plaquée au sol sur le dos. Il s’assit délibérément sur elle, l’empêchant de bouger les jambes et tentant de bloquer les mains virevoltantes de la jeune femme qui hurla une nouvelle fois.
Perdant très certainement patience, il la gifla violemment. Elle hoqueta de surprise et de douleur alors que les larmes lui piquèrent les yeux. Mais ce contact n’était que le premier d’une longue pluie de coups qui s’abattirent sur son visage et sur ses bras qu’elle plaça comme elle le put pour se protéger alors qu’il lui répétait de la fermer. Elle sentit sa lèvre éclater et le goût métallique du sang dans sa bouche. Sa vision commençait à se troubler, et ce ne fut que lorsqu’il commença à déchirer les vêtements au niveau de son buste qu’elle eut un regain d’adrénaline et d’énergie.
Elle était une Loinvoyant et une Loinvoyant ne pouvait pas subir cela. Dans un hurlement bestial, elle lui ordonna de la lâcher. Des larmes de rage plus que de douleur coulaient, laissant des stries dans les zones rougies par le sang sur son visage. Mais ses poings menus, ne rencontraient que des épaules ou des bras de pierre et elle finit par se résigner à l’idée que son salut ne se trouvait pas là. Le carquois n’était pas très loin, si elle pouvait suffisamment tendre le bras… C’est alors qu’elle sentit les deux larges mains lui enserrer le cou et très rapidement elle commença à suffoquer, alors que l’étau se refermait. Il lui somma de se taire et la traita de garce, tout en lui racontant ce qu’il comptait faire de son corps, morte ou vive.

Dans un dernier recours, elle réussit à aggriper le bout d’une flèche un peu plus haut. Alors, de toutes les forces qui lui restaient, elle la planta dans la jointure qui maintenait le cou et l’épaule ensemble. Elle le frappa, encore et encore jusqu’à ce qu’elle sente l’emprise se libérer. Le liquide vital de l’homme se déversait sur elle et bientôt tout son corps s’effondra, lui coupant le souffle. Toujours en larmes, la vision brouillée, elle réussit non sans mal à se dégager de ce poids et se releva, tremblante, couverte d’un sang qui n’appartenait pas qu’à son corps.
Elle essuya son visage et ses yeux d’un revers de manche et renifla bruyamment, cherchant à se calmer et à reprendre ses esprits. Une quinte de toux la submergea, comme si ses poumons avaient du mal à accepter à nouveau cet air vivifiant. Son visage lui cuisait comme jamais, et elle sentait les boursoufflures sur sa joue, ses lèvres et son arcade qui se propageaient. Ses vêtements étaient déchirés et dans un geste de protection elle plaqua ses bras sur sa poitrine. Elle fit quelques pas mal assurés, et chercha, titubante, à se remettre à courir car elle se doutait bien qu’elle n’était pas encore tirée d’affaire. Et comme pour confirmer ses pensées, elle entendit le grondement mat de la course à pied du groupe qui résonna derrière elle. Mais elle n’eut pas le temps de se retourner, la matraque qui lui cogna la tête l’envoya au sol quelques mètres plus loin. Tandis qu’elle embrassait les ténèbres, il lui sembla reconnaître la voix de Vainqueur qui l’appelait quelque part.

Les sept hommes restant venaient d’arriver, surprit de voir leur camarade gisant sur le sol, baigné par le sang. Leur leader, armé d’une matraque cerclée de métal s’approcha du corps, comme pour vérifier que sa vie l’avait définitivement quitté.
Acuité leur avait donné du fil à retordre, et le dénommé Guetty, fortement blessé n’était pas resté à la traine. Déjà il s’avançait en direction de la jeune femme inconsciente, bien décidé à se venger en brandissant le poignard de chasse qui l’avait défiguré.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mar 24 Juil - 14:40

- Acuité est arrivée sans autre compagnie que lui, alors que Glace aurait sûrement pu trouver des dames ou des amies pour l'accompagner jusqu'en Cerf et lui rendre les leçons d'Art plus supportable. Malgré son jeune âge, ce Taebryn doit être un homme de confiance de mon cousin, et le fait qu'il s'autorise à te parler de haut implique qu'il se sente protégé - ou qu'il n'ait aucune jugeote, mais cela me surprendrait de Glace de faire garder sa fille par un idiot.
Dans tous les cas, pour le peu que j'en ai vu, il me semble plus relever du garde du corps que du serviteur : il se déplace comme quelqu'un qui sait se battre.
Vainqueur haussa une nouvelle fois les épaules, visiblement peu préoccupé par ce que pouvait tramer son cousin et ses pions. Encore un aspect de la royauté qu'il se forçait d'éviter. Du moins, tant que Glace ne lui mettait pas des bâtons dans les roues sur le plan militaire. Etait-ce à redouter ?

La pensée d'Acuité lui traversa soudainement l'esprit, et il força en effet ses idées vagabondes à se concentrer sur le sujet de la conservation : sa cousine. Cela devait vraiment troubler Brun, vu la tête qu'il faisait, pâle comme un linge. Quoi ? l'interrogea-t-il du regard, demandant de l'aide pour comprendre avant qu'il ne se rendre compte lui-même de ce qu'il se passait. Il se leva d'un bond.

- Viens, on n'a pas une seconde à perdre. Il avait attrapé Brun, qui était de toute façon déjà prêt à courir. Je sais où elle est...5...non, au moins 6 hommes...

Si Vainqueur avait été surpris que Brun comprenne avant lui qu'il s'agisse de sa cousine, les contactant par l'Art, ses interrogations avaient été bien vite oubliées face à l'urgence de la situation. Les deux amis ne parlaient plus ou presque, tout à leur course effrénée dans les bois, Brun signalant parfois le terrain que Vainqueur oubliait lorsqu'il artisait brièvement pour vérifier direction et situation et hurler à sa petite cousine de ne pas perdre connaissance. Sans conscience, pas d'Art. Et le roi et le maître d'armes durent parcourir les dernières centaines de mètres à l'aveuglette.

La précipitation et le silence ne faisant pas vraiment bon ménage, le leader des malfrats arrêta sa besogne en chemin. C'était sa responsabilité d'être aux aguets, même lorsque le reste de la bande avait la tête dans leurs testicules depuis qu'il avait lacéré l'habit de la jeune noble, dévoilant ses formes. Il laissa sa place au plus lubrique d'entre eux pour se relever et contempler l'orée du bois, enjoignant à ses meilleurs hommes de se tenir prêt. Un sourire mauvais et sans surprise accueillit les deux chasseurs, ils tombaient au mauvais endroit au mauvais moment.
Les brigands le furent beaucoup plus lorsque Vainqueur et Brun lâchèrent leurs flèches, perçant respectivement les crânes de l'agresseur direct d'Acuité et de l'un des deux archers du groupe. Si seulement il n'y avait pas eu la Loinvoyant, ils auraient pu encore s'en faire 2 ou 3 avant d'avoir à engager le corps à corps, mais la question ne se posait pas : les deux hommes accélérèrent l'allure pour charger, armés de leur petite lame de chasse et de leur grande détermination.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mer 25 Juil - 20:26

Face à Vainqueur, Brun acquiesçait silencieusement lorsqu'une pensée indistincte, comme un nuage diffus, s'invita dans son esprit avec la force d'un appel à l'aide.
Il n'eut pas besoin de se demander si l'image d'Acuité, qui s'imposa alors à sa conscience, était due à leur conversation précédente : il sut d'instinct qu'il s'agissait d'autre chose, que la jeune femme - , maintenant - était en danger - quelque part, vraisemblablement dans cette direction où tous deux tournèrent soudain le regard.
Avec ses paroles alarmantes, Vainqueur ne fit que confirmer cette poignante intuition. Et ils se mirent à courir avec l'énergie de l'espoir. Espoir qui s'amenuisait au fur et à mesure que leur course se prolongeait, et sembla chanceler quand le petit tiraillement de conscience s'estompa tout à fait. Mais enfin ils arrivaient, bandant leurs arcs alors qu'ils apercevaient les premières silhouettes.

Pas moins de sept hommes se tenaient là pour les cueillir, et pourtant ils en transpercèrent deux avant d'arriver sur les lieux. Par nature, les brigands ne brillaient guère par leur cohésion ; circonstance aggravante, ceux-là étaient manifestement subjugués par l'état de leur victime, sur laquelle venait de s'écrouler le corps sans vie de leur camarade.
Par une entente tacite, Vainqueur et Brun, épées courtes en main, vinrent former un rempart protecteur entre la jeune femme et ses agresseurs. Bien maigre rempart en vérité : ils n'étaient que deux face aux six gaillards, et le maître d'armes s'en remit un instant à son ami pour s'approcher d'Acuité.
Acuité ? Le spectacle que découvrit le maître d'armes en soulevant le cadavre lui serra le cœur : la jeune Loinvoyant était méconnaissable avec son visage tuméfié et ses vêtements en lambeaux imbibés d'une quantité effroyable de sang ; sans son appel mental, il ne l'aurait sans doute pas reconnue.

Brun en oublia les gestes simples et fonctionnels qu'il était venu prodiguer : il n'eut pas le temps de vérifier le pouls de la jeune femme qu'une flèche fusa dans sa direction, venant se planter dans l'épaule du malfrat qu'il tenait devant lui. L'instant suivant, trois hommes se jetaient sur Vainqueur.
Relâchant son bouclier humain, qui retourna protéger - ou écraser, c'est selon - Acuité, Brun n'eut d'autre réflexe que de lancer son épée, qui vint perforer le torse de l'un d'eux. Mais voilà qu'alors que Vainqueur était aux prises avec les deux survivants, les deux autres gaillards se ruaient vers lui, tandis que l'archer demeurait dangereusement en retrait...
Il n'avait plus que son arc et guère le temps de s'en servir. Plongeant sur le côté, il ramassa le carquois bien garni d'Acuité et, sans plus réfléchir, le jeta violemment au visage du premier qui parvint à sa portée.


Dernière édition par Brun Braveterre le Ven 27 Juil - 17:05, édité 1 fois
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Ven 27 Juil - 16:59

Lorsqu’Acuité ouvrit les yeux, le paysage était identique. La vaste vallée s’étendait toujours autours d’elle. L’astre diurne était déjà haut dans le ciel, combien de temps s’était écoulé depuis…depuis quoi ? Il lui semblait oublier quelque chose, mais plus elle y réfléchissait et moins elle s’approchait de ce qu’elle cherchait. Machinalement, elle porta ses mains à sa poitrine en un mouvement protecteur, mais elle ne trouva que le tissu fin contre sa peau. Cherchait-elle une douleur quelconque ? Son esprit était un peu embrumé et troublé.

Alentours, elle entendait des bruits de bataille. Non, pas exactement, c’était plutôt des bruits de bagarre. Le son mat d’un poing fermé cognant contre une arcade sourcilière, celui d’un corps s’affaissant sur le sol. Des cris rageurs, des hurlements de douleur. Pourtant, elle avait beau tourner la tête à droite et à gauche, elle ne voyait rien. Tous ces sons semblaient seulement provenir de son imagination. Par moment, des ombres apparaissaient mais elles disparaissaient aussitôt comme si elle n’avait jamais existé. Et puis tout d’un coup, comme dans un éclair, les évènements qui venaient de s’écouler revinrent avec force dans son esprit. L’homme qui l’avait fait chuté, ses appels au secours dans le vide, les coups qu’elle avait tant bien que mal tenté d’esquiver, ses vêtements arrachés…la flèche…le sang..sa vue brouillée…et puis, le choc final qui l’avait amené ici.

Elle s’accroupit, prise d’une douleur à l’arrière du crâne, accompagnée d’une terrible envie de vomir.
Le cœur au bord des lèvres, elle se força à respirer lentement et profondément, cherchant à repousser l’assaut de son estomac.
Elle remarqua alors, qu’elle ne portait aucune trace de sang, ni de coups. Elle pensa comprendre alors ce qu’il se tramait. Plutôt que d’assister à cette mise à mort et à ce viol, elle s’était réfugiée ici, dans l’Art. Ici, elle était à l’abri. Elle se redressa et se mit à marcher dans les herbes, explorant cet environnement stérile. C’est alors qu’elle se rendit compte de sa présence, avant même de le voir.
Le fleuve d’Art, serpent argenté zigzaguant à travers la vallée. Il était juste là, à quelques mètres d’elle, dans l’attente de la voir approcher. Elle se sentait attiré par l’onde, comme un papillon à la lumière d’une bougie. Impossible de détacher les yeux de pareille merveille. Comme hypnotisée, elle se mit en marche. Sa vie passée disparaissait peu à peu, ne restait que le fleuve. Lui, le seul et l’unique qu’elle souhaitait caresser de tous ses vœux. Fini l’héritière Loinvoyant, fini ce qu’on attendait d’elle, fini la tristesse, toutes ces notions humaines n’avaient plus aucune importance.

Elle s’avança encore un peu et s’allongea le long de la berge, le regard tourné vers les flots scintillants.
Alors, il lui suffisait peut-être juste de plonger la main dedans. Comme cette eau devait être fraîche et gorgée de savoir…de pouvoir. Elle tendit la main, mais quelque chose lui intima de ne pas toucher cette surface huileuse. Une voix, lui ordonnait de ne pas le faire. Elle fronça les sourcils, le fleuve était juste là, pourquoi ne pas en profiter ??? Elle tendit à nouveau le bras mais sa main s’immobilisa dans les airs avant d’attraper le vide.
Instinctivement, elle se retourna coudes au sol et vit la silhouette se découper dans cet horizon.

- Maitre Ordajonc, murmura-t-elle, tandis qu’un large sourire se dessinait sur ses lèvres roses.

Spoiler:
 
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Clément Ordajonc
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Dim 5 Aoû - 16:16

Le Clan avait terminé sa séance quotidienne quelques instants plus tôt. Certes, Les Pirates Rouges avaient connu une telle déconfiture depuis Sagesse, qu'ils ne se risqueraient sans doute plus jamais sur les côtes des Duchés, mais on n'était jamais trop prudent. Et bien que l'ennemi le plus récent ne soit pas venu du royaume d'El, le Maître d'Art n'avait pas jugé bon de modifier cette séculaire habitude de surveillance des côtes qui, cette fois encore, n'avait rien montré que de parfaitement normal au groupe d'artiseurs. Clément s'était ensuite retiré dans ses appartements, et, comme il lui arrivait bien souvent après la montée des quelques escaliers, il s'était installé dans son fauteuil favori pour prendre un instant de repos.

Pourtant, celui-ci devait être de courte durée. Au travers du monde d'Art, une voix s'était frayé un chemin. Un appel, un appel au secours... dans son demi-sommeil, le vieil homme sentit combien le cri avait peu de chance d'atteindre un autre esprit que le sien, et lui insuffla quelque vigueur supplémentaire, comme la venue d'un souffle de vent peut faire voguer la goélette un peu plus vite, un peu plus loin.
Puis il s'éveilla, en sursaut, comme au sortir d'un cauchemar, et, soudain de fort mauvaise humeur, grommela quelque chose qui ne voulait rien dire. Pourtant, il ne lui fallut qu'un instant de plus pour réaliser. Quelqu'un avait utilisé l'Art pour appeler à l'aide, quelqu'un qui ne maîtrisait pas cette magie, mais dont c'était sans doute l'un des derniers espoirs. L'image du village de Nim assailli par les Chalcédiens vint à son esprit, mais il ne s'agissait de rien de semblable : l'origine de l'appel, il la connaissait. Car elle était l'une de ses élèves – et une Loinvoyant. Fébrilement, il rechercha à localiser Acuité. La concentration d'Art s'avéra plus élevée qu'attendue. Vainqueur, il était aisé de le reconnaître, et si la magie avait brillé comme lumière, il aurait été le feu du phare qui guide le navigateur. Puis, luciole presque invisible auprès de son roi, ce Maître d'armes, celui-là qui refusait son Art comme s'il s'était agi d'un tare plutôt que d'un don des Dieux. Enfin, Acuité.

Qu'est-ce que le roi avait encore été inventer ? fut la première pensée du Maître, soupçonnant un usage non conventionnel de la magie, comme le souverain aimait à en user et abuser. Mais cette fois, il ne s'agissait pas non plus d'une telle folie. Et il n'eut guère le temps de s'appesantir sur le pourquoi du comment de la présence de Vainqueur et de son inséparable compagnon, car de toute évidence, l'esprit d'Acuité voguait tel voilier insoucieux de tous les équipages, l'eau verte dispersant gouvernail et grappin.
Déjà, elle était prête à se perdre dans les ondes argentées du grand Fleuve. Et lui, lui, Maître d'Art de Castelcerf, ne pouvait la laisser faire. Il émit un "non" mental, dans lequel perçait presque la force d'un ordre. En un instant, dans ce plan où la réalité se pliait aux caprices de l'esprit, et non plus l'inverse, il fut auprès de son élève.
" Acuité, il ne faut pas rester ici, n'avez-vous donc rien appris ? "
Malgré les paroles, le ton n'était pas celui du reproche à un étudiant peu attentif. Non, car Clément comprenait. Acuité était une élève brillante, comme lui l'avait été jadis. Il avait fallu qu'il contemple le Fleuve de près, de trop près, pour réaliser enfin la dangerosité du pouvoir qui en émanait.
A regret, car la chanson de sirène résonnait tout aussi bien à sa propre ouïe, il prit la main – ou ce qui en tenait lieu dans cet univers – de la jeune fille, pour l'entraîner loin de la source de pouvoir.
" Il n'est pas temps de vous perdre, quelle que soit la séduction de ces forces qui vous échappent. C'est en résistant que vous progresserez, non en cédant. "
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Jeu 9 Aoû - 17:26

Citation :
Quelques effusions de sang et un peu plus de mort, ou vice versa, bref sous texte sous hide et spoiler pour lectorat sensible.

Citation :
Edit: Si vous n'êtes pas un participant à ce RP mais que vous souhaitez tout de même lire le texte, merci de répondre à la fin de ce sujet pour déverrouiller le texte sous hide.




Dernière édition par Vainqueur Loinvoyant le Jeu 20 Juin - 23:28, édité 2 fois
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mar 14 Aoû - 0:16

- Au nom de votre roi, jetez vos putains d'armes !

Un court silence, ou ce qui pouvait y ressembler le plus dans une situation pareille, accueillit les paroles du diable couvert de sang. Essoufflé par l'autre gars qui, bien que désarmé, ne cessait de lui échapper, Rude eut un instant d'hésitation. Et puis son regard se posa sur son frère Guetty, écroulé sur la maudite donzelle, et sa résolution fut prise. Il affermit sa poigne son son épée et attaqua à nouveau.

Brun n'attendait que ça. Non seulement il ne s'était pas rendu (ce qui aurait rendu les choses beaucoup plus difficiles), mais en plus il attaquait à découvert, distrait par les mots du roi - et, sans doute, par la vue de ses six compagnons qui se faisaient bronzer la tripe. Esquivant l'attaque, le maître d'armes bondit sur le côté et planta le poignard de chasse d'Acuité, celui-là même qu'il avait ramassé sur le sol, dans le flanc de son adversaire.

L'autre, déjà refroidi par la douleur cuisante de sa mâchoire brisée, avait pris ses jambes à son cou sans demander son reste. On entendait le bruit de ses foulées précipitées sur le tapis de feuilles.
Sans perdre une minute, Brun ramassa l'une des flèches éparpillées sur le sol, encocha et tira. Plus loin, on entendit un bruit mat. Le dernier homme tomba, les laissant enfin seuls.

Seuls ? Il était à espérer qu'ils le demeurent longtemps. Il était improbable que les bandits aient encore des compagnons aux alentours ; comme il était improbable de croiser huit malfrats si près de Castelcerf...! Mieux valait s'attendre à tout, et vider prestement les lieux. Mais c'était sans compter Acuité, toujours inconsciente - dans le meilleur des cas.

Après avoir jeté à Vainqueur un regard qui disait tout, s'arrêtant un instant sur la blessure de son bras - apparemment peu profonde, mais une blessure tout de même -, le maître d'armes s'approcha de la jeune Loinvoyant. Saisissant son agresseur par la veste, il le fit basculer sur le côté ("admirant" au passage sa joue déchiqueté) puis s'accroupit auprès de la jeune femme. Avec détermination, il la saisit par les épaules et la secoua doucement.

- Acuité. Réveillez-vous ! ordonna-t-il, inquiet et soulagé à la fois : car la jeune femme respirait, et son visage tuméfié exprimait une surprenante béatitude - jusqu'à ce que, sans prévenir, il ne se torde violemment.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mar 14 Aoû - 10:52

Le vieillard avait prit sa main et lentement ils s’éloignaient tous deux de la source d’attraction qui s’étendait sous leurs yeux.
Tandis qu’ils marchaient, Acuité ne cessait de se retourner afin de contempler encore un peu cette brillance et ce pouvoir. Mais elle comprenait également que le Maître d’Art avait raison tout comme il lui semblait que pour lui aussi, la tentation était bien présente. Ses mots l’avaient touchée, mieux que cela, ils avaient permis à son esprit décousu alors, de se raccrocher à quelque chose de concret, à une point d’attache dans ce plan magique. Tout l’enseignement qu’il lui avait offert, pouvait se voir effacé en une fraction de seconde, si elle cédait. Sa propre conscience disparaitrait alors entièrement et il ne resterait alors de son corps que l’attitude d’un bébé couvert par sa propre bave. Cette image lui donna peut-être la volonté nécessaire et alors, elle banda son esprit, comme elle bandait son arc, et sans ciller, elle se détourna une dernière fois du fleuve.

- Vous avez raison, commença-t-elle d’une voix calme et posée. Merci d’être venu me le rappeler en ce moment crucial. Je suppose que vous allez maintenant me demander de regagner mon corps. Je suis bien ici. Nulle douleur, nul besoin. Il me suffit simplement d’être.... Mais ici n’est pas ma place, n’est-ce pas ?

Elle sourit et attendit que l’homme lui confirme tout ce qu’elle venait de dire. Mais déjà, le paysage se floutait, et elle se sentait transportée, comme la brise se déplace en silence, chevauchant les particules d’atomes de l’air. Elle-même, semblait faire parti de ses particules jusqu’à ce que son esprit regagne ce corps, lâchement abandonné, gisant sur le sol. Lorsque l’âme et la chair se rejoignirent à nouveau, le contact fut brutal et douloureux. Les sensations lui revenaient petit à petit, tout comme les souvenirs de cette bataille pour sa survie.
Elle sentait quelqu’un la toucher, la secouer sans vrai douceur, traduisant peut-être une inquiétude, ainsi que des mots qui lui arrivèrent aux oreilles avec la violence d’une tempête sans qu'elle en comprenne le sens.

Se remémorant l’homme qui avait tenté de la violer d’abord et l’avait battu à mort ensuite, elle se jura de ne plus jamais subir cela, et c’est la rage au ventre qu’elle s’éveilla, la vue trouble, en poussant un grognement sauvage déformant ses traits déjà tant abimés. Sa main libre se leva et frappa la masse la plus proche. Un menton, une joue, peu importe ce que c’était, il était hors de question qu’il repose la main sur elle. Le cri étouffé qui répondit à son coup, lui fit comprendre qu’elle avait touché sa cible, et profitant de son effet de surprise, elle se dégagea de l’emprise sur son épaule en reculant à même le sol, se trainant en arrière, tout en protégeant sa poitrine de sa main la plus valide.

Sa vision gênée par l’hématome de son arcade sourcilière, elle ne reconnu pas immédiatement son sauveur. Pourtant, ses traits lui semblèrent familiers l’espace d’un instant. Avec concentration, elle plissa les yeux, comme pour chasser ce trouble et frappée de stupeur, elle murmura :

- Brun…. Ses yeux s’écarquillèrent autant que possible, face à cette apparition improbable. Mais qu’est-ce que…comment ? Que faites-vous là…

Tremblante subitement, elle croisa ses bras sur sa poitrine en un geste protecteur, prête à reculer encore un peu. Totalement déboussolée, elle avait du mal à faire le lien entre ce qui venait de se passer et la présence du Maître d’Armes en ces lieux. Sa vision se porta sur le sol alentour et elle aperçu alors les corps gisants dans leur propre sang. Un peu plus loin, Vainqueur, se tenant le bras, était également présent, ce qui acheva le retour de l’esprit dans le corps de la jeune fille.

- Vainqueur..., lâcha-t-elle.

Mais elle n’eut pas le loisir de finir sa phrase. Son corps venait de retrouver son cerveau et de reprendre sa place dans l'ordre des choses, et la multitude d’informations de douleur qu’il lui transmettait la fit se tordre en deux. Dans un gémissement rauque, son buste chuta en avant et elle se rattrapa comme elle le put, posant un avant bras sur le sol alors que la nausée lui prenait le cœur. La souffrance était intense et diffuse. Son corps tout entier lui faisait mal. Une mal comme elle n’en avait jamais connu. Son visage lui parut lourd et brûlant, mais ce n’était rien comparé au martèlement qui œuvrait à l’arrière de sa tête, tel l’œuvre d’un forgeron. Régulier et puissant, chaque battement de son cœur semblait lui ouvrir le crâne en deux.

Elle serra les dents (et sa lèvre lui fit mal), retenant ses larmes du mieux qu’elle le put. Et malgré toutes ses bonnes intentions et toute sa volonté, certaines perlèrent aux coins de ses yeux, de même que perlèrent quelques gouttes de sueur liées à son état nauséeux. Elle se força à calmer sa respiration, à retenir cette envie de vomir ses tripes. Ainsi prostrée, son regard se porta sur sa poitrine dont le tissu avait été arraché. Par Eda l’avait-on touché ? Elle espéra que non…et tout ce sang ? Etait-ce le sien ??Non, c’était bel et bien celui de l’homme qu’elle avait tué pour se protéger. Oui, elle avait tué, et elle savait qu’elle le referait encore si le besoin se présentait.
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Clément Ordajonc
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Ven 31 Aoû - 18:08

Éloignant leurs deux esprits de la source de pouvoir autant que de dangereuse attraction, Clément se forçait à tenir ferme son cap. Malgré ses évidents regrets, Acuité sut cependant éviter de rechuter, ce qui était de bon augure pour son futur d'Artiseuse. De même, le contenu de son message mental était rassurant sur son état d'esprit, et il opina d'un simple signe de tête, avant de lui fournir la réponse qu'elle semblait attendre :
" Voyez, vous savez, seule, ce que vous devez faire. L'Art nécessite de compter avant tout sur vous-même, et vous en avez la capacité. Allez... "
Soulagé d'avoir pu ramener son élève à elle-même sans trop de difficultés, Clément Ordajonc était désormais bien tenté de laisser les choses se conclure sans lui. Il avait senti la présence du roi, et celle de son Maître d'armes, dont il acceptait de reconnaître la valeur dans son domaine, même s'il ne lui portait aucune espère de sympathie. Mais il avait aussi accompagné très légèrement l'esprit d'Acuité, en s'éloignant à mesure qu'elle reprenait sa conscience naturelle. Et le choc lui fit brusquer son retrait, car il n'avait pu ignorer la douleur qu'elle éprouvait.

" Sire ? "
fit-il à destination du roi, sollicitant son contact comme il avait l'habitude de procéder, c'est-à-dire de la même manière qu'il aurait toqué à la porte - sauf qu'il s'agissait là de la porte d'un esprit.
" Vous vous trouvez avec la demoiselle Acuité ? "
Demander si elle allait bien aurait été de la plus complète inutilité. Il savait qu'elle allait mal, même si l'attraction de l'Art était écartée de son esprit. Demander ce qui s'était passé lui vint à peine à l'esprit : ce n'était certainement pas dans la liste des urgences, et le roi avait le droit de ne pas ébruiter les événements. Ce ne serait en tout cas pas le maître d'Art qui chercherait à y mettre son nez.
" A-t-elle repris connaissance ? "
Autant s'en assurer, l'esprit humain avait des mystères qui ne seraient sans doute jamais résolus.
" Faut-il vous envoyer quelqu'un ? "
Voilà qui sonnait plus utile. Un guérisseur, pour commencer, apparaissait comme la moindre des choses.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mar 11 Sep - 12:50

Autant pour ses ordres, sa position de roi ne s'appliquait pas vraiment face à des brigands. Le moment d'incompréhension face au comportement humain passa vite, rapidement remplacé par le soulagement que Brun savait tuer proprement : au moins, ceux-là ne lui casseraient pas les oreilles en mourant.
Tout à ses pensées, il rassura Brun d'un signe de tête sur sa blessure au bras et constata que le maître d'arme ne perdait pas de son inquiétude pour sa petite cousine. Son réveil d'un coup de poing lui arracha un petit sourire avant qu'il ne soit contacté par Clément.

Vainqueur se tourna pour faire quelques pas parmi les cadavres, certains encore un peu vivants. Le maître d'Art tombait à pic et il répondit rapidement par l'affirmative à ses deux premières questions. Dans la réalité, il mettait son temps à profit pour achever les souffrances des derniers hommes.

- Plusieurs hommes même. Demandez à un groupe de gardes de venir, avec au moins un chariot. Huits corps sont à récupérer, et il faudra savoir comment des bandits ont pu se trouver aussi près du château. Il pourrait y en avoir plus et donc je ne pense pas rester sur place, nous allons nous diriger vers le Bourg sans tarder, un comité de réception avec un guérisseur pour Acuité serait appréciable.
Vainqueur projeta une image des environs et sa position, sûr que le maître d'Art pourrait y trouver les informations qu'il souhaitait. Le gémissement d'Acuité lui fit tourner la tête et, soucieux, il diminua son contact avec Clément.
- Je vous laisse vous occuper de cela, merci.

Le roi se remit debout pour enfin se rapprocher de son ami et de sa cousine. Il avait eut le temps de reprendre un air sévère et d'affirmer son pas, glissant de nouveau son couteau à sa ceinture et rendant l'épée à Brun lorsqu'il arriva près d'eux. Vainqueur s'accroupit face à Acuité et l'examina sans trop de ménagement, tâtant les muscles bleuis sans se soucier des gémissements de sa cousine et lui penchant la tête dans tous les sens pour vérifier que les coups n'étaient que superficiels, même si sûrement affreusement douloureux.
- Bien, on dirait que tu n'as rien de véritablement cassé. Un brin de soulagement lui parcourut les yeux qu'il s'efforça d'effacer bien vite. Il lui prit le menton dans sa main pour la forcer à le regarder dans les yeux.
- Tu peux t'estimer chanceuse que Brun et moi étions dans les parages ! Ton père t'a donné un garde du corps pour te protéger et tu ne t'en sers même pas, à chasser toute seule ! J'espère que cela te servira de leçon car cela aurait pu se finir bien plus mal, ne me refais plus jamais un coup pareil !

Il finit finalement par la lâcher, laissant les traces de ses doigts sur sa mâchoire tellement la colère et la peur l'avait fait serrer fort. Dans un grognement rageur, il se releva pour parler à Brun, juste au dessus d'Acuité, comme si elle n'avait plus son mot à dire dans quoi que ce soit.

- Clément va envoyer des gardes ici pour nettoyer tout ça et un médecin au Bourg, car j'ai pas envie de rester dans les parages. Je suis le blessé des deux, donc j'vais porter Acuité comme ça tu auras les mains libres pour réagir plus vite dans l'hypothèse improbable où des idiots voudraient encore se frotter à nous.
Vainqueur attendit que son ami acquiesce avant de se séparer d'une épaisseur de cuir pour en couvrir les épaules de sa cousine, et apprécier d'être simplement en tunique pour porter quelqu'un. Sans plus attendre, il souleva Acuité comme un sac de pommes de terre, la plaça sur son épaule, commença à marcher puis hésita. C'était un peu "trop" méchant peut-être, il lui proposa, presque gentiment, de s'accrocher à son cou tandis qu'il la portait sur le dos.
Une dernière pensée le fit s'arrêter, tournant sur lui même dans l'espoir de découvrir quelque chose dans les bois, puis il renonça et reprit la route, grommelant des trucs comme quoi le piaf et le canasson feraient mieux de retrouver leur chemin tous seuls.

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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mar 11 Sep - 23:13

Le maître d'armes ne vit rien venir, et reçut le poing d'Acuité en pleine face. De surprise, il étouffa un juron - prêtant, peut-être, à confusion :
- El !
Entre ses doigts, son nez s'était mis à saigner abondamment.
Quelle ironie ! Il s'était tiré indemne d'un combat contre sept hommes, et voilà qu'une fillette le mettait en sang !

Mais Brun n'avait pas le cœur à rire. Il n'était pas suffisamment sonné pour ne pas voir la façon dont la Acuité avait reculé devant lui, comme s'il allait...
Il préféra ne pas risquer plus loin ses pensées. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher de se demander : que lui avaient-ils fait ? La haine et le mépris sourdaient en lui, se mêlant de pitié lorsque la jeune femme, qui reprenait ses esprits, se tordit de douleur.
Deux larmes roulèrent sur ses joues. Il ne lui importait guère de savoir si elles étaient dues à la souffrance ou à l'humiliation.

- Vainqueur... balbutia-t-elle.
Les mots qu'elle lui avaient adressés ne nécessitaient pas de réponse. La vue des corps gisants était suffisamment informative. On ne pouvait se tromper sur la teneur des derniers souffles récoltés par Vainqueur.
C'était une fleur, vraiment. Ils auraient mérité de périr là, dans la poussière et la merde.

Cette sombre tâche effectuée, son ami les rejoignit. Brun en fut soulagé. Il remit son épée à sa ceinture, où il avait également glissé la poignard de chasse d'Acuité ; il serait bien temps de lui rendre plus tard.
Pour l'instant, il s'appliquait à ne pas la regarder ; il ne voulait pas rendre la situation plus gênante qu'elle ne l'était déjà. A vrai dire il mourait d'envie de partir récupérer ses flèches ça et là, mais cela aurait sans doute paru déplacé. Restait qu'il se sentait clairement de trop dans ce tête-à-tête familial.

Le tête-à-tête prit un tour surprenant lorsque Vainqueur accabla sa cousine de reproches - certes, bien mérités. Brun se garda bien d'intervenir. Il regardait ailleurs, guettant les bruits d'éventuels adversaires ou du cheval enfui : une monture aurait été bien pratique pour le chemin du retour. Mais bientôt Vainqueur le renseignait sur la marche à suivre :

- Clément va envoyer des gardes ici pour nettoyer tout ça et un médecin au Bourg, car j'ai pas envie de rester dans les parages.
L'Art, une fois encore...
- Je suis le blessé des deux, donc j'vais porter Acuité comme ça tu auras les mains libres pour réagir plus vite dans l'hypothèse improbable où des idiots voudraient encore se frotter à nous.

Le maître d'armes opina sobrement, malgré quelques réserves : Acuité n'était peut-être pas bien lourde, mais cela n'allait pas arranger la blessure de Vainqueur...
Toutefois le moment n'était pas à la discussion et, tandis que le Roi balançait littéralement la jeune fille sur son épaule, il ramassa prestement son carquois défoncé et l'arc brisé d'Acuité avant de leur emboîter le pas, une flèche prudemment encochée.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mer 12 Sep - 22:23

La douleur était une chose. Vainqueur en colère une autre. Sans lui laisser le temps de reprendre son souffle face à ses terribles vagues de souffrance, il s’agenouilla devant elle et prit son menton entre deux doigts. Il lui faisait mal, mais elle ne pipa mot, trop inquiète de nourrir cette colère qu’il expulsait tout en l’accablant. Pourtant, comme il la forçait à le regarder dans les yeux, elle ne baissa pas les siens. Ce n’était pas de la défiance ni de la provocation, mais juste un moyen de lui montrer qu’elle était bien là, et qu’elle entendait ce qu’il avait à lui dire, alors, bientôt, la réponse viendrait à lui. Bien sûr elle était parfaitement consciente de la chance qu’elle avait eut. Une chance insolente. Une chance qui frôlait le miracle. Car elle avait réussit, certes sans savoir comment, à artiser un appel à l’aide, et fort heureusement ses deux sauveurs n’étaient pas loin. Vainqueur avait du rapidement la repérer avec l’Art. Tout ce qu’elle avait eu à faire était survivre, et elle y était parvenue.

Pendant que le Roi donnait ses directives, elle s’évertua à ne pas croiser le regard du Maître d’Arme. Déjà parce qu’elle l’avait frappé et qu’elle craignait qu’il ne le prenne mal. Cela aurait été légitime de sa part, mais en réalité, ce mouvement n’avait été qu’un réflexe défensif. Cependant, ce n’était pas la seule raison. Il l’avait trouvé en piteux état et les vêtements arrachés. Elle se sentait humiliée au plus profond de son être. A ce moment là, elle pensait ne jamais plus pouvoir le regarder en face.

Lorsque Vainqueur revint vers elle, il déposa une blouse en cuir sur ses épaules. Acuité ne fut que trop ravie de l’enfiler, ainsi elle regagnerait un peu de dignité. Elle s’emmitoufla, pressant de ses doigts sales les bordures du vêtement avec soulagement avant de reconnaître l’odeur du cuir bien présente, puis celle de Vainqueur, plus discrète. Il l’attrapa ensuite sans la prévenir et la plaça sur son épaule comme un vulgaire sac de pommes de terre. Cette posture lui brisait les côtes, mais la encore, elle n’osa pas broncher.

Vainqueur du s’en rendre compte tout seul, car il lui proposa de la porter sur le dos. Elle enroula ses bras autours de lui et resta quelques minutes sans parler, simplement à regarder les marques de coups sur ses membres qui commençaient déjà à prendre une teinte violacée. Ce dos était chaud, le Roi irradiait la vie et elle ne put s’empêcher de resserrer un peu son étreinte sur lui. Le fait même de se retrouver dans cette situation lui rappela son arrivée à Castercelf, lors de cette chasse à courre qu’il avait organisé pour elle. De la même façon, elle s’était retrouvée derrière lui, contre lui. Le seul modèle masculin qu’elle connaissait était son père, et en 17 ans, elle ne s’était jamais retrouvée physiquement aussi proche. La douceur familiale qui émanait de ce contact lui donna subitement envie de pleurer car elle venait de comprendre que comme lors de cette première chasse, Vainqueur était le loup protecteur, et Acuité le louveteau. Elle le suivrait, se postant toujours derrière lui, et s’il basculait en arrière, elle serait là pour le soutenir.

Et puis, n’y tenant plus, pensant que la colère de son grand cousin était retombée, elle murmura d’une voix très basse, qui s’entrecoupait lorsqu’elle devait reprendre son souffle ou retenir une vague de douleur à l’arrière de son crâne :

- Si Taebryn était venu avec moi… tu aurais deux blessés sur le dos à l’heure où nous parlons. ….Tu le sais très bien… Mais que veux-tu que je fasse ? Que je reste au château à… jouer de la harpe et à broder, comme toutes ses pintades de la cour ? Je ne veux pas être enchainée ainsi, tu portes déjà ce fardeau pour nous deux…

Elle marqua une pause, songeant qu’elle avait peut-être été trop loin.

- Je suis désolée…murmura-t-elle à nouveau et si elle avait pu, elle se serait mordu la lèvre inférieure, comme à son habitude. Je n’avais pas peur de mourir…j’avais peur qu’ils…qu’ils ne me…me…argh…tu sais…je crois bien que si l’un d’entre eux y parvenait, je me serais tuée moi-même…Mais par Eda, j’ai tué cet homme…je l’ai tué d’une façon si barbare…

Le dégoût perçait dans sa voix. Elle ferma les yeux quelques secondes comme pour digérer tous ses souvenirs sanglants et lorsqu’elle les rouvrit, elle perçu des petites gouttes de sueurs sur les tempes du Roi.

-Vainqueur…tu es blessé…repose moi, je vais marcher… Et ne sois plus en colère contre moi s’il te plait, je ne voulais pas… qu’il te soit fait du mal.

Il marmonna quelques paroles qu’elle ne comprit pas, mais elle était trop lasse pour se concentrer autant. Une marche pénible l’attendait, mieux valait économiser ses forces.

Enfin, il la déposa sur le sol et elle aperçu la tunique collante de sang sur l’avant bras blessé. Sa culpabilité grimpa en flèche et elle ne pu s’empêcher de lever vers lui un regard navré. Elle allait marcher. Sans s’arrêter, jusqu’au bout, mais elle ne serait plus un poids pour lui.
Avançant clopin-clopant, elle regardait droit devant elle, se fixant un point d’horizon pour ne pas perdre pied. De temps en temps, elle posait sa main sur le bras de Vainqueur, pour se retenir et ne pas tomber, mais toujours, elle continuait à avancer, malgré la douleur et la fatigue. De temps en temps, elle jetait discrètement un regard au Maître d’Arme pour être bien sûre qu’il ne s’attardait pas sur son visage tuméfié.
Au loin, un nuage s’éleva et elle cru reconnaître un groupe d’individus à cheval. Elle s’arrêta subitement, inquiète…avant d’agripper le bras de Vainqueur, comme pour lui signaler ce mouvement en approche.
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Taebryn Ruderacine
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Ven 5 Oct - 22:16

L’on frappa à sa porte de façon saccadée, presque rapide. Taebryn releva le nez de ses vélins. Il était entrain d’écrire un compte rendu à son Duc. Agacé, il lança d’une voix ferme l’ordre d’entrer. Dans un grincement, un petit page s’encadra dans l’ouverture.

-Messire, il y a eut un incident. Vous êtes prié de vous rendre aux écuries sans tarder.

Allons bon, soupira le béarnais. La journée n’était que peu avancé, et déjà, les problèmes se présentaient. Il avait déjà eut un mal fou à ne pas dénoncer au Duc, les écarts de sa fille durant le bal. Qu’avait-elle encore inventé ? Car à n’en pas douter, ce n’était très certainement pas pour un cheval qu’on le sommait de se présenter aux écuries.
Il hocha la tête et indiqua d’un mouvement de main au petit page, qu’il pouvait se retirer. S’étirant en se levant de son bureau, il attrapa sa cape et l’accrocha à ses épaules avant de quitter la pièce.
Plus il s’approchait des écuries, plus il lui sembla que la foule s’agitait comme si l’on avait donné un coup de pied dans une fourmilière et que chaque individu courrait en tous sens. Un mauvais pressentiment s’immisçait en lui. Il vit le Maître d’Art, donnant des directives à droite, à gauche ; des gardes étaient également présents, et la Maître d’écurie terminait d’atteler une chariote tandis que les autres palefreniers distribuaient les montures. Lorsqu’il arriva, le groupe qui se formait petit à petit posa un regard sur sa personne, ralentissant ses gestes un court instant. Un des hommes de la garde, un homme d’âge mûr s’avança vers lui et lui apprit la nouvelle.

Dame Acuité s’était fait attaqué par un groupe de brigands très tôt dans la matinée. Elle est blessée et ne vaudrait son salut qu’au Roi en personne et de son Maître d’Arme qui chassaient non loin de là.

Le sang béarnais bouillonna immédiatement dans ses veines. Ses traits se tendirent et il serra les dents. Lorsque le bruit de l’incident arriverait aux oreilles du Duc, et on pouvait être sûr qu’il y parviendrait, Taebryn serait le premier à devoir répondre de ce fait. Il n’aurait malheureusement pas grand-chose à dire. Acuité, depuis très jeune, partait chasser avec son faucon. Les vallées de Cerfs étaient relativement bien protégées alors comment des brigands avaient-ils pu étendre leurs méfaits jusqu’ici ? Avait-il été nombreux ? Quelles étaient les blessures de la jeune femme ? D’abord incapable de parler, en proie à une rage froide et inquiète, sa langue se délia petit à petit et il chercha à obtenir des informations sur la santé de sa jeune Maîtresse. Mais les uns comme les autres, n’en était pas très sûr.

Il aida le groupe à se mettre rapidement en route et se mit en tête, au milieu de la garde pour arriver le premier sur les lieux. Sur le chemin, galopant, il n’adressa la parole à aucun, trop préoccupé par ce qu’il allait découvrir. Et puis, au loin, il aperçu le petit groupe de rescapé. Sans hésitation, il reconnu la chevelure blonde d’Acuité et remarqua, que son allure n’était pas habituelle.

Arrivé à destination, il sauta presque de son cheval avant d’empoigner la jeune femme par les bras, près des épaules. Sa main n’avait aucune difficulté à faire le tour des membres frêles mais fermes. Le visage de l’intéressée se leva vers lui avec une certaine crainte et une certaine douleur. Il posa sur elle un regard horrifié. Son visage tuméfié avait saigné, et les premiers hématomes se dessinaient, tâches sombres sur sa peau pâle. Sa bouche s’ouvrait, mais dans les premières minutes, aucun son ne sortait. Il ne savait pas par quoi commencer. Comment ? Pourquoi ? Il l’aurait giflé si elle n’avait été autant amochée. Non loin, il aperçu le Maître d’Arme, et ne put s’empêcher de lui jeter un regard mauvais.

Chaque fois qu’il apparaissait dans son champ de vision, Acuité n’en sortait jamais indemne. De l’autre côté, proche de la jeune femme, Vainqueur, blessé également se tenait droit comme un « i ». D’un mouvement de tête il lui indiqua qu’il prenait le relais, et agrippa le poignet d’Acuité qui grimaça à ce contact sans doute trop brute. Il remarqua alors le linge déchiré sous le cuir qu’elle portait. Bouillant de rage, il commença à éloigner la jeune femme vers les soigneurs présents. Comme elle avançait à piètre allure, il en profita pour écouter un peu les murmures qui s'élevaient autours de lui. Huit morts dont un tué de ses propres mains?. Chuchotant autant que possible, pour ne pas éveiller l’intérêt, il lâcha :

- Par El…que s’est-il passé….tu as vu ton état ????Que dira ton père ?? J’espère pour toi que ces hommes ne t’ont pas touché sinon…

Plus ses paroles fusaient, plus il lui sembla que la jeune femme se renfrognait, jusqu’à détourner son regard de sa personne. Sa poigne se relâcha un peu, mais il l’a senti également faiblir entre ses mains. Depuis combien de temps marchait-elle dans cet état ?

- Je suis fatiguée…finit-elle par répondre.

Elle se tourna en direction de Vainqueur, et Taebryn aperçu alors la blessure ouverte qui avait suinté de sang à l’arrière du crâne blond.

- Vainqueur…lança-t-elle d’une voix qu’elle voulait forte, mais il fallait vraiment tendre l’oreille pour l’entendre. Au Nord Ouest, à l’orée des bois, un autre homme à été tué…une victime. Tu dois le ramener à Castercelf, quelqu’un le reconnaitra bien là-bas et…il faut lui offrir des funérailles dignes…ne le laisse…pas…

Alors elle s’effondra.

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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Mar 9 Oct - 1:07

C'était plutôt léger les adolescentes à cet âge là, constata le roi plus qu'habitué à porter tout son fatras de métal. Son avant bras le démangeait et il avait sérieusement envie de gratter le sang qui séchait déjà autour, mais ce n'était vraiment pas grand chose. Brun était retombé dans son mutisme habituel alors que Vainqueur aurait apprécié que son ami fasse front commun avec lui pour remettre sa cousine à sa place. Vu le caractère emporté de la duchesse en devenir, il aurait bien fallu au moins ça pour la convaincre.
Il soupira, déçu d'avoir raison alors qu'elle tentait encore de se justifier. Heureusement que Brun avait une bonne excuse sur ce coup là, fulmina-t-il tout seul en repensant à sa discussion précédente.

- Tu présumes beaucoup, commença-t-il sur un ton un peu exaspéré, mais plus las qu'il n'était énervé au final. Il ne voulait pas recommencer un autre duel verbal, juste mettre des points sur les i. Et ne pas la laisser avoir le dernier mot alors qu'elle était totalement en tord sur ce coup. Peut-être qu'en étant deux, vous ne vous seriez pas faits attaquer. Peut-être que Taebryn aurait réussi à gagner assez de temps pour te laisser t'enfuir. Tu n'en sais rien et moi non plus. Ce que je sais c'est qu'il n'était pas là alors qu'il aurait dû. Et ne va pas me faire croire qu'il t'aurait forcé à rester au château, c'est toi la fille de Duc bon sang pas lui, donne lui un putain d'ordre et fais-toi obéir. Et n'essaie pas non plus de justifier *tes* erreurs avec *mes* écarts de comportement, ça ne marche pas comme ça Acuité.

Il ravala les autres mauvais mots qu'il avait. Il ne comprenait tout simplement pas, lui aimait plutôt bien ses gardes, certains avaient même parfois été blessés ou pire pour lui. Alors oui, il avait faussé compagnie à ses chaperons étant petit, et plutôt souvent même ! Mais ce n'était absolument pas une raison. Bornée comme une Loinvoyant cette cousine, vraiment.
Vainqueur eut un sourire, pensée fugace tentant d'imaginer comme devait se passer les scènes de familles au château de Glace. Il paierait bien pour voir ça.

Le silence les rattrapa encore un instant, la marche était longue et c'était ces parties de voyage où l'on se concentrait sur le chemin jusqu'à ce que l'un des participants trouve de nouveau quelque chose d'intéressant à dire. Ou quelque chose de grave, sérieux et triste. Merde, s'il se doutait de la première partie, sur le coup il n'avait pas du tout fait gaffe que c'était elle qui avait amoché le gus. Vainqueur fit de son mieux pour prendre une voix réconfortante.

- Je sais pas trop quoi te dire, ça ne m'est pas arrivé. Par contre, tuer un homme, c'est jamais rien. Surtout la première fois, j'en sais quelque chose. Hésite pas si tu veux en parler, plus tard... Maintenant, ça devait être encore un peu trop vif. Et il n'aurait vraiment pas su quoi lui dire pour le reste, autant éviter le sujet pour le moment.

Il s'arrêta de surprise à la demande saugrenue. Elle tenait vraiment à marcher dans son état ? Vainqueur haussa un sourcil, hautement dubitatif mais se laissant finalement convaincre par le ton suppliant, les excuses et les mots dirigés à son attention. Il marmonna son acquiescement de mauvaise grâce et s'épongea le front d'un revers de bras, jurant encore contre sa bêtise alors qu'il se remettait du sang sur la figure.
Vainqueur hésitait entre qualifier la démarche de la donzelle de pathétique, car c'était franchement pas grandiose, ou de courageuse, parce qu'il fallait une sacré fierté pour continuer. Au final, ils avançaient tout de même comme des escargots et ça, c'était plutôt lassant. Ce furent le bruit et la vue des cavaliers qui offrirent une fin de voyage, prématurée mais salvatrice.


Le jeune roi se dressa, toujours dans son personnage pour faire bonne impression face à ses troupes, un sourire canaille sur les lèvres. Il ouvrit la bouche presque en même temps que le chef de la troupe, prêt à lancer les premières salutations quand un cavalier sauta à terre et se rua vers eux. Taebryn.
Vainqueur jeta un regard en coin vers l'officier, qui haussa les épaules en retour. Il vit l'homme de Glace prendre sa cousine par le bras et constata, abasourdi, qu'il le congédiait presque d'un simple signe de tête. Le souverain n'en croyait franchement pas ses yeux, qu'il avait totalement ronds. Mais il se fout de ma gueule ce type ? Et il s'écartait avec elle comme si de rien n'était... Le sergent dû répéter sa dernière phrase pour que Vainqueur l'entende enfin, et prenne le temps d'y répondre, donnant les détails du lieu qu'ils avaient quitté et les directives encore sans vraiment y prêter attention alors que le Béarnais échangeait des messes basses avec sa cousine, l'air d'être discret. Ce mec était con ou quoi ? Il chercha Brun du regard, pour un peu de réconfort et faire partager ses pensées à son ami, espérant ne pas être le seul à avoir de telles idées.

Il dut se retourner de nouveau lorsqu'Acuité l'appela, coupant ses propres messes basses avec Brun sur le "je comprend grave pourquoi tu l'aimes pas ce type", et constata sa chute spontanée. Vainqueur se piqua d'un moue perplexe, son esprit tranchant si c'était de sa faute pour avoir accepté ou de celle de l'adolescente pour avoir insisté de finir à pied. Il finit par soupirer et laissa les guérisseurs accourir faire leur travail alors qu'il se re-retournait pour relayer ses informations à ses hommes. Un type mort, pas un bandit, trouver sa famille, blablabla, truc classique en cas de meurtre quoi.
Le souverain passa une main dans ses cheveux, il oubliait un truc. Avec un sourire, cela lui revint et il se dirigea vers Taebryn d'un air amusé, en montrant ses dents. Et il espéra bien que la droite qu'il lui décocha en déchausse quelques unes au Béarnais.

- T'es même pas foutu de suivre une gamine de 17 ans pour la protéger et tu te permets de la ramener devant moi ?! J'en ai peut-être rien à foutre qu'on me fasse des courbettes et qu'on me donne du "Sire" mais qu'un type comme toi, qui vient de merder dans son travail comme c'est pas permis, se pense capable de m'ignorer et de me manquer de respect devant mes hommes, ça me sidère. Glace sait bien s'entourer à ce que je vois, tss. Il ouvrait et fermait son poing de douleur, il avait fichtrement taper fort mais ça lui avait fait un bien fou. Quitte à dire que sa colère était déjà retombée, on en était loin. Maintenant qu'Acuité était dans les vapes, Vainqueur avait royalement envie de passer ses nerfs sur quelqu'un.
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Cendre
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Dim 18 Nov - 16:31

Naturellement, Cendre avait été mise au courant de l'événement. La Duchesse de Béarns elle-même ne l'avait-elle pas envoyée au château pour tenir compagnie à sa fille ? Tâche dont elle s'acquittait assidument, sans pousser le zèle jusqu'à la suivre lors de ses chasses... ce qui ne lui aurait pas déplu, par ailleurs, même si chasser sans Flair était comme dîner sans saveur.

Chasser avec Acuité... autant s'enlever tout de suite cette idée de la tête. La jeune fille allait finir par trouver sa présence pesante. Et surtout, elle ne pouvait pas dévoiler à la jeune Loinvoyant de telles activités ; dans son esprit, elle était sans doute la servante bien sage de son excentrique de mère. Et pas le fruit acide du caniveau. Et pas la maîtresse éhontée de son père. Et encore moins la vifière infiltrée. Bref, Cendre était restée bien sagement au château, laissant Acuité s'envoler librement vers sa perte, sans savoir... mais comment aurait-elle pu deviner ? Taebryn n'était-il pas sensé la protéger ?

Huit hommes. On disait qu'il y en avait huit. Dans quelle état allait-elle retrouver sa jeune maîtresse ? Elle espérait que le roi et son maître d'armes étaient arrivés assez tôt pour l'épargner. Alors que le chariot s'avançait en cahotant vers la forêt, au centre du modeste convoi assemblé dans la précipitation, une main d'angoisse se resserrait sur son cœur. Et les questions se pressaient dans son esprit . Des questions que nul autre qu'elle était en mesure de se poser. S'agissait-il de brigands ordinaires ? Ou fallait-il y voir l'attaque l’œuvre de Meric ? Avait-il rallié des vifiers à sa cause assassine ? Si cette attaque n'était pas le fruit du hasard, la jeune fille avait peu de chances de s'en être tirée indemne...

Mais rien ne servait de se projeter. Ils ne disposaient que d'informations très chiche, transmises au compte goutte par le Maître d'Art, apparemment peu désireux d'ébruiter l'affaire ; encore un point qui ne l'encourageait guère à l'optimisme. Aussi Cendre attendit-elle impatiemment qu'ils arrivent à destination, dardant ses regards sur l'orée du bois. Taebryn, lui, avait pris les devants. Elle se demanda si elle aurait eu l'audace d'en faire de même, si elle avait disposé de sa propre monture, au lieu de se voir confinée dans le chariot avec les guérisseurs... Sans doute, au vu du sort que Glace lui réserverait s'il était arrivé, sous sa garde, malheur à son unique héritière.

Enfin, le véhicule s'immobilisa et ils se précipitèrent à l'extérieur. Ils arrivaient manifestement à temps : la jeune fille, toute bleuie de coups, venait de s'écrouler sur le sol. Ce qui n'avait pas l'air de tracasser plus que cela sa Majesté son grand-cousin qui jugeait apparemment plus urgent d'en décocher une au Béarnais. Laissant, désabusée, les hommes à leur testostérone, Cendre aida les deux guérisseurs à transporter la jeune fille jusqu'au chariot et à l'installer, à l'abri des regards, sur la paillasse de fortune qu'ils avaient prévue pour elle. Ce qui se passait à l'extérieur ne la concernait plus guère.

- Acuité ! Vous m'entendez ? questionna-t-elle, inquiète, en pressant la main de la jeune noble.
Mais les médecins, déjà occupés à panser l'arrière du crâne, lui jetèrent des regards ennuyés et, se sentant terriblement inutile, elle s'écarta à contrecœur pour les laisser œuvrer. Ils déshabillaient la jeune fille pour constater l'ampleur des dégâts. Éberluée par l'état de son corps (au moins était-elle bien vivante), la vifière mit plusieurs minutes avant de se rendre compte qu'ils avaient repris le chemin du château.
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Taebryn Ruderacine
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Jeu 22 Nov - 18:46

Le corps d’Acuité venait tout juste de toucher le sol, et déjà, une ribambelle de guérisseurs se pressait autours d’elle en gestes rapides et précis. Il ne comprenait pas la situation. Pourquoi était-elle sortie sans lui ? Sa compagnie la dérangeait-elle à ce point ? Bien sûr, ils n‘étaient plus proches comme lorsqu’elle était enfant mais quand bien même. Se mettre ainsi en danger, qu’elle inconscience. A moins que..quelqu’un ne l’ai mis au courant de son incartade avec le Maître d’Arme ? Elle lui en voulait surement. Il faut dire qu’ il y avait été un peu fort, mais il était persuadé que quelque chose se profilait entre eux deux, et ceci, il ne pouvait le tolérer.

Cependant, il n’eut pas le temps de se poser plus de questions, car le Roi s’avança vers lui, un drôle de sourire sur le visage et lui décocha une droite qui le fit reculer de quelques pas, avant de l’incendier devant toute la troupe. Sacré frappe en réalité, le Roi méritait bien son surnom de Roi Guerrier.
La situation lui sembla grave, il avait lourdement fauté, ignorant le Roi devant tous. Hors d’après les dires du souverains, il lui en voulait plus d’avoir manqué à la surveillance de sa petite cousine.

Aussi, il s’agenouilla promptement en posant un poing sur le sol et annonça :
- Pardonnez-moi, mon Roi, je me suis laissé emporter par la situation et j’ai manqué à mon devoir. Cela ne se reproduira plus. Je ne laisserai plus la jeune duchesse sas surveillance.

Il était difficile de se prosterner ainsi face à un Roi pour lequel il n’avait nulle allégeance. Mais pour le bien de sa mission et de son Duc, il fit l’effort de passer pour un incompétent. Suivre Acuité comme un chien de manchon ? Et puis quoi encore ? Croyait-il qu’il allait installer un campement devant la porte de la jeune femme pour guetter ses moindres faits et gestes ? Acuité était aussi responsable de ce qu’il lui arrivait. A Castellonde, elle sortait souvent chasser à l’arc, il était donc naturel pour elle de faire la même chose ici en Cerf, sauf que les vallons étaient apparemment moins sécurisées ici.
Depuis leur arrivée, elle cherchait et réussissait souvent à se débarrasser de lui, quand elle le souhaitait, et il évitait de la contraindre, de peur de la brusquer. En réalité, il souhaitait instaurer une relation de confiance entre eux deux, mais plus les jours passaient, plus leur relation s’effritait.
La seule solution restait de ne plus la laisser seule, de surveiller ses activités nuit et jour. Voilà une idée qui ne la ravirait pas à son réveil.

Le silence s’était instauré de lui-même, le Roi avait grondé, l’accusé s’était excusé et il lui sembla que tous les hommes présents attendaient l’approbation de leur Roi avant de reprendre discussions et activités. Taebryn osa un regard e direction du suzerain et tomba dans celui du Maître d’Arme. Il n’aimait pas l’expression que ce dernier affichait, mais là encore, il devait faire fi de tout cela. Son moment viendrait, il en était sûr.

Rompant le silence, il reconnut la voix de Cendre, essayant en vain de ranimer la jeune femme, trop épuisée et faible de cette mésaventure.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Ven 30 Nov - 17:45

Brun prit bien soin de ne prêter oreille indiscrète aux paroles qu'échangeaient Acuité et son royal cousin, sans parvenir à les ignorer tout à fait. Des paroles bien trop intimes à son goût, exprimant désir, peur, culpabilité...

Se fermant à tout sentiment, le maître d'armes reporta toute son attention sur les bruits et mouvements de la forêt alentours, sans détecter un quelconque danger. Avec une logique implacable, Vainqueur achevait de mettre les points sur les "i", sans oublier de tendre une main secourable à la jeune fille, qui venait de faire son baptême du sang - et pas des moindres... Brun revisualisa l'homme, écrasé sur la silhouette d'Acuité ; voilà d'où venait tout ce sang, elle l'avait tué au dessus d'elle... Cette pensée acheva de le révulser.

La suite alla très vite : l'arrivée du convoi de secours, la frénésie de Taebryn (son visage était passé en quelques secondes de l'incrédulité à la colère), l'évanouissement d'Acuité, le coup d'éclat de Vainqueur (son visage était passé en quelques secondes du détachement à la rancœur)... Le Béarnais eut le bon sens de s'aplatir, mais Brun ne savait trop qui de Taebryn ou de Vainqueur avait le plus manqué de tact. Voilà qui n'allait pas arranger les relations entre Cerf et Béarns...

Mais il n'avait pas envie de penser à cela maintenant. Il serait grand temps de réfléchir plus tard aux implications de l'incident. Pour l'instant, il avait hâte que tout soit rentré dans l'ordre, qu'Acuité soit en sécurité au château, que Vainqueur se laisse soigner lui aussi, que le cadavre soit restitué dans la dignité et que la racaille disparaisse du bois. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir un étrange sentiment de culpabilité à l'idée qu'une bande organisée rôde si près de Castelcerf à l'insu des autorités et en toute impunité, du moins jusqu'à aujourd'hui...

Il posa une main qui se voulait apaisante sur l'épaule de Vainqueur.
- Je vais les accompagner sur les lieux, dit-il.
Il se garda bien de dire à son ami ce qu'il devait faire ; il lui fit simplement comprendre qu'il n'était pas nécessaire qu'il s'en charge. Il espérait qu'il raccompagne Acuité au château et y fasse rapidement panser sa plaie.

- Tu es couvert de sang, ajouta-t-il à titre d'information. Le visage rougi de Vainqueur ne ferait sans doute pas, au Bourg, bonne impression...

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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Brigands ! [08/09]   Ven 14 Déc - 0:26

Vainqueur faisait jouer les articulations de sa main droite, dans une posture visiblement très peu calmée et toujours menaçante, son sourire carnassier toujours aux lèvres et n'attendant qu'une chose : que le Béarnais réplique.
Espoirs déçus, le roi dut ravaler sa hargne alors que Taebryn pliait genou. Il regarda de haut cette silhouette qui penchait la tête, partagé entre une envie de mépris et la nécessité de se calmer.

- Comme quoi, il y a finalement un brin de jugeote dans cette petite tête... Le commentaire n'invitait pas à la réponse, et Vainqueur n'attendit même pas de voir son effet pour se retourner et, à son tour cette fois, ignorer le Béarnais. Vous avez vos informations, alors en route.

Formel et autoritaire, le fait de parler à ses hommes le ramena dans un rôle qu'il connaissait bien. Les gens commençaient à bouger, un groupe s'attelant autour d'Acuité et se préparant à rentrer au Bourg, un autre se préparant à aller voir le carnage, et trouver en vrac, cheval, cadavre innocent et volatile de chasse. Vainqueur soupira de fatigue, comme si les simples échanges avec sa cousine et son chaperon l'avaient plus vidé que le combat précédent. Il avait envie d'un bain et de dormir à l'intérieur.

Il tourna vers Brun un visage aux yeux mi-clos et las, contrastant assez avec le sang qui le peinturlurait. La nouvelle ne sembla pas le réjouir mais l'enfoncer encore plus, et il hocha simplement la tête, peu désireux de dépenser la force de convaincre son ami à rester s'il préférait s'occuper ailleurs.
Enfin, la dernière remarque réussit à le faire pouffer de rire.

Non, vraiment ? Je vais me débarbouiller sur la route, t'inquiète pas. On s'retrouve au château, merci de t'occuper de tout ça, conclut-il en rendant une claque amicale dans le dos de son ami.

Et il emboita lui aussi le pas du convoi, initiant le mouvement vers Castelcerf. Le roi leva les yeux au ciel avec un sourire en coin en repensant à cette matinée. Autant d'action avant midi, il ne voyait plus ça souvent.
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Brigands ! [08/09]

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