AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Méprise [août 09]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Méprise [août 09]   Dim 10 Juin - 21:11

Juste après avoir quitté la tente des malades, Acuité avait accéléré le pas pour arriver le plus rapidement possible à sa chambre. Elle songea, tout au long du chemin, qu’il lui serait plus utile d’aller chasser. Le tir à l’arc calmait souvent ses maux. Mais tout comme chacun de ses pas résonnait sur la pierre au sol, les mots prononcés par le Maître d’Arme résonnaient au fond d’elle.

"...je ne mérite pas une telle attention d'Acuité Loinvoyant."

Faisait-il état de leur différence de rang ? Il lui était impossible d’y réfléchir plus à ce même moment, tant la douleur lui brûlait le ventre. Les larmes coulaient déjà depuis bien longtemps, alors qu’elle franchissait l’entrée de sa chambre. La lourde porte en bois claqua contre l’embrasure en pierre et elle ne prit même pas la peine de fermer à clé le petit loquet. Elle s’effondra sur son lit, laissant jaillir enfin, toute sa tristesse et toute sa colère. Les sanglots la secouaient tandis qu’elle enfonçait son visage rougit et humide dans son oreiller. Un chagrin d’amour, voilà ce que c’était : son tout premier chagrin d’amour.

Avant toute cette histoire, elle n’avait jamais été amoureuse, et à ce même moment, elle aurait préféré ne jamais l’avoir été. Mais ses sentiments étaient bien réels, et bien présents. Et le Maître d’Armes ne les partageait pas. C’était si simple et à la fois si douloureux, d’autant plus qu’elle avait compris, qu’il ne la voyait que comme une gamine dont il avait la charge durant les cours de tir à l’arc. Jamais, à ses yeux, elle ne serait une femme.

Elle se maudit alors, de n’avoir que 17 ans tout comme elle se maudit de ne pas avoir les formes girondes de toutes ses femmes plus mûres, que le Maître d’Arme devait sans doute apprécier. A travers son corset, elle visualisa sa poitrine. On était loin des seins moelleux et bien portant des femmes du peuple, dans lesquels les hommes aimaient enfouir leurs visages. Du moins, c’est ce qu’elle avait entendu dire.
Cette révélation la fit sangloter de plus belle. Jamais elle n’arriverait à le séduire, surtout pas avec ça.
A ce moment, l’on toqua à sa porte et elle reconnu immédiatement la voix qui l’appela.

- Va-t-en, dit-elle sans douceur à l’intéressé.

Elle entendit la porte s’ouvrir lentement, comme pour vérifier que le loquet n’était pas enclenché.

- J’entre, annonça le grand Béarnais, et le grincement de la porte indiqua qu’il s’exécutait.


Et voilà. Comme toujours Taebryn arrivait dans les pires moments. Elle se redressa sur son lit et lui lança un regard de défi, comme pour lui signaler qu’elle n’avait pas autorisé cette entrée. Certaines de ses boucles blondes s’étaient collées à ses tempes et sur sa joue, aidées par les larmes salées.

- Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle, agacée.

L’expression qu’il affichait était étrange. On aurait dit un mélange de colère et d’inquiétude qui lui faisait froncer les sourcils. Les traits de sa mâchoire étaient tendus, comme en écho de ce pli soucieux.

- Que s’est-il passé là bas ?

Son ton était dur et froid, comme s’il se retenait d’exploser. La surprise que cela provoqua sur Acuité eu au moins le mérite de faire stopper ses sanglots. Elle le regarda incrédule et lâcha un vulgaire «  quoi ? » dans un son étranglé.

- Là-bas, dans la tente qui sert d’infirmerie. Je t’ai vu sortir presque en courant, tu paraissais bouleversée et j’ai vu le Maître d’Arme sortir à ta suite. Il était tout chancelant et tout blême.
Et te voilà en larmes !
Par Eda ! Acuité que faisiez-vous tous les deux là dedans ? Est-ce qu’il t’a touché ?? T’a-t-il fait du mal ?? Je jure que s’il…


- Non ! trancha-t-elle se remettant à pleurer de plus belle. Bien sûr que non !

Et elle glissa son visage entre ses mains pour mieux masquer sa honte. Qui d’autre les avait vu ainsi ? Si Taebryn pensait à mal, il ne serait peut-être pas le seul. Avait-elle jeté l’opprobre sur sa personne ? Et sur Brun ?
Il s’avança vers elle et lui saisit le bras. Elle se rendit compte immédiatement qu’il n’avait aucun mal à faire le tour du membre frêle avec une seule main. En la secouant, il reprit de plus en plus fort:

- Acuité ! T’a-t-il touché ?? Je n’ai rien dit à mon Seigneur concernant cette chasse stupide à laquelle tu t’es livrée avec Vainqueur, mais je ne me tairai pas si « cet homme » à osé poser la main sur toi…

Complètement tétanisée, elle regardait l’homme qu’elle avait toujours connu les yeux écarquillés. Comment pouvait-il imaginer que le Maître d’Armes aurait pensé une seule seconde à profiter de sa personne. Elle nota également une hargne qu’elle ne lui avait jamais vu dans le ton qu’il venait d’employer. Tout ceci lui faisait peur.

- Tu me fais mal, finit-elle par avouer d’une voie tremblante.

Il la relâcha sans douceur et lui tourna le dos. La porte de la chambre s’était à nouveau ouverte.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Dim 1 Juil - 23:18

A pas lents, Brume regagnait sa chambre de domestique. La matinée avait été riche en événements, et elle préférait prendre son temps pour réfléchir avant de se retrouver face à Acuité.

L'assassin avait en effet suivi sa jeune maîtresse au sortir de l'arène qui accueillait le Tournoi de la Fête des Moissons. La noble s'était dirigée directement vers l'infirmerie provisoire qui avait été installée non loin du théâtre des combats. Une fois à l'intérieur, Acuité avait pris soin du Maître d'Armes inconscient, lui épongeant délicatement le visage avec un fin mouchoir tiré de son corset. Incrédule, Brume avait failli s'approcher pour être certaine que ses yeux ne la trompaient pas. Mais, prudemment, elle était restée en retrait, dissimulée au regard des occupants de la tente par les lourdes tentures qui en bordaient l'entrée.

Ainsi la jeune rousse avait des sentiments pour Brun... L'assassin s'était interrogée un instant sur les raisons de cette inclination, avant de songer que, comme le disaient fort bien les adages populaires, il n'y avait souvent pas de motifs rationnels à l'amour d'une personne pour une autre.
Puis la stupeur et les interrogations de la brune avaient été remplacées par de la compassion à l'égard de sa maîtresse. Bien qu'elle n'entendît pas leur conversation, elle aurait pu jurer que ce n'étaient pas des gages d'affection que s'échangeaient les occupants de la tente. Brume ne s'imaginait d'ailleurs pas le sombre Brun recherchant la compagnie d'une dame pour un autre motif que l'entraînement aux armes...

Tandis que des éclats de voix se faisaient entendre à l'intérieur de l'infirmerie provisoire, laissant présager un différend, Brume avait dû s'écarter précipitamment de son recoin pour laisser passer deux ambulanciers soutenant un Vaillant qui s'égosillait de toute la force de ses poumons. Bien lui en avait pris car Acuité n'avait pas tardé à sortir, le pas plus pressé et le teint plus pâle encore que lors de son entrée dans la tente.

Il l'a repoussée ? Par Eda, c'était prévisible... Le Maître d'Armes et la petite cousine du Roi... Ils n'ont pas d'avenir ensemble.
Tout en songeant à la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux et aux implications pour Acuité, Brume avait discrètement emboîté le pas de la jeune noble. Quand il lui parut évident qu'elle ne pouvait se diriger que vers le Château, l'assassin laissa son pas se ralentir pour mieux se plonger dans se pensées. Elle en vint à se souvenir de quelques mots que les deux jeunes femmes avaient échangés lors de leur première rencontre. Lorsque l'assassin avait parlé de son ancienne maîtresse, Flore de Raguelon, et de sa fuite avec un palefrenier, la Béarnaise avait laissé échapper un "Quel courage..." qui avait légèrement infléchi le point de vue de Brume sur ce qu'elle considérait auparavant comme un acte irréfléchi. Mais aujourd'hui, la brune y voyait plutôt une preuve du caractère romantique d'Acuité, un romantisme qui allait au-delà des conditions sociales et des devoirs de chacun.

Le cerveau de l'assassin fourmillait maintenant des questions qu'elle avait repoussées alors qu'elle espionnait le duo. Quand cet inclination était-elle née ? Lors des cours de tir à l'arc auxquels participait la jeune noble ? Lors du Bal des Moissons où ils avaient fort bien pu tournoyer ensemble ? Ou bien longtemps auparavant, lors de cette chasse de bienvenue qu'avait organisée Vainqueur ? La domestique avait assisté de loin à la chasse ainsi qu'à certains des cours de tir, mais sans remarquer d'attentions particulières de la part de l'un ou de l'autre. La distance lui avait-elle fait manquer certains détails, tels un rougissement subit ou un effleurement discret ? Toutes ces interrogations envahissaient les pensées de Brume, mais sans jamais en chasser les deux principales. Comment la domestique allait-elle devoir se comporter devant sa maîtresse ? Et, surtout, fallait-il en informer la Reine ?

Arrivée à l'étage de la noblesse, l'assassin sursauta brusquement. D'une porte entrouverte des éclats de voix surgissaient, et cette porte n'était autre que celle d'Acuité ! Brume s'approcha rapidement et jeta un œil à l'intérieur de la pièce pour comprendre la situation. Taebryn, le garde de corps attribué par son père à la jeune noble la tenait par le bras et la secouait vigoureusement. D'après ses paroles, il s'était mépris sur le but de la visite de la Béarnaise au Maître d'Armes... Tout en se maudissant de ne pas avoir repéré l'homme près de l'infirmerie, la domestique ouvrit la porte en grand et entra, au moment où Taebryn relâchait enfin sa prise sur le poignet d'Acuité et se tournait vers elle.

- Bonjour ma Dame, bonjour... Oh, par Eda, allez-vous bien ?

Brume dut prendre sur elle pour tourner le dos au garde du corps afin de s'agenouiller aux côtés de sa maîtresse. La jeune femme était blême, ses joues striées de larmes et ses yeux rouges. L'assassin lui prit doucement l'avant-bras, appliqua une main fraîche sur la partie malmenée par Taebryn, et s'adressa à celui-ci.

- Messire, Dame Acuité semble blessée et sur le point de se trouver mal. Peut-être pourriez-vous aller chercher de quoi lui bander le bras ainsi qu'une collation tandis que je veille sur elle ?

Brume avait certes exagéré la faiblesse de la jeune rousse, mais à peine. C'est pourquoi l'homme, après avoir grommelé quelques instants, parut trouver sa requête justifiée et s'en fut. Avec soulagement, l'assassin referma la porte à clé derrière lui, puis revint vers Acuité.

- Ma Dame, cet homme vous importunait ?


Dernière édition par Brume le Ven 17 Oct - 11:12, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Lun 2 Juil - 11:51

Lorsque Brume apparut sur le seuil de la chambre, Acuité en fut la fois soulagée et gênée. Qu’allait penser sa domestique de tout cela ? Un homme dans sa chambre, elle en larme…pouvait-il exister pire journée ? En même temps, elle était pourtant soulagée de voir ce visage doux et connu. Taebryn lui faisait véritablement peur et elle espéra que l’arrivée de sa domestique le calme un peu.

Avec stupéfaction, elle observa sa servante prendre les choses en main. L’air de rien, elle se débarrassa de façon très agile de l’homme de main, sans le froisser, arguant que sa maîtresse était blessée tout simplement. Elle ne fit aucune allusion sur le pourquoi du comment. Sa main fraiche lui fit du bien, mais elle ne put s’y attarder longtemps, déjà, Brume continuait son manège.
Les yeux ronds, Acuité regarda la danse, menée de main experte par la jeune femme. Taebryn, tout aussi stupéfait certainement, ne se fit pas prier, il sortit en grommelant, sans savoir ce qu’il s’était réellement passé dans la tente.

Lorsque la porte se referma derrière lui, l’attitude de Brume changea.
La question qu’elle lui posa ne faisait qu’affirmer ce qu’Acuité pensait : elle avait juste cherché à se débarrasser de lui de façon expéditive. La noble soupira, soulagée, avant de répondre :

- Non non…nous…hum..nous avons juste un différent, rien de bien grave.

Elle lui fit un sourire qu’elle voulu rassurant. Mais les yeux bouffis et les traces de larmes ne pouvaient s’effacer aussi facilement, et elle se douta bien que ça ne suffirait pas face à la perspicacité de Brume. Aussi, afin de se justifier très certainement, elle reprit :

- Taebryn ne cherche qu’à me protéger…à me protéger répéta-t-elle comme pour s’en convaincre elle-même. Je pense que je l’ai mis en colère par mon attitude irréfléchie et désinvolte. Je vous en prie Brume, ne lui en tenez pas rigueur, il ne fait que son devoir. Peut-être devrais-je commencer à agir comme une Dame et non plus comme une adolescente écervelée.

Elle chercha de quoi essuyer ses larmes et bien sûr, elle n’avait plus son mouchoir. Là encore, elle soupira, se maudissant intérieurement. Mais Brume, d’une main bienveillante lui tendit le sien. Elle l’accepta avec reconnaissance.

Devait-elle vraiment se conforter à ce qu’on attendait d’elle ? Etre une descendante directe des Loinvoyant, agir comme il sied à une Dame, broder et faire un beau mariage de raison…Elle avait beau imaginer cette vie sous les meilleures hospices, elle ne pouvait s’y attacher. Non, elle voulait plus. Elle voulait ce pour quoi on ne l’attendrait pas, elle voulait que sa vie soit telle qu’elle le déciderait. Si son père lui avait bien appris quelque chose, c’était bien affronter l’adversité. Si on ne pouvait avoir le choix, alors il fallait tourner ce que l’on possédait à son avantage.

Elle n’avait pas choisi l’Art, mais elle pouvait en faire un puissant allié ; tout comme elle n’avait pas choisi Brun, mais elle pouvait assumer ses sentiments et vivre dignement avec ceux-ci, même s’ils n’étaient pas partagés au final.
A nouveau, on frappa à la porte. A sa grande surprise, ce n’était pas Taebryn mais un petit page qui se présenta comme envoyé par ses soins.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Ven 6 Juil - 20:02

Une fois la porte fermée à clé, Brume s'était sentie soulagée. Même si elle avait feint l'assurance en la présence de Taebryn, l'homme, de par son gabarit et sa formation auprès de Glace Loinvoyant, était un adversaire redoutable. Elle avait alors pu retourner vers Acuité pour s'enquérir de son état.
Après un soupir, celle-ci déclara en essayant de sourire :

- Non non… nous… hum... nous avons juste un différend, rien de bien grave.

Attitude typique de celle qui ne veut rien dire et étouffer l'affaire, songea Brume. La faire parler allait sans doute être compliqué. Mais comme pour la contredire, la jeune noble poursuivit, faisant preuve d'une auto-critique comme seules les personnes blessées au plus profond d'elles-même savent en faire.
Irréfléchie, désinvolte, adolescente écervelée... elle y va fort. L'assassin se mit à chercher une manière de lui redonner confiance en elle.

- Ma Dame, vous ne pensez pas ce que vous dites. Il est trop facile de se condamner quand on a...

Que dire ? Un chagrin, une déception amoureuse ? Cela ne ferait que la rabaisser encore plus. Tout en cherchant ses mots Brume tendit son propre mouchoir à sa maîtresse qui ne trouvait pas le sien, lequel avait dû rester dans l'infirmerie provisoire.

- ... mal. Quoique vous ayez fait vous ne pouvez plus le défaire, à vous de vous en accommoder et de vous construire en utilisant tous vos atouts.

Brume était peu assurée dans ce rôle de conseillère, ayant à la fois le sentiment de dire des banalités et d'outrepasser son rang. Un coup discret à la porte la dispensa de poursuivre ou d'affronter la réaction d'Acuité, et elle se redressa d'un bond pour aller déverrouiller la porte et l'ouvrir.

L'assassin s'était préparée à devoir affronter de nouveau Taebryn, mais non, c'était un simple page qui se tenait sur le seuil, l'air de ne pas savoir ce qu'il faisait ici. Dans ses mains se trouvait ce qu'avait réclamé Brume au garde du corps, ce que confirma le garçon. Il remit le plateau de toasts ainsi que les bandages frais à la domestique et s'en fut rapidement, ce qui la soulagea. Déjà que l'état de la jeune noble devait être le sujet des quelques rumeurs qui ne tournaient pas autour du Tournoi, nul besoin qu'en plus un simple page la voit en larmes.

Avant de se tourner vers sa maîtresse pour lui tendre la collation et lui prodiguer ses soins, Brume se demanda brièvement pourquoi elle tenait tant à protéger Acuité Loinvoyant. Simple honneur d'assassin ou bien affection plus profonde ? Était-ce le résultat d'une des fines manœuvres de la Reine, qui savait ce qu'elle faisait en plaçant son bras armé aux côtés de la Béarnaise ? La jeune femme chassa ses pensées en secouant la tête et vint se placer près d'Acuité, prête à la soigner comme elle le demanderait.


Dernière édition par Brume le Ven 17 Oct - 11:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Ven 6 Juil - 21:11

La sollicitude de Brume la toucha sincèrement. Parfois, elle avait l’impression d’être si seule ici, mais la compagnie de sa domestique était toujours plaisante et ses paroles toujours sensées. Elle se retint à nouveau de fondre en larmes mais les raisons étaient différentes cette fois-ci.
Émue jusqu’à la moelle par les mots de sa servante, elle se laissa soigner, bien que le mal n’était pas grand.

Autours de son bras, une marque rouge, preuve de la poigne de Taebryn se formait lentement. Brume trempa le petit linge dans l’eau et l’appliqua sur le bras d’Acuité. La fraîcheur lui fit du bien et chassa l’espace de quelques instants le brouillard de son cerveau.
Elle attrapa ensuite un petit toast et le grignota, sans grande conviction, mais plutôt pour occuper ce silence qui avait prit sa place entre les deux jeunes femmes.

Brume s’appliquait à prendre soin de sa maîtresse et cette dernière n’avait pas grand-chose à lui offrir en retour. De l’argent ? Sans vraiment savoir pourquoi, la noble pensait que la jeune femme n’était pas liée à tout ce qui touchait au matériel. Aussi, elle tâchait de ne pas user de ses services trop souvent, afin de lui laisser le maximum de liberté. Brume avait certainement une vie à côté du service. Peut-être même certaines passions, qu’elle aimait assouvir.

Après ce moment calme, Acuité reporta son regard sur Brume et lui offrit un toast.

- Parfois je me dis que je devrais remercier la Reine, de vous avoir mis à mon service.

Le moment n’était pas forcément aux confidences, mais discuter de sujets qui ne la concernaient pas directement lui permettaient de se changer les idées. Et puis, ce que lui avait dit Brume l’avait conforté dans ses pensées. Elle valait mieux que tout ça. Elle pouvait se servir de tout ça. Bien sûr, c’était toujours triste de ne pas être aimée en retour, mais c’était aussi une forme de courage que de l’accepter, et Acuité était courageuse.
Elle se leva et s’étira.

- Je prendrais volontiers un bain.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Sam 14 Juil - 11:53

Brume soignait Acuité, à gestes doux et soigneux. Le silence qui régnait entre les deux jeunes femmes ne la dérangeait pas, au contraire : ce calme était propice à l'apaisement et à la réflexion, après les vives émotions qu'elles avaient ressenties.

Toutes à ses pensées sur la Reine et ses motivations, l'assassin accepta machinalement le toast offert par sa maîtresse. Elle commençait à le grignoter lorsqu'Acuité, faisant écho à ses songeries, déclara :

- Parfois je me dis que je devrais remercier la Reine, de vous avoir mis à mon service.

Stupéfaite de cet à-propos, Brume ne put que hocher la tête pensivement. Elle n'avait pas le coeur de mentir à la jeune rousse à cet instant, en prétendant n'avoir rien à voir avec la Souveraine.

- Je ne fais que mon travail, ma Dame, fit-elle simplement.

Et aussitôt elle se demanda si c'était réellement la vérité.
Certes Bienséance lui avait ordonné, via sa dame de compagnie, de se mettre au service d'Acuité et certes l'assassin avait obéi. Mais quel était le véritable but de cette affectation ? La Reine désirait-elle que Brume protège la noble comme elle venait de le faire ou bien était-ce plutôt un moyen subtil d'espionner sa jeune parente ? Si tel était le cas, elle n'était pas sûre d'apprécier la manœuvre...

Ces pensées ramenèrent soudain Brume sur le sujet de l'amour d'Acuité pour Brun, et elle se crispa, la main fermée sur sa tartine. La Souveraine devait-elle savoir ?
Une nouvelle fois, elle fut coupée dans ses réflexions par sa maîtresse, qui venait de s'étirer :

- Je prendrais volontiers un bain.

- Certainement, ma Dame, je vais vous en faire préparer un.


Et l'assassin sortit de la pièce après un sourire discret pour Acuité.
Elle fut de retour quelques instants plus tard, ayant alpagué un petit page qui passait fort opportunément dans le couloir.

- Le bain sera bientôt prêt, ma Dame. Vous sentez-vous mieux à présent ?

L'inquiétude qui perçait dans la voix de Brume était sincère.


Dernière édition par Brume le Ven 17 Oct - 11:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Lun 16 Juil - 18:38

L’efficacité de Brume n’était plus à prouver. Une ribambelle de petits pages se pressèrent dans la chambre pour installer le baquet d’eau brûlante, seulement quelques minutes après la requête d’Acuité. Celle-ci se trouvait toujours peinée de toute cette histoire, mais lorsque sa domestique s’enquit de son bien être, elle ne put que hocher la tête en ajoutant un sourire rassurant, comme elle le faisait si bien depuis toujours.

Déjà petite, à Castellonde, elle souriait, même quand la tâche qu’elle devait accomplir était pesante ou inintéressante. « C’est cela une Dame », voici ce qu’on lui répétait. Une vrai Dame n’est qu’apparat. Et bien vite, ses envies d’aventure et de danger s’étaient envolées, poussées par le vent de la bienséance et de l’éducation. Depuis qu’elle était arrivée à Castercelf, ses envies refaisaient peu à peu surface. Bien loin de ses obligations d’intendance de Castellonde, elle avait la sensation de renaître quelques fois.

La chasse avec Vainqueur avait surement déclenché tout cela. Elle s’était rendu compte que au delà de son rang, son grand cousin s’autorisait quelques fois les actions que l’homme qu’il était demandait. Plus surprenant encore, elle trouvait que Vainqueur et elle avaient des points communs, comme par exemple leur caractère entier et bien présent, à la différence que Vainqueur n’y mettait pas les formes. Il en était de même pour cette forme de bravoure qu’ils possédaient tout deux, comme tout Loinvoyant, mais du côté de Vainqueur, on l’assimilait plus à de la témérité ou de l'inconscience.
Mais il n’y avait pas que çela. Les cours de tir à l’arc, qu’elle ne prenait que pour profiter de la présence du Maître d’Arme, les cours d’Art qui lui permettaient d’essayer de s’évader de son corps un peu frêle, l’excitation de la joute, et le mystère qui entourait cet homme, dont elle était tombée amoureuse sans trop savoir pourquoi faisaient aussi parti du lot. En résumé, Castercelf lui offrait d’autres destinées envisageables et avait réveillé le petit bouillonnement au fond de son cœur.

Elle se déshabilla et plongea tout d’abord ses orteils dans l’eau, afin de tâter la température. Jugeant qu’elle était satisfaisante, elle s’y laissa aller entièrement. Le dos contre le bord du baquet, les cheveux défais, elle demanda à Brume de les lui brosser. Et tandis que cette dernière s’exécutait, Acuité contempla un instant ses mains qui portaient encore la trace du sang de Brun et du sable de la carrière. Une larme roula le long de sa joue, mais elle se força, à la ravaler en silence, ne voulant pas se donner plus en spectacle.

Elle serra les poings, comme pour emprisonner son bien avant de les plonger dans l’eau, pour ne plus voir ce qui lui faisait si mal.

- Me croyez vous stupide ou ingrate envers les miens, de vouloir autre chose que ce que l’on à prévu pour moi ? Est-ce vraiment impossible pour une personne de mon rang, de choisir sa propre voie ? Votre ancienne maîtresse à choisi sa propre voie, parlez moi d ‘elle. Comment était-elle avec vous ? Et avec les autres ? Comment a-t-elle fait pour obtenir ce qu’elle souhaitait de tout son cœur ?

Sa curiosité était réelle, non qu’elle eut voulu agir de la même façon, mais parce qu’il lui semblait presque impossible de se détacher du rang de sa naissance. Et puis, parler des histoires des autres lui permettait de faire une pause sur sa propre condition actuelle et donc de lui changer les idées.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Ven 27 Juil - 21:36

Elle répondit à la question sincère de Brume par un hochement de tête muet. L'assassin connaissait le sourire qu'arborait Acuité ; en son for intérieur, elle le surnommait le "sourire de Dame". Combien de fois avait-elle vu de jeunes nobles mentir allègrement, un rictus forcé au lèvres ? Secouant imperceptiblement le chef, la brune se demanda si un jour les femmes de la noblesse seraient élevées à être autre chose que de simples objets d'apparat. Sa maîtresse devait souffrir, déchirée entre les obligations dûes à son rang et sa nature aventureuse. Sans oublier son amour pour Brun...

Toute à ses réflexions, Brume remarqua à peine l'arrivée des jeunes pages avec le bain demandé. Accomplissant presque machinalement ses devoirs de servante, elle ramassa les vêtements qu'Acuité avait laissés choir et les rangea soigneusement. Puis, à son injonction, elle s'empara d'une brosse et s'agenouilla derrière le baquet pour démêler les longs cheveux roux de sa maîtresse. Elle progressait par à-coups, redoutant de tirer trop fort sur les boucles emmêlées.
Ce ne fut que lorsqu'Acuité prit la parole que l'assassin revint réellement à elle-même, remarquant qu'une nouvelle fois leurs pensées avaient suivi le même chemin.

- Me croyez vous stupide ou ingrate envers les miens, de vouloir autre chose que ce que l’on a prévu pour moi ? Est-ce vraiment impossible pour une personne de mon rang, de choisir sa propre voie ? Votre ancienne maîtresse a choisi sa propre voie, parlez moi d'elle. Comment était-elle avec vous ? Et avec les autres ? Comment a-t-elle fait pour obtenir ce qu’elle souhaitait de tout son cœur ?

Les questions s'enchaînaient, sans que Brume ait le temps de les assimiler toutes. Visiblement, la jeune rousse avait décidé de s'épancher, plutôt que de garder ses interrogations pour elle.
Penchée sur une mèche récalcitrante, l'assassin réfléchit à une réponse possible. Elle choisit la sincérité, au risque de paraître brutale.

- Je pense... pardonnez-moi ma Dame de ma franchise, mais je pense que, de votre rang ou non, toute personne devrait pouvoir choisir sa voie. Evidemment, si un héritier royal voulait devenir forgeron, cela donnerait lieu à un sacré scandale. Mais lui donner la possibilité d'exercer son art en dehors de sa fonction de Roi, voilà qui me paraît un compromis acceptable. Voire nécessaire, sinon comment pourrait-il avoir à cœur de diriger le royaume ?

Brume reprit haleine et tâcha de se souvenir de son ancienne maîtresse.

- Dame Flore était... Je me la rappelle comme une jeune personne très naïve, ignorante des manières de la Cour. Son père, le comte de Raguelon, désirait qu'elle rencontre un bon parti ici, mais elle passait plus de temps à se balader à cheval autour du Château qu'à assister aux bals et banquets officiels. C'est ainsi qu'elle a rencontré Job, le palefrenier. Seule, elle n'aurait pas eu l'idée de fuir avec lui, mais il avait rapidement compris qu'il n'y avait pas d'autre solution pour eux. Alors ils sont partis, avec la jument de Dame Flore, et quelques provisions que je leur avais fourni. Elle a toujours été bonne pour moi, un peu à votre manière.

Ayant fini son démêlage, l'assassin posa la brosse près d'elle et s'assit plus confortablement, dos au baquet.

- J'ai eu de leurs nouvelles il y a peu, elle s'est réconciliée avec son père et vit avec Job dans la demeure familiale. Sa grande sœur héritera de tout, mais elle est heureuse ainsi.

Elle réfléchit un instant avant de reprendre, hésitante.

- Peut-être... vous avez l'air de vous intéresser à elle, peut-être voudriez-vous la rencontrer ? Ou bien correspondre avec elle ?

Brume espérait qu'Acuité ne s'offense pas de la proposition maladroite, mais aussi qu'elle puisse trouver du soutien dans la compagnie de cette jeune fille, certes naïve mais aussi déterminée.


Dernière édition par Brume le Ven 17 Oct - 11:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Dim 29 Juil - 14:25

D’abord étonnée que Brume parle autant, elle fut finalement ravie de cette confession. Cela lui faisait du bien et la relation entre la domestique et la maîtresse changeait petit à petit. De plus en plus souvent, elles se retrouvaient toutes deux, à partager des choses : histoires, émotions, gestes. Toujours avec discrétion et bienveillance, la jeune brunette paraissait veiller sur la blonde.

Acuité n’avait pas meilleure alliée ici alors qu’elle se sentait si seule dans ce fief. Aussi la proposition de Brume l’enthousiasma.

- Oh vraiment ? reprit-elle, pensez-vous qu’elle accepterait de correspondre avec moi ? Humm mais c’est un peu délicat comme entrée en matière, je ne voudrais pas qu’elle pense que je m’intéresse à elle juste pour sa romance, même s’il est vrai que je la trouve fort courageuse. Il ne faudrait pas que cela m’incite à agir de la même façon…quoique…mon amour à moi ne soit pas partagé.

Elle émit un petit rire contraint puis soupira et enfin se tue, consciente qu’elle était entrain de s’épancher aussi facilement…
Leurs rapports étaient véritablement entrain de changer. Au fond d’elle, elle sentait qu’elle pouvait avoir confiance. Brume n’était pas le genre de personne qui pourrait la tromper ou se jouer d’elle, elle en était persuadée. Parfois, elle l’observait du coin de l’œil et ses conclusions n’apportaient qu’une seule réponse à ses interrogations : Sa domestique devait très certainement se sentir aussi seule qu’elle.

Après tout, qu’avait-elle ici à Castercelf ? Elle lui avait raconté autrefois que ses parents étaient venus tenter leur chance à Bourg-de-Castercelf, mais qu’ils avaient échoué. Leur parlait-elle toujours ? Etaient-ils encore en vie ? Avait-elle un amant ? Toutes ces questions qu’elle n’avait jamais osé lui poser surgirent subitement dans sa tête.

Mais peut-être que, alors que tous s’amusaient au banquet et qu’elles étaient seules ici, c’était justement le moment idéal pour parler et se confier.

Après la réponse de Brume, le silence retomba sur les deux jeunes femmes. Acuité avait beau chercher à se changer les idées, une seule personne hantait son esprit. Le regard au plafond, posé dans le vide, elle demanda :

-Avez-vous déjà aimé une personne de telle sorte que vous seriez prête à mourir et renaître pour être à sa portée ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Mar 31 Juil - 10:00

Enthousiaste et charmée par la proposition, Acuité ne la rejetait nullement comme Brume l'avait un moment craint. Elle s'apprêtait donc à répondre positivement et à dire que Flore serait sans nul doute flattée d'un courrier d'un membre de la famille royale, quand quelques mots de son interlocutrice l'arrêtèrent.

Sûrement encouragée par les longs discours de Brume, la jeune rousse s'était mise, sans le nommer, à parler de son amour pour Brun. Se souvenait-elle qu'elle n'avait pas mis sa domestique dans la confidence ? Elle lui en parlait comme si elle savait tout, et soudain l'assassin sentit son coeur se serrer. Peut-être Taebryn avait-il raison, peut-être l'incident qui s'était déroulé dans la tente, loin d'être uniquement une source de chagrin pour la jeune femme, serait-il également sa perte ? Il suffisait d'un témoin de la scène, d'une vision de ses larmes, pour tirer toute une série de conclusions qui entâcheraient sa réputation pour toujours.
Brume tenta de se raisonner et de cerner la question clairement. Qui avait pu les voir ? Les malades et les médecins de l'infirmerie, l'historienne du Château qui y était rentrée avec la fille du vainqueur du Tournoi, et peut-être un autre espion qu'elle n'avait pas repéré... Sans compter toutes les personnes qui avaient pu croiser la Béarnaise lors de sa fuite vers sa chambre, et celles qui avaient pu entendre les cris de Taebryn.
Ses réflexions ne calmaient nullement l'assassin, qui tâcha de corriger ses pensées précédentes. Les blessés et les infirmiers étaient assez occupés pour ne pas prêter attention à leur conversation, Alizée semblait en pleine discussion avec la fillette, et les larmes d'Acuité pouvaient fort bien s'expliquer par la défaite de son champion, quel qu'il soit. Oui, si on admettait que deux espions suffisaient pour une même scène et que les spectateurs éventuels n'étaient pas obnubilés par la noble, alors il pouvait ne pas y avoir de scandale.

La domestique prit une grande inspiration, qu'elle relâcha lentement. Il n'y avait sûrement pas lieu de s'inquiéter comme ça. Et puis, ce n'était pas son rôle à elle, de s'inquiéter, c'était celui de la Reine. Ensuite seulement, Brume intervenait.
Et d'ailleurs, pourquoi se tracasser autant ? Pourquoi l'assassin avait-elle voulu non seulement protéger Acuité de son garde du corps, mais aussi de son propre mépris, du regard du page, de sa solitude... ? Ces pensées revenaient encore et encore, et elle fut bien obligée d'admettre la vérité : au-delà de la mission indéfinie que lui avait donnée Bienséance en la plaçant auprès de la rouquine, elle éprouvait de véritables sentiments pour sa maîtresse. C'était la première fois que Brume osait se lier à l'une des nobles dames qu'elle servait, et elle devait s'avouer que cela lui faisait beaucoup de bien. Toujours, elle avait cru qu'apprécier quelqu'un lui était interdit, à cause de sa double vie et des secrets qu'elle ne pourrait jamais révéler. Mais même s'il lui en coûtait parfois de mentir à Acuité, elle était devenue plus proche d'elle qu'elle n'aurait pu l'envisager. Un sourire flottant sur ses lèvres, l'assassin se prit à imaginer la Reine révélant à sa petite-nièce la véritable nature de sa domestique... Alors, elle n'aurait plus rien à lui dissimuler.

La voix de la Béarnaise vint tirer Brume de sa rêverie. Rêverie insensée, se dit-elle brièvement.

- Avez-vous déjà aimé une personne de telle sorte que vous seriez prête à mourir et renaître pour être à sa portée ?

Aimé ? Dois-je lui dire que depuis la mort de mon mentor, elle est la personne la plus proche de moi ? Non, décidément il faut encore que je mente.

Sur ces amères pensées, Brume commença par un simple :

- Non, ma Dame.


Puis, changeant brusquement d'idée, elle finit, hésitante :

- Je... n'ai jamais aimé.


Dernière édition par Brume le Ven 17 Oct - 11:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Sam 4 Aoû - 20:08

-Quoiiiiiiiiii ???

C’est la réponse qu’Acuité aurait aimé formuler. Cependant, elle se retint de réagir de la sorte, car l’aveu de sa domestique semblait triste, presque douloureux. A la place, elle se tourna lentement et s’appuya sur le rebord du grand baquet, attendant que Brume, auparavant de dos, se tourne elle aussi pour un face à face. Lorsqu’enfin la brune se retourna, Acuité plongea son regard sombre dans le sien avec une intensité que sa servante n’avait encore surement jamais vu. Elle pinça les lèvres quelques secondes avant de lancer d’un ton fort sérieux :

- Je ne comprends pas. Vous êtes jolie, intelligente et bienveillante. Quel homme ne souhaiterait pas vous avoir à son bras ? A moins que je ne vous laisse pas assez de temps libre pour rencontrer l’amour ?

Sur ses derniers mots, sa bouche s’élargit en un sourire complice qu’elle agrémenta d’un clin d’œil. Puis elle replongea dans l’eau chaude jusqu’aux épaules.

La blonde était bien évidemment consciente des faveurs qu’elle accordait à sa domestique. Peu de nobles se débrouillaient autant par elles-mêmes. Ce n’était pas pour lui faire une piqure de rappel, toutes deux savaient la chance qu’elles avaient.
Mais en y réfléchissant bien, Brume était vraiment une jeune femme de qualité, c’était tout simplement incroyable qu’elle n’ait jamais rencontré l’amour.

Et puis quoi ? Un amour non partagé valait-il vraiment la peine d’être vécu ? L’esprit d’Acuité s’égara quelques secondes, lui imprimant l’image de Brun devant les yeux : Allongé sur la civière dans l'infirmerie de fortune, gêné alors qu’il venait de comprendre qu’elle l’aimait, souriant durant les cours de tir à l’arc (elle n’aurait jamais cru cela possible) et puis il y avait aussi le contact de sa main forte, sur son poignet, et….la réponse s’imposa d’elle-même. Oui, cela valait la peine.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Jeu 9 Aoû - 20:10

La confession avait laissé Brume légèrement haletante. Elle entendit Acuité se retourner dans son baquet et elle-même se tourna de mauvaise grâce au bout de quelques instants. La Béarnaise la regardait fixement et finit par prendre la parole d'un ton sérieux.

L'assassin rougit un peu sous l'avalanche de compliments puis sourit à la plaisanterie. Acuité se rallongea plus confortablement, ce qui libéra Brume de son regard insistant. Elle se réinstalla également et se força à adopter un ton enjoué pour répondre :

- Oh non ma Dame ! C'est que... - abandonnant les faux-semblants, elle ajouta, pensive - je n'ai jamais vraiment pris le temps de rencontrer des hommes. Je suis seule et cela me va, vraiment.

En son for intérieur, l'assassin pria Eda que cette situation dure toujours. Déjà qu'il était dur de mentir à Acuité, alors à la personne qu'elle aimerait ? Brièvement, elle se demanda s'il valait mieux qu'un tel amour soit partagé ou non. Mais elle ne voulait pas y penser. Un homme n'était vraiment pas envisageable dans sa double vie.

- Vous-même, vous êtes une personne si remarquable... Vous devez avoir un certain nombre de prétendants, non ?

Lâchée d'un ton interrogateur, cette remarque arriverait peut-être à faire provisoirement oublier les amours de Brume à la jeune noble – et qui sait, détourner ses pensées de Brun ?


Dernière édition par Brume le Ven 17 Oct - 11:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Sam 11 Aoû - 1:25

Acuité ne put s’empêcher d’être un peu peinée par la confidence de sa domestique. Même si cette dernière lui assurait que « cela lui allait », elle ne pouvait imaginer qu’une femme reste sans amour, surtout une femme de la qualité de Brume. Elle était servante, certes, elle n’aurait pas grande dot à offrir à un époux, mais quand même, elle avait nombres de qualités en échange. Un amour sincère ne méritait-il pas cela ?

Cependant, il devait être difficile pour une femme de sa condition de rencontrer l’amour. Où pourrait-elle bien le trouver ? Dans les cuisines ? Au bourg ? De part son statut, Acuité jouissait de connaissances plus nobles certes, mais cela suffisait-il vraiment ?

L’attitude pensive de la brune était contagieuse, et la blonde commença elle aussi à réfléchir à tout cela. Elle souhaitait vraiment que Brume soit heureuse et la dernière confidence ne lui avait pas fait entendre cette idée. Devait-elle lui laisser encore plus de temps libre ? Elle y songerait pour sûr. Devait-elle jouer les entremetteuses ? Hum, quelque chose lui disait que cela ne lui plairait pas.

Tout à ses réflexions, Acuité ne revint dans la réalité que lorsque Brume lui parla d’éventuels prétendants. A cette annonce, la blonde ne put se retenir de sourire dans un premier temps, avant de rigoler très franchement.

- Des prétendants ? Hum…vous oubliez que je suis la fille de Glace Loinvoyant. Qui oserait affronter mon père pour me demander en épousailles ??? Je pense que tous ceux qui souhaitent me voir à leurs bras font du mieux qu’ils le peuvent afin de se faire remarquer par mon père. Le but est que l’idée vienne de lui. Lorsque l’ennemis est plus fort, mieux vaut ruser que de l’attaquer de front non ?

Elle émit à nouveau un petit rire avant de reprendre :

- De ce fait, j’ignore tout d’éventuels prétendants. Aucun ne m’a fait part de ses intentions je dois bien l’avouer. De toute façon, comment s’intéresser à d’autres hommes quand son cœur est déjà pris par un seul ?

Elle soupira, las. Et à nouveau, sans prévenir, sa mémoire la ramena plus tôt dans la journée. Les terribles paroles du Maître d’Armes résonnaient encore dans sa tête.

"Je suis touché par votre geste. Mais je ne mérite pas une telle attention d'Acuité Loinvoyant."

Touché hein…comme un homme serait touché par une petite fille lui offrant une pâquerette. Ses paroles avaient été cruelles au cœur de la jeune femme. Elle en souffrirait très certainement un long moment, mais elle ne les oublierait pas. Jamais. Cette différence de rang qu’il avait invoqué pour mieux la rejeter. Ne pouvait-il pas simplement dire qu’elle ne l’intéressait pas, ou qu’il ne la trouvait pas à son goût. Non, il avait brodé autours d’une excuse facile simplement parce qu’elle était de sang Loinvoyant.

Et bien comme une Loinvoyant, elle ne se laisserait pas abattre. Comme une Loinvoyant, elle continuerait sur le chemin de son cœur, qu’il le veuille ou non. S’il ne méritait pas sa grâce, méritait-elle la sienne ? Elle qui se sentait, parfois, si insignifiante en sa présence. Il semblait la dominer dans tous les domaines et cela expliquait peut-être qu’il ne la considère pas vraiment comme une femme. Elle aurait pu, comme toutes ses Dames de la cours user de ses charmes de langage pour l’attirer dans ses filets. Minauder et séduire à grands renforts de sourires et d’œillades appuyées. Mais Acuité était loin de tout ce cirque. Elle préférait rester elle-même, et ce , en dépit de ce que l’on pouvait dire à son sujet. Certains amis de son père l’appréciait ainsi, et elle espéra secrètement qu’un jour, le Maître d’Arme pourrait lui aussi l’apprécier, telle qu’elle était.

Tellement perdue dans ses pensées, elle n’entendit pas la question posée par sa domestique. Lui en avait-elle posé une d’ailleurs ?
Aussi, elle se tourna à nouveau vers la jeune femme et demanda avec un sourire:

- Oh excusez moi, j’étais perdue dans mes pensées, vous disiez ?


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Mar 14 Aoû - 12:56

A la question de Brume, la jeune noble partit d'un rire franc qui rassura quelque peu son interlocutrice sur son état d'esprit. Puis celle-ci se concentra sur les paroles qui suivaient.

La réponse aurait été largement prévisible si la brune y avait songé au préalable. Le caractère de Glace Loinvoyant était en effet tel que même ces faits ne paraissaient pas étranges.
Parmi les nobles qui devaient courtiser ainsi le Duc, lesquels étaient réellement intéressés par sa fille et non par le parti qu'elle représentait ? Il ne faisait pas bon d'être héritière d'un Duché pour faire un mariage de sentiments... Cette idée ramena Brume à sa propre situation. A supposer qu'elle se laisse entraîner dans une liaison amoureuse, serait-elle contrainte de la vivre en secret ou bien la Reine lui permettrait-elle de suivre la voie de son cœur ? Décidément, il était préférable que l'assassin se tienne éloignée des hommes.

La dernière phrase d'Acuité ramena une question que Brume avait mise de côté.

- Depuis combien de temps... murmura-t-elle.

Elle ne comptait pas que sa maîtresse l'entende et son absence de réaction le lui confirma. La Béarnaise était profondément plongée dans ses pensées et ses soupirs prouvaient leur nature. Désirant détourner son attention une nouvelle fois, Brume chercha un sujet qui puisse la sortir de sa torpeur. Mais elle se rendit vite compte que tout ce à quoi elle pensait était susceptible d'encourager la mélancolie d'Acuité. Le Tournoi, des nouvelles de ses parents... Décidément elle ne trouvait rien de valable.
Aussi, quand Acuité se tourna vers elle en souriant, l'assassin ne trouva rien de mieux à répondre que :

- Je disais que vous voudriez peut-être sortir de votre bain, à présent ? L'eau doit se rafraîchir...

Elle haussa légèrement les épaules, comme pour s'excuser d'une telle platitude.


Dernière édition par Brume le Ven 17 Oct - 11:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Mer 15 Aoû - 23:10

- Ow…oui, vous avez raison. L’eau à fraichit.

Elle n’avait pas vu le temps passer. La conversation lui avait fait du bien, même si elle avait également ravivé des souvenirs douloureux. Pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas, la douceur et la discrétion de Brume avait un effet apaisant sur sa personne.

Aussi, elle se leva et tandis les mains vers le drap que lui apporta sa domestique. L’eau dégoutait de son corps tout entier et elle prit grand plaisir à plaquer sur sa peau mouillé le linge sec et frais.
Elle sortit entièrement du baquet et sécha chaque parcelle d’épiderme avec minutie, comme un rituel. Dans la grande malle où étaient entreposées ses affaires, elle récupéra un flacon d’huile qu’elle avait rapporté de Castellonde, à base de baie de laurier. Elle trouvait le parfum apaisant et sa journée lui valait bien une petite dose. Que d’émotions en ce jour.

Le linge la recouvrant glissa sur le sol, et elle commença à enduire ses bras du parfum délicat. Dans les minutes qui suivirent, elle enfilait sa chemise de nuit avant de se poster à sa fenêtre, les yeux dans l’horizon.

- Souhaitez-vous prendre congé pour ce soir, Brume ?

La blonde était encore un peu triste et mélancolique. Elle ne voulait en aucun cas ternir la soirée de sa domestique avec son humeur massacrante. Aussi, avant même que l’autre ne réponde, elle se hâta d’ajouter :

- Un banquet est donné ce soir pour célébrer la fin de la mêlée. Peut-être souhaitez-vous vous y rendre ? Il faut vous amuser un peu et qui sait, peut-être qu’un charmant jeune homme vous y attend sans le savoir.

Elle lui fit un clin d’œil et un sourire complice, avant d’accompagner la parole pour un geste de la main, l’incitant à sortir.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Sam 25 Aoû - 12:06

L'air un peu perdue, Acuité avait acquiescé et commencé à se sécher. Sans un mot, l'assassin était restée assise dos au baquet, songeuse. Quelle répercussion aurait sur la vie de sa maîtresse son inclination ? Oublierait-elle le Maître d'Armes comme une amourette d'adolescente, ou bien s'y accrocherait-elle dignement ? Son ascendance Loinvoyant et les paroles échangées tantôt laisser présager la deuxième solution. Brume poussa un discret soupir. Le destin des jeunes nobles était bien cruel. Elle repensa à son idée de correspondance avec Flore. Distraierait-elle Acuité ou l'accablerait-elle plus encore ? Dans une nouvelle expiration, la jeune femme se rendit compte qu'elle commençait à broyer du noir, et que sa maîtresse la regardait. Avait-elle parlé ? Attendait-elle une réponse ? Heureusement la blonde prit la parole tout de suite, ce qui évita un silence qui aurait pu être gênant.

- Un banquet est donné ce soir pour célébrer la fin de la mêlée. Peut-être souhaitez-vous vous y rendre ? Il faut vous amuser un peu et qui sait, peut-être qu’un charmant jeune homme vous y attend sans le savoir.

Brume réprima une grimace en entendant le ton amusé d'Acuité. Serait-elle mieux au banquet qu'ici ? Manquait-elle à ses devoirs envers la Reine ou sa jeune maîtresse en restant ou partant ? Elle finit par décider que Bienséance n'avait pas besoin d'elle pour le repas officiel, d'ailleurs elle n'avait pas requit les services de son assassin. La Béarnaise au contraire avait besoin de sa compagnie, même s'il fallait qu'elle surveille sa propre humeur pour ne pas sombrer elle aussi dans la mélancolie.

- Oh ma Dame, je n'ai pas très envie de sortir et de retrouver la foule à présent. Une mêlée par jour me suffit, vraiment.

Un sourire vague accompagnait sa piètre tentative d'humour. Il allait falloir faire mieux que ça, si elle comptait distraire sa maîtresse de ses tourments.
Revenir en haut Aller en bas
Acuité Loinvoyant
Cinq-Duchés
Fille aînée du Duc de Béarns
avatar

Messages : 1091
Date d'inscription : 06/01/2012
Age : 35

Feuille de personnage
Fonction: Artiseuse en formation
Âge: 19
DC: Vainqueur Loinvoyant, Taebryn Ruderacine

MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   Sam 6 Oct - 22:22

Acuité ne put que sourire. Brume tentait de lui remonter le moral, c'était évident. Elle semblait même prête à renoncer à sa sortie pour la soirée. En temps normal, la jeune blonde aurait préféré mile fois rester seule et pleurer tout son saoul, mais devant tant de gentillesse, elle n'eut pas le coeur de renvoyer sa domestique.

La noble avait déjà enfilé sa robe de nuit, et elle agrémenta ses épaules d'un châle avant de venir s'installer sur la petite table non loin de la cheminée.

- Demandez donc aux pages de récupérer le baquet du bain s'il vous plait. Je vous serais grée de bien vouloir nous quérir un peu de vin et deux coupes, ainsi qu'un jeu d'osselets pour occuper notre soirée.

Elle se tut un instant, comme gênée d'imposer cette idée. Se raclant la gorge, elle reprit d'une voix plus basse :

- Enfin, si vous le souhaitez bien évidemment...

Et comme la jeune brune se dirigeait vers la sortie après avoir consenti d'un hochement de tête, Acuité ajouta les yeux brillants :

- Une dernière chose, ne vous inquiétez pas de mes larmes...beaucoup couleront ce soir, mais elles seront les dernières....
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Méprise [août 09]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Méprise [août 09]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Libre]Prise d'otage? Pas si sûr! [Rang C]
» Prise la main dans le sac...[PV Sacha]
» Prise en flagrant délit [pv] [terminé]
» Question de règle: prise d'objectif avec un transport plein de troupes.
» Prise de sang et test HIV

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Terre des Anciens :: 
 :: Forteresse de Castelcerf :: Les appartements :: Archives V1 et V2
-