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 Contre mauvaise fortune, bon coeur

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Shyrin
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MessageSujet: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Sam 10 Fév - 21:46

La seconde journée des cérémonies du mariage s'achevait et c'est au bras de son mari que Shyrin avait gravi les marches avec un peu plus d'assurance que la veille. Non seulement elle savait à présent à quoi s'attendre, mais de plus ce n'était pas pour tout de suite. Brun Braveterre et Acuité devaient les rejoindre dans les appartements du Roi pour un nouveau conciliabule à quatre devant servir à organiser la future vie des fugitifs revenus à la raison. Bien sûr, la jeune Reine avait hâte que tout soit réglé et les tensions apaisées pour pouvoir enfin jouir du retour de son amie. Mais elle savait que ce serait très long et elle gardait quelques meurtrissures en son propre coeur qu'il faudrait un peu de temps pour soigner également.

Elle resta silencieuse tandis que Vainqueur la menait jusqu'à son salon puis l'aidait à s'installer dans un fauteuil confortable devant l'âtre où un agréable feu avait été allumé. Elle avait veillé cette fois à donner ses instructions à Shane. En tant que sa servante personnelle, elle avait le droit d'aller et venir où elle voulait et où l'envoyait le service de la Reine. Elle lui avait donc demandé de prévoir cette fois ses vêtements de nuit et de quoi regagner ses propres appartements au matin sans avoir à sonner pour qu'on lui apporte une robe ou pire devoir remettre celle de la veille. À présent, il ne restait qu'à finir cette soirée sans aggraver les problèmes.

Elle se fit servir une coupe de vin doux et attendit sagement que leurs invités soient annoncés sans dire quoi que ce soit. En réalité, elle ne savait pas quoi dire. Elle aurait aimé ne pas avoir à affronter une troisième journée à tourner en rond dans les jardins pour accueillir gracieusement les voeux de bonheur des courtisans, à sentir le regard scrutateur de sa belle-mère épier chacun de ses gestes, à faire semblant de comprendre des coutumes obscures et des traditions barbares. Mais le répit ne serait pas pour tout de suite, si tant était qu'il arrive un jour.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 10:26

Cette seconde journée avait été épuisante, riche en rebondissements certes, mais le manque de sommeil, l'alcool et les tracas épuisaient le Roi.
Il tenait cependant à se trouver aux côtés de sa Reine, pour montrer au peuple que leur union était solide bien évidemment, mais aussi pour elle. Shyrin était fragile et toujours considérée comme une étrangère à la Cour.
Durant le repas, Brun lui avait réclamé une audience à quatre, afin de mettre un point final à ces pourparlers et le Roi avait hâte de connaître la décision que son ami avait décidé d'embrasser.
Il n'avait pu ignorer la présence d'Acuité au repas. Ardent s'était jeté sur elle, à la limite de l'inconvenance et si l’apparence de la Loinvoyant avait montré son éternelle froideur, le Maître d'Art ne s'était pas laissé impressionné.
Étrangement, Vainqueur s'inquiétait un peu de l'ambiance de son Clan d'Art lorsque sa petite cousine l'aurait rejoint. Il n'avait pas le choix, tout comme elle.
L'Art était un bien trop précieux pour oser faire la fine bouche. Le rendez-vous avait été donné dans les appartements du Roi, à l'abris des oreilles et des regards.

Il aida sa douce à s'installer dans un fauteuil confortable et patienta quelques instants qu'on leur serve une nouvelle coupe de vin. Dès lors, il congédia les domestiques et demanda à ce qu'on ne les dérange en rien. Certains y verraient une nouvelle nuit de noces pour le couple royal et cela lui allait très bien.

- Demain nous organiserons une chasse à courre. Cela nous fera prendre l'air, annonça Vainqueur en s'installant sur le fauteuil à côté de la rousse.

Même si elle ne chassait pas, elle aurait au moins le plaisir d'une promenade dans la vallée et dans les bois en compagnie de ses Dames. Ce serait toujours mieux que de rester cloîtrée ici, à attendre un nouveau buffet et une nouvelle nuit.
Il posa un regard sur son épouse, remarqua ses traits légèrement tendus. Elle s'inquiétait, cela valait sans dire. Depuis son siège il saisit sa main entre ses doigts.

- Ne vous tracassez pas, je suis certain que Brun a su résonner Acuité. Tout ira bien.
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Shyrin
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 12:56

Avec un sourire doux malgré ses traits tendus par l'inquiétude et la fatigue, Shyrin abandonna sa main à son époux.

- Je l'espère... Elle était si tendue.

Pour ne pas dire glaciale et revancharde, voire cruelle. Mais c'était la peur qui la rendait ainsi, ils en étaient tous conscients. Tous avaient en tête l'image de la biche acculée et protégeant son petit. Elle pressa gentiment les doigts de Vainqueur et lui sourit encore.

- Vous avez fait preuve d'une grande générosité aujourd'hui en leur offrant ces positions enviables, commença-t-elle lentement, sans lâcher sa main.

Le lien physique compensait pour elle l'absence de vue claire sur les expressions de son visage. Elle but une gorgée de vin et reprit, toujours en douceur et les yeux baissés sur leurs mains jointes entre les accoudoirs de leurs fauteuils.

- J'espère que vous ne me trouverez pas... Insolente... De vous parler de cela. Mais j'aimerais que vous envisagiez la possibilité de demander pardon à Acuité pour votre erreur de jugement à l'égard de son fils.

Elle allait très loin et en était consciente, abusant d'une position qu'elle ne possédait absolument pas dans le coeur et l'esprit du Roi. Mais il était nécessaire qu'elle lui dise ce qu'elle avait sur le coeur et qu'il accepte de l'entendre. C'était cette association là qu'elle lui avait demandée et qu'il avait acceptée. Gardant les yeux baissés pour fuir un regard ou une froideur qu'elle ne voulait pas voir alors même qu'elle partagerait son lit dans un moment, elle but encore un peu de vin, priant Sâ de ne pas avoir déclenché la colère de son mari.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 13:14

Ah ça pour être tendue...elle avait été plutôt tendue comme un arc, ce qui lui allait plutôt bien. Il se souvenait de son regard noir, glaçant. Cette expression, il la connaissait déjà sur les traits de Glace, mais jamais il n'aurait cru voir en Acuité une attitude similaire. Devait-il pour autant s'en méfier ? Peut-être, ne lui avait-elle pas prouvé depuis une année ce dont elle était capable ? Désertion, fausse mort, menace par le biais de l'Art, Guerre civile...par tous les Dieux, devait-il vraiment la laisser regagner son Clan alors qu'elle méritait les barreaux ?
Et lui, que méritait-il pour avoir tenté de tuer son fils ?

Il sourit tristement à Shyrin alors qu'elle soulignait son attitude magnanime. Sa gentillesse n'avait eu de but que de s'attirer les faveurs de ceux dont il avait besoin. Acuité pour le clan d'Art, trop précieuse pour être jetée aux orties. Brun pour ses conseils avisés, trop précieux dans le coeur du Roi.
Pourtant, ces paroles prononcées par sa Reine agirent comme un baume sur sa culpabilité. Ce qu'il avait proposé arrangeait tout le monde au final.
Les propos suivant de la Reine piquèrent son intérêt. Demander pardon ? Il le devait oui, mais le pouvait-il ? Il grimaça peu enclin présentement à mettre son ego de coté.

- J'y réfléchirais,
affirma-t-il avec sincérité.

Et comme pour donner un point final à cette décision, on frappa à la porte.
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Shyrin
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 13:27

Immensément soulagée de ne pas s'être attiré les foudres de Vainqueur, Shyrin releva la tête pour lui sourire avec gratitude.

- Merci, murmura-t-elle, émue qu'il se montre enclin à l'écouter.

La décision lui reviendrait, bien sûr, mais il l'avait entendue et la prenait au sérieux. C'était plus que ce qu'elle avait espéré alors qu'ils n'étaient mariés que depuis deux jours à peine. Reconnaissante, elle pressa encore ses doigts puis relâcha sa main alors que des coups à la porte annonçaient leurs visiteurs du soir. Elle se redressa alors après avoir relâché la main de son mari et reprit une position plus digne de son rang. Même si la rencontre était informelle, elle restait la Reine. de plus, Brun Braveterre lui inspirait une sainte terreur et elle ne voulait pas laisser prise à la moindre critique face à lui.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 17:48

Brun et Acuité s'étaient quittés plus tôt, dans la chambre de l'ancien maître d'armes, sans qu'aucun autre mot décisif ne soit prononcé. Tout semblait être dit, décidé, même si certaines questions restaient en suspens. Une brève étreinte scella leur engagement, avant qu'Acuité ne s'envole. Elle avait "besoin d'air", et le déserteur ne lui proposa pas de l'accompagner, supposant qu'elle voulait être seule, voulant être seul lui aussi, puisqu'en un sens, il ne le serait jamais plus. Rassurant ? Angoissant ? Brun était rassuré qu'ils soient parvenu à un accord, même s'il redoutait l'avenir. Si Vainqueur, si Glace les laissaient vivre en paix, leurs disputes conjugales seraient le moindre des maux.

Pensif, le déserteur resta assis par terre à faire son inventaire. Rien ne manquait à ses affaires. Il y ajouta la cassette que la petite Duchesse avait confiée à sa garde, et referma le coffre, à clé ; puis referma la porte de sa chambre, à clé, le sésame étant resté à sa place dans le tiroir de son bureau.

Qu'allait-il faire du reste de son après-midi ? Une semi-liberté s'offrait à lui et il n'en savait que faire. Brun flâna dans les jardins à l'écart du couple royal, plus attiré par le buffet et ses charmes liquides que par la compagnie des courtisans qu'il ne parvenait totalement à éviter. Après avoir assisté à un petit spectacle, piètre reflet de la comédie humaine, il fuit au Bourg où il flâna sur le port avec nostalgie, le vent dissipant son ivresse à demi. Il hésita à récupérer ses affaires à la consigne de l'auberge, mais après tout l'affaire n'était pas conclue. Il rentra sans au château, château dont il prit plaisir à redécouvrir chaque salle, chaque couloir, chaque dépendance à l'exception des écuries, de l'armurerie et des salles d'entraînement, qu'il évita soigneusement.

Le soir venu, le déserteur souffrit l'interminable banquet. Il n'était placé ni proche de Vainqueur, ni proche d'Acuité sans que cela ne le surprenne. Il parvint tout de même à arranger avec l'un et l'autre un conciliabule nocturne, puisque rien ne servait d'attendre, tant que sa Majesté était bien disposée, tant qu'Acuité ne changeait pas d'avis... Il la regarda, bien droite au milieu des Artiseurs. Il ne reconnut pas Alisel dans son visage fermé et se resservit du vin.

Lorsqu'il put enfin se lever pour autre chose que pour danser (il s'était prêté au jeu dans l'espoir que cela lui passerait le temps et les idées), le déserteur se rendit compte qu'il avait trop bu. Il songea à reporter l'audience, mais comment l'eut-il pu, sachant qu'il l'avait lui-même sollicitée ? Malgré l'ivresse qu'il savait bien contenir et laissait peu paraître, l'habitude aidant, Brun marcha droit vers les appartements du Roi. Frappa un peu lourdement, et vit se tourner vers lui deux paires d'yeux attentifs.

- Vainqueur. Shyrin, salua-t-il sans trop de protocole, s'inclinant toutefois, mais pas trop bas, de peur que l'estomac ne lui échappe.
Le moelleux du fauteuil qu'il s'attribua fut bienvenue, l'absence d'Acuité aussi - il préférait être assis quand elle entrerait. Le feu lui donnait trop chaud, et il sentait peser sur lui les regards royaux.
- J'espère que vous avez passé une plaisante journée. Acuité ne devrait plus tarder, dit-il, résolu à laisser la petite Duchesse mener cette entrevue, parce qu'il avait à cœur qu'elle soit maîtresse de son destin, et que lui-même ne s'en sentait pas l'estomac.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 18:37

Leur décision était prise et soudain, Acuité eut besoin de se retrouver seule. Il y avait encore beaucoup de choses à réfléchir, encore plus à accepter. En serait-elle seulement capable ? Elle doutait beaucoup et Brun ne l'aidait pas. N'avait-elle pas rendu les armes face à lui ? N'avait-elle pas abandonné face à son ultimatum ?
Quelque part, elle s'en voulait d'avoir cédé si facilement. Castellonde n'était pas la solution, Castlecerf non plus. Une après-midi complète n'avait pas suffit à trouver la bonne solution, car il n'y en avait pas.
Elle devait prendre ce qu'elle pouvait et vivre avec humilité.
Après une sieste à son auberge, elle reprit le chemin du château. Ses pas l'emmenèrent à travers le bourg riche d'agitations, d'odeur et de bruit. Ici, les cris se mêlaient aux rires, ici, la vie suivait son court tout simplement. Elle les enviait tous ses badauds, ils n'avaient aucun devoir à accomplir sauf celui de nourrir leurs estomacs et leurs enfants.
Morose, elle regagna les festivités et contrainte, elle se joignit aux courtisans qui à nouveau venaient la saluer dès qu'ils le pouvaient.
Elle n'aperçut Brun que tardivement, il avait une coupe entre les mains et sa place au banquet était trop éloignée de la sienne pour aller le voir sans éveiller aucun soupçon.
Pourtant, elle tournait souvent son visage dans sa direction, point de repère dans sa vie désormais.

C'est alors que Ardent l'interpella, son visage se ferma instantanément et elle dressa ses murailles mentales à leur maximum, dans le doute. Crispée, elle le laissa parler, absorbant les reproches de son absence pour le clan. Il ne l'accusait pas directement, mais elle pouvait aisément voir son ressenti à travers son ton. Il ne comprenait pas qu'elle ne soit pas revenu plus vite et qu'elle ait caché être en vie jusqu'alors.
Pour faire court, elle se leva et partit danser, ignorant royalement l'importun sans un mot.
Un charmant jeune homme l'invita et elle se plia à ce loisir avec un sourire forcé, mais pourtant bien présent. Elle ne s'amusait pas, elle appréhendait la suite des événements.
Prenant l'air quelques temps après, Brun vint lui signaler qu'une entrevue serait prévue plus tard dans les appartements du Roi, avant de l'abandonner à nouveau au profit d'un nouveau godet.
Elle l'observait, il buvait trop.

Son estomac à elle était noué, rien ne pouvait passer.
Lorsqu'il fut temps, elle s'éclipsa à son tour, le couple Royal ayant déjà souhaité la bonne nuit à l'assemblée depuis un bon moment.
Discrètement, elle regagna donc le lieu du rendez-vous et frappa. Au son de la voix de Vainqueur, elle tressaillit, mais poussa pourtant le panneau de bois.

Shyrin posa sur elle un regard bienveillant, elle évita soigneusement celui de Vainqueur avant de se porter sur Brun.
Par El...affalé dans le fauteuil, il était clair qu'il avait bu. Elle pinça les lèvres, agacée et vint se placer debout à ses côtés. Sans trop savoir quoi faire de ses bras, elle décida de les croiser sur sa poitrine dans l'attente du verdict.

- Nous avons pris notre décision, souffla-t-elle avec détermination et pour la première fois depuis des mois, elle soutint le regard de Vainqueur.

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Shyrin
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 19:09

Shyrin se tendit instantanément alors que Brun Braveterre pénétrait dans la pièce. Sa familiarité et la manière dont il se vautra dans son fauteuil lui laissèrent à penser qu'il avait bu plus que de raison. Mais impossible de vérifier de là où elle se trouvait. Et puis, elle ne voulait pas le savoir, elle ne voulait pas avoir affaire à lui, elle ne voulait pas avoir la moindre compassion à son égard. Elle ne répondit rien, laissant à Vainqueur le soin d'accueillir son ami et se contentant de le saluer d'une inclinaison polie de la tête.

L'arrivée d'Acuité atténua un peu la tension qui l'habitait et elle lui adressa un léger sourire, l'encourageant à les rejoindre, à venir parler. Il fallait crever autant d'abcès que possible avant de pouvoir entamer leur nouvelle vie. Et c'était valable pour chacun d'entre eux à ce stade. Les mains jointes sur le pied de sa coupe qui reposait sur ses genoux, elle attendit sagement le verdict alors que son amie prenait place debout près du fauteuil de l'ancien maître d'armes.

Une part d'elle pensa que la Duchesse avait choisi son camp : celui de Brun Braveterre contre elle, et elle s'en voulut aussitôt de cette pensée. L'heure était à la réconciliation. Elle aussi devait pardonner à ceux qui s'étaient joués d'elle, à ceux qui l'avaient abusée ou maltraitée. Il est temps de laisser tomber certains des cailloux qui alourdissaient encore ses poches. Baissant les yeux sur sa coupe, elle attendit sagement qu'Acuité se décide à leur faire part de la décision qu'ils avaient prise.
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Vainqueur Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 20:36

Brun entra et les salua de manière peu protocolaire. Vainqueur s'en moquait un peu, mais vis à vis de Shyrin, il se demanda si cela posait problème à son épouse. Tournant vers elle son regard pour l'observer il la sentit se raidir. Avait-elle quelque animosité envers le Maître d'Armes ? Peut-être le jugeait-elle à l'origine de tous les maux d'Acuité...Il n'aurait sût le dire mais se sentit légèrement gêné de ne pas lui en avoir parlé avant, d'autant qu'il n'avait rien remarqué.
Elle hocha la tête en guise de salut, enfonçant un peu plus le clou dans cette ambiance étrange pour ne pas dire désagréable.

Vainqueur se racla la gorge et s'avança vers la table, d'où il servit un verre qu'il offrit à son ami. La soirée se poursuivait comme la journée avait commencé, avec du vin et des discussions importantes.
On frappa peu de temps après. Acuité entra, tout aussi tendue que Shyrin. S'étaient-elles donné le mot ?
Elle évita scrupuleusement son regard, ce qui eut pour effet de le faire sourire. La petite cousine avait la dent dure, peut-être devrait-il effectivement s'excuser. Pour l'heure, il n'en était pas question, restait à voir comment la soirée allait se dérouler.
Lui en revanche, ne la quittait pas des yeux, scrutant ce qu'elle pouvait bien penser à travers son attitude ou sa posture. Raide dans sa robe, elle se plaça à côté de Brun et annonça qu'ils avaient pris leur décision.

Seulement à ce moment là, elle soutint son regard et Vainqueur ne cilla pas jusqu'à ce qu'il serve un nouveau verre et qu'il ne s'avance dans sa direction, en s'arrêtant juste devant.

- Et quelle est-elle ? demanda-t-il en lui tendant le verre.

Le regard sombre de sa petite cousine dévia jusqu'au godet, peut-être se demandait-elle s'il était empoisonné. Quoiqu'il en fut, elle s'en saisit et le vida d'un trait avant de reporter son regard dans le sien. Il brillait un peu plus.

- Nous restons à Castelcerf. Je vais réintégrer ton Clan.

- Parfait ! lança Vainqueur.
Il ne pouvait être plus satisfait que cela. Sans attendre, il frappa du plat de la main sur l'épaule de Brun juste à coté, un large sourire peint sur son visage.
- Et voilà mon nouveau conseiller !
Puis il se tourna vers sa Reine et franchit les quelques pas qui les séparait en de grandes enjambées.
- Avez-vous entendu ma Douce ? Vous avez votre Dame de compagnie.
Gagné par un immense sentiment de satisfaction, celui d'avoir gagné sur tous les plans, il lui baisa la main.
Pourtant, lorsqu'il regarda à nouveau Acuité, il voyait bien que le coeur n'y était pas. Elle demeurait aussi glaciale que la bise hivernale alors qu'elle aurait du se réjouir.

- Allons, Acuité, ne fais pas cette tête, vous allez enfin pouvoir vivre votre amour au grand jour.

Elle fronça les sourcils comme dans l'incompréhension la plus totale et Brun blêmit. Par El, se pouvait-il qu'elle ne soit pas au courant ? Il fit un effort pour contenir un rire déchirant et à la place, détourna l'attention.

- Buvons ! Trinquons à cette bonne nouvelle, pas vrai ma chère ?
Prenant Shyrin à partie, il saisit la bouteille et servit directement dans les verres.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Dim 11 Fév - 21:58

Le déserteur ne se formalisa pas de la mesure de la Reine, il ne s'en formaliserait jamais : il n'attendait ni ne voulait rien de plus. Ce pacte de non-agression qu'ils avaient signé par l'offrande et la réception du présent, allégeance matérielle, lui suffisait amplement. Bien que soûl, il remarqua la gêne dans la pièce, cette gêne qu'il avait voulu éviter par ce cadre informel. Combien de fois s'était-il affalé dans ce fauteuil avec Vainqueur pour parler stratégie à des heures avancées de la nuit, un verre à la main ? Voilà que son Roi lui tendait une coupe, justement, une coupe qu'il ne pouvait pas refuser. Brun ne fit qu'y tremper ses lèvres. Il craignait que cela ne soit le verre de trop.

Il le reposa quand Acuité entra, l'air insatisfait et vint se planter, toute raide, à côté de lui. Voilà qui ne détendait guère l’atmosphère. Brun posa une main sur sa hanche pour la pousser subtilement vers le fauteuil qui l'attendait ; mais alors il se dit qu'elle avait, peut-être, besoin de son soutien, et sa main devenue accueillante glissa sur la hanche opposée. Puis il réalisa que ce geste familier était sans doute absolument déplacé, et ôta sa main comme s'il s'était brûlé, saisissant à nouveau son verre sur la table, pour finalement le reposer, alors qu'Acuité commençait à parler.

Par elle, le verre fut avalé avec une descente qui n'avait rien à envier à celle du déserteur ; par elle, la décision fut annoncée. Vainqueur y répondit avec éclat. Le déserteur ignorait ce qui l'incommodait davantage : que Vainqueur le secoue ainsi dangereusement, qu'il embrasse publiquement son épousée ou qu'il semble céder au caprice de sa Reine comme si Acuité Loinvoyant était un petit chien dont la fonction suprême était de battre sa petite queue blanche et touffue dans les jupes de la Chalcédienne. Brun avait envie de vomir, mais il ignorait si c'était à cause de ce manège, des paroles inconsidérées de Vainqueur, ou du vin qui coulait encore dans son verre.

Brun était par contre certain que la petite Duchesse allait réagir plus violemment que lui. Puisque Vainqueur l'énonçait tout haut, et que l'heure était aux effusions, il remit sa main sur sa hanche et la caressa comme le petit chien qu'elle n'était pas, en espérant que cela l'empêcherait de mordre. Il ferait bien d'intervenir avant Acuité et avant Shyrin, qui se réjouirait sans doute avec une impudeur similaire. Le déserteur ne pouvait pas trinquer, parce qu'il ne pouvait plus rien ingurgiter et parce que, il l'avait déjà dit, la partie n'était pas terminée, même s'il n'était plus en mesure d'avancer ses pions en rangs bien rangés.

- Nous restons à Castelcerf avec Espoir et avec la garantie de sa sécurité, précisa-t-il d'une voix qui ne tremblait pas.
Ils n'étaient pas là pour "vivre leur amour au grand jour", mais pour protéger leur fils.
- Je ne remets pas ta parole en doute, Vainqueur... ni les regrets que tu as exprimé... tu es mon ami, mais tu as menacé la vie de mon fils. Qu'est-ce qui nous prouve que tu ne changeras pas d'avis ? Et que feras-tu si Glace refuse de s'en séparer ?
L'alcool, à défaut du tact, servait la sincérité.
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Shyrin
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Lun 12 Fév - 0:03

L'enthousiasme de Vainqueur était touchant. Il voulait si fort effacer ce qui n'allait pas et retrouver son ami qu'il se montrait parfois bien peu subtil. Loin de lui en tenir rigueur, Shyrin en était étrangement attendrie. Comme lui, elle savait qu'il fallait se réjouir de chaque bonne nouvelle quand elle survenait car le lendemain amènerait son lot de nouveaux problèmes insolubles et de nouvelles tensions auxquels il devrait faire face seul. Elle lui sourit tendrement, touchée qu'il l'inclue ainsi dans son bonheur et manifeste spontanément son affection pour elle alors qu'il n'y avait pas de public à convaincre. Docile, elle reprit sa coupe et la leva pour trinquer poliment et boire une gorgée.

C'est alors que la maître d'armes s'illustra une fois encore par sa désertion et son désamour de son Roi. Que Vainqueur lui voue encore une telle amitié malgré ses multiples provocations, sa haine et son caractère abominable - sans compter qu'il avait mise enceinte une Duchesse célibataire ! - était un véritable mystère pour elle. mais il ne lui appartenait pas de juger de cette amitié sans doute plus complexe que ce qu'elle en voyait. Elle se leva alors, elle aussi, soucieuse de ne pas laisser de nouvelles tensions naître entre Vainqueur et sa cousine ou entre Vainqueur et son soi-disant ami. Debout à côté de son mari, elle posa une main légère sur son bras, lui demandant ainsi de la laisser parler tout en paraissant s'appuyer sur lui pour puiser sa force, elle qui était si fragile.

- Votre Roi a donné sa parole et j'ai également donné la mienne, rappela-t-elle en douceur au maître d'armes qui se montrait largement insultant en faisant très exactement ce qu'il prétendait ne pas faire, à savoir remettre en question la parole de Vainqueur. Vous êtes tous deux appelés à de hautes fonctions par vos souverains, le Duc ne saurait s'y opposer. De même qu'il ne pourra refuser que son petit-fils soit présenté à ses parrain et marraine.

Elle imposait une nouvelle fois sa volonté mais avec bien plus de subtilité que les hommes présents dans la pièce. Sous le prétexte d'honorer une famille, des amis, un enfant, elle s'assurait qu'Espoir serait rendu à sa mère et que celle-ci serait libre, du moins autant qu'une femme puisse l'être ici bas. Vainqueur et elle avaient fait preuve de leur bonne volonté, de leur générosité et de leur magnanimité, elle ne pouvait pas laisser Brun Braveterre les rabaisser une fois encore alors qu'ils aplanissaient une à une toutes les difficultés qu'Acuité et lui avaient créées par leur manque de retenue.

Pour que fonctionne le fragile statu quo qui s'était décidé cet après-midi là quand il lui avait offert le bracelet qui ornait toujours son poignet, il faudrait qu'il fasse preuve à son tour de plus de finesse. Levant un regard pleine d'espoir vers Vainqueur pour quêter son accord, elle lui sourit avec douceur, le laissant par là seul juge de ce qu'il convenait de faire et lui laissant même loisir de la contredire s'il estimait que ce n'était pas la solution.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Lun 12 Fév - 10:32

A peine avait-elle annoncé leur retour à Castelcerf que Vainqueur déjà ne tenait plus en place. Sa joie était palpable mais plus qu'une joie simple et dénuée d'intérêt, il s'agissait d'une satisfaction d'obtenir tout ce qu'il désirait. Vainqueur était le grand gagnant de ces échanges.
Elle s'y était attendu, elle avait retourné dans tous les sens possibles les options et ce toute l'après-midi.
Rien n'y faisait. Il gagnait, elle perdait.
Ses sacrifices et ses machinations n'avaient finalement pas apporté la liberté à Espoir.

Presque sourde et aveugle à ce qui l'entourait, elle l'entendit de très loin annoncer à Shyrin qu'elle aurait sa dame de compagnie et elle se sentit subitement le lot d'un jeu cruel et stupide. A peu de chose près, elle se serait cru à nouveau en Chalcèdes, quand l’infâme Bhaal Fanel avait offert sa personne à Shyrin en cadeau de mariage. N'était-ce pas la même chose aujourd'hui ? D'esclave elle devenait Dame de compagnie comme si elle ne possédait pas de volonté propre.
La nausée la prit mais le pire était à venir.
Shyrin se rendait-elle compte que derrière les propos du Roi, Vainqueur y voyait en priorité son intérêt ? Oui, elle serait sa Dame de compagnie, mais avant cela, elle serait membre du clan d'Art ce qui malheureusement lui prendrait beaucoup de temps.

Dans son esprit, les idées et les pensées tournaient sans fin, comme dans une bourrasque folle de fin d'automne. Elle se sentait vulnérable et à la fois prise d'une colère froide. Son caractère emporté lui hurlait de lui sauter à la gorge et de le frapper juste pour faire disparaitre ce sourire doucereux, le gommer entièrement de son visage.
Par Eda, comment en était-elle arrivé là ?

Sa dernière remarque manqua de lui faire perdre le peu de contrôle qu'elle possédait encore. Il n'y avait pas d'amour entre eux, rien qu'un lien de sang et un mariage forcé pour le bien de leur fils.
Elle devrait vivre avec cela, vivre avec l'idée qu'il l'épousait par devoir et non par volonté.
L'envie de lui jeter son verre au visage traversa son esprit et elle fit un pas en avant tandis que le Roi attrapait la bouteille pour resservir et trinquer. Elle n'osait même pas regarder Brun, jusqu'à ce qu'elle sente un contact sur sa robe. Surprise, elle baissa les yeux.
Il avait posé sa main sur sa hanche, tentant de l'apaiser sans aucun doute. Leur récente proximité lui permettait de décoder certains gestes de sa part. Entre eux, il était plus facile de ne pas parler.

Brun prit le relais et malgré l'alcool, sa voix demeurait ferme et ses paroles franches.
Acuité aussi attendait cette garantie, ce n'est pourtant pas du Roi qu'elle s’exprimât.
Shyrin vint se placer à ses côtés, bras délicatement posé sur son avant bras. Elle avait tout de la Reine, Acuité fut frappée de la facilité avec laquelle son amie s'était glissé dans la peau de cette personnalité hautement attendue.
Ses affirmations sonnaient comme logiques dans l'esprit de la Duchesse. Elle manqua cependant de s'étrangler à l'annonce du Roi et de la Reine concernant le baptême de son fils.
Si cette position plaçait Espoir en sécurité, il n'en restait pas moins que s'il arrivait quoique ce soit à Brun ou elle-même, ils devraient élever Espoir comme leur enfant.
C'était bien joué, encore une solution qui tournait à leur avantage.

Acuité se sentit oppressée dès que Vainqueur hocha la tête en direction de son épouse. Son père en effet, ne pourrait pas aller à l'encontre de la volonté des souverains et rendue publique, personne ne le suivrait dans une tentative de Guerre civile.
La petite duchesse décroisa ses bras, et les laissa pendre le long de son corps, les poings serrés.
Elle ne pouvait insulter les souverains de l'honneur qu'ils leur faisait en prenant Espoir comme filleul, ils étaient piégés.
Son regard se posa sur Shyrin, elle voulait croire que la jeune femme faisait tout ceci pour arranger les choses et leur permettre une vie sereine à tous, une sécurité pour Espoir, mais au fond d'elle, persistait le sentiment qu'au final, cela servait plus les intérêts des suzerains que de leur couple bancal. Elle n'était pas prête à se déclarer vaincue.

- Ta parole, tu me l'as donnée, lança-t-elle à Shyrin, et je t'ai pardonné pour les erreurs passées.

C'était vrai, elle ne pouvait en vouloir à la jeune femme d'avoir vendue la mèche, même si sans cela, elle serait peut-être toujours dans les Montagnes à vivre simplement mais avec bonheur.
Son regard se fit plus dur lorsqu'il se posa sur le Roi.

- Mais de toi Vainqueur, je n'ai reçu ni parole, ni regret, pas mêmes des excuses pour cet acte abominable. Je souhaite vraiment qu'un jour, on te demande de tuer ton propre fils pour savoir ce que ça fait, peut-être alors comprendras-tu qu'il est difficile de retrouver une confiance violée..
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Shyrin
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Lun 12 Fév - 12:33

L'arrogance d'Acuité et son manque de reconnaissance frappèrent Shyrin qui en resta pantoise l'espace d'un instant. Arrêtant Vainqueur d'une pression délicate sur son bras, elle se redressa sensiblement alors que son sourire disparaissait. Elle aussi était capable de froideur et de hauteur, et cela lui était plus légitime qu'à la Duchesse qui plus est.

- Tout comme nous t'avons pardonné tes erreurs, Vainqueur et moi-même, asséna-t-elle sans sécheresse mais avec une fermeté qui ne laissait aucune place au doute.

Elle ne se laisserait plus malmener ou rabaisser sous prétexte qu'elle n'était pas née dans ce pays et en connaissait encore mal certaines coutumes et traditions. Acuité avait trahi son Roi et sa nation, sa famille et son honneur, et elle se permettait encoire de jouer les offusquées alors qu'on lui offrait une chance inestimable de regagner sa place à la cour. Par la position qu'on lui donnait et le pardon du Roi, elle pouvait prendre sa destinée en mains, donner à son fils l'éducation qu'elle souhaitait, se dessiner un avenir au lieu de rester cloîtrée chez son père, et elle se permettait de les prendre de haut. Sâ lui en soit témoin, plus jamais elle ne s'abaisserait à tant de mansuétude si c'était pour recevoir une telle récompense pour sa gentillesse et sa générosité.

- Tu es la première à avoir trahi la confiance ici. Tu as menti, triché et déserté pour servir tes propres intérêts sans te soucier de ton devoir ou des autres qui auraient à souffrir de tes actes. La solution que nous te proposons aujourd'hui et que tu trouves visiblement si injuste est d'une grande générosité et te permettra de retrouver une liberté que tu n'auras nulle part ailleurs.

Elle leva brusquement la main pour arrêter une possible réponse de la Duchesse offensée et qui, elle le sentait, bouillonnait de rage, montée sur ses ergots. Elle-même restait d'un calme souverain surréaliste. Vainqueur lui avait au moins appris cela à force d'attiser sa fureur.

- Tu crois peut-être que si je n'avais pas su où tu étais, tu aurais coulé des jours heureux dans les Montagnes pour le reste de ta vie ? Je ne peux pas croire que tu sois aussi naïve. Tu as fait part à ton amant du fait que tu n'étais pas morte. A partir de là, il est évident qu'on t'aurait cherchée : ton Roi, ton père, des êtres mal intentionnés. Que serait-il advenu de ton fils si tu étais morte là-bas ? Quelqu'un l'aurait récupéré et aurait revendiqué pour lui un nom et des terres, une armée peut-être. As-tu songé à tout cela pendant que tu créais un monde hors du temps sous la neige ?

Elle marqua une pause et joignit ses mains devant elle pour recentrer ses pensées avant de conclure d'une voix plus douce mais aussi assurée et déterminée.

- Il est temps de grandir Acuité. Nous te proposons une solution qui, si elle ne te satisfait pas pleinement, a le mérite d'être avantageuse pour tout le monde, y compris pour ton fils qui bénéficiera de la protection de ses souverains en plus de celle de ses deux parents. Cesse de croire que c'est dirigé contre toi alors que nous essayons d’œuvrer pour le bien de tous. Ou si vraiment tu te sens lésée, propose autre chose qui soit aussi diplomatique et sécurisant, nous t'écouterons.

Une fois encore, elle avait pris sa place aux côtés du Roi. Elle prenait sa place de Reine.
Ainsi qu'elle l'avait promis, elle serait loyale à son serment et à son mari. Par ailleurs et au-delà de son dévouement à Vainqueur, elle croyait sincèrement à ce qu'elle disait.
Elle était restée choquée et blessée après son entretien avec Acuité. Mordant tout et tous autour d'elle à force d'être sur la défensive, la Duchesse s'était montrée cruelle avec celle qui avait œuvré pour elle de si loin et sans assurance aucune, alors même qu'elle était prisonnière à sa place. Sans lui en tenir réellement rancune, elle avait besoin de préciser certaines choses au lieu de se laisser piétiner à chaque fois par les volontés de fer des Loinvoyant et Braveterre de ce monde.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Lun 12 Fév - 23:36

Alors qu'Acuité s'adressait à Vainqueur, Shyrin prit le dessus. Son regard se tourna vers elle alors qu'elle commençait à discourir sur qu'elle pensait juste peut-être mais qui n'était rien d'autre qu'un jugement moralisateur.
De quel droit se permettait-elle de répondre à la place du Roi ? Partager sa couche, porter sa couronne lui donnait-elle le droit d'interrompre la requête qu'Acuité venait de demander au Roi ?

Sa colère grandissait à mesure que les mots défilaient dans la bouche de la Reine. Humiliée comme jamais, elle avait l'impression de recevoir des gifles pires que celles que son père lui avait déjà infligé. Chaque nouvelle phrase la glaçait au plus profond de son être et la meurtrissait tout autant. Comment Shyrin pouvait-elle proférer de tels propos après ce qu'elles avaient vécu ?
Il lui semblait évident que le choix de son camp était fait, que sa loyauté avait changé de maître.
Acuité ressentit une profonde haine envers elle-même, pour avoir fait confiance à cette étrangère. Cette même étrangère qui la jugeait ouvertement, devant Vainqueur et devant Brun, usant de beaux discours et n'hésitant pas à la traîner dans la boue pour démontrer une suprématie de Reine.

Visiblement, il apparaissait comme aisée pour la jeune femme d'oublier sa propre trahison, ses mensonges, sa fuite et sa désertion. Tout ce qu'elle lui reprochait ce jour, mais qu'elle avait pourtant également fait en quittant Chalcèdes. Avait-elle oublié son mariage avec le Clan Fanel ? Sa fuite pour échapper à ce destin funeste d'un mari maltraitant ? Acuité pouvait en gager, l'homme n'était ni aimable, ni doux, il était purulent de méchanceté et de cruauté.
Avait-elle pensé à sa famille en désertant et en se rendant à l'ennemi ? Traîtresse envers son pays, menteuse envers son geôlier, elle avait la bouche légère pourtant d'insulter Acuité de la sorte comme si elle était la seule pécheresse de la pièce.

Pétrifiée, Acuité avait le sentiment que le sang quittait chaque partie de son corps. Elle se sentait froide comme un morceau de viande, vide d'émotion positive, emplie essentiellement de colère, de haine et de rancœur indélébile.

Le jugement était sévère, d'autant qu'il se basait sur des récits incomplets. Acuité n'avait pas fait part volontairement de son état de vie. Cette erreur était la sienne par son Art incomplet, par cette formation incomplète car inachevée pour aller guerroyer contre Chalcèdes.
Elle mourrait d'envie de demander à Shyrin ce qu'elle aurait fait, seule, blessée, perdue, après avoir échappé à la mort et donné la vie. N'aurait-elle pas pensé au seul être sincèrement aimé ?
Elle ravala sa salive en même temps que sa bile. Non, elle n'entrerait pas dans ce jeu de jugement, elle valait mieux que cela.
Si Shyrin avait à prouver à Vainqueur qu'elle pouvait jouer les Reines, Acuité n'avait rien à prouver à personne et ne s'abaisserait pas à juger la jeune femme qui se tenait devant elle. Ses choix étaient assumés, Acuité les respecterait.

Cherchant à maîtriser son état émotionnel, elle fit l'effort de desserrer ses poings. Dans ses paumes, elle sentait pourtant la morsure de ses ongles mais elle l'ignora. Il était inutile de répondre à Shyrin, que dire après toutes ses accusations de toute façon ? Peu importe ses mots, cela ne paraîtrait qu'un moyen de se défendre ou de se dédouaner. Elle n'avait plus rien à défendre, hormis un semblant d'honneur que Vainqueur avait piétiné, puisqu'elle avait déjà accepté de demeurer à Castelcerf et de servir ses souverains comme bon leur plairait.
Alors que souhaitaient-ils de plus ? Qu'elle les remercie pour leur mansuétude ? Qu'elle s'agenouille et les adule comme les Dieux sauveurs de son destin tragique alors qu'ils en était en partie responsables.

Lorsqu'elle se sentit apte, elle se tourna vers Vainqueur et lui tendit ses poignets. Sa voix tremblait à peine dans les propos suivants :

- Je t'ai déjà donné mon accord pour vous servir comme tu le souhaitais. Si tu estimes ne pas avoir à t'excuser pour ce que tu as fait, alors soit, je conserverais cette rancœur mais je te servirais.


Elle poursuivit :

- En m'installant dans les Montagnes, j'ai menti aux Duchés, j'ai déserté le Clan et j'ai trahi ta confiance. Je l'ai fait dans le seul et unique but de protéger les deux êtres les plus chers à mes yeux. Il est vrai que j'ai servi mes propres intérêts mais pas seulement. J'ai également servi les intérêts de mon fils, de ton Maître d'armes mais aussi de toi. Débarrassé d'une héritière Loinvoyant, il ne t'en restait plus qu'une, aisément contrebalancée par la naissance de ton propre héritier.

Mieux valait rester cachée que de laisser courir les rumeurs d'un viol de Chalcédien dans le sang Loinvoyant.

- J'étais seule, livrée à moi-même et j'ai fait du mieux que j'ai pu. J'aurais pu attendre une main tendue de ta part, mais la main que tu m'as envoyé aurait dû se retourner contre moi. J'ai souhaité protéger des vies quand tu protégeais ton trône.
Si vous comptez encore me blâmer alors va jusqu'au bout. N'est-ce pas la prison qui attend les déserteurs ou la potence les traîtres ?

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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Mar 13 Fév - 12:34

Il était donc écrit qu'elle ne pouvait pas gagner avec eux. A leur yeux, elle restait l'étrangère qui avait eu le tort de venir dans leur pays, et le tort plus grave encore de venir de Chalcèdes. A ce titre et quel que soit son statut hier et aujourd'hui, elle ne méritait visiblement ni respect ni même la moindre considération. Elle aurait tort, quoi que les autres aient fait. Profondément meurtrie, elle serra les dents et resta droite, raide et tendue. Tant pis. Acuité avait piétiné leur amitié depuis longtemps et refusait même de s'adresser à elle à présent, marquant le peu d'estime qu'elle accordait à sa Reine.

Contrairement à ce qu'elle proclamait, elle ne lui avait rien pardonné mais restait rancunière et cruelle. On était bien loin des serments d'amitié échangés au domaine Cardia, quand Shyrin avait fait soigner son dos et qu'elles avaient planifié leur fuite. La solitude de sa vie la frappa plus encore que la déception et ce n'est qu'en adoptant une attitude pleine de dignité et un peu lointaine qu'elle parvint à masquer à quel point elle était effondrée par ces mesquines récriminations et par le mépris dont elle faisait l'objet. Elle serra simplement les doigts sur le bras de Vainqueur, le suppliant intérieurement de mettre fin au plus vite à cet entretien désastreux.
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Mar 13 Fév - 21:27

Le déserteur regarda avec surprise et contrariété la Reine se lever pour répondre à la question qu'il avait posée au Roi. A part lui, ils se retrouvaient tous debout devant l'âtre. Cela lui donnait le tournis. Ne pouvaient-ils s'assoir ? Ne pouvait-elle s'assoir et se taire, au lieu de dire des âneries ? Vainqueur n'avait pas donné sa parole, précisément. La confiance était brisée, et tout engagement serait bienvenu de la part du souverain, voire était attendu. Brun lui aurait volontiers demandé de jurer sur les pierres témoin. Mais ça n'était pas doute pas nécessaire, puisque la menteuse avait donné sa parole !

Brun n'afficha rien qu'une moue dubitative. L'optimisme de Shyrin compensa ses paroles audacieuses. Ils semblaient tous si persuadés que Glace se soumettrait ! Le déserteur avait envie d'y croire, et son espoir le rendait oublieux - les mots de "parrain et marraine" oubliés à peine prononcés, perdus dans son esprit brumeux.

Acuité, elle, ne resta pas silencieuse. Son coeur avait besoin de mots pour soigner ses blessures. Ou bien son orgueil ? Brun redoutait que les deux Loinvoyant ne s'encornent, entre celle qui voulait des excuses et celui qui ne voulait pas s'abaisser à les prononcer. Pourtant ce fut Shyrin qui explosa - explosion silencieuse, froide et tranchante comme une lame de glace. Etait-ce parce qu'elle avait pris comme une menace les propos d'Acuité sur sa future progéniture ? Qu'elle était blessée d'entendre qualifié d'"erreur" le viol de son esprit ? Qu'elle s'était fâchée avec Acuité, plus tôt dans la journée ? Le déserteur l'ignorait mais fut choqué par la violence de ses propos.

La Chalcédienne ne pouvait pas descendre plus bas dans son estime. Mais elle pouvait encore le décevoir. Le déserteur était atterré. Il croyait Shyrin et Acuité amies, unies dans l'adversité. C'est pourquoi il avait proposé à Vainqueur que la petite Duchesse devienne sa Dame de Compagnie. Si l'Art était un devoir, il croyait que la compagnie de Shyrin serait un plaisir pour la jeune femme. Mais cette amitié aussi semblait brisée.

Les mots de Shyrin, le déserteur aurait pensé les entendre dans la bouche de Vainqueur. Il y reconnaissait la paranoïa du Roi. Si la Chalcédienne ne s'en était pas mêlée, "l'amant" aurait gardé par devers lui la vérité, afin qu'Acuité puisse rester dans son monde enneigé ; les Loinvoyant n'auraient pas été inquiétés. Brun y reconnaissait aussi son propre agacement, celui d'il y a plusieurs mois, quand il blâmait encore l'égoïsme d'Acuité ; et celui d'aujourd'hui, quand la petite Duchesse ne se satisfaisait pas de ce nouveau refuge qu'il construisait pour elle.

Malgré tout, par loyauté, il se rangeait du côté d'Acuité. Après tout, elle ne demandait qu'un repentir sincère. Mais les Rois ne se repentaient pas.

La situation lui échappait. Tout allait trop vite. Le déserteur craignait que leur accord, à peine consenti, ne soit déjà brisé par les ego Loinvoyant et les rancoeurs féminines. Acuité était à bout, et elle poussait Vainqueur à bout.
- Si vous comptez encore me blâmer alors va jusqu'au bout. N'est-ce pas la prison qui attend les déserteurs ou la potence les traîtres ?

Dangereusement, Brun se pencha en avant, attrapa l'un de ses poignets martyr et l'attira vers lui. Qu'elle se tienne à nouveau à ses côtés. Ensemble ils pouvaient faire face, même soûl, même accusée.
- Il n'en a jamais été question, répondit-il avec la même douceur.
Mentit-il éhontément, risquant un regard vers Vainqueur. Par esprit de compromis, il tairait les menaces que tantôt, le Roi avait à nouveau proférées. En échange, le Roi pouvait bien pardonner à sa petite cousine ses excès.

Il garda la main d'Acuité dans la sienne, tentant de lui communiquer cette chaleur que l'alcool renforçait. Pour elle, il eut un long regard, profitant du silence pour réfléchir sur la marche à suivre. Devaient-ils ajourner l'entretien ? Il en avait envie, si las ; mais non, ils ne pouvaient finir sur ces paroles, qui rouvraient la plaie au lieu de la guérir, et qui ne réglaient rien. Acuité n'était pas revenue sur sa décision. Il n'était pas trop tard.

D'un geste vague, le déserteur invita chacun à se rasseoir. Il n'avait pas pour habitude de jouer les conciliateurs. Peut-être que de découvrir Acuité si abîmée l'avait rendu plus attentif, plus compréhensif. Surtout, il voulait la paix et les fruits de la paix. Pour Espoir, la sécurité et le confort. Pour Acuité, la sérénité et la dignité. Pour lui-même, le repos du devoir accompli, et si El le voulait, un peu d'amour et d'amitié.

- S'il-vous-plaît, commença-t-il d'une voix un peu rouillée. Nous voulons tous bien faire. Nous avons tous des regrets.
Vainqueur regrettait, il le lui avait dit. Shyrin semblait s'être rangée aux côtés du Roi aujourd'hui ; mais jadis, elle avait pleuré d'avoir trahi son amie. Acuité... Acuité avait dit plusieurs fois ne rien regretter ; mais elle ne pouvait avoir souhaité la situation dans laquelle elle se trouvait. De tous, elle avait le plus perdu, et elle avait encore beaucoup à perdre. Pour l'en préserver, il devait montrer l'exemple.

- Shyrin... Je regrette la brutalité dont j'ai pu faire preuve envers vous. Je vous tenais pour responsable de la mort d'Acuité. Puis de m'avoir caché la vérité. Pour être honnête, je vous en veux encore aujourd'hui, mais je sais que vous vouliez protéger votre amie.
Il regarda Acuité. Amies, pouvaient-elles encore l'être ? Il regarda Vainqueur, puis revint à la Reine.
- Je regrette que nous ayons dû user de l'Art pour vous voler la vérité.
Nous : il n'avait fait que regarder, approuvant la fin à défaut des moyens. Vainqueur avait procédé. Puisque le Roi ne voulait pas s'excuser, il le ferait pour lui. Vainqueur lui en voudrait-il ? Acuité lui en voudrait-elle d'apprendre qu'il était complice du viol de son amie ?

Malgré la répugnance, le déserteur but une gorgée de vin et poursuivit.

- Vainqueur, je regrette de t'avoir caché ma nuit avec ta petite cousine. J'avais honte. Rien n'était prémédité, mais cela n'excuse en rien ma conduite. Sache que je n'ai voulu bafouer ton honneur ni menacer ta lignée en aucune façon. Je ne peux effacer mon erreur car Espoir vit à présent et comme tu l'as dit toi-même, il n'est pas responsable. Mais comme ton conseiller, j'essaierai de réparer le tord causé à ton nom autant qu'il m'est possible.

Enfin il revint à Acuité, tenant toujours sa main dans la sienne, moite.

- Acuité. Je regrette tout et rien. J'espère que tu sauras trouver, ici à Castelcerf, le bonheur que tu mérites après toutes ces épreuves. J'y œuvrerai chaque jour malgré mon foutu caractère et ma tendance à tout saccager. Espoir et toi avez tout mon amour.
Cette confession était de loin la plus aisée. Les mots coulaient comme le vin dans ses veines et il lui semblait que s'il s'arrêtait, il allait s'évanouir ou mourir de honte. Alors il poursuivit.

- Avec votre permission, Acuité et moi nous marierons après avoir ramené Espoir. Mais bien sûr, nous retournerons vivre à Castellonde lorsque s'ouvrira la succession.
Une évidence dont ils n'avaient jamais vraiment parlé.
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Mar 13 Fév - 23:24

De cette atmosphère qu'il s'évertuait à être joyeuse à défaut de chaleureuse, tous semblèrent se liguer contre lui et la rencontre tourna au drame. Par El, s'il s'était attendu à cela...
Shyrin semblait ravie pourtant, mais il déchanta rapidement. Brun demandait encore des garanties et Acuité lui en voulait toujours autant. Elle réclamait des mots, mais il n'était pas certains que cela suffirait contrairement à ce qu'elle disait.
Sa Reine se leva et vint se placer à ses côtés, fière, altière. Sa présence et son attitude flattait son ego de cela il ne pouvait pas nier. Elle prit la parole après un regard pour s'assurer qu'il lui donnait son accord ou bien peut-être pour obtenir son soutient. Il lui avait donné les deux depuis un moment maintenant.
Ses paroles étaient avisées et reflétaient ses propres pensées. Imperceptiblement, il hochait la tête, convaincue par les propos de sa Reine. Cela ne suffit pas, évidemment.
La suite lui sembla presque surréaliste. Acuité ne s'emporta pas, mais il pouvait sentir jusqu'ici la colère qu'elle irradiait. Comme faisait-elle encore pour ne pas exploser ? Ce fut Shyrin pourtant qui le surprit le plus. A son tour, elle s’enflamma. Fichtre, s'il ne les avait pas su amies, il se serait posé des questions et ne pouvait s'empêcher de laisser son regard aller de l'une à l'autre, complètement dépassé. Les propos de Shyrin étaient durs mais peut-être nécessaire. Acuité devait comprendre la chance qui lui était offerte. Il fallait faire table rase du passé.
La jeune femme donnait au contraire l'impression de ne pouvoir se défaire de ces rancoeurs et ses déchirements.
Le discours qu'elle lui offrit était sincère, il n'en doutait pas une seconde. Certains de ses mots le touchèrent et plus encore, cet attitude d'abandon qu'elle affichait. Prête à se laisser emprisonner ou exécuter, ce n'était plus du courage mais du désespoir. L'avait-elle poussé à ce genre d'extrémité ?
Il tacha de se souvenir quel genre de jeune femme elle était à son arrivée à Castelcerf l'en passé.
Elle avait bien changé.

La plus grosse surprise ne vint pourtant pas des deux femmes présentes dans la pièce. Celui qui était resté silencieux depuis un moment, se leva enfin. D'habitude peu loquace, Vainqueur se demande de quelle manière Brun allait intervenir. Il ne fut pas déçu du voyage.
Saisissant les mains de sa petite cousine, il lui mentit sans scrupule avec une douceur qui camouflait tout, en le regardant lui de ses yeux bruns.
Le Roi comprit qu'il ne faisait que la préserver et il espéra que dans ce regard, il comprendrait qu'il n'était plus question de ce genre de sanction, scellant ainsi le premier secret de leur association.
Sa main se referma sur celle de Shyrin, agrippé à son bras dans l'espoir de la soutenir, elle aussi. Il la sentait fébrile et extrêmement fatiguée.

Brun délaissa son regard pour se concentrer sur celui de la petite blonde. Par El, il l'aimait vraiment et même si ce n'était pas le moment, le Roi ne put réprimer un sentiment de joie face à cette découverte si puérile fut-elle.
Aussi, lorsqu'il invita tout le monde à s’asseoir, il y consentit sans un mot, incitant son épouse à faire de même, à ses côtés. Tout comme Brun conservait la main d'Acuité dans la sienne, il en fit de même gardant sous sa large paume, la petite main de Shyrin sur son bras.
De surprises en surprise, il observa son ami, exprimer les regrets et les ressentis à l'égard de la nouvelle Reine. Lorsqu'il mentionna l'Art, Vainqueur grimaça légèrement et osa un regard vers Acuité.
Elle était choquée. Son regard allait de Brun à lui, atterré. Il pensait qu'elle savait, mais Brun avait préservé la vérité et le découvrir aujourd'hui l'horrifiait.
Enfin, elle regarda Shyrin avec un empathie non feinte. Il n'eut pas vraiment le temps de s'y attarder, les prochains mots étaient pour lui. Sa confession lui mit du baume au coeur et il inclina la tête avec un sourire, pour lui exprimer sa satisfaction mais aussi pour lui faire comprendre qu'il lui pardonnait. Ensemble, ils pourraient faire énormément pour Cerf.

La nouvelle du mariage acheva de lui redonner le sourire. Après la tempête qu'ils venaient tous de traverser, l'union apparaissait comme un rayon de soleil attendu.
Il était temps peut-être, d'exprimer des non-dits. Brun avait montré l'exemple et le Roi devait à son tour mettre de côté son orgueil pour réparer le passé.
Il se racla la gorge puis regarda Brun et Acuité.

- Je vous demande pardon à tous les deux pour cet acte abominable, Espoir sera sous notre protection désormais. Par tous les Dieux, je vous marierais dès que vous serez disposés à le faire.

Les mots avaient été choisis exprès. Acuité se mit à pleurer silencieusement, voir ses larmes couler lui fit aussi mal que cela le soulagea. Par El, tout paraissait si facile !
Il poursuivit sur sa lancée et se tourna vers son épouse, cherchant dans son regard son attention.
Lorsqu'il fut bien certain de l'avoir, il lui dit tout bas :

- Pardonnez moi... d'avoir usé de l'Art sans votre permission.

Ses doigts serrèrent la main de sa Reine avec une sincérité troublante. Il n'était en revanche pas suffisamment saoul contrairement à son bon ami, pour dévoiler à la jeune femme que depuis un moment maintenant, sans son coeur aussi, les sentiments avaient évolués.
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Shyrin
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Mer 14 Fév - 1:43

À bout de nerfs et le coeur brisé, Shyrin se sentait glacée de l'intérieur et prête à s'effondrer. Seule la force de Vainqueur sous ses doigts et sa conscience profonde de son rang l'empêchaient de se laisser aller. Tout avait tourné au désastre, si vite qu'elle ne comprenait toujours pas comment. Alors qu'elle était prête à tout jeter aux orties, à renier l'amie martyre, l'amant brutal et le Roi trop satisfait de lui-même, tous parvinrent à la surprendre encore en particulier celui dont elle n'attendait plus rien et dont elle se méfiait plus que de n'importe qui d'autre.

Vainqueur l'amena à s'asseoir avec lui sur un sofa et elle se laissa faire docilement, certaine que ses jambes ne la soutiendraient plus longtemps. Les jeux de regard lui échappant totalement, elle ne saisit pas immédiatement d'où venait le salut jusqu'au moment où Brun Braveterre prononça son nom. Tournant la tête vers lui avec un tressaillement, elle entrouvrit la bouche, non pour répondre car il l'avait rendue muette, mais de stupéfaction. La leçon d'humilité et de diplomatie qu'il leur donna alors à tous la laissa pantoise et encore plus bouleversée.

À la vérité, c'était là le meilleur conseiller dont Vainqueur aurait pu rêver un jour. Mortifiée de son emportement pour calme qu'il ait été, honteuse d'avoir jeté au visage d'Acuité ses rancoeurs et ses erreurs en oubliant les siennes tout aussi graves, elle baissa la tête sans pouvoir empêcher un profond embarras de colorer ses joues et son front. Quelle sorte de reine immature et indigne était-elle ? Pour autant, c'est Vainqueur qui acheva de la confondre et fit couler les larmes qu'elle s'efforçait de retenir.

Il la força à le regarder et prononça les mots qu'elle attendait sans même le savoir. Elle croyait avoir dépassé cela, avoir pardonné ce qui devait l'être, mais en vérité elle s'était montrée naïve et présomptueuse. Vaniteuse, même. Incapable de se retenir plus longtemps, elle se pencha vers lui et appuya son front contre son épaule pour laisser rouler sur ses joues les larmes trop longtemps contenues. Peu importait qu'on la voie ainsi, que l'image de la Reine soit encore écornée ou qu'elle descende plus bas encore dans l'estime de Brun et Acuité. À cette seconde, seul comptait ce que Vainqueur venait de libérer en elle par son aveu sincère.

De sa main libre, elle fouilla une poche cachée dans les replis de ses jupes et en sortit son poing serré qu'elle glissa dans la paume de son mari où elle déposa une petite pierre qu'il pourrait aisément reconnaître parce qu'elle la lui avait montrée un jour, le jour même où il lui avait ordonnée de l'épouser, déclenchant sa colère autant que sa peur. Cette culpabilité-là allait enfin pouvoir cesser, la blessure se refermerait et cicatriserait peu à peu. Souriant à travers ses larmes, elle finit par s'apaiser mais ne bougea pas immédiatement, prenant le temps de se recomposer un visage plus calme autant que faire se pouvait après tant de bouleversements.

- Merci, murmura-t-elle finalement contre son cou. Je ne regrette pas de vous avoir épousé.

Un peu de force lui était revenu après tant d'émotions et elle put bientôt relever la tête pour la tourner vers Brun et Acuité. C'est à cette dernière qu'elle s'adressa en premier, toujours embarrassée de son propre comportement mais bien plus sereine à présent que l'abcès était vidé.

- Pardonne-moi d'avoir dit ces mots cruels. Je voulais si fort trouver une solution et oublier le passé que je me suis montrée insensible et froide. Je le regrette sincèrement.

Elle posa ensuite son regard flou sur Brun Braveterre et hésita quelques instants sur la formulation des choses, optant finalement pour la simplicité et la spontanéité.

- Merci pour votre sagesse. Et pour vos excuses, je les accepte. Tout n'est pas pardonné entre nous mais le chemin est entamé. J'espère pouvoir vous retourner bientôt les voeux que vous avez eu la bonté de m'offrir cet après-midi. J'espère que vous serez heureux.

Une pointe d'envie la traversa en prononçant ces derniers mots. Ils faisaient un mariage d'amour, c'était une évidence. Elle avait dit la vérité à Vainqueur, elle ne regrettait pas de l'avoir épousé, en aucun cas. Mais une part d'elle ne pouvait s'empêcher d'espérer un peu plus que la confiance et le respect mutuel qu'ils se vouaient déjà. L'âme humaine était ainsi fait qu'après avoir reçu un présent, elle en voulait bien davantage. Résignée pourtant,
elle acheva d'essuyer les larmes sur son visage en le tamponnant d'un délicat mouchoir de dentelle, puis se redressa tout à fait et chercha sa coupe de vin. troublée comme elle l'était il lui faudrait faire deux fois plus attention que d'ordinaire à ne pas la renverser en essayant de l'attraper.
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Acuité Loinvoyant
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Mer 14 Fév - 8:18

Les poignets levés vers le Roi, Acuité s'était résignée. S'il le souhaitait elle accepterait son sort, barreaux ou potence, elle ne se débattrait pas.
Ses émotions étaient tellement bouleversées, qu'elle ne se rendait même pas compte de ce que cela impliquait. Abandonner Espoir, Brun, la vie, tout ce qu'elle avait cherché à protéger au prix de nombreux sacrifices.
La réponse vint de Brun plutôt que de Vainqueur. Lui qui avait été si silencieux depuis le début, se leva et vint se placer à ses cotés. Avec douceur, par sa voix et ses gestes, il attrapa ses poignets et l'attira vers lui. Elle en fut tellement stupéfaite qu'elle ne remarqua pas les regards échangés avec le Roi, son corps captait toute la chaleur qu'il voulait bien lui donner, comme si cela pouvait le raviver tout à fait. Son regard croisa le sien, longtemps. Malgré l'alcool, elle le savait, il réfléchissait à la suite des événements. Sa main dans la sienne se réchauffait, tout comme son coeur prit d'un élan de foi retrouvée. A travers ses pupilles, elle pouvait voir qu'il ferait son possible pour eux. Sa volonté était au moins égale à la sienne, sinon plus sauf qu'elle ne savait plus comment faire. Visiblement, lui si.

Il les invita à s'asseoir, elle obéit tout comme le couple Royal. La diplomatie dont il faisait preuve était exceptionnelle, surtout dans son état. Elle ne l'avait vu qu'une seule fois avec le calme dont il faisait preuve à ce moment là. Là-bas dans la cabane de Jordken, il lui avait raconté le résumé de sa vie, un pas vers elle qui avait changé bien des choses entre eux. Réitérerait-il l'expérience ce soir ?
Sa proximité la rassurait et la réconfortait, sa main dans la sienne n'avait pas bougée.
Il s'adressa alors à Shyrin, expliquant ses regrets, pardonnant les douleurs infligées. Et puis, il y eu l'aveu. Acuité apprit que Vainqueur avait usé de l'Art pour apprendre la vérité, Brun en avait été le complice. Elle les regarda tour à tour, refusant d'y croire. Ils n'avaient pas osé !
Pourtant, leur expression montrait clairement que l'acte odieux avait été commis. Brun ne le lui avait jamais dit. La honte peut-être d'y avoir participé ou celle d'avoir trahi ses propres secrets.

Acuité regarda Shyrin, sincèrement désolée tandis que Brun buvait une gorgée de vin.
Il s'adressa ensuite à Vainqueur et de nouvelles excuses franchirent sa bouche. Sa sincérité ne s'évanouit pas lorsqu'il porta son attention sur elle.
Elle ne savait pas trop à quoi s'attendre et retint son souffle. Cette confession fut de loin la plus inespérée. Faisant également office de promesse, il l'acheva par l'expression de l'amour qu'il leur portait. Elle le savait déjà mais entendre des mots posés sur ces sentiments la bouleversèrent profondément et elle dût puiser dans ses dernières énergies pour ne pas s'effondrer dans ses bras. Les yeux humides d'émotion contenue, elle lui sourit maladroitement mais avec toute la sincérité que son coeur était capable de donner.
Sans perdre une précieuse minute de plus, il annonça leur volonté de se marier. Elle sentit ses joues rougir. C'était elle qui le lui avait demandé, l'accepter devant les suzerains était un grand honneur.

La surprise pourtant avait d'autres cadeaux pour la petite duchesse. Comme un virus contagieux, chacun y alla de ses confessions et de ses pardons. Les larmes finirent par jaillir sur ses joues aux excuses de Vainqueur et elle serra un peu plus la main de Brun, soulagée.
Shyrin vint ensuite, s'excusa à son tour mais Acuité ne lui en voulait déjà plus. A eux quatre, ils rattraperaient le temps perdu et les sentiments bafoués.
Elle essuya ses joues du revers de sa main libre et tourna son visage vers Brun, laissant à Shyrin et Vainqueur un semblant d'intimité. Ils semblaient avoir encore des choses à se dire et la Reine, front contre son épaule avait certainement besoin de cette attention.

Sa main libre se leva vers sa joue, qu'elle caressa tendrement. Son pouce glissa sur sa pommette meurtrie de la veille, puis son index dessina la courbe de la cicatrice de son front, puis celle de son nez. Cette dernière année n'avait pas été tendre avec lui, elle n'avait pas été toujours tendre avec lui. Porter la main sur sa cuisse aurait été inconvenant, mais elle ne pouvait oublier être à l'origine de cet autre maux. Désormais, elle ferait tout pour se rattraper et pour le rendre heureux.
Saisissant son verre, elle en prit une gorgée et prononça le seul mot dont elle était capable :

- Merci.
Il s'adressait à tous et le coeur bien plus léger, dégagé d'un poids trop lourd à porter, elle se tut et savoura ce moment calme, sérénité acquise après la tempête.
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Brun Braveterre
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MessageSujet: Re: Contre mauvaise fortune, bon coeur   Jeu 15 Fév - 19:42

Le déserteur ne fut pas tant soulagé par sa confession que par ses effets. Sur Vainqueur, surtout. Les paroles que le Roi prononça en retour le déchargèrent d'un grand poids - ces paroles de repentir et d'engagement qu'ils avaient réclamées. Brun sourit largement. Il était permis à présent d'espérer et de se réjouir.

Le déserteur accueillit, paisible, les regrets de Shyrin, se contentant d'incliner la tête pour signifier qu'il les acceptait et en acceptait les limites. La Reine répondait à son honnêteté, et il appréciait cela. Il n'avait jamais espéré une franche amitié, pas pour eux ; il espérait que Shyrin et Acuité sauraient la retisser.

Acuité ne semblait pas en colère contre lui. Les larmes lavaient son visage et elle se mit à toucher le sien. Gêné malgré le vin, le déserteur finit par prendre sa seconde main.

Après la rancœur et l'épanchement, lassitude et envie d'intimités se laissaient deviner. A quatre, ils n'étaient plus opposés, ils n'étaient pas non plus unis. Nouveau et futur couple se distinguaient ; une jeune et une vieille amitié, durement éprouvées. Que deviendraient les inimitiés ? Il faudrait du temps, mais ce temps, ils l'auraient.

Quelques paroles de plus furent échangées à propos d'une lettre que le Roi allait envoyer. Mais les cœurs n'étaient pas aux détails et bientôt suivirent les formules d'usage de prise de congé. Le couple royal devait être impatient de vivre sa seconde nuit, songea le déserteur, et malgré les vœux pieux cette pensée lui était toujours désagréable.

Lui-même rêvait d'un bon lit, quoiqu'il ne soit pas sûr de supporter la position allongée.
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