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 Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]

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flèche tigraine

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MessageSujet: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Lun 18 Juil - 22:38

Voila plusieurs semaines que Flèche avait fait connaissance avec le roi lui-même et récupéré, dans la rencontre, une bourse plus grosse qu'elle n'aurait jamais espéré en posséder. Un temps qui avait suffit à lui faire regretter sa chance. Être riche vous transformait automatique en victime potentielle.
Aussitôt était-elle entrée en possession de tout cet argent qu'elle s'était empressée d'aller le cacher. Dans un lieu sur et connu d'elle seule, comme de bien entendu. Dans une aspérité de la falaise, donc, où seule Flèche pourrait être assez folle pour s'aventurer. C'est qu'elle aimait bien grimper, la demoiselle, et s'y entendait particulièrement en matière d'escalade.

Elle était riche, donc, et particulièrement confiante en son ingéniosité et ses capacités. Le genre d'état qu'on souhaiterait faire durer pour l'éternité, à tel point que la miss n'avait pas dépensé la moindre pièce de son trésor pour s'en assurer. Ce qui ne l'empêchait pas de se pavaner plus que jamais et de faire des pied-de-nez de plus en plus voyants à ses opposants. Elle était même allée jusqu'à tenir tête à un comte venu tout droit de Béarns pour rencontrer le roi. Il lui avait fichu une trouille de tous les diables en lui tenant tête comme jamais on ne l'avait fait. Il l'avait tenu en respect par un moyen qui lui restait inconnu jusque là. Un touché de vif, rien que ça! Sauf que Flèche ne connaissait rien du vif.
Mais ça ne changeait rien à l'affaire. Elle se sentait quelqu'un de nouveau, qui sentait, comprenait et était capable de tellement de plus de choses qu'avant... Et ce genre de sensation vous laissait ivre de liberté. Encore plus que d'habitude bien que ça semble difficilement possible. Sauf si... Sauf si on dépassait véritablement les bornes les limites. En décidant de s'en prendre à plus fort que soit, par exemple. Non pas que ce soit original, non plus... Mais là où ça changeait de d'habitude, c'était quand Flèche décidait de s'en prendre au plus fort des plus forts. J'ai nommé... Faucheur!
Et allez pas croire qu'il porte ce nom juste parce qu'il sait vider les poches, oh non! C'est de l'autre faucheur qu'on parle. Celui qui vous tranche la gorge si vous faites pas les choses comme il l'entend. La terreur de Bourg-de-Castelcerf. Un sans foi ni loi qui en a terrorisé plus d'un le temps de sa longue, trop longue carrière. Et qui méritait qu'on le remette à sa place. Juste une fois.

Voila qui expliquait qu'elle se retrouve, un soir, à faire le guet à l'entrée de l'entrepôt du Faucheur lui-même. Elle avait un plan en tête. De ce qu'elle en savait, l'homme devait recevoir une marchandise à laquelle il tenait extrêmement. La réception s'était passée le soir, sur les docks, comme prévue et Flèche les avait suivi jusque là, silencieuse comme une ombre. Il ne lui restait plus qu'à entrer dans le bâtiment et à voler l'objet en question pour devenir une légende. De celles qui ne peuvent jamais se vanter de leur forfait sous peine de finir des poids aux pieds et sous 15 mètres d'eau...
Gloups, à cette pensée soudaine, Flèche hésita à poursuivre les opérations. Est-ce que ça en valait vraiment la peine? Mais l'hésitation ne dura pas longtemps, l'orgueil et l'envie de faire ses preuves prit bien vite le dessus. Un pas, puis un second la menèrent jusqu'aux pieds du mur de l'entrepôt. Ce dernier, comble du luxe, était construit en pierre pour les fondations, puis en bois. L'escalade fut donc facile au début et glissante, ensuite, la pluie tombée plus tôt dans la journée y faisant beaucoup. Pourtant, c'est sans trop de difficulté que la demoiselle se glissa dans la bâtisse. En fait, c'est une fois à l'intérieur que les choses se corsèrent. Le temps que ses yeux s'habituent à l'obscurité privée de lune pour venir l'éclairer, elle resta sous les combles, accroupie sur une poutre tel un oiseau de nuit. Et c'est là qu'elle le vit. Un rat. Il était juste devant elle et il la regardait. Fixement. Comme aucun rat ne peut normalement regarder. D'ailleurs, quelques instants plus tard, elle aurait juré le voir jeter un regard en coin. A tel point qu'elle fit de même et repéra un homme, en bas. Il était assis, occupé à attendre à ce qu'il semblait. Lui aussi tourna la tête et fixa son regard sur Flèche. Pouvait-il vraiment la voir? Malgré l'obscurité? Ne sachant se prononcer et rendue mal à l'aise par l'incertitude et l'étrangeté de la situation, Flèche recula dans l'ombre, bien décidée à se carapater au plus vite. Elle aurait même volontiers pris ses jambes à son cou alors que l'homme se levait pour avoir la confirmation de ce qu'il croyait avoir vu. Sauf que... Sauf qu'elle venait de voir quelque chose d'incroyable et, plus que ça, de sentir comme un tiraillement dans l'air. Un je ne sais quoi qui lui disait de rester. Et ce quelque chose ressemblait à une cage. A l'intérieur se trouvait un animal qui ne ressemblait à rien. Sauf, peut-être, vaguement, à un être humain. Et encore... Tout petit et très velu.
Accroché aux barreaux de sa cage, il exprimait toutes les apparences de la tristesse et, immédiatement, il devint évident pour Flèche qu'elle ne pourrait pas s'en détourner, fuir sans s'inquiéter pour son sort. Il y avait quelque chose qui, pour la première fois depuis longtemps, la touchait au plus profond.

Mais on suspectait sa présence. Ce n'était pas le moment de trainer. Surtout qu'un nouveau venu venait de faire son entrée: le Faucheur. Sans demander son reste, Flèche monta plu haut dans les combles avec pour seul témoin un rat incapable de la suivre.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Mar 26 Juil - 0:31

Spoiler:
 


Dans les ruelles, deux croassement sordides retentirent. L'obscurité commençait à tomber, Bryggen et ses collègues étaient presque arrivés. Les chariots bourrés à craquer étaient secoués par la route pavée, et Raanan s'ennuyait ferme. Pour une fois, l'honnête marchand qu'était Bryggen avait accompagné sa cargaison en personne. En effet, il ne se passait strictement rien en Rippon, la marchandise devait être dorlotée, et surtout, il avait des comptes à rendre avec ce Faucheur...

Ce dernier lui avait refilé ce dont les mendiants ne voulaient même pas. De la 'qualité'... Ce coup bas lui avait couté cher en réputation. Tout un navire qui avait dû trouver autre chose pour remplir ses double-fonds. Il allait devoir trouver un autre partenaire maritime, et il allait avoir du mal. Ou plutôt, ses finances allaient avoir mal. Il allait devoir trouver des représailles adaptées. Il aurait bien aimé débarquer chez Faucheur et lui refaire une boutonnière, mais c'était pas très poli. Et surtout, il avait besoin de ce chacal pour le commerce transducal.

Scott 'Velours', comme à son habitude, aiguisait des objets tranchants dans le chariot conduit par Kenny. Bryggen aimait bien Scott, malgré une paranoïa avancée, un comportement nerveux et une sacrée tendance à menacer tout ce qui bouge avec ses lames. Le 'Velours' était pourtant très calé en évaluation de tous ce qui avait du prix, et c'était lui qui avait remarqué la marchandise fallacieuse de Faucheur. Scott suivait le conseil de Svend pour se calmer, et inspirait assez d'air pour remplir un entrepôt.
Pendant ce temps, B.Brown maugréait quelquechose comme quoi Faucheur devrait arrêter de faire son malin sous peu. Ça avait descendu le moral, ce coup bas. Rancunier comme il était, Bryggen avait du mal à trouver une solution qui ne finissait pas par quelque chose de moins amical que d'habitude. La soirée allait être tendue. Tout le monde avait refilé ses armes à Scott pour les aiguiser, ça l'occupait et c'était plus prudent.

Une ombre planait au dessus du convoi, et se posa sur l'épaule de Bryggen pour lui picorer affecteusement son oreille. Le corbeau était un éclaireur efficace et pas cher. Il avait sauvé la vie à pas mal de collègues, et plusieurs fois celle de Bryggen.
-Alors?
-La soirée va être appétissante, je crois... répondit Rook -le corbeau.
Bryggen soupira.
-Scott, refile le matos à tout le monde, on risque d'en avoir besoin sous peu...
Une demi-douzaine de couteaux se planta dans le tonneau derrière le contrebandier à temps partiel. Scott, malgré sa nervosité, avait une précision de chirurgien, doublée d'une idée vague de ce que voulait dire le mot 'risque'.
Bryggen soupira de nouveau.
-Qu'est ce qui te fait dire cela?
Un croassement chargé d’ironie fut sa seule réponse. Faucheur n’avait aucun intérêt à tendre une embuscade, sauf s’il croyait que Bryggen allait lui faire la peau –et les poches au passage, on avait le sens pratique dans le métier. L’ambiance était tendue dans le bâtiment, et Rook l’avait sentie. Raanan souriait, et astiquait son épée. Ils étaient arrivés devant l’entrepôt.


Dernière édition par Bryggen Oswinn le Sam 30 Juil - 21:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Jeu 28 Juil - 22:09

Le soir était tombé et Orge, qui arrivait en vue des entrepôts du port, se demanda soudain ce qu’elle était sérieusement venue faire là. Tout d’abord, elle avait pensé ramener oncle et frère par la peau du cou. Les commerçants s’étaient éclipsés tous les deux plus tôt dans la journée, emmenés par un de leurs coursiers, qui prétextait un problème urgent. Mais ils étaient sensés fêter en ce moment même l’anniversaire de mariage de Barreur et Jaahik, la mère d’Orge, et aucun n’était encore revenu alors que le soleil se couchait.

La brave sellière avait laissé tombé, remballé les couverts et la porcelaine sortis pour l’occasion, et couvert soigneusement les plats qui ne serraient pas mangés ce soir-là. En voyant la scène, la garde s’était énervée et était sortie en trombe pour leur botter le train à tous les deux. Mais elle s’était perdue entre les nombreuses bâtisses semblables, en arrivant sur les lieux. Orge n’avait jamais été plus de deux ou trois fois voir le chargement ou le déchargement des marchandises de son frère, et chaque fois, il était là pour l’accompagner. Retenir le chemin toute seule ? Non, trop peu pour elle !

La soldate se promit de mémoriser la prochaine fois tous les chemins par lequel elle passerait, même s’ils devaient mener dans le trou du cul d’Eda. Bon, il s’agissait maintenant de retourner chez elle par contre… Orge se frappa le frond du plat de la main. Les montagnards étaient pourtant génétiquement modifiés pour avoir un sens de l’orientation exceptionnel. D’où sortait-elle ?!

Elle continua dans la ruelle qu’elle avait prise et en tournant à l’intersection, se retrouva bel et bien paumée. Seule, dans une ruelle sombre, perdue. C’était quoi la prochaine étape, une course poursuite avec des contrebandiers ?

Son regard se leva soudain et elle se demanda si grimper sur l’un des entrepôts pour avoir une vue dégagée du port et situer les lumières de Castelcerf comme point de repère serait une si mauvaise idée que ça. Il y avait justement, pile sous ses yeux, une fenêtre en hauteur et une porte ouverte large comme un attelage de bœufs. Puis il n’y avait personne en vue. Bon, si elle grimpait en vitesse sous les combles et qu’elle redescendait aussi prestement sans que personne ne la voie, l’honneur était sauf. Elle se faufila alors dans l’ouverture avec sa discrétion légendaire, et trouva une échelle qui menait à une mezzanine en hauteur. La fenêtre ouverte sur le palier ne lui permettait pas de voir quoi que ce soit, sinon le toit d’à côté. Elle soupira et se mit alors à grimper plus haut, pour atteindre les poulies fixées juste sous le toit. Des ouvertures, dissimulées sous les tuiles, permettaient d’aérer les lieux en été, et l’une d’elle était justement entrouverte. Se faufilant tant bien que mal, assez rouillée malheureusement, Orge passa la tête au-dessus du toit et, tournant la tête, elle vit ce qu’elle cherchait.

Château à dix heures ! Elle se contorsionna pour redescendre, s’accrochant des deux bras à sa poutre porteuse. Elle descendit d’un degré et se retrouva… Nez à nez avec une fillette au nez constellé de taches de rousseur.

- Hé, mais je te connais, c’est toi la petite qui tente régulièrement de t’incruster au château !

Un large sourire sur les lèvres, Orge se remémorait le fameux jour où Brun avait été contraint de mettre la fillette dehors. Elle s’était délectée à le voir en proie à la petite furie qui lui avait à l’époque lacéré le dos ; la scène avait fait le tour de Castelcerf bien plus vite qu’une bière de saison.

Mais Orge fronça les sourcils. Son regard se baissa et elle reconnu Faucheur, qui venait d’entrer. Faucheur ? Par El, il ne pouvait pas indiquer que c’était son entrepôt ?? La garde se mordit la lèvre. Elle avait laissé son épée chez sa mère, même si, par habitude, elle avait gardé deux fins poignards dans sa ceinture. Sans être tout à fait sans défense, ça n’en était pas vraiment rassurant… Pourvu qu’ils ne lèvent pas les yeux.
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flèche tigraine

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Lun 5 Sep - 11:58

A croire que tout le quartier s'était donné rendez-vous ce soir et dans cet entrepôt... Le singe, puis Flèche, Orge (et pourquoi pas son frère tant qu'on y est!), Faucheur et, pour finir, un commerçant venu tout droit de Rippon; j'ai nommé, Bryggen Oswinn!
Un gros sac de noeud était entrain de se former dont l'issue serait, sans aucun doute, pleine de surprises.
Mais ne sautons pas les étapes, je vous prie. Chaque chose en son temps.
Pour l'heure, Flèche ne souhaitait surtout pas être vu. Et pour cause, Faucheur le terrible venait de rentrer dans l’entrepôt! Sans oublier qu'elle suspectait son homme en faction de l'avoir repéré. Grâce à son rat de compagnie... Si si, rien que ça! Un rat de compagnie...
Elle était d'ailleurs occupée à lui faire des pied-de-nez du haut de son perchoir, dissimulée par l'ombre sous les combles.
En bas, la partie intéressante de cette scène se jouait. Faucheur approchait de son homme de garde et lui accordait un hochement de tête pour unique salutation. Son regard, quand à lui, était dardé sur la cage au centre de l'a pièce et sur son occupant. Dans un premier temps, il ne chercha pas à s'en approcher, se contentant de l'observer, accroupit pour mieux mettre la bête en confiance. Pas dupe, le singe lui rendait son regard, méfiant.

- Le transport s'est bien passé?
Mais se disant, Faucheur ne quittait pas la bête des yeux.

- Il est comme ça depuis le début, s'empressa de répondre l'homme. C'est qu'il semblait en avoir gros sur le coeur à partager.
Mais le cap'taine a dit que c'était une terreur et qu'il voulait plus jamais en entendre parler. L'a demandé une compensation pour sa cale qu'a toute été détruite. L'a traité de démon et j'pense qu'il est pas loin d'avoir raison. l'a l'oeil mauvais, m'sieur.

D'un nouveau hochement de tête, Faucheur accusa réception. Pensif, il se frotta la barbe qu'il avait naissante du plat de la main. Une grimace lui échappa, signifiant sa contrariété. L'animal avait été maltraité, il pouvait le sentir à la force des barrières mentales qu'il lui imposait. Pas moyen d'établir un contact de vif avec lui. Voila qui risquait de poser problème et qu'il n'avait pas prévu et qui ne manqua pas d'attirer l'attention de Flèche.
A chacune des tentatives de Faucheur, elle sentait comme un tiraillement dans l'air et se demandait de quoi il pouvait s'agir. Curieuse, elle se penchait toujours plus pour mieux voir et mieux sentir.
Quand tout à coup, un mouvement d'air dans son dos attira son attention. On venait, s'inquiéta Flèche. Quelqu'un d'autre se trouvait sous les combles. Ne voyant pas trop quoi faire, dans l'immédiat, Flèche se contenta de se tourner vers le nouveau venu, prête à tout. Et c'est là qu'elle manqua rentrer dans Orge, une garde au château.
Gloup.
Une garde du roi, pour être précise. Représentante de l'autorité, donc. Mauvais signe! Très mauvais signe.
Une sueur froide lui coulant dans le dos, Flèche se figea en un sourire crispé, signe que ça allait mal et qu'elle ne savait pas quoi dire ni faire. Dans son dos, le danger. En face d'elle, le danger. Mais où s'était-elle fourré?!
Et pour arranger sa situation, Orge l'avait reconnu, le faisant savoir à voix haute.

- Chuis pas p'tite, d'abord! S'offusqua Flèche en une réplique réflexe.

Juste avant de brandir les deux mains pour mieux intimer le silence à la garde.

- Chuuut... Y a du grabuge... murmura-t-elle ensuite, un coup d'oeil vers le bas accompagnant le tout.

Heureusement, au même moment, le contrebandier s'approchait de la cage et se présentait à l'animal. Ce dernier, craintif, recula dans sa cage. Il resta prostré, occupé à souffler bruyamment et couvrant par là-même tout autre bruit. Jusqu'à ce que, poussé à bout, il ne saute sur ses pattes en émettant des cris stridents. Pour conclusion, il s'accrocha aux barreaux de la cage et les secoua brutalement pour mieux montrer sa force et son agressivité. Surement espérait-il faire peur à l'homme, mais lui-même n'y croyait plus, vaincu par des semaines d'enfermement et de voyage dans des conditions abominables.
Les ondes de terreur que l'animal envoyait ne pouvait tromper personne sur son sentiment réel. Flèche s'en trouva fortement perturbée, sensible à sa peine autant qu'il est possible pour un vifier qui s'ignore.

A tel point que, sans s'en rendre compte, tout du long de cette scène Flèche s'était agrippée à Orge dans l'espoir de mieux supporter toute cette souffrance. Sur son visage expressif, on pouvait lire la bataille qui se livrait en elle.

- Il faut faire quelque chose, finit-elle par couiner, les larmes coulant de ses yeux sans pouvoir être retenues.

Mais quoi? Que faire? Si elles descendaient, tout ce qu'elles gagneraient, c'est de se faire étriper par Faucheur et son acolyte. C'est que le bougre s'y entendait en matière d'intimidation, et qu'on lui prêtait des pouvoirs étranges et effrayants. Tant qu'il était dans les parages, rien ne lui échappait.
Il leur fallait une diversion pour espérer intervenir.
Et Flèche en était douloureusement consciente, tributaire d'une intervention qu'elle savait ne pas pouvoir espérer.
Sauf si...

A Orge, l'espoir de toute une vie dans les yeux:

- Il faut que tu fasses diversion!

Et là, elle s'imagina Orge, accompagnée du roi et de son armée au complet, déboulant dans l’entrepôt pendant qu'elle emmenait le pauvre petit animal avec elle. Ni vu, ni connu! Parfait, en somme.
Possible? Allez, dit oui, Orginette!
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Sam 10 Sep - 0:10

C'est que la petite en avait du caractère. C'était très drôle ! Flèche lui rappelait qu'elle-même avait été une sacrée fripouille au même âge. Quand elle était beaucoup plus jeune... Orge se frappa le front du plat de la main : non, elle n'était pas si âgée que ça, pourquoi avait-elle soudain l'impression d'avoir pris un incroyable coup de vieux ? En attendant, l'une montait, l'autre descendait, et elles se retrouvaient nez à nez sur cette poutre. Cela les laissait dans une position sacrément précaire et, elle ne se sentait pas le courage de se retourner pour se tortiller par cette lucarne et se retrouver peut-être coincée sur ce toit d'où... Des cris stridents la tirèrent de ces pseudos-réflexions, tandis qu'elle baissait le regard et constatait l'objet de l'attention de Faucheur : un drôle d'animal (cela ne pouvait être qu'un animal, son faciès ne pouvait décemment pas être humain) se cabrait contre les barreaux de sa cage, faisant résonner l'espace de sa puissance vocale. Il martelait simultanément de ses poings l'espace devant lui, comme pour montrer sa puissance et tenter de faire peur. Malheureusement pour lui, sa cage semblait solide.

C'est avec une surprise encore plus grande que la garde senti la Flèche qui s'agrippait à elle ; Mais... C'est que l'adolescente pleurait. Soit elle était effrayée à la vue de cet être, soit elle était extrêmement sensible. Orge elle-même, plutôt que d'être effrayée se sentait vaguement dégoûtée. Sans doute n'aimerait-elle pas que l'animal fut en liberté dans le coin.

- Il faut que tu fasses diversion !

ça devait être une plaisanterie. Non, ce n'était pas sérieux, elle venait juste de repérer le château et elle s'apprêtait à rentrer chez elle pour bien manger et se reposer. Sans plus. Ou si, elle botterait bien une paire de fesses ou deux, si elle le pouvait, ce ne serait pas de mauvais cœur, mais il faudrait qu'elle tombe sur son frère et son oncle pour ce faire.

Mais le visage de la petite était ému, tremblant, inondé de larmes.

- Ne te met pas dans un tel état, ce n'est qu'un animal, tu sais, Faucheur est un monstre de le traiter comme ça, mais...

Elle s'interrompit. Bon, d'accord, ce n'était sûrement pas la bonne chose à dire en fait. Elle-même qui comptait les chiens, les chats ou les chevaux à égalité avec les êtres humains avait du mal à ressentir de la sympathie pour cet être velu et horriblement agile. Elle se força à garder l'esprit ouvert ; peut-être que la petite, elle, captait quelque chose qu'Orge ne pouvait pas comprendre. Et puis, il ne fallait jamais se fier uniquement aux apparences.

- Bon ! Bon, d'accord, arrête de pleurer, on va faire quelque chose.

Son regard parcouru la salle et s'arrêta près de l'autre bout de l'entrepôt : des marchandises étaient encore fixées à leur poulie, grâce à une corde qui passait dans l'ombre du toit, probablement des sac de farines ou de grenaille de fer destinées à la refonte. Dans tous les cas, cela ferait du grabuge si cela tombait.

- Tu crois que tu peux te faufiler jusque là et taillader la corde ?

Il y avait encore une pile de tuiles que la soldate avait surprise tout à l'heure, sur les toits du bâtiment. S'il avait été refait récemment, sans doute l'architecte s'arracherait-il les cheveux après qu'Orge soit passée par là.

- Bon, grosso modo, tu files par là-bas, tu fais tomber autant de sacs que tu peux ; avec un peu de chance, ce sera de la farine, la diversion sera d'autant plus efficace. Reste bien dans l'ombre. Je m'occupe de remonter... Par les pendouillantes d'El... Je vais tenter de remonter par là, puis ferait du grabuge sur le toit, pour les attirer dehors. Puis; bah, tu feras ce que tu a à faire ! Mais si ton but c'est de libérer cette chose-là, j'espère que tu sauras la maitriser une fois qu'elle sera plus entravée. Bande de pignoufs, je suis sûre que c'est contre-nature, une telle bête, dans ces contrées...

Elle doutait que la petite ait de quoi entailler les cordages, aussi hésita-t-elle un instant : pouvait-on lui faire confiance ? Le regard de la petite, absolument bouleversée la convainquit. Au pire, elle pourrait toujours attendre que la folie la prenne de tenter une nouvelle incursion au château, elle n'aurait qu'à y cueillir Flèche. Et Orge lui tendit son couteau de poche.



NB:
 
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Dim 11 Sep - 13:18

Une légère pluie commença à tomber, hésitante, comme si les nuages n'avaient pas envie de trainer dans le coin. Bryggen commença à réfléchir.
Faucheur avait besoin de lui, et réciproquement. Rentrer dans le tas n'était pas une option. Plus ou moins. Il allait garder profil bas, comme un râteau dans l'herbe: une bonne vieille négociation à l'amiable, suivie d'un coup bas, et raisonner ensuite Faucheur dans l'optique d'un commerce transducal prospère.

En effet, c'était leur devoir civique de continuer ces affaires: ils étaient l'incarnation de la circulation des finances à travers tout le pays. Sans eux, les nobles et riches commerçants seraient plus gras, et le bas peuple plus crasseux. Evidemment, il y avait quelques tâches désagréables, comme la régulation de la population qui empêchait d'exercer leur altruisme naturel, les conflits fratricides, et les sbires pas très malins, mais au final, la profession était rémunérée efficacement au nom de leur services rendus pour le royaume, et Bryggen pouvait dormir la conscience tranquille.
Mais il était quand même nostalgique du temps où tout était plus simple, et on pouvait voir la tête du commerçant au quadruple menton descendre dans la rue, en pleine nuit, en sous-vêtements, pleurer au cambriolage. On avait la satisfaction et la preuve d'un travail bien fait et d'une redistribution efficace. (L'or étant généralement en grande partie refilée aux taverniers)

Bon, il fallait y aller. Les charrettes se dirigèrent vers l'entrée, et les gardes de Faucheur postés à l'entrée essayèrent de prendre un air menaçant. Sans grand succès. Ils avaient tendance à regarder d'un air inquiet les veines saillantes du front de Scott, et comprenaient que si baston il y avait, l'espérance de vie de l'avant-garde se révélait insuffisante à leur goût.

Bryggen les gratifia d'un sourire, qui, dans la situation présente, avait l'effet inverse du sourire que l'on peut trouver à l'état naturel -comme par exemple, celui dans les bars, lors d'une soirée, après deux trois bouteilles de bière. Conformément aux règles implicites du dramatique des gens à l'esprit de régulation des flux financiers intérieurs, les deux grandes portes de l'entrepôt furent ouvertes en synchronisation parfaite, grincement satisfaisant, vent froid et hurlant qui s'engouffre dans le bâtiment.

C'est alors que Faucheur croisa le regard de Bryggen.


-Pendant ce temps-

Rook, qui était parti croasser sinistrement sur le toit de l'entrepôt, aperçut quelque chose de déterminant -à ses yeux. Un casse-croûte se baladait sur le toit, et, en sa qualité de petit rongeur, entra dans le bâtiment en quête de nourriture. Le corbeau, en sa qualité d'opportuniste, fit de même.
C'est alors qu'un problème se posa.
Deux spécimens, apparemment féminins -Rook trouvait une certaine fierté à identifier les différents être vivants- de type humain, se dressaient dans l'ossature du bâtiment. L'équation de rapport poids/force apparut à l'esprit de Rook. Le facteur indifférence entrait souvent en compte avec les humains, qui ne privilégiaient relativement peu le régime à base de souris, -bonne chose pour l'estomac de Rook, et à base de corbeau non plus, -bonne chose pour l'intégrité physique de Rook. Il allait tenter sa chance, puisqu'apparemment les deux humaines s'occupaient d'avantage de quelque chose en contrebas.

Ainsi, l'heure du repas fut avancée pour Rook.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Sam 17 Sep - 23:22

Si Orge avait prévu de rassurer Flèche, elle avait vu juste. Immédiatement, ses lèvres arrêtèrent de trembler et son coeur s'emplit d'espoir à l'évocation d'un plan de secours.
Si elle pouvait se glisser jusqu'à cette poutre et couper cette corde? Pff, ça se voyait qu'elle savait pas à qui elle causait celle-là. Le temps d'essuyer ses larmichettes et de hocher la tête en signe d'acquiescement, Flèche esquissa une petite moue boudeuse à tendance dédaigneuse. Bien sur qu'elle pouvait!
Et même qu'elle s'offrit le luxe de sortir son propre petit poignard de poche de sous sa tunique en réponse à l'offre d'Orge. Surement aurait-elle mieux fait de cacher ce genre de possession, mais que dire si ce n'est "orgueil, quand tu nous tiens".
En tout cas, les paroles de la garde l'avaient enthousiasmées au possible. L'envie d'agir, couplée à un début de plan, avait l'art de lui mettre des fourmis dans les jambes et c'est sans demander son reste que Flèche fila à croupetons sur les poutres pour rejoindre son point d'attaque.
Sauf qu'en cours de route, la situation devait changer. Se figeant sur place, Faucheur fit signe à son homme de main de le suivre et de se cacher sur le côté de la porte en gardant le silence. Apparemment, quelque chose se tramait dehors. Pour mieux y voir, et ronchonnant sur le fait que, décidément, personne n'avait de considération pour ses plans et qu'on ne lui facilitait pas les choses, Flèche se pencha en avant, une main accrochée à la corde d'accroche d'un gros sac de grain.

Faucheur et un inconnu encadré de ses molosses se faisaient face. Apparemment, il y avait du grabuge dans l'air. Surement que Flèche allait pouvoir en profiter.
Plutôt que de couper la corde pour faire diversion, la voleuse en herbe vérifia que personne ne pouvait la voir et se mit au devoir de se glisser jusqu'au sol; quelques instants, elle resta agrippée au sac, dissimulée par ce dernier en attendant que l'homme de main de Faucheur traverse l’entrepôt pour sortir par derrière et aller chercher des renforts.
Une fois que ce fut fait, la voie était libre et, posant un pied après l'autre à terre, la jeune fille se glissa avec délicatesse pour rejoindre les ombres et s'approcher de la cage.
Elle avait peur, impossible de le nier. Son cœur battait avec une force décuplée à chaque pas, charriant toujours plus d'adrénaline dans son sang afin de lui donner les réflexes et la clarté d'esprit nécessaire à la mission qui l'attendait. Flèche était née pour l'action, ce qui ne l'empêchait pas de manquer cruellement d'expérience en la matière, ce qui se sentait dans chacun de ses choix.
Suivant son instinct, sans hésiter, Flèche se précipita sur la porte de la cage pour l'ouvrir. Seulement, comme de bien entendu, cette dernière était fermée. L'animal, quand à lui, se pressait au fond de la cage, effrayé. A voix basse, l'enfant essaya bien de la rassurer, mais ce sont surtout ses émotions, dispensées au tout venant à coup de de vaguelettes de vif aussi anarchiques que non contrôlées qu'elle obtint un effet étonnant.
Le singe, lâchant d'une main, puis de l'autre, la grille qu'il tenait jusque là, se déplaça en crabe jusqu'à venir sous le nez de Flèche. Il semblait s’intéresser de près à ce qu'elle faisait et en vint presque à l'encourager d'un "ouk" interrogatif.
Mais voila qui ne résoudrait pas son problème. La porte était fermée et elle n'avait pas la clef. Seulement son poignard.
Une fois, déjà, elle avait crocheté une serrure; Goeric venait de lui montrer comment faire et elle s'était exercée toute la journée jusqu'à obtenir un unique bon résultat. Ce qui était loin de lui apporter suffisamment d'expérience pour assurer sa réussite, mais au moins, elle avait une très grande confiance en elle et l'assurance de réussir si elle essayait.

Sortant son poignard fin, elle le glissa dans la serrure et commença à trifouiller.
Citation :

1 - 2: réussite totale!
3 - 4: réussite, mais trop tard.
5 - 6: échec. En plus, la lame s'est cassée... D'la camelote ce truc!

Réussite totale, donc, muhuhuh.
Dans un déclic, la serrure joua puis pivota. La porte était ouverte. Sous le coup de l'exultation, Flèche ne réfléchit pas et s'exclama de joie tout en libérant la place pour le singe. Ce dernier, vivant sa joie par procuration, gouta aux sentiments que provoquaient l'espoir de renouer prochainement avec la liberté sans vraiment comprendre ce qui l'avait provoqué. Un peu perplexe, il se déplaça en s'aidant de ses mains jusqu'à poser ses quatre pattes sur la terre battue. Arrivée là, il exulta à son tour d'un "OUK" retentissant et se mit à sauter sur place.

- Chuuut... Tenta bien de lui intimer Flèche tout en jetant un regard inquiet vers Faucheur.


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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Sam 17 Sep - 23:22

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Mer 21 Sep - 14:54

La situation globale dans l'entrepot allait probablement tourner au vinaigre, mais un individu avait les clés pour comprendre ce qu'il se passait, en la personne d'un corbeau.

Rook regarda la petite femelle humaine ouvrir la cage en fer d'un air approbateur. Mais il avait autre chose à faire, et considéra alors celle qui était restée au niveau du toit. Elle semblait plus... alpha, dirait un ami loup. Sa silhouette lui disait quelque chose, mais cette foutue habitude humaine de changer de protection cutanée foutait un sacré bordel dans la mémoire visuelle des animaux. Heureusement qu'ils avaient d'autres sens bien développés.

Bryggen posa pied à terre et fixa Faucheur du regard, un sourire en coin. Il n'était pas vraiment supposé arriver cette semaine, mais la ponctualité était parfois fatale dans le métier, lorsqu'on avait affaire avec des gens versés dans les embuscades et autres coups bas.

Le contrebandier balaya l'entrepot du regard. Pas d'embuscade, l'arrivée inopinée leur avait peut-être épargné au moins cela. Il n'y avait que des hommes de Faucheur dans le hangard. Ce dernier -Faucheur, pas le hangard- se dirigea vers Bryggen, accompagné d'une poignée d'hommes qui n'étaient pas de garde.

-Y'a deux femelles humaines qui ouvrent des humains poilus en bas, dit Rook.
-D'accord, repondit distraitement Bryggen.
Rook essaya une nouvelle formulation. -En fait, y'a une petite humaine qui a libéré un petit humain poilu en bas, et une humaine qui traine dans les toits.
-Dans les toits?

-Techniquement, elle est entre le toit et les madriers. Et l'humain poilu a pas l'air d'être un humain.

A sa connaissance, Faucheur n'avait pas de femmes à son service. Enfin si, mais pas du genre à aller escalader des toits et se balader sur des poutres.
-Bienvenue a Castlecerf, Oswinn! s'exclama Faucheur. Bryggen le salua en penchant son chapeau. Le partenaire commercial de Bryggen considéra le chariot qui était entré.
-Deux autres à l'extérieur, marchandises habituelle. dit Bryggen d'un ton sec.

Bryggen avait quitté son sourire habituel.

L'ambiance avait pris un coup, et les mains se rapprochaient des fourreaux.
C'est alors qu'un silence lourd et suggestif décida de se poser un moment dans le coin.

-La ptite humaine fuit avec l'homme animal, dit Rook.

-Dis, Faucheur... Tu te souviens de la dernière marchandise que tu m'avais filée?

On entendit quelqu'un déglutir.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Jeu 29 Sep - 16:51

La petite Flèche avait filé comme le vent, son propre couteau en poche. Eh bien soit, Orge aurait dû s'y attendre. Il ne lui restait qu'à reculer sur cette fichue poutre, maintenant... Elle s'absorba dans sa remontée, tandis que se jouait à côté d'elle une scène des plus étranges ; mais sans y faire attention, elle continua son ascension, et fini par passer la tête par la lucarne, tandis que le singe était libéré de sa cage, là, tout en bas. Oui, ça lui en avait mis du temps, oui, elle était lente à monter, mais elle ne pensait pas que les évènements serraient précipités à ce point, et qu'il lui faudrait se dépêcher comme ça.

Sur le toit, les tuiles étaient humides et glissantes ; une fine bruine tombait encore, qui s'arrêta bientôt, mais en laissant tout de même le toit dangereusement glissant. Par dépit de devoir monter là-haut, Orge baissa la tête sur l'entrepôt, pour voir où en était Flèche, et si Faucheur était toujours occupé. La scène vue du haut était on ne peut plus... théâtrale. Paniquer, rire ? L'instant parut suspendu tandis que la garde décidait de ce qu'elle devait faire face à tout ça : comme dans un film muet, elle assistait à l'évasion du singe. Flèche, plutôt que de tenter la diversion bruyante et très risquée, avait décidé en solo de tenter la tactique de la discrétion. Un goût amer dans la bouche, en pensant qu'elle aurait pu se rompre le cou sur le toit pour rien, elle admira quand même l'initiative de la petite, qui n'était pas si mauvaise, au final. Elles pourraient peut-être se carapater comme si de rien n'était, après ça, et avoir même une longueur d'avance !

Les yeux d'Orge passèrent sur l'interlocuteur de Faucheur. Ce visage lui était familier ; Berg... Byreg... Bryggen ? Le nom lui revenait ; il faisait affaire avec son frère. Le rouge de la colère passa sur le visage de la soldate. L'homme était contrebandier. C'était l'un de ceux avec qui il menait certaines des affaires louches dans lesquelles il trempait. Et Orge était loin d'approuver tout cela, surtout que cela la mettait dans une position presque intenable ; comment en tant que Soldat du roi pouvait-elle tolérer ce genre de trafic ? Mais comment aurait-elle pu dénoncer son propre frère, avec qui elle avait grandit ?

Ses ongles s'étaient enfoncés dans le bois dur de la poutre, et elle s'accrocha précipitamment, alors qu'elle cru basculer. Mais rien n'était arrivé. Cramponnée à son bout de bois, elle respira un moment, tentant de se calmer.

- Ouk !!

Quelque chose n'allait pas. Orge vit le singe en bas qui attirait l'attention sur lui. Ce n'était pas bon, ça... Flèche paniquait, et Orge ne pouvait rien faire de sa position pour l'aider ; La garde devait-elle monter, se mettre à l'abri sur le toit ? Descendre, et se jeter à corps perdu dans la bagarre ? Elle risquait effectivement de s'y perdre et de s'y retrouver submergée par les assaillants... Stupidement, elle tenta de transmettre l'urgence du moment par l'art à la jeune fille et tenta de l'inciter à remonter le plus vite possible. Elle aurait du courir se mettre à l'abri, quitte à abandonner le singe. Sauf que Flèche ne le ferait probablement pas. Orge commença à descendre, aussi vite que possible, priant futilement pour que Faucheur ne se retourne pas.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Ven 30 Sep - 21:02

Dire que le silence fut brisé par un "Ouk" retentissant était un euphémisme. Il ne restait seulement quelques miettes de ci de là du pauvre silence.

Tous les commerçants et associés s'étaient retournés comme un poivrot qui entendait le mot "tournée générale". Des ordres furent criés, on aperçut une silhouette dans les combles, des gros bras se tournèrent vers la cage du singe, les seuls vigies étant postés dehors. Faucheur et Bryggen se regardèrent.

Puis Faucheur pivota sur lui-même -tout en criant des ordres de circonstance, et piqua un sprint, mais pas vers l'escalier, ni vers la cage. Bryggen fit de même, et comprit alors:
Une caisse était posée sur la mezzanine de l'étage supérieur, et reliée à une poulie par une corde posée au rez-de-chaussée. Le coup classique de tu-tires-sur-la-corde, la caisse tombe, toi tu montes.

Faucheur impliqua une brusque tension sur la corde. Bryggen impliqua une brusque tension sur Faucheur, et récupéra la corde. Malheureusement, il écopa d'un bon cou de poignard dans la jambe.

Tout cela s'était passé en quelques secondes. Pour une compréhension optimale -déjà que l'auteur écrit pas super bien- il faut savoir que ce qui est décrit maintenant se passe simultanément.

Il n'y avait que 8 hommes dont Faucheur chez les ressortissants de Castelcerf (sans compter les vigies à l'extérieur qui allaient arriver), et autant pour le camp adverse. C'est une scène bizarre qui se produisit dans l'entrepôt. Chaque homme était suspicieux l'un de l'autre, et pourtant fonçaient vers un but commun.

Faucheur avait bondit vers les escaliers, avec trois autres hommes. Raanan et cinq autres vers la cage.
Les épées dégainées, arbalètes bandées, tout le monde courait. Même ceux qui étaient partis à l'extérieur prévenir les gardes et bloquer les issues. Sauf le toit.

Rook regarda l'humaine, qui se raidit lorsqu'elle aperçut l'agitation en contrebas. Il l'avait déjà vu quelque part.

A ce moment, Bryggen était à portée de voix de l'inconnue. Elle était cataloguée dans l'esprit de Bryggen comme soeur d'un autre comparse commerçant, et étrangement comme garde royale.
Bryggen ouvrit la bouche.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Jeu 13 Oct - 16:08

- Ouk, qu'il disait l'étrange animal.
Un simple ouk et ça déclenchait une tempête. Pire qu'un papillon ces bestioles là!

Sauf que Flèche n'allait pas réclamer son reste, bien au contraire. Suivant l'injonction d'Art d'Orge, l'adolescente se précipita vers le sac suspendu et s'en servit, encore une fois, comme d'une échelle pour se rendre dans les combles. Là, elle fit preuve de toute son agilité et se retrouva en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "spaghetti" à mi chemin du sommet de la structure de poutres.
C'est alors qu'elle se trouva nez à nez avec Orge, pour la seconde fois.

- J'l'ai libéré, exulta-t-elle.

Mais déjà, on sentait que cette victoire ne lui suffisait pas. Et pour cause, les conséquences commençaient doucement mais surement à la rattraper sous la forme d'une horde d'hommes de main prêt à en découdre et d'un animal sauvage bondissant dans tous les sens.
Le temps de contempler le carnage et Flèche retourna un regard hésitant sur Orge.

- Fuyons...?
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Lun 24 Oct - 16:32

Il n'y avait rien à répondre à ça. Péniblement, Orge fit demi-tour, ses muscles criants déjà de désapprobation au vu de toutes ses acrobaties du jour. Inquiète, elle ne savait cependant pas trop ce qu'elles feraient sur le toit ; s'enfuir par là n'était peut-être pas l'idée la plus brillante qui soit. Surtout que derrière elles, le singe s’était mit à les suivre, grimpant avec bien plus d’agilité que Flèche ne l’avait fait… Utilisant indifféremment pieds et mains, il se balançait d’un perchoir à l’autre comme un trapéziste confirmé, presque gracieux. Le souffle coupé, la soldate se retrouva nez à nez avec lui, tandis qu’il la dépassait et filait par l’ouverture dans le toit, sans les attendre.

Si elles avaient espéré pouvoir filer sans qu’on ne les poursuive, pendant que les contrebandiers en bas concentraient leurs efforts sur le singe, c’était franchement raté.

- Je croyais que tu pouvais le contrôler !
Cria, amère, Orge à Flèche.

C’était le fouillis le plus obscur qui soit, en bas. On ne distinguait plus les hommes des camps adverses – Orge en aurait été incapable dans tous les cas – et on ne pouvait plus voir qu’une horde sauvage d’une vingtaine d’hommes qui fonçaient vers les combles dans l’espoir de – de quoi déjà ? Rattraper ce singe ? Comment une telle créature pouvait-elle être aussi précieuse ?

Formulant une ribambelle inaudible d’insultes, Orge passa la première par le toit et tira derrière elle la gamine, la soulevant comme un fétu de paille, sans prendre garde à son humeur. Fallait pas la chercher sur l’instant. Ce faisant, elle aperçut Bryggen, en bas. Il la fixait, la bouche ouverte ; sans doute se souvenait-il d’elle également. La peur remplaça la colère. Il la connaissait. Il saurait dire à Faucheur qui il devrait chercher pour ses représailles. Si ce n’était elle, ce serait son frère qui en pâtirait.

Ignorant à ce moment-là qu’Oswin et Faucheur n’étaient pas dans les meilleurs termes qui soit, elle ressenti d’autant plus l’urgence de s’éloigner de ce lieu. N’ayant inconsciemment pas lâché Flèche, elle se leva précipitamment et failli glisser sur le toit humide, l’air abasourdi et terrorisé. Se rattrapant comme elle pouvait, elle jeta un coup d’œil autour d’elle ; par où pourraient-elles s’enfuir ?

Citation :
1-2 il y a un toit adjacent ; elles s’enfuient en courant sur les toits.
2-3 Une autre trappe est visible un peu plus loin, dans le toit du même entrepôt ; elles reviennent discrètement sur le pas, espérant que le singe fera diversion et se cachent dans l’antre du loup en attendant une meilleure occasion de s’enfuir.
5-6 Un chariot de foin bien moelleux les attend et leur fait de l’œil. Elles sautent et s’enfuient par les rues du port.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Lun 24 Oct - 16:32

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Sam 29 Oct - 21:31

Le chaos régnait en bas. Les vigies eurent le temps de faire comprendre qu'il n'y avait personne dehors, et furent renvoyés aussitôt pour encercler le bâtiment.
Ce n'était donc pas une attaque groupée. Juste deux personnes, apparemment. Et un anthropoïde.

Espionnes, voleuses, touristes, il fallait les choper. Avec Rook à leur trousses, aucune chance de les perdre. Par contre, si Bryggen était obligé de gueuler des ordres toutes les 5 secondes comme c'était le cas, aucune chance de les rattraper.

Après avoir escaladé la pile de caisses qui lui le mettrait à portée d'une poutre, il vit les trois silhouettes disparaître par l'accès au toit.

-LA MARCHANDISE C'EST LA BESTIOLE !!! la voix de Raanan, digne d'un chanteur de metal, avait retentit dans tout le bâtiment.
Cela expliquait pourquoi tout le monde courait après ces trois-là. Par contre, rien n'expliquait le fait que Scott 'velours', ayant fait un plaquage cathédrale à un pauvre sbire de Faucheur qui voulait atteindre l'étage supérieur, avait sortit ses deux machettes. Ni le fait que Raanan envoya une droite dans un malchanceux sur son chemin.
Ainsi était partit une belle bagarre en perspective. Les vigies, par le fait qu'ils encerclaient le bâtiment, avaient pour le coup échappé à la baston.

Il ne faillait plus compter que sur Bryggen et Faucheur pour intercepter les deux personnes désormais officieusement voleuses d'animaux.

Lorsque Bryggen atteignit les combles, il vit Faucheur en face de lui. Ce marchand de guano connaissait apparemment bien son entrepôt.
Ils dégainairent leurs épées en même temps. La lumière de la lune se refléta sur leur lames alors qu'un croassement de corbeau retentit.

Et ils coururent vers l'accès au toit.

Rook considéra l'anthropoïde, puis la grande humaine, et finalement la plus petite. Il aurait bien aimé avoir des poches comme son ami Bryggen, qui était équipé de plein d'objets étranges.
Il était dans le même état que son humain de lien, il avait envie de se battre !
Rook lança un croassement.
Il aurait bien aimé rendre encore plus glissantes les tuiles, ou au moins pouvoir les gêner.
Mais il était forcé de les filer, comme d'habitude. Mais si une d'elles tombait, il aurait le droit de se faire un brunch.
C'était pas si mal, tout compte fait.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Lun 7 Nov - 22:35

Si elle pouvait le contrôler? Flèche n'avait jamais rien promis de tel, elle en était sure; et pour cause! Elle s'en savait parfaitement incapable. Ce qui devait expliquer la grimace qu'elle renvoya à Orge. Si la garde voulait un coupable, qu'elle s'en trouve un autre!
Elle communiquait son désir de ne pas se laisser prendre et sa soif d'indépendance à l'animal, rien d'autre, tout ce qu'il fallait pour le griser de ce sentiment depuis trop longtemps oublié qu'est la liberté. Mais bien vite, voyant le singe n'en faire qu'à sa tête et partir de son côté accomplir elle ne savait trop quoi comme acte inconsidéré, un autre désir pris le dessus, de rester grouper, d'assurer les arrières de ses deux coéquipiers. Tout pour protéger le groupe. Émotion qui devait forcément finir par impacter sur l'animal sauvage. D'une façon ou d'une autre.
Sauf que Flèche n'avait plus toute sa liberté, justement. Orge la tenait fermement par le bras pour mieux la trainer à sa suite à travers les toits. Ensembles, elles crapahutèrent, telles une mère furieuse et son adolescente récalcitrante, elles glissaient sans trop réfléchir à ce qu'elles faisaient si ce n'est à fuir, jusqu'à ce qu'elles trouvent une porte de sortie aux allures de charrette de foin.

- Je sauterai pas, prévint Flèche immédiatement.

C'est que cette option lui déplaisait fondamentalement, par son manque d'envergure et d'élégance, pour commencer, et parce que le foin, ça gratte.
Mais les circonstances ne lui laissaient pas le choix. Les tuiles glissantes sous ses pieds, combinées au retour fulgurant de Hook, singe bien nommé et grand dispensateur de claques dans le dos, précipitèrent Orge et Flèche dans le vide.
Si elles atterrirent sans trop d'encombres, ou presque, la cascade ne s'était pas faite sans bruit. Tout ce qu'il fallait pour attirer l'attention des hommes chargés de surveiller les alentours de l'entrepôt.

- Chut. T'as entendu? Questionna un premier homme.
- Quedonc?! Lui répondit le second.
- J'ai entendu un bruit.
- Oh... Et qu'est-ce qu'on fait?
- On va voir?
- T'es sur?
- Bah... Non...


Bien que tout ceci semble mal barré, un des deux hommes fut toutefois désigné pour aller voir s'il se passait quelque chose ou non.
Malgré le foin qui la démangeait effroyablement, Flèche avait entendu les voix des deux hommes et, saisissant sa main autant qu'elle s'appuyait dessus pour mieux se redresser, la demoiselle attira l'attention d'Orge et lui signifia de faire le moins de bruit possible.

- Par là, dit-elle en lui montrant un moyen de descendre du charriot du côté à l'abri des regards.


Citation :
Chiffre pair: parvient à échapper à l'attention de la vigie.
Chiffre impair: n'y parvient pas.


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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Lun 7 Nov - 22:35

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Lun 14 Nov - 13:08

Faucheur, vifier, aubergiste et anarchiste



Faucheur avait attendu ce soir et ce rendez-vous avec impatience, les voyant venir comme autant de raisons de se réjouir. Et pour cause, sa commande toute spéciale devait arriver, toute prête et enfermée bien gentiment dans une cage. Ne lui restait qu'à se présenter et à la libérer, passant ainsi pour son sauveur et s'attirant son attachement immédiat.
Comme prévu, il avait rejoint ses hommes à son entrepôt, ces derniers étant disposés partout dans les alentours pour s'assurer que personne ne viendrait les déranger. Sauf que... Ces mesures n'avaient pas suffit ; il faut dire que rien ne laissait croire que les faits et gestes de Faucheur attireraient autant de spectateurs. C'est qu'ils n'avaient rien d'inhabituels ! Et pourtant, c'était le soir que tout le monde avait choisit pour venir faire un tour dans le coin et perturber les plans des honnêtes sacripants. Une sale gosse s'était glissée sans qu'on la voit et avait libéré l'animal qu'il avait mis tant d'efforts et de temps à faire venir ! Et, comme si ça ne suffisait pas, une garde royale lui servait de renforts.
En temps normal, Faucheur aurait géré la situation sans sourciller, lançant ses hommes à leur recherche et utilisant les yeux et les nez de tous les animaux du voisinage pour les suivre à la trace. Sauf qu'un dernier élément perturbateur était à prendre en compte : son acolyte de Rippon de passage, pour une raison obscure (enfin, pas tant que ça...), à Bourg-de-Castelcerf. Sûrement était-ce pour jouer les oiseaux de mauvaise augure car, à peine avait-il croisé son regard, que la situation était partie en sucette. Ne sachant pas comment protéger ses intérêts sur plusieurs fronts à la fois, Faucheur en était resté comme paralysé durant quelques secondes. Assez pour laisser Bryggen prendre les devants et se retrouver à la traîne.
Son adversaire l'ayant laissé en plan, Faucheur sentit une boule de ressentiment et de frustration lui monter à la gorge, suffisamment puissante pour le pousser à entamer l'escalade du réseau de poutre au dessus de sa tête, l'épée à la main. Ce n'est qu'une fois sur les toits qu'il retrouva ses esprits.

L'animal ne pouvait pas lui échapper ! Sous aucun prétexte. Et pourtant, ses résolutions n'y changeaient rien, les voleuses étaient toujours hors de vue, et Bryggen lui collait aux basques.
Mais il n'allait pas se laisser démonter pour autant. L'épée reposant avec assurance dans le creux de sa main, il se retourna brusquement pour faire face à au riponnais. Il n'y avait plus le moindre signe d'hésitation ou de panique dans son regard. Rien qu'une bonne dose de résolution. Du genre qui clouait sur place ses hommes de main et une partie de ses ennemis. Sûrement Bryggen ne serait-il pas du genre à se laisser intimider. Mais ça tombait bien. Tel n'était pas l'objectif de Faucheur. Il était juste en colère. Très en colère.

- ça suffit, affirma-t-il une fois face à Bryggen. Cet animal et ces voleuses ne sont pas tes affaires.

Bien sur, il aurait des récriminations à formuler.

- On discutera de ce qui t'amène le moment venu, assura-t-il, pour l'instant, je dois régler ça. Et soit tu m'aides, soit tu vas profiter de l'accueil légendaire de Chatim à mes frais. A toi de voir.

Le ton était cordial, mais la main bien serrée autour de la garde de l'épée.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Mar 15 Nov - 20:23

Bryggen cligna des yeux. Les paroles de Faucheur contrastaient avec la réputation qu'il s'était faite. Peut-être était-ce un de ceux qui s'exprimaient gentiment lorsqu'ils étaient en colère.

Un sourire se dessina sur le visage de Bryggen.
Faucheur avait apparemment perdu la trace des deux troubles-fête, puisqu'il lui faisait maintenant face.

Rook, lui, les filait efficacement, tandis que les vigies n'étaient même pas capables de faire leur boulot.
Elles allaient se carapater dans un coin inaccessible sous peu, il fallait agir.
C'est pourquoi il allait agir. Le corbeau vira en piqué, et...


...pendant ce temps, dans l'entrepôt, un semblant de calme revint. Pas de pertes humaines, a part quelques dents et autres morceaux -dont l'absence faisait le charisme des membres du métier.
Les deux groupes s'étaient réunis chacun d'un coté de l'entrepôt et la situation commençait à se clarifier.
Si Scott avait fait un placage à un sbire de Faucheur, c'était parce que ce dernier avait pris appui sur lui. Malheureusement, à cause du chaos qui régnait alors, et aussi parce que pas mal de gens s'en foutaient tant qu'ils étaient entiers -ou au moins constitués d'un morceau principal assez gros- , et encore à cause de l'obscurité grammaticale qui s'était jeté sur le 'lui'.
Finalement, en l'absence de leader digne de ce nom, les pro-Bryggen s'installèrent dans les caravanes -non sans avoir emporté quelques marchandises qui trainaient dans le coin- et chargèrent leurs arbalètes. Pareil pour l'autre camp.
Or l'escalier menant au toit était placé au milieu de ces deux gangs de ruffians, ce qui transformerait un quelconque volontaire pour aider Bryggen ou Faucheur en bouillie de dé à coudre.
Toutefois, les caravanes faisaient marche arrière, et les hommes de Faucheur commençaient à sortir du bâtiment aussi, ce qui rendait le quartier pas vraiment fréquentable. Surtout pour deux jeunes femmes accompagnées d'un anthropoïde velu. Enfin, dans la mesure ou l'on peut trouver des anthropoïdes relativement velus, mais l'expérience en la matière des Castlecerois était limitée.

Bryggen s'élança, et contourna Faucheur sur les toits glissants.
-La marchandise qui traîne, c'est la marchandise de celui qui la chope!
Et il se tira la bourre avec Faucheur.


Dernière édition par Bryggen Oswinn le Jeu 8 Déc - 20:48, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Mer 7 Déc - 20:07

Orge s’était retenue de crier à temps ; tandis qu’elle bataillait pour distinguer le haut du bas dans un univers composé quasi exclusivement de brins de verdure séchée – Orge détestait la verdure, ce n’était pas une mangeuse de graines, et encore moins une chèvre – elle sentit Flèche qui lui tirait la main et lui indiquait la direction à prendre. Recrachant quelques bouts de paille et tachant aussi discrètement que possible de suivre la gamine, elle s’accroupit avec elle derrière les grandes roues de la charrette. Un bruit régulier de talons battant le pavé s’approcha, puis s’arrêta un instant. Là haut, sur les toits, l’énorme singe poussait un autre cri, tandis qu’il franchissait l’espace –immense, c’était impossible qu’il ait pu sauter cette longueur ! – entre deux toits voisins, par-dessus une large ruelle. Comment ce singe avait-il pu les précipiter à bas des toits, pour se tirer ensuite comme ça ??

- Là !! Choppez-le !

Les talons changèrent de direction aussi sec et les échos d’une cavalcade effrénée parvinrent jusqu’aux oreilles des deux fugitives. Orge se rendit compte qu’elle avait retenu son souffle jusque là ; prenant une grande inspiration, elle risqua un coup d’œil derrière la cargaison de foin, tout en ébouriffant négligemment la chevelure de la petite Flèche, pour en enlever les derniers bouts de paille qui s’accrochaient.

- Bon, chuchota-t-elle, pendant que ton pote à poils fait diversion, je propose qu’on se taille d’ici en vitesse…

Et Orge se précipita dans la direction opposée à celle des cris et des bruits de pas, se faufilant comme elle le pouvait dans l’ombre des bâtiments. Par un heureux hasard, elles débouchèrent soudain dans une ruelle plus animée du port ; malgré la fraicheur de la nuit et les portes et volets clos des tavernes, il y avait encore de la lumière qui en filtrait dans la rue, ce qui permettait de se repérer bien plus aisément. Se figeant sur place cinq secondes, Orge en profita pour se composer un air plus décontracté, et pour adopter une marche décidée. Elle aurait moins de chance de se faire repérer comme ça que si elles couraient comme des dératées à travers la ville. Jetant un coup d’œil derrière elle, elle avisa Flèche, lui demandant :

- Bon, faisons comme si de rien n'était. Tu sais où tu peux aller pour être en sécurité, petite ?


D'un geste, elle rentra sa queue de guerrier dans son col, ne pouvant se résoudre à la défaire. La soldtae continuait de marcher, tout en parlant. En espérant qu’il ne passe pas par la tête du singe la bonne idée d’aller les retrouver et de mener les poursuivants droit sur elles.


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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Sam 10 Déc - 16:56

Bryggen sauta et atterit sans encombre sur le toit relativement proche. Il avait passé sa vie à essayer de perfectionner toutes les compétences telles que le combat, l'agilité, la maitrise des cordes, et les évènements qui ponctuaient ses journées ne cessaient de le mettre à l'épreuve.
Toute cette ambiance, la nuit tombante, la légère humidité de la pluie, les acrobaties sur les toits, cela lui rappelait le temps ou' il exerçait son métier de monte-en-l'air, cambrioleur ou assassin, plus rarement. Il n'avait pas à se soucier de futur, le butin de la journée suffisait, pas de responsabilités, c'était le bon vieux temps.
Et cette soirée avait ce gou^t de liberté.

Il se retourna et vit Faucheur, bondissant sur un toit adjacent. Il regardait le singe pousser des grands cris et se mouvoir de mur en mur avec ses larges bras.
-Eh, Rook, occupe toi du singe, et dis moi o'u sont les deux humaines !
Rook, qui était parti pour lacérer de l'humain, redressa sa trajectoire et monta violemment au niveau des toits. Le vent lui fouettait les ailes, et il se laissait enivrer de vitesse.
-Juste en dessous de moi!
Bryggen localisa rapidement son compagnon, et planifia son chemin par delà les toits. Il allait les rattraper, et Rook allait tuer la marchandise vivante. Oeil pour dent, c'était le credo du métier.
Mais il fallait comprendre qu'est-ce que les deux humaines faisaient dans l'histoire, et elles ne devaient pas s'échapper.

Alors qu'il continuait de courir sur les toits en chaume, en tuile, ou autre, Faucheur vit Bryggen s'éloigner radicalement de la trajectoire menant à sa précieuse marchandise.
Préparait-il quelque chose, ou bien abandonnait-il pour rejoindre ses hommes? D'ailleurs, que glandaient donc ces incapables?

Raanan gronga. Le sang n'avait presque pas coulé, et il ne se passait rien. Il bondit hors de son abri, et entra dans la caravanne en marche. Il lança le couvercle d'une énorme boi^te au loin, saisit un énorme pavois, dégaina sa large épée à deux mains, et sauta hors du véhicule. Scott et Kenny se regardèrent. Ils étaient incapables de manier un bouclier aussi lourd, conçu pour tenir position, pas pour charger comme Raanan s'appretait à le faire, mais ils n'allaient pas laisser leur camarade seul.
Ils firent claquer les rênes, et l'homme musclé aux cheveux longs resta seul.

Une pluie de carreaux d'arbalètes, de flèches, d'armes de jets se déversa sur le métal froid du large pavois dans un fracas et un grondement terrible.
Et il chargea, longeant le mur pour frapper sur le co^té, et éviter de recevoir des projectiles dans les cotes.
Brandissant sa large épée d'une main, frappant du pied une caisse qui servait d'abri à un malheureux qui rechargeait son arbalète, il fit sa première victime, le tranchant de la lame traversa la trachée et le sang suinta des vaisseaux sanguins sectionnés, laissant le sbire dans un sale état.
Un autre homme qui avait juste dégainé sa lame prit un revers de bouclier, et laissa choir son arme.
-Ils vont attaquer par derrière! Préparez-vous !
La voix d'un malfrat local avait retentit, et tout ceux qui n'était pas directement menacés par le Viking aux vheveux bruns regardèrent la petite porte de derrière, et la tenaient en joue.

Scott secoua l'épaule de son camarade qui tenait les rênes, et pointa du doigt en direction des toits.
Deux ombres tenant chacune un trait luisant bondissaient au loin. Il n'y avait plus besoin d'atteindre les toits pour porter main forte à leur chef. Il avaient fait le plein de marchandises au passage, et devaient déguerpir pour retrouver Bryggen à un lieu hors de Castlecerf. C'était le plan.

Raanan bondit à l'abri. L'attention se porta alors sur la façade nord, ou l'assaut devait avoir lieu, car le vent hurla en s'engouffrant sous la porte. Les arcs se tendirent un peu plus, la prise sur les arbalètes se crispa...
Un bruit de verre cassé se fit entendre. Raanan avait lancé un tonneau, modèle 'Diogène confort plus' à travers une des rares vitres du ba^timent, et sauta par l'ouverture pour rejoindre le camarade qui lui avait fait un signe de par-dehors.
Quelques flèches volèrent à travers la fenêtre, mais les ruffians étaient partis.
Les hommes resté dans l'entrepo^t se regardèrent, génés. Qui allait vérifier si les ennemis étaient bien derrière?
Un type baraqué donna un coup de coude à un plus petit.
-Ce serait pas toi qui aurait donné l'alerte? C'est toi qui devrait aller voir...
-C'est exactement ce que tu dirais si c'était toi qui l'avait donné ! Et puis c'est qui qui disait pouvoir parer les flèches à mains nues?
-Ouais mais non, ça compte pas, ya trop de vent...

Un bruit de sabots se fit entendre. Qui diminua. Qui disparu.

-Tu crois qu'ils veulent nous faire croire qu'ils sont partis pour attaquer?
-Et pourquoi on entend pas les potes de dehors?

Un lourd silence s'installa.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Sam 10 Déc - 17:31

En effet, le singe faisait diversion, occupé à secouer tout ce qu'il trouvait sur son passage et à taper sur tout ce qui dépassait de trop. Le reste du temps, il poussait des cris sonores à vous en redresser les poils sur tout le corps. Étrangement, bien qu'on soit rendu dans une zone résidentielle de la ville, personne ne faisait mine de glisser le nez par la fenêtre histoire de voir de quoi il s'agissait. A croire qu'ils soupçonnaient le grêlé de s'être trouvé un nouvel animal de compagnie.
Peut-être qu'ils n'avaient pas tord... Mais ça, Flèche y penserait plus tard. Pour l'instant, elle ne désirait qu'une chose: remporter cette partie géante de chat perché.
Les sens en éveil, elle prit à peine le temps de grommeler contre Orge et ses attentions mal placées. Retirer les brins de paille de ses cheveux? Qui pensait à ça dans ce genre de situation. Pour la peine, elle lui offrit une réponse de son cru le moment venu de se carapater.

- Tu préfères pas me donner mon bain à la place? Je suis sure que ce serait le moment parfait!

Au delà des sarcasmes, elle prit tout de même les jambes à son cou et c'est avec appréhension qu'elle retrouva la lumière. Elle ne s'y sentait pas à l'aise, trop exposée aux regards quand l'ombre lui avait tant de fois apporté la sécurité. N'importe qui pouvait se cacher derrière un masque de marin ou d'ouvrier, y compris un des sbires de Faucheur s’apprêtant à se jeter sur elles. Rendue parano, la demoiselle ne demandait qu'une chose; retrouver sa liberté et filer là où elle se savait en sécurité. Dans son quartier à elle, entre la rue des artisans et le quartier pauvre, du côté de la Cerf, les cachettes et les passages étaient nombreux. Et surtout, ils menaient dans le repère de Flèche: la maison de sa mère.

A la question d'Orge, elle répondit donc un oui, mais avec condition:

- Tu devrais pas rester dans ce coin. C'est l'antre de Faucheur. Dans quelques minutes, ça va grouiller de ses hommes et y aura plus moyen d'en sortir.

Voila, le message était transmis. Restait qu'on était surement entrain de la regarder et de comploter ce qu'il y avait de pire contre elle. Flèche devait absolument disparaitre.
Viiiite! Main tendue vers Orge pour la lui serrer:

- Bonne chance! Et merci, hein! T'assures pour un garde, pas de doute.

Maintenant, fini de jouer. Il était temps de passer aux choses sérieuses. Au moment exact où des cris commençaient à retentir, signe qu'il se passait vraiment quelque chose du côté des entrepôts, un groupe d'homme fit irruption sur le port. Ils parcoururent des yeux les alentours, jusqu'à localiser Orge et Flèche, les montrer du doigt et se concerter pour mieux se lancer à leur poursuite.
Trop tard, Flèche s'était déjà carapatée.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Sam 10 Déc - 17:57

Bryggen regarda les deux femmes se séparer. Il se fichait totalement de la garde, il pouvait la retrouver quand il voulait. En plus, elle était plongée dans le milieu avec son frère, cela rendait la chose d'une facilité risible. La petite se tailla un chemin vers des quartiers sombres, et Bryggen suivi.
Les hommes de mains patauds de Faucheur étaient lents... Il se gênaient entre eux et n'arrivaient pas à se frayer un chemin rapidement, se disputant à chaque coin de rue pour savoir la direction.

Rook arriva à proximité de l'animal. Il suffisait de l'attaquer au bon moment pour qu'une petite chute lui achève son excursion au quatre duchés. De toute façon, il ne pouvait finir en captivité dans le meilleur des cas, et mort s'il continuait à faire assez de bruit pour rameuter toutes les milices locales. Tsst. Rook s'estima heureux d'avoir plus d'intelligence que cette créature.

Bryggen courut pour ne pas se faire distancer. Les pièces de tissus sous la semelle lui assuraient une certaine discrètion, mais le sang poisseux et sa légère blessure causée par Faucheur -en grande partie bloquée par le cuir épais de la botte- le faisaient jurer intérieurement.
Au pire, s'il perdait la petite, il l'avait vue à la lumière et pourrait la retrouver. Et il ne fallait pas se faire choper par les sidekicks de Faucheur...
Bryggen hésita.

Rook contempla le... La... créature. Repensa au rapport de taille. Peut-être serait-ce moins risqué de la laisser crever par son manque de jugeote que de charger.
Rook hésita.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Dim 11 Déc - 13:58

À peine eut-elle le temps d'assimiler le conseil de Flèche, de sentir la pression de sa main dans la sienne que la petite avait déjà filé. C'était sûr et certain, son nom lui allait comme un gant. Mais pas de temps pour ce genre de réflexion ; des cris s'élevaient déjà au bout de la ruelle. Repérées ! Elles avait été repérées ! Il fallait qu'elle change de crèmerie, et vite.

Sans s'inquiéter plus pour la gamine qui avait très certainement une connaissance suffisante du quartier que pour s'enfuir sans encombres, Orge pris ses jambes à son cou, sans s'inquiéter pour sa discrétion. Le coeur battant à tout rompre, elle suivit quelques rues, s'enfonça au hasard dans des ruelles, se dirigeant à l'aveugle dans la direction présumée du château. La cavalcade derrière elle ne dura pas longtemps, tandis qu'elle débouchait dans le quartier des tanneurs. L'odeur des sels et des mordants était on ne peut désagréable, et rares étaient les gens qui y restaient longtemps. Orge profita pour semer tout à fait ses poursuivants. À partir de là, elle pourrait rentrer sans encombres.

S'arrêtant un bref instant au milieu d'une rue déserte, elle jeta derrière elle un coup d'oeil peiné, priant pour que la petite Flèche s'en soit sortie sans problèmes. Les sbires de Faucheur avaient beau ne pas avoir de diplôme de la Flander's Academy, ils pouvaient faire montre de violence et de sournoiserie lorsqu'il le fallait. La garde elle-même vivrait les prochains jours dans l'angoisse.

L'estomac noué, elle franchit enfin le poste de garde du château. À l'air étonné du vigile de la voir rentrer déjà, Orge ne répondit pas, traversant la cour comme un fantôme. C'était un véritable art que de se mettre dans les ennuis jusqu'au cou, et sans même le vouloir. Et elle devait reconnaître y exceller.
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens... [04/09 - PV Orge]   Lun 2 Jan - 14:25

Habituellement, semer ses poursuivants n'était déjà pas une mince affaire. Mais là, il se produisait quelque chose de pire encore et de parfaitement unique. Flèche avait beau faire montre de tous ses tours de passe passe, on finissait toujours par lui recoller au train. C'était à n'y rien comprendre! Où était donc passée sa légendaire vitesse? Et ses détours par les toits combinés à des diversions savamment orchestré à l'aide de quelques complices recrutés sur à la volé? Car oui, en désespoir de cause, Flèche avait même frappé à la porte de chez son meilleur ami, Goéric, lui demandant d'organiser un piège de son cru. Mais il n'y avait rien à faire... Chaque fois que Flèche se croyait hors de danger, qu'elle prévoyait de respirer un peu, ses poursuivants se pointaient.
Un, en particulier, se révélait un fin limier. A son endroit, Flèche commençait même à développer un mauvais pressentiment. Après tout, n'était-il pas régulièrement accompagné d'un corbeau? Brrrr.... Le type lui filait les j'tons.

Enfin, les frayeurs, c'était fini. cette fois, elle avait trouvé une cachette, une vraie, une bonne, où qu'on pourrait pas la retrouver, pour sur. Arrivée au bord du fleuve, elle s'était glissée sous un ponton d'embarquement, les pieds dans la vase et les fesses dans l'herbe tandis que sa tête touchait le bois de la construction. Cinq minutes qu'elle était là et que ça lui réussissait plutôt bien; elle avait même prévu d'y dormir, c'est dire.
Seulement, c'était sans compter son meilleur ami du moment. Non, pas Bryggen, l'autre, celui qui a quatre mains.

- Ouk...?

Le son était léger le temps que son propriétaire navigue entre les herbes à la recherche de sa destination. Zigzaguant à découvert, il franchit la distance qui le séparait de l'eau avec circonspection. Il savait être sur la bonne voie mais ne connaissait pas sa destination exacte. L'ayant finalement localisé, c'est dans un "OUK!" sonore qu'il s'élança vers Flèche.

- Ouk! Ouk! Ouk! Festoyait-il en sautant sous place tandis que Flèche essayait de la calmer, persuadée qu'il allait attirer la colère d'El lui-même sur sa tête.

- Chuuuut! Moi aussi j'suis contente, c'est que je m'inquiétais, presque... Enfin oui, j'étais inquiète, tu vois. Surtout pour moi, mais c'est vrai que j'aurais du l'être pour toi aussi... 'Fin, j'suis contente quoi, mais chuuut! Sinon on aura plus de raisons de se réjouir.

- Ou.. Ouk... Lui répondit le singe, effaré par sa propre audace et se pelotonnant contre Flèche.

ça se voyait qu'il ne comprenait pas tout, mais il faisait confiance à la petite humaine. Si elle avait peur, il avait peur aussi, jetant des regards effarés tout alentours.
Ils avaient fait trop de bruits et tous deux en étaient conscient. Le moment était maintenant venu de rester silencieux et de croiser les doigts pour qu'on ne les ai pas entendu. Serrés l'un contre l'autre, l'enfant et le singe ouvrir grandes leurs écoutilles et attendirent.
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